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le Dernier Tango à Paris

Ultimo tango a Parigi

Drame de Bernardo Bertolucci, avec Marlon Brando (Paul), Maria Schneider (Jeanne), Jean-Pierre Léaud (Tom), Massimo Girotti (Marcel).

  • Scénario : Bernardo Bertolucci, Kim Arcalli
  • Photographie : Vittorio Storaro
  • Décor : Ferdinando Scarfiotti
  • Musique : Gato Barbieri
  • Montage : Franco Arcalli
  • Production : Alberto Grimaldi (P.E.A.)
  • Pays : Italie et France
  • Date de sortie : 1972
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 05

Résumé

Paul tient un hôtel minable que possédait sa femme, qui vient de se suicider. En visitant un appartement à louer, il rencontre une jeune femme, Jeanne. Une attirance sexuelle violente les jette immédiatement dans les bras l'un de l'autre. Ils concluent un pacte qui les fait se retrouver trois jours d'affilée dans cet appartement vide, vivant une aventure sexuelle séparée du reste de la vie : chacun ne saura rien du partenaire. En fait, Jeanne est sur le point de convoler avec Tom, un jeune téléaste qui tourne un film sur elle, devant culminer avec leur mariage. Paul tente, de son côté, d'élucider le suicide de sa femme et impose, dans ce lieu privilégié, sa personnalité, sa conception de la virilité et des relations sadomasochistes. Mais Jeanne n'est pas un pur objet, et lorsque Paul rompt le contrat et la suit chez elle…

Commentaire

Au-delà du scandale, une ascèse sexuelle

L'énorme succès du film tint d'abord à sa dimension scandaleuse. En pleine explosion du cinéma pornographique, un cinéaste d'envergure internationale – Bertolucci vient d'atteindre un large public avec le Conformiste – traite, dans une œuvre « commerciale », de rapports explicitement sexuels. Bien plus, le principal protagoniste en est une star hollywoodienne quasi mythique, aux prestations rarissimes. Enfin, le comportement ouvertement machiste de Brando/Paul et la soumission de la jeune femme à ses exigences dans ces relations sexuelles d'une rare crudité prennent un caractère provocant dans le contexte féministe de l'époque.

Passés ces remous conjoncturels, le film se révèle l'une des œuvres les plus fortes de Bertolucci, même si elle n'est pas la plus parfaite ; l'auteur y prend ses distances par rapport à des références culturelles et mythiques : la virilité américaine type Hemingway, Mailer ou Miller à travers Paul, la cinéphilie à travers Tom. Le fil retrace un trajet initiatique dans lequel le héros se débarrasse de son passé, accomplit une ascèse sexuelle dans laquelle il abandonne peu à peu une virilité triomphante pour s'humaniser, perdant du même coup son aura romantique.

La réussite du film tient avant tout aux images chaleureuses (cette couleur « tango » due à Vittorio Storaro), au travail de Gato Barbieri, dont la musique suit les mouvements complexes de la caméra, les accompagne ou les précède, et surtout à la performance des acteurs. Maria Schneider et Marlon Brando sont plus que des interprètes : ils sont inséparables de leurs personnages, une large place ayant été faite à l'improvisation à l'intérieur d'un scénario très strictement élaboré.