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le Troisième Homme

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le Troisième Homme
The Third Man

Drame de Carol Reed, avec Joseph Cotten (Holly Martins), Alida Valli (Anna Schmidt), Orson Welles (Harry Lime), Trevor Howard (le major Calloway), Ernst Deutsch (le baron Kurtz).

Scénario : Carol Reed, Graham Greene, d'après une histoire de ce dernier
Photographie : Robert Krasker
Décor : Vincent Korda, Joseph Bato
Musique : Anton Karas
Montage : Oswald Hafenrichter
Production : Alexander Korda, David O. Selznick
Pays : Grande-Bretagne
Date de sortie : 1949
Technique : noir et blanc
Durée : 1 h 33
Prix : Palme d'or, Cannes (1949)

Résumé

À Vienne, à l'heure de la guerre froide. Un romancier américain, Holly Martins, cherche à savoir comment un de ses amis, Harry Lime, qui l'avait invité pour un séjour, est mort. L'amie de Harry, Anna, essaie de l'en dissuader. Ayant appris par la police anglaise que son ami était un trafiquant de pénicilline, et découvrant qu'il est vivant (un autre ayant été enterré sous son nom), Holly Martins participe à sa poursuite dans les égouts de Vienne. Harry étant cerné, à sa demande, Holly le tue.

Commentaire

Un jeu d'identifications successives

Accompagné de tout un tintamarre – la cithare d'Anton Karas, « découvert » dans les rues de Vienne, le tournage « en extérieurs » dans la capitale autrichienne « libérée », l'intervention d'Orson Welles (qui avait tourné avec Joseph Cotten Citizen Kane, et qui « improvisa » la réplique sur l'Italie des condottieri « qui a produit des génies, alors que la Suisse n'a produit que des coucous »), la séquence dans les égouts où le même Orson Welles faillit attraper une bronchite, etc. –, ce film fut froidement accueilli par la critique qui y vit une sorte de policier sur fond de marché noir. En vérité, ce film est une tragédie politique qui se situe au croisement des idées de Koestler, de Camus et de l'humanisme chrétien ; il aborde également le problème de la dénonciation. Doit-on dénoncer un criminel quand il est votre ami ? Non, répond Anna, moderne Antigone ; certes, répond la police qui montre à Holly Martins combien d'enfants innocents meurent à cause du trafic que mène son ami.

   Albert Camus allait écrire : « Entre la Justice (les droits des Arabes en Algérie) et ma mère (menacée d'être chassée), je choisis ma mère ».

   Mais derrière ce cas de conscience se profile une analyse politique : Anna, qui incarne la droiture, est une réfugiée qui a fui Prague et le communisme ; l'Anglais veut la protéger, mais ne peut ; le criminel sympathique fait confiance aux Russes et il en meurt ; le personnage principal, qui mène l'enquête, est un Américain qui ne comprend rien aux affaires européennes. On retrouve ainsi le contexte de la Seconde Guerre mondiale où les Anglais sont les seuls à voir clair et à faire leur devoir.

   Ces traits expliquent que ni la critique américaine ni la critique européenne, alors influencée par les idées communistes, ne firent bon accueil au film. Il reçut néanmoins, mais plus tard, un prix à Venise et une faveur permanente de la part du public qui perçoit que le ressort dramatique du film est son perpétuel changement de sens, le spectateur s'identifiant à différents personnages au fur et à mesure que le drame se noue. Le héros sympathique, Holly Martins, apparaît bientôt faible, sans consistance ; la comédienne futile se révèle une intransigeante figure.

Cet article est extrait de l'ouvrage ci-dessous:
Dictionnaire mondial des films Dictionnaire mondial des films Voir sa fiche
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