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Citizen Kane

Citizen Kane

Comédie dramatique d'Orson Welles, avec Orson Welles (Charles Foster Kane), Joseph Cotten (Jedediah Leland), Everett Sloane (Bernstein), Dorothy Comingore (Susan Alexander), George Coulouris (Walter Park Thatcher), Agnes Moorehead (Mary Kane), Paul Stewart (Raymond), Ruth Warrick (Emily Norton).

  • Scénario : Herman J. Mankiewicz, Orson Welles, John Houseman
  • Photographie : Gregg Toland
  • Décor : Van Nest Polglase, Perry Ferguson, Darrell Silvera
  • Musique : Bernard Herrmann
  • Montage : Robert Wise, Mark Robson
  • Production : Mercury Theater (R.K.O.)
  • Pays : États-Unis
  • Date de sortie : 1941
  • Son : noir et blanc
  • Durée : 1 h 59
  • Prix : Oscar du meilleur scénario

Résumé

« Rosebud ». En prononçant ce mot énigmatique au seuil de la mort, le milliardaire Charles Foster Kane semble donner la clé de l'énigme que fut son existence. Armé de ce seul indice, le directeur des actualités cinématographiques « News on the March » charge l'un de ses journalistes de reconstituer la vie du disparu. Au fil des témoignages qu'il recueille, celui-ci découvre qui était vraiment Kane et comment il est devenu un magnat de la presse new-yorkaise. Un ami perdu, une épouse déchue, un majordome dévoué : tels sont les principaux témoins que rencontre l'enquêteur. Au terme d'investigations qui l'ont mené au palais de Xanadu où Kane a fini sa vie cloîtré, une luge en bois brûle. Sur son flanc est gravé : « Rosebud ».

Commentaire

Autopsie d'un monstre

Produit (via le Mercury Theater que Welles avait fondé quatre ans plus tôt avec John Houseman), écrit, réalisé et interprété par un homme de vingt-six ans, Citizen Kane s'inspire de la vie du milliardaire William Randolph Hearst, le personnage de Susan Alexander n'étant qu'une projection de la comédienne Marion Davies que le magnat essaya de lancer au cinéma. Plus qu'une simple biographie, ce film est une véritable autobiographie de son auteur, jeune prodige qui révolutionnait là le cinéma mondial avant de rompre avec Hollywood. Régulièrement cité parmi les dix meilleurs films de tous les temps, Citizen Kane rompt avec les codes narratifs traditionnels en brisant la linéarité alors en usage au profit d'une structure éclatée. Chez Welles, tous les moyens sont bons pour aborder une histoire. Mieux, le destin de Kane conserve jusqu'à la fin des zones d'ombre qui s'expriment dans une mise en scène elliptique ou lacunaire propice à toutes les supputations. En ce sens, ce film gigogne, dans lequel les témoignages se recoupent et se chevauchent, est d'une richesse infinie. Esthétiquement, Welles joue sur les contrastes violents entre le noir et le blanc, l'ombre et la lumière. Ce labyrinthe formel fonctionne à l'image d'un jeu de piste vertigineux, dans lequel chaque plan est composé avec une méticulosité quasi obsessionnelle. Plus sûrement encore que les murs de Xanadu, les lignes horizontales, verticales et transversales isolent constamment Kane des autres personnages. Par sa cohérence exceptionnelle et ses fulgurances lumineuses, Citizen Kane est le sésame du cinéma moderne.