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Pather Panchali (la Complainte du sentier) Pather Panchali(I), Aparajito (l'Invaincu) Aparajito(II) et le Monde d'Apu

Apu Sansar(III)

Drame en trois époques de Satyajit Ray, avec Subir Bannerjee (Apu enfant), Smaram Ghosal (Apu adolescent), Sumitra Chatterjee (Apu adulte), Kanu Bannerjee (le père), Karuna Bannerjee (la mère), Uma Das Gupta (Durga), Sharmila Tagore (la femme d'Apu), Chunibala Devi.

  • Scénario : Satyajit Ray, d'après le roman de Biblutibhusan Bannerjee
  • Photographie : Subrata Mitra
  • Décor : Bansi Chandragupta
  • Musique : Ravi Shankar
  • Montage : Dulal Gupta
  • Production : S. Ray et gouvernement du Bengale occidental
  • Pays : Inde
  • Dates de sortie : 1955-1959
  • Durée : chaque époque : 1 h 50 environ
  • Prix : Lion d'or, Venise 1957 pour Aparajito

Résumé

Les années d'apprentissage d'un fils de paysans bengalis, Apu, de 1910 à 1930 : sa dure vie au village, entre un père rêveur et une mère résignée, la mort de sa sœur Durga pendant la mousson, ses premiers émois d'enfant (I) ; ses progrès scolaires, à Bénarès puis à Calcutta (II) ; ses débuts dans la vie active, son mariage, la mort de sa femme en couches, l'espoir d'un avenir meilleur pour son fils Kajal (III).

Commentaire

Misère et grandeur humaine

La « trilogie d'Apu », dont le premier volet – intitulé d'abord la Complainte du sentier – fut la révélation du festival de Cannes 1956, où il obtint le prix du « meilleur document humain », est une œuvre puissante, austère, pétrie de sensibilité, qui fit découvrir le cinéma indien aux Occidentaux. On ne trouve à lui comparer que les grands cycles romanesques de Dickens ou de Gorki. Son auteur, Satyajit Ray, issu d'une famille d'artistes, avait été l'assistant de Jean Renoir pour le Fleuve ; il a confirmé son talent dans une trentaine de films, tous frappés du sceau de la même exigence intérieure, du même dépouillement, du même refus des compromissions commerciales inhérentes à la production indienne, vouée aux mélodrames musicaux et aux niaiseries sentimentales.

Inspiré des méthodes du néoréalisme italien, Pather Panchali fut entrepris par Satyajit Ray dans des conditions difficiles, avec un budget dérisoire (8 000 roupies). Les autres volets bénéficieront d'aides substantielles, liées à la réputation internationale que s'était acquise entre-temps le jeune réalisateur. Sans paradoxe, on pourrait dire que c'est la pauvreté de l'œuvre qui fait sa richesse. Se conformant à l'enseignement de son maître le poète Rabindranāth Tagore, Ray appréhende les êtres et les choses avec une ferveur presque religieuse, un amour infini pour tout ce qui vit, tout ce qui bouge, n'excluant pas pour autant un ardent désir de justice sociale. Tour à tour contemplatif et réaliste, lyrique et révolté, il brosse un tableau sans concession de la misère et de la grandeur humaine, décrit la quête obstinée et quasi initiatique d'une éthique supérieure, qui puise sa force dans ses échecs mêmes. Il plonge son héros – un enfant sans défense – dans le jeu cruel des cycles cosmiques, et le suit humblement à la trace. Et ainsi, surmontant les contradictions et les mirages dont son pays est le théâtre, il parvient à nous faire entendre les notes indicibles et poignantes d'une harmonie universelle. Cela est du grand art.