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Dodes'ka-den

Dodes'ka-den

Drame d'Akira Kurosawa, avec Zushi Yoshitaka (Rokuchan), Kin Sugai (Okuni, mère de Rokuchan), Kazuo Kato (le peintre), Junzaburo Ban (Yukcihi Shima), Kioko Tange (sa femme), Mikio Hino.

  • Scénario : Akira Kurosawa, Hideo Oguni, Shinobu Hashimoto, d'après des nouvelles de Shugoro Yamamoto la Ville sans saisons
  • Photographie : Takao Saito, Yasumichi Fukuzawa
  • Décor : Yoshiro Muraki, Shinobu Muraki
  • Musique : Toru Takemaitsu
  • Montage : Reiko Kaneko
  • Pays : Japon
  • Date de sortie : 1970
  • Son : couleurs
  • Durée : 2 h 20

Résumé

Description d'un bidonville et de la vie quotidienne de ses habitants en une série de saynètes. Halluciné par la faim, un père décrit à son fils les visions somptueuses dont il est assailli et qui transforment en palais la carcasse de voiture qui leur tient lieu de maison. Une jeune fille, violée par son tuteur et définitivement traumatisée, ne pourra pas reprendre pied dans le réel et tuera son bienfaiteur en croyant se suicider. Un vieillard décide de mettre fin à ses jours. Un chœur de lavandières, qui épient leurs voisins, commente l'action, tandis que le lien entre tous les personnages est fourni par un jeune handicapé mental, conducteur d'un tramway imaginaire, dont il imite le bruit qui donne son titre au film…

Commentaire

À partir d'un choix de nouvelles, l'auteur réalise un film qui est une somme et un dépassement de son œuvre antérieure, où cohabitent le réalisme contemporain de Vivre (1952), le mélodrame néoréaliste contaminé par la féerie d'Un merveilleux dimanche (1947), le drame métaphysique peuplé de références occidentales (Gorki, Dostoïevski, Shakespeare). Samuel Beckett, Pirandello et la lointaine tradition du « Bushido » complètent les références de cette œuvre touffue, où la donnée sociale réaliste est niée par l'irréalisme et la théâtralité d'un décor stylisé, notamment par l'usage original et très sûr que Kurosawa fait de la couleur, à laquelle il recourt pour la première fois. L'absurde, l'ambiguïté du réel et des apparences, un humanisme désespéré perfusent le film, l'un des plus sombres de son auteur, qui tentera sans succès, quelques mois plus tard, de mettre fin à ses jours.