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querelle des rites chinois

Longue série de discussions qui se développèrent au xviie et au xviiie s. entre missionnaires catholiques, sur le point de savoir s'il convenait de permettre ou d'interdire aux Chinois nouvellement convertis toute participation aux rites chinois traditionnels (culte des ancêtres, etc.).

La discussion débuta à la mort de Matteo Ricci (1610), jésuite, qui avait autorisé les rites en question, espérant les christianiser progressivement. Certains missionnaires (dominicains et franciscains notamment) les jugeaient idolâtriques. Durant tout le xviie s., les débats entre les deux conceptions de l'action missionnaire furent vifs. Rome se prononça (1645-46) dans un sens défavorable aux rites, mais on continua à débattre l’interprétation à donner à ces décisions. La discussion se poursuivit jusqu’en 1742, où Benoît XIV interdit strictement les rites aux nouveaux chrétiens. La querelle avait mis surtout aux prises les jésuites, défenseurs des rites, et les missionnaires des Missions étrangères de Paris, adversaires. Elle fut orchestrée en France par les philosophes et les jansénistes : les premiers en firent une machine de guerre contre l’Église, les autres s’en servirent pour attaquer la « morale » des jésuites. Il semble bien qu’en Chine les lettrés n’aient accordé aux rites qu’une importance civile et politique, tandis que le peuple chinois en faisait un acte religieux. Une partie du malentendu venait de là. Mais il s’agissait aussi de l’opposition entre deux conceptions missionnaires : fallait-il conserver tout ce qu’on pouvait des habitudes mentales et des pratiques traditionnelles des Orientaux, ou exiger une conversion tellement absolue qu’elle devenait une sorte d’occidentalisation ? En 1939, le pape Pie XI, constatant que l’évolution des mœurs avait nettement enlevé aux rites tout caractère religieux ou superstitieux, permit aux Chinois chrétiens de les pratiquer.

Pour en savoir plus, voir les articles Compagnie de Jésus, histoire de la Chine, Matteo Ricci, mission.