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paquebot

(anglais packet-boat, de packet, paquet, et boat, bateau)

Paquebot « MS » Astor
Paquebot « MS » Astor

Grand navire à propulsion mécanique aménagé pour le transport des passagers.

De l'anglais « packet » et « boat », paquet et bateau, le terme paquebot est apparu au xviiie s. pour désigner des navires transportant du courrier entre Calais et Douvres ou entre Harwich et les Pays-Bas. Au début du xixe s., les paquebots britanniques sont des voiliers rapides qui transportent de la poste et des passagers entre le Royaume-Uni et les colonies. Le paquebot moderne naît avec la vapeur ; des lignes régulières, maritimes et transocéaniques se créent entre les pays, et le nom désigne bientôt les navires transportant uniquement des passagers.

Du transport maritime à la croisière

Le premier paquebot à vapeur fut le Great Western qui, en 1838, relia Bristol à New York en 15 jours et 5 heures, à la vitesse moyenne de 8,75 nuds ; c'était un navire en bois de 72 m de longueur propulsé par des roues à aubes, et muni d'une voilure auxiliaire. Pendant un siècle, les paquebots sillonneront toutes les mers du monde, et particulièrement l'Atlantique. À partir des années 1920, Italiens, Français et Américains feront concurrence (avec des bateaux plus rapides et plus luxueux) aux compagnies de transport britanniques, qui ont longtemps détenu le monopole de la plupart des lignes maritimes. Véritables palaces flottants, aux aménagements luxueux, les navires dépasseront bientôt 300 m de longueur ; leur vitesse ira croissant, passant à 12 nœuds en 1870, et à plus de 30 nœuds pour certains bâtiments restés célèbres. Ainsi, le Queen Mary et l'United States détenteur du Ruban bleu de l'Atlantique avec 35,6 nœuds de moyenne, ou le Normandie. Paquebot de luxe de 83 000 t, lancé le 29 octobre 1932, fierté de la Compagnie générale transatlantique, celui-ci était propulsé par quatre hélices à une vitesse moyenne de 30 nuds ; il pouvait accueillir 1 972 passagers et 1 347 hommes d'équipage. Désarmé à New York en septembre 1939, puis rebaptisé La Fayette, il prend feu à son poste de mouillage en février 1942. Jugé irréparable, il est vendu et démoli. Il avait transporté 132 508 passagers.

À partir des années 1960, la concurrence du transport aérien a porté un coup fatal aux paquebots. En deux décennies, la plupart des long-courriers furent désarmés et envoyés à la casse. Ceux qui restèrent en service furent exclusivement affectés aux croisières, lorsqu'on ne les transformait pas en musées flottants, comme le Queen Mary, amarré à Long Beach, en Californie. Le dernier paquebot construit en France, le France précisément, n'a pas échappé à cette nouvelle règle : lancé en 1960, désarmé en 1974, il a été vendu en 1977. Restauré dans les chantiers Hapag Lloyds de Bremerhaven (Allemagne), il a représenté un investissement total (achat puis transformation) de 540 millions de francs. Un bateau neuf aurait coûté environ 750 millions de francs pour 1 400 passagers alors que le Norway, comme l'a rebaptisé son acquéreur, peut en embarquer 2 400.

Depuis le milieu des années 1990, les activités des croisières de luxe, qui connaissent une très forte croissance (4 millions de passagers en 1990, 5,5 en 1995, 8,5 en 2000 et des prévisions de 11 millions de passagers en 2005, et de 14 millions en 2010), ont relancé la construction des grands paquebots ; la France, avec les Chantiers de l'Atlantique, qui ont lancé le paquebot Mistral en juin 1999, s'est hissée à la première place mondiale dans la construction de ce type de navires : après avoir livré en 2000 le Millenium, le plus grand paquebot jamais construit en France (long de près de 300 m, il peut embarquer 2 450 passagers et 1 000 membres d'équipage), les chantiers de Saint-Nazaire ont construit le Queen Mary II (2003), le plus grand et le plus prestigieux paquebot du monde (345 m de long, 41 m de large pour une hauteur de 72 m dont 62 m émergés, et une capacité d'accueil de 2 620 passagers et de 1 250 membres d'équipage), capable, avec une vitesse de 30 nuds, de traverser l'Atlantique en cinq jours.