En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

cyanure

Sel de l'acide cyanhydrique.

Le cyanure d'hydrogène H―C≡N, dont la solution aqueuse est l'acide cyanhydrique, a été isolé par Scheele en 1782 à partir du bleu de Prusse (ce qui explique son ancien nom d'acide prussique). Le bleu de Prusse est employé comme pigment. Son nom actuel est formé du préfixe cyano, signifiant bleu, et hydrique, qui caractérise un hydracide, c'est-à-dire un acide non oxygéné.

Il existe à l'état naturel mais on peut le préparer par action de l'acide sulfurique dilué sur le cyanure de sodium.

Dans l'industrie, on réduit le gaz ammoniac par le charbon au rouge, ou bien on fait passer dans un arc électrique un mélange de méthane et d'azote. Dans les conditions normales, le cyanure d'hydrogène est un liquide incolore dont l'odeur rappelle celle des amandes amères ; il bout à 26 °C et se solidifie à −15 °C. Il possède un moment dipolaire très élevé et est donc un excellent solvant des composés ioniques.

L'acide cyanhydrique est un poison extrêmement violent. L'acide et ses sels, les cyanures, peuvent former des complexes avec les composés du fer responsables du transport et de l'utilisation de l'oxygène dans les organismes vivants, provoquant ainsi l'asphyxie.

Propriétés chimiques et composés

L'acide cyanhydrique peut donner deux sortes d'esters organiques : les nitriles R―C≡N et les carbylamines R―N≅C (appelées aussi isonitriles). En solution dans l'eau, le cyanure d'hydrogène se comporte comme un acide très faible ; ses sels sont les cyanures, contenant l'ion cyanure (C≡N). Cet ion possède un certain nombre de caractères qui rappellent ceux des halogénures : ainsi le cyanate (OCN) obtenu par oxydation, le thiocyanate (SCN) obtenu par action du soufre, l'isocyanate (ONC), etc.

Les cyanures de sodium et de potassium sont fabriqués industriellement par chauffage vers 900 °C de l'amidure correspondant. Les cyanures alcalins, alcalino-ferreux et mercuriques sont solubles dans l'eau ; ces solutions aqueuses sont fortement basiques.

Les cyanures des métaux lourds, insolubles dans l'eau, sont solubles dans les solutions de cyanures alcalins ; on obtient alors des cyanures complexes très stables et avec un excès de métal, la toxicité peut être complètement « masquée ». C'est le cas particulier de l'or, de l'argent, du cobalt, du platine et surtout du fer. Avec ce dernier, à l'état d'oxydation + 2, on obtient le ferrocyanure [Fe(CN)6]4−, dont le sel ferrique [Fe (CN)6]3Fe4,9 H2O est le bleu de Prusse insoluble. À l'état d'oxydation + 3 correspond le ferricyanure [Fe(CN)6]3−. Dans la nomenclature actuelle, le premier doit être appelé cyanoferrate II, le second, cyanoferrate III.

Applications

L'existence des cyanures complexes est mise à profit pour extraire l'or et l'argent de leurs minerais. Dans ce procédé les minerais finement broyés sont traités par une solution aqueuse à 0,1 % environ de cyanure alcalin pendant qu'on injecte de l'air. L'argent et l'or passent en solution à l'état d'ions complexes [Ag(CN)2], [Au(CN)2]. On précipite le métal en le déplaçant de l'ion complexe par action du zinc.

Les cyanures complexes sont encore utilisés pour dorer et argenter par galvanoplastie. On entend aussi par cyanuration l'introduction du groupement ―C≡N dans les molécules. Ainsi, son action sur l'acétylène donne, suivant la réaction :
CH≡CH + H―C≡N → CH2≅≅CH―C≡N ;
le nitrile acrylique ou acrylonitrile, monomère dont la polymérisation ou les copolymérisations avec le chlorure de vinyle, l'acétate de vinyle, le butadiène, etc., conduisent à la fabrication de fibres textiles synthétiques et de caoutchoucs artificiels.

De la même façon, son action sur les aldéhydes, forme les cyanhydrines (avec l'acétone, on obtient les esters méthacryliques, dont la polymérisation conduit aux résines méthacryliques), qui sont d'importants intermédiaires de synthèse.

Enfin, la cyanuration est un procédé de traitement de surface des aciers, analogue à la nitruration.

Médecine

Les cyanures sont utilisés pour la destruction des rongeurs ou encore pour la désinfection des locaux. Ils ne sont plus utilisés en thérapeutique, à l'exception du nitroprussiate de sodium, réservé à l'usage hospitalier, qui possède des propriétés hypotensives.

Le cyanure peut provoquer une intoxication, qui se manifeste très rapidement par une accélération cardiaque, un essoufflement, un coma. Le traitement symptomatique (assistance respiratoire, oxygène) est complété par l'administration d'un antidote (vitamine B12 à fortes doses).

L'acide cyanhydrique existe dans certains noyaux de fruits (amande amère, pêche, abricot) et dans certaines feuilles (pêcher, saule, laurier-cerise). Des plantes comme le haricot de Java ou la vesce commune contiennent des principes qui, au contact d'une enzyme, libèrent l'acide cyanhydrique, très toxique car il inhibe les échanges d'oxygène dans le protoplasme ; ces plantes sont donc dangereuses lorsqu'elles sont consommées, par le bétail en particulier.