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cité

(latin civitas, -atis)

Dans l'Antiquité, communauté politique dont les membres (les citoyens) s'administraient eux-mêmes.

HISTOIRE

De façon générale, on entend par « cité » un État constitué par une ville et son territoire, de taille modeste, où les hommes s'organisent en un ensemble politique et économique cohérent. Apparue dès le IIIe millénaire avant J.-C. au pays de Sumer, la cité a été une organisation fondamentale dont les derniers témoins furent en Europe les cités flamandes, allemandes et italiennes du Moyen Âge et des Temps modernes. La cité par excellence est la cité grecque (en grec : polis). Pour les historiens actuels, celle-ci paraît provenir, à partir du xiie ou du xie s. avant J.-C., de la fixation autour d'un point fortifié de populations variées. La citadelle garde un territoire rural plus ou moins étendu tandis qu'à ses pieds se développe le bourg (astu).Progressivement, le territoire s'étend jusqu'à des frontières communes avec celui des cités voisines. Dans ce cadre territorial, l'ensemble des citoyens forme la cité proprement dite. D'abord gouvernées par des rois, les cités grecques on connu leur essor sous un régime oligarchique : ses chefs se recrutent d'abord selon la naissance, puis d'après la fortune (ixe-vie s. avant J.-C.). Mais le peuple (dêmos) finit par imposer l'égalité des citoyens devant la loi, puis parfois donne le pouvoir à la majorité des citoyens (démocratie). L'État est pourtant aux mains d'une minorité des habitants du territoire ; vivent dans les cités des dépendants, qui n'accèdent jamais à la dignité politique, ou les esclaves : étrangers domiciliés (métèques), qui ne sont pas associés à la vie publique.

Dans sa forme « achevée », l'organisation de la cité se marque par l'existence d'une Assemblée du peuple (ecclesia), souveraine en théorie et où siègent, du moins en droit, tous les citoyens ; cette Assemblée est secondée par une commission permanente, le Conseil (boulê), formé d'un nombre restreint de citoyens représentant le peuple. La multiplication des magistratures, le plus souvent annuelles et collégiales, assure la domination du peuple sur l'exécutif. Il appartient également aux citoyens de fournir les juges du tribunal de la cité (l'héliée à Athènes). Cadre achevé de la vie des anciens Grecs, les cités ont permis l'épanouissement d'une brillante civilisation entre le viie et le ive s. avant J.-C. Mais le morcellement politique que maintenait cette institution, les luttes incessantes entre les cités ont obligé la cité à s'effacer devant des organisations politiques mieux adaptées : le royaume ou la province romaine, dans lesquels les cités luttèrent toujours pour préserver une forme d'autonomie.

Rome fut longtemps une cité aux institutions analogues ; dès le ive s. avant J.-C., après la conquête du Latium, elle doit adapter ses institutions à la gestion de territoires toujours plus vastes. Pourtant, la civilisation de la cité est à ce point le cadre naturel de la vie des Anciens que l'Empire romain se présente toujours comme une fédération de cités. Par l'édit de Caracalla (212 après J.-C.), tous leurs habitants libres disposent également du droit de cité romaine. Possédé par les citoyens romains, c'est-à-dire par ceux qui, à l'origine, résident dans l'urbs ou dans l'Ager Romanus, ou encore dans une colonie romaine, ce droit se transmet héréditairement. Il comporte la possession intégrale des droits civils (jus commercii [droit de propriété et droit de conclure des contrats], jus connubii [droit de contracter un mariage légitime avec les enfants de citoyens romains]) et des droits politiques (jus suffragii, ou droit de vote, et jus honorum, ou droit d'éligibilité).