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coup d'État de brumaire an VIII

Coup d'État de brumaire an VIII
Coup d'État de brumaire an VIII

Coup d'État au cours duquel, les 18 et 19 brumaire an VIII (9 et 10 novembre 1799), le général Napoléon Bonaparte prit le pouvoir mettant ainsi fin au Directoire et à la Révolution.

1. Le Directoire en crise

Le régime du Directoire, après quatre années de crises politiques et financières et de revers militaires, est tombé dans un universel discrédit. On s'inquiète de l'accroissement du brigandage, des menaces des extrémistes de droite et de gauche.

2. Le complot

Au printemps de 1799 se forme un groupe révisionniste, dont le théoricien est le Directeur Sieyès, qui trouve de nombreux appuis dans la bourgeoisie et la finance (→ Ouvrard) et qui ne tarde pas à rallier quelques généraux. Il s'agit de renforcer le pouvoir exécutif et de réviser la Constitution. Sieyès amène les Conseils à contraindre trois de ses collègues sur quatre à démissionner (18 juin 1799) ; à leur place sont élus Roger Ducos, Gohier et Moulin. Paul Barras, le cinquième Directeur, se fait payer sa complicité. Il faut encore le concours d'un général populaire ; Barthélemy Joubert, auquel on a songé, ayant été tué à Novi (15 août 1799), on fait appel à Bonaparte revenu d'Égypte.

Le complot s'est assuré le concours de Talleyrand, du ministre de la Justice Cambacérès, de Lemercier, président des Anciens, de Lucien Bonaparte, qui est élu président du Conseil des Cinq-Cents.

3. Le 18 brumaire

Le 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799), leur président annonce au Conseil des Anciens la découverte d'un complot jacobin et leur fait voter le transfert des conseils à Saint-Cloud, ainsi que la nomination de Bonaparte au commandement des troupes de Paris. Talleyrand négocie et obtient la démission de Barras, tandis que Moreau garde prisonniers au Luxembourg Gohier et Moulin. La vacance du pouvoir exécutif est acquise.

4. Le coup de force

Mais, le 19 brumaire, à Saint-Cloud, les Cinq-Cents et l'opposition des Anciens se tiennent sur leurs gardes. Après une harangue maladroite aux Anciens, Bonaparte, pénétrant dans la salle des Cinq-Cents, est accueilli parles cris de : « À bas le dictateur ! Hors la loi ! », assailli, et bousculé par les députés ; son escorte doit venir l'arracher à ses adversaires.

Son frère Lucien réussit cependant à retarder le vote de la mise hors la loi – c'est-à-dire la condamnation à mort sans jugement –, puis, enlevé par quelques grenadiers, il sort de la salle et harangue la garde du Corps législatif hésitante ; président des Cinq-Cents, représentant la légalité, il la requiert de délivrer l'Assemblée, terrorisée par une minorité de « représentants à stylets » soldés par l'Angleterre. Conduits par Joachim Murat, les grenadiers pénètrent dans la salle des Cinq-Cents et expulsent les députés.

Le Directoire était renversé par la force, et non par une décision des Conseils eux-mêmes comme Sieyès et Bonaparte l'avaient espéré. Les Anciens et une trentaine de membres des Cinq-Cents, réunis le soir à grand-peine, désigneront les trois « consuls provisoires » (Sieyès, Roger Ducos et Bonaparte) et deux commissions chargées de préparer avec eux une nouvelle Constitution.

Pour en savoir plus, voir les articles Directoire, histoire de la France, Révolution française.