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TUC

sigle de Trades Union Congress

Confédération syndicale britannique, créée en 1868 au congrès de Manchester, réunissant diverses associations dont des Bourses du travail, des fédérations syndicales et des mutuelles ouvrières.

Après sa constitution, en 1868, le TUC attire rapidement d'autres organisations syndicales tandis que sa combativité lui permet de réaliser de nouvelles adhésions. À la fin des années 1870, il rassemble 500 000 adhérents après avoir atteint le million en 1874. Il se rapproche alors du parti libéral de William Gladstone qui, en contrepartie, fait élire des syndicalistes au Parlement (2 en 1868, 11 en 1875) et adopter une loi légalisant les syndicats (1871), puis une loi reconnaissant la validité des piquets de grève (1875). Au cours des années 1880 et 1890, le TUC manifeste une combativité accrue grâce à l'apport de syndicalistes socialistes (fabiens mais aussi marxistes). L'idée de créer un parti du travail (Labour Party) naît alors au sein des syndicats. En 1893, les Écossais créent l'Independant Labour Party (ILP), dont le leader syndicaliste James Keir Hardie prend la tête. En 1900, le TUC décide de créer un Comité pour la représentation du travail (Labour Representation Committee). Le 14 février 1906, le comité se transforme en Labour Party. Le TUC réaffirme ainsi sa volonté d'agir sur le plan politique mais n'abandonne pas pour autant le terrain syndical (grandes grèves de 1911 à 1913 chez les marins, les dockers, les mineurs). Ses effectifs atteignent 4 millions d'adhérents en 1914.

En apportant leur soutien au gouvernement de guerre de 1914 à 1918, le TUC et le parti travailliste en retirent de nombreux avantages. En 1915 surgit le mouvement des délégués d'ateliers (shop stewards), qui jouent un rôle d'envergure à l'intérieur de l'organisation. À partir de 1917 se développent d'importantes grèves. En 1920, le TUC compte 8 300 000 adhérents. En 1924, pour la première fois un travailliste, Ramsay Mac Donald, parvient à la tête du gouvernement. Toutefois, cet éphémère succès ne se traduit par aucune avancée sociale et est suivi du grave échec de la grande grève de solidarité avec les mineurs (mai 1926) : cet échec amène une baisse des effectifs (4 800 000 adhérents en 1928 contre 6 500 000 en 1918) et le vote d'une loi interdisant toute grève de solidarité (1927). Le TUC, qui voit surgir en son sein une aile gauche animée par des communistes et des travaillistes de gauche, reconquiert pourtant une partie du terrain perdu à partir de 1934 en réussissant à conclure des conventions collectives dans plusieurs secteurs. À partir de 1939, l'engagement sans équivoque du TUC et du parti travailliste dans l'effort de guerre permet aux syndicats d'enregistrer de nouvelles avancées telles que le vote de lois de protection sociale (1943) ainsi que l'adoption du plan du libéral William Henry Beveridge (1942) par le parti travailliste. Vainqueur, celui-ci réalise toute une série de réformes sociales d'envergure et de nationalisations, soutenu par le TUC qui fait voter une législation favorable aux syndicats. À compter de 1951, l'alternance politique entre les travaillistes et les conservateurs entame peu le pouvoir syndical, car les conservateurs qui gouvernent sont de tendance sociale. Parallèlement, toute une série de pratiques assure aux syndicats une place importante dans l'entreprise et la société ; cependant, il arrive que le TUC s'oppose à la politique de certains gouvernements travaillistes.

Les choses changent entre 1979 et 1990 avec l'arrivée au pouvoir du Premier ministre Margaret Thatcher, qui représente l'aile libérale du parti conservateur très hostile au syndicalisme rendu responsable des difficultés de l'économie britannique. Malgré des grèves dures (mineurs en 1984-1985, mais aussi marins, infirmières, postiers, etc.), une série de nationalisations et de lois hostiles aux syndicats sont adoptées. Le TUC, qui a atteint 12 millions d'adhérents en 1979, tombe à 9 millions au milieu des années 1990. Si le retour au pouvoir des travaillistes avec Tony Blair en 1997 ne se traduit pas par un retour pur et simple à la situation antérieure (car nombre de mesures antisyndicales adoptées durant l'ère Thatcher ne sont pas rapportées), le TUC retrouve cependant un contexte plus favorable à son action.