L'un des deux plus grands partis politiques de l'Autriche avec le parti populiste autrichien, ou Ö.V.P.
Fondé par Viktor Adler en 1889 à Hainfeld, le parti adopte une structure internationaliste et un programme réformiste. Il revendique, sur le plan social, la journée de huit heures ; sur le plan politique, le suffrage universel. Il réussit à imposer ce dernier en 1905 (le suffrage universel devient réalité aux élections de 1907 ; les femmes obtiendront le droit de vote en 1918). En 1918, le parti social-démocrate devient un parti de gouvernement : Karl Renner occupe le poste de chancelier et, à ce titre, doit signer en septembre 1919 le traité de Saint-Germain-en-Laye qui crée la République d'Autriche et interdit tout rattachement à l'Allemagne. Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale, le parti participe à une coalition gouvernementale avec les chrétiens-sociaux jusqu'en 1920, date à partir de laquelle il demeure dans l'opposition. Ayant établi son fief à Vienne (« Vienne la rouge »), il est condamné à l'illégalité par le régime autoritaire de Dollfuss après les affrontements armés de février 1934. Avec l'arrivée des troupes allemandes dans la capitale autrichienne en mars 1938, ses militants sont contraints à l'exil ou déportés.
Au lendemain de la Libération, le parti social-démocrate autrichien se reconstitue. De 1945 à 1966, il appartient à tous les gouvernements de coalition successifs et le poste de vice-chancelier lui revient. Dirigé par Bruno Kreisky à partir de 1967, il détient la majorité absolue de 1970 à 1983. Le chancelier – Fred Sinowatz de 1983 à 1986, Franz Vranitzky à la tête d'une coalition S.P.Ö.-Ö.V.P. de 1986 à 1997, Franz Klima de 1997 à 2000 – est issu de ses rangs jusqu'en 2000. Avec 33,1 % des voix aux législatives d'octobre 1999, le S.P.Ö. reste le premier parti politique autrichien, mais son affaiblissement incite ses partenaires conservateurs de l'Ö.V.P. à conclure, en janvier 2000, une coalition avec les populistes du F.P.Ö. Après trente ans de pouvoir, le S.P.Ö. est renvoyé sur les bancs de l'opposition. Dirigé depuis avril 2000 par Alfred Gusenbauer, le parti social-démocrate est en progression aux élections provinciales de 2004 et voit son candidat, Heinz Fischer, remporter le scrutin présidentiel d'avril 2004. Après avoir préservé sa première place aux élections européennes de juin 2004 – à l'issue desquelles, il obtient 7 sièges sur 18 – il bat, pour la première fois depuis 1953, l'Ö.V.P. en Styrie en octobre 2005. Sa progression se confirme lors des élections législatives d'octobre 2006, où il arrive en première position avec 35,3 % des suffrages devant l'Ö.V.P. (34,3 %), avec lequel, il conlut, à l'issue de longues tractations, un accord de « grande coalition », que dirige A. Gusenbauer (janvier 2007). Affaibli par d'âpres querelles intestines à l'origine de la désignation de Werner Feymann à sa tête, le S.P.Ö. adopte en juillet 2008 une orientation eurosceptique et populiste, qui provoque le retrait de son partenaire de la « grande coalition ». Il est santionné lors des élections législatives anticipées de septembre 2008 (29,4 % des suffrages, 58 sièges) et lors des européennes de juin 2009, où avec 23,74 % des suffrages (4 sièges), il perd sa première place derrière l'Ö.V.P.