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SPÖ

sigle de Sozialdemokratische Partei Österreichs, parti social-démocrate d'Autriche, de 1947 à 1991, parti socialiste autrichien

L'un des deux plus grands partis politiques de l'Autriche avec le parti populiste autrichien, ou ÖVP.

1. Historique

Fondé par Viktor Adler en 1889 à Hainfeld, le parti adopte une structure internationaliste et un programme réformiste. Il revendique, sur le plan social, la journée de huit heures ; sur le plan politique, le suffrage universel. Il réussit à imposer ce dernier en 1905 (le suffrage universel devient réalité aux élections de 1907 ; les femmes obtiendront le droit de vote en 1918). En 1918, le parti social-démocrate devient un parti de gouvernement : Karl Renner occupe le poste de chancelier et, à ce titre, doit signer en septembre 1919 le traité de Saint-Germain-en-Laye qui crée la République d'Autriche et interdit tout rattachement à l'Allemagne. Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale, le parti participe à une coalition gouvernementale avec les chrétiens-sociaux jusqu'en 1920, date à partir de laquelle il demeure dans l'opposition. Ayant établi son fief à Vienne (« Vienne la rouge »), il est condamné à l'illégalité par le régime autoritaire de Dollfuss après les affrontements armés de février 1934. Avec l'arrivée des troupes allemandes dans la capitale autrichienne en mars 1938, ses militants sont contraints à l'exil ou déportés.

2. Le SPÖ, premier parti d'Autriche

Au lendemain de la Libération, le parti social-démocrate autrichien se reconstitue. De 1945 à 1966, il appartient à tous les gouvernements de coalition successifs et le poste de vice-chancelier lui revient. Dirigé par Bruno Kreisky à partir de 1967, il détient la majorité absolue de 1971 à 1983. Le chancelier – Fred Sinowatz de 1983 à 1986, Franz Vranitzky à la tête d'une coalition SPÖ-ÖVP de 1986 à 1997, Franz Klima de 1997 à 2000 – est issu de ses rangs jusqu'en 2000. Avec 33,1 % des voix aux législatives d'octobre 1999, le SPÖ reste le premier parti politique autrichien, mais son affaiblissement incite ses partenaires conservateurs de l'ÖVP à conclure, en janvier 2000, une coalition avec les populistes du FPÖ.

3. Dans l'opposition

Après trente ans de pouvoir, le SPÖ est renvoyé sur les bancs de l'opposition. Dirigé depuis avril 2000 par Alfred Gusenbauer, le parti social-démocrate perd sa place de premier parti au profit de l’ÖVP en 2002, mais progresse aux élections provinciales de 2004 et voit son candidat, Heinz Fischer, remporter le scrutin présidentiel d'avril 2004. Après avoir préservé sa première place aux élections européennes de juin 2004 – à l'issue desquelles, il obtient 7 sièges sur 18 – il bat, pour la première fois depuis 1953, l'ÖVP en Styrie en octobre 2005.

4. Le retour de la « grande coalition »

La progression du SPÖ se confirme lors des élections législatives d'octobre 2006, où il arrive en première position avec 35,3 % des suffrages devant l'ÖVP (34,3 %), avec lequel, il conclut, à l'issue de longues tractations, un accord de « grande coalition », que dirige A. Gusenbauer (janvier 2007). Affaibli par d'âpres querelles intestines à l'origine de la désignation de Werner Feymann à sa tête, le SPÖ adopte en juillet 2008 une orientation eurosceptique et populiste, qui provoque le retrait de son partenaire de la « grande coalition ».

Il est sanctionné lors des élections législatives anticipées de septembre 2008 (29,4 % des suffrages, 58 sièges) et lors des européennes de juin 2009, où avec 23,74 % des suffrages (4 sièges), il perd sa première place derrière l'ÖVP. Depuis décembre 2008, avec Werner Faymann au poste de chancelier, le SPÖ dirige le nouveau gouvernement de grande coalition avec l’ÖVP, une alliance reconduite à l’issue des élections législatives de septembre 2013. Toutefois, partageant le même sort que son partenaire conservateur, le parti voit sa base électorale continuer de s’éroder au profit du FPÖ avec environ 27 % des suffrages, son plus mauvais résultat depuis 1945.

L’élimination de son candidat au premier tour de l’élection présidentielle d’avril-mai 2016 (11,2 % des voix), en même temps que celui du ÖVP (11,1 %), entraîne la démission de W. Faymann, auquel succède Christian Kern.

Pour en savoir plus, voir l'article Autriche : vie politique depuis 1945.