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PCE

sigle de parti communiste espagnol

Parti né en 1921 de deux scissions au sein du parti socialiste ouvrier espagnol.

1. Naissance

En 1919, le mouvement ouvrier espagnol reste divisé entre la très influente Confederacíon nacional del trabajo (CNT, anarcho-syndicaliste) et le parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) auquel est étroitement lié le syndicat UGT (Unión General de Trabajadores), réformiste mais minoritaire. Il doit alors déterminer sa position face aux nouvelles conditions des luttes sociales et politiques créées par la révolution russe. En décembre, tandis que la CNT décide d’adhérer provisoirement à l’Internationale communiste (elle la quitte en 1922), une fraction de la Fédération des Jeunesses socialistes, s’opposant à la ligne prudente et attentiste du PSOE, y entre également et fonde, en avril 1920, un premier parti communiste espagnol (Partido comunista español).

Un an plus tard, la majorité des socialistes ayant finalement refusé les vingt et une conditions d’adhésion à la IIIe Internationale imposées par Lénine, l’aile gauche du PSOE crée à son tour un parti communiste (Partido comunista obrero español, PCOE) qui s’appuie surtout sur les socialistes de Biscaye et des Asturies. Ces deux formations fusionnent en novembre 1921 pour donner naissance au parti communiste d’Espagne (Partido comunista de España, PCE). Marqué par des divergences politiques entre ses deux groupes fondateurs, le parti se « bolchévise » mais son influence demeure longtemps faible, très inférieure à celle des anarchistes et des socialistes.

2. En lutte contre le franquisme

Malgré sa participation aux journées révolutionnaires d'octobre 1934 dans les Asturies et aux élections qui voient la victoire du Front populaire en février 1936 et lui valent 17 députés, le PCE est encore un petit parti lorsque éclate le pronunciamiento du général Franco en juillet 1936. Sa ligne politique de très large union contre le franquisme et la part que prennent, dans la guerre civile, des militants comme José Díaz, secrétaire général, Dolores Ibárruri (la Pasionaria), les généraux Enrique Líster et Juan Modesto lui permettent d'élargir rapidement son audience. Il participe aux gouvernements républicains de septembre 1936 à mars 1939 et s'oppose avec vigueur aux anarchistes et aux trotskistes du parti ouvrier d'unification marxiste (Partido obrero de unificación marxista, POUM).

3. Dans l'illégalité

De la chute de la République en mars 1939 à 1975, le PCE est illégal en Espagne. Après la Libération en France, un certain nombre de communistes espagnols, anciens FTP ou FFI, tentent en vain de créer en Espagne des foyers de guérilla. Le PCE ne cesse pourtant jamais son action clandestine et reste très actif au sein des Commissions ouvrières, dirigées par Marcelino Camacho, et dans les milieux intellectuels. Dès 1956, il s'adresse à l'Église ainsi qu'à « des forces qui ont combattu dans des camps opposés pendant la guerre civile » pour constituer une coalition antifranquiste. Dans les années 1960, son implantation s'élargit en Espagne malgré une répression très lourde (arrestation de plusieurs dirigeants, dont Julián Grimau, membre du Comité central, qui sera exécuté en avril 1963).

Sous l'impulsion de son secrétaire général Santiago Carrillo, le PCE prend de plus en plus ses distances vis-à-vis de l'URSS, ce qui amène, en 1970, une scission avec E. Líster, qui crée le parti communiste ouvrier espagnol (PCOE).

4. Scissions et divergences

Avec son retour à la légalité, en 1975, le PCE apporte un appui précieux à la transition démocratique menée par Adolfo Suárez et le roi Juan Carlos et s'engage de plus en plus sur la voie de l'eurocommunisme. Aux élections de mars 1979, le PCE rassemble 10,77 % des suffrages et fait élire 23 députés. Cependant, l'infléchissement de plus en plus net de sa politique vers une ligne modérée provoque des réserves d'une fraction du parti, notamment de son allié d’obédience communiste, l'influent parti socialiste unifié de Catalogne (Partit socialista unificat de Catalunya), qui, en 1982, se scinde en deux. Après le grave échec électoral d'octobre 1982 (le PCE ne remporte plus que 4 % des voix), Gerardo Iglesias remplace S. Carrillo au secrétariat général du parti.

Les divergences croissantes entre les différentes tendances aboutissent à une nouvelle scission en 1984 (formation, par des dissidents prosoviétiques, d'un nouveau « parti communiste ») et à l'exclusion, en avril 1985, de S. Carrillo qui fonde également un nouveau parti avant de rejoindre les socialistes puis de se retirer de la vie politique.

5. Au sein de la Gauche unie (Izquierda Unida)

En 1986, les communistes parviennent partiellement à mettre fin à leurs querelles avec le retour, au sein du parti, du PCOE et la fondation, en avril, avec huit autres petites organisations de gauche, de la coalition « Izquierda Unida » qui ne remporte toutefois que 4,6 % des voix aux élections législatives de juin. En 1988, Julio Anguita Gonzáles succède à Gerardo Iglesias. Il réussit à donner une nouvelle impulsion au parti et la Gauche unie double son score avec 9 % à 11 % des voix aux élections législatives de 1989, 1993 et 1996. Mais elle recule fortement aux scrutins de 2000 (5,4 %) et de 2004 (5 %) avant d'être laminée en 2008, où elle chute à 3,8 %. En alliance avec les Verts, elle se redresse légèrement aux élections de 2011 en obtenant 7 % des suffrages.

Pour en savoir plus, voir les articles Espagne : histoire, Espagne : vie poliique depuis 1976.