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Maroc : musique

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Moins marqué par les influences arabo-orientales, turco-ottomanes ou franco-occidentales que l'Algérie et la Tunisie, le Maroc, extrême bastion musulman à l'Ouest, a conservé une personnalité musicale individualisée et perpétué une image traditionaliste de l'islam. Les grands centres de développement de la musique citadine ont été Fès, Marrakech, Tanger, Tétouan et Rabat, et les traditions musicales savantes ont été plus particulièrement perpétuées au sein des confréries religieuses (zâwiya) ou des cours princières. De nos jours, le répertoire « arabo-andalou » de la musique traditionnelle savante du Maroc repose sur environ vingt-six modes musicaux (tabo, sanoa) et onze suites modales (nawba-s) stéréotypées et chantées en arabe littéral ou dialectal. L'accompagnement instrumental est assuré par des ensembles classiques comprenant des luths (oûd-s et kwitra-s), des vièles et violons (rabâba-s et kamânja), des cithares (qânûn-s), des flûtes obliques (nây-s) et des percussions (târ-s et darabuka-s). Mais une mode toute récente tend à introduire des guitares et des accordéons dans ces ensembles classiques qui perdent alors toute crédibilité traditionnelle.

Les musiques traditionnelles populaires du Maroc restent liées au cycle annuel des saisons et des fêtes et ont conservé un attrait de pittoresque découlant de la beauté des costumes des danseurs, de l'omniprésence des sections rythmiques, de l'originalité d'instruments comme la musette (ghaïta) ou le tambour sur cadre (bandîr) et de nombreuses influences berbères ou nomades. La musique de variétés, par contre, hésite trop souvent entre un Orient et un Occident dépréciés.