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Inde : population

Bénarès
Bénarès

  • Population : 1 252 140 000 hab. (estimation pour 2013)

Avec 1,25 milliard d'habitants, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde, après la Chine. Sa population s’accroît d'environ 1,5 million d'habitants par mois. La population indienne se caractérise par une série de divisions en communautés très contrastées et il n’existe pas d’unité linguistique (langues indo-européennes dans le Nord, langues dravidiennes dans le Sud). La pression démographique se maintient (un taux de natalité de 23 ‰ malgré une politique de limitation des naissances), dans un pays encore majoritairement rural.
L’exode rural et la forte natalité ont gonflé les villes, qui regroupent environ le tiers de la population totale, souvent dans des agglomérations surpeuplées et des conditions de vie difficiles (multiplication des bidonvilles). Une quarantaine d’agglomérations dépassent le million d’habitants et les plus grandes, Calcutta, Bombay, Delhi, Madras, comptent plus de 5 millions d’habitants. Les principales villes se situent sur la côte de la péninsule du Deccan (région de plateaux relativement aride) ou se sont développées au pied de l’Himalaya, dans la vaste plaine drainée par le Gange où se concentrent, de Delhi à Calcutta, plusieurs centaines de millions d’Indiens. L’espérance de vie reste encore peu élevée, 65 ans en moyenne.

Les divisions administratives de l'Inde

DIVISIONS ADMINISTRATIVES DE L'INDE

 

États et territoires

Superficie
(en km2)

Population
(recensement de 2011)

Capitale

États

Andhra Pradesh

275 000 (avant la scission de 2014)

84 665 533 (avant la scission de 2014)

Hyderabad

 

Arunachal Pradesh

83 700

1 382 611

Itanagar

 

Assam

78 400

31 169 272

Dispur

 

Bengale-Occidental

88 500

91 347 736

Calcutta

 

Bihar

94 150

103 804 637

Patna

 

Chhattisgarh

135 100

25 540 196

Raipur

 

Goa

3 700

1 457 723

Panaji

 

Gujerat

196 000

60 383 628

Gandhinagarh

 

Haryana

44 200

25 353 081

Chandigarh

 

Himachal Pradesh

55 700

6 856 509

Simla

 

Jammu-et-Cachemire

101 000

12 548 926

Srinagar

 

Jharkhand

79 700

32 966 238

Ranchi

 

Karnataka

192 000

61 130 704

Bangalore

 

Kerala

38 800

33 387 677

Trivandrum

 

Madhya Pradesh

308 300

72 597 565

Bhopal

 

Maharashtra

308 000

112 372 972

Bombay

 

Manipur

22 300

2 721 756

Imphal

 

Meghalaya

22 400

2 964 007

Shillong

 

Mizoram

21 000

1 091 014

Aijal

 

Nagaland

15 500

1 980 602

Kohima

 

Odisha

156 000

41 947 358

Bhubaneswar

 

Pendjab

50 400

27 704 236

Chandigarh

 

Rajasthan

343 000

68 621 012

Jaipur

 

Sikkim

7 300

607 688

Gangtok

 

Tamil Nadu

130 000

72 138 958

Madras

 

Télangana

 

 

Hyderabad

 

Tripura

10 500

3 671 032

Agartala

 

Uttarakhand

55 850

10 116 752

Dehra Dun

 

Uttar Pradesh

238 500

199 581 477

Lucknow

Territoires

Andaman et Nicobar

8 300

379 944

Port Blair

 

Chandigarh

114

1 054 686

Chandigarh

 

Dadra et Nagar Haveli

500

342 853

Silvassa

 

Daman et Diu

110

242 911

Daman

 

Delhi

1 485

16 753 235

Delhi

 

Lakshadweep

30

64 429

Kavaratti

 

Pondichéry

480

1 244 464

Pondichéry

1. Peuplement composite, civilisation homogène

L'Inde et, plus largement, le sous-continent indien forment une civilisation homogène. Pourtant, le peuplement de cet espace grand comme l'Europe occidentale résulte d'un long brassage, au fil des siècles, de populations très diverses. Cette « unité dans la diversité » rend quasi impossible toute distinction ethnique, sinon selon des critères linguistiques et religieux, à l'exception toutefois des tribus aborigènes et des peuples des marges septentrionales et orientales. Ceux-ci, qui constituent 8,1 % de la population, vivent généralement dans les régions les plus reculées et forment de petits groupes très différenciés, tant par leurs langues (tibéto-birmanes, austro-asiatiques ou dravidiennes) que par leurs coutumes.

Le reste de la population indienne peut être divisé en deux grands ensembles socioculturels géographiquement distincts : le Nord et le Sud. Dans le Nord, la majeure partie des habitants parle des langues indo-européennes et a subi, tout au long des siècles, des invasions en provenance du nord-ouest de l'Inde, via la passe de Khaybar, entre le Pakistan et l'Afghanistan (établissement des Indo-aryens avant l'ère chrétienne, envahisseurs turco-mongols). Le Sud, qu'on appelle aussi le monde dravidien, a relativement moins subi d'influences extérieures, sinon par la mer, et les langues dravidiennes y sont totalement incompréhensibles pour un habitant du Nord.

L'antagonisme, toutefois limité, entre les deux cultures s'est manifesté à l'indépendance, lorsque le pouvoir a voulu ériger le hindi, la principale langue du Nord, au rang de langue officielle du pays – alors qu'il était totalement inconnu dans le Sud –, mais s'est trouvé contraint de continuer à utiliser l'anglais comme langue de communication. La pluralité des langues (on en recense plus de 1 500) et les revendications régionalistes ont incité les rédacteurs de la Constitution à établir une liste restreinte de 15 langues « constitutionnelles », parlées en tout par 87 % de la population.

2. La structure sociale et les religions

L'hindouisme est la religion majoritaire en Inde (80 % de la population). Il se caractérise par l'absence de dogmes, de livre « révélé », de hiérarchie cléricale, et tend à ordonner dans un même concept globalisant (le dharma) le divin et l'humain. Il ne facilite donc pas la séparation entre domaine religieux et domaine social. Le système des castes est une illustration frappante de cette confusion volontaire. Il recouvre en fait deux échelles de nature différente, les varnas et les jati. Les varnas, au nombre de quatre, désignent des fonctions rituelles hiérarchisées (prêtres, guerriers, commerçants et serviteurs) ; les dizaines de milliers de jatis, groupes endogames, s'inscrivent de manière également hiérarchique, selon une échelle de pureté, dans l'un des quatre varnas. Si le mot « caste », d'origine portugaise, doit être employé avec précaution, il s'applique plutôt au varna, alors qu'au jati correspondra la notion de sous-caste. Enfin, les « intouchables » (harijan, ou « enfants de Dieu » pour le Mahatma Gandhi) sont hors caste, dans le sens où ils n'appartiennent à aucun des varnas, mais ils sont, eux aussi, organisés hiérarchiquement en jatis corporatistes (vidangeurs, blanchisseurs, etc.).

Bien que la Constitution de l'Inde indépendante rende illégale l'existence des castes, les autorités ont mis en place des mesures de protection en faveur des basses castes et des tribus aborigènes (réservations de postes dans le secteur public, à l'université ou dans les assemblées politiques…), qui entérinent, de facto, le système des castes et sont une source de ressentiment de la part des castes non bénéficiaires mais dont le niveau de vie reste peu élevé.

Les intouchables, qui représentent plus de 100 millions de personnes, sont considérés comme non hindous par les membres des différentes castes et constituent, à ce titre, une communauté distincte. Malgré les mesures de l'État en leur faveur, leur situation n'a pratiquement pas évolué depuis l'indépendance. Leur instruction reste insuffisante et leur accès à la propriété foncière deux fois moins élevé que la moyenne nationale. De plus, près d'un intouchable sur deux exerce encore le métier attaché à son jati, ce qui le marque d'une impureté extrême. Les travailleurs forcés (bonded labourers), liés de père en fils par la dette héréditaire contractée auprès de leur propriétaire, sont majoritairement des harijans. Dans les villages, il leur est interdit de pénétrer dans les temples, d'utiliser les puits des autres castes, bien que la loi punisse sévèrement toute discrimination envers eux. L'émergence, ces dernières années, d'un leader intouchable, Kanshi Ram, qui a créé un parti politique, le BSP (Bahujan Samaj Party), représente toutefois un espoir certain, mais les intouchables restent eux-mêmes fortement divisés par un très fort esprit de caste. Ces traits fondamentaux de l'hindouisme rejaillissent donc, d'une part, sur l'ensemble des relations économiques et sociales (notamment dans les villages), mais aussi sur les autres religions de l'Inde, qui en ont pris certains aspects.

La troisième communauté religieuse est représentée par les musulmans, qui représentent environ 10 % de la population.

Les chrétiens forment 2,3 % de la population et sont surtout présents dans le Sud (ils auraient été évangélisés par l'apôtre Thomas). Certaines tribus aborigènes ont été récemment converties en masse, ce qui n'a pas manqué de créer de graves troubles, les Indiens associant toujours les chrétiens à l'ancien oppresseur, malgré le fait qu'il y ait eu très peu de missionnaires anglais envoyés en Inde.

Le sikhisme, religion née au xve s. d'un syncrétisme hindou et musulman rejetant le système des castes, forme, avec 1,9 % de la population, la quatrième communauté religieuse de l'Inde. Le poids économique de ses fidèles est toutefois beaucoup plus important que leur nombre. Beaucoup ont émigré de leur région d'origine, le Pendjab, en direction de l'étranger ou des autres États indiens, apportant avec eux une longue tradition de commerce et d'investissements.

Enfin, le bouddhisme, né en Inde au ve s. avant J.-C., est devenu marginal, malgré de récentes conversions massives d'intouchables désireux d'échapper au système des castes.

3. La démographie

Avec une population estimée à un près d'1,2 milliard d'habitants en 2009, l'Inde est le deuxième pays le plus peuplé du monde, après la Chine. La densité moyenne, de l'ordre de 368 hab./km², est élevée, les zones les plus fertiles et les plus arrosées (vallée du Gange, Bengale-Occidental, Kerala) connaissant des concentrations humaines de plus de 700 habitants par km2. À ces régions s'opposent des espaces relativement sous-peuplés (régions désertiques du Rajasthan, massifs montagneux de l'Himalaya).

Le taux d'accroissement de la population, qui était de 0,4 % en 1900, est de 1,6 % aujourd'hui. Le taux de natalité est passé de 31 ‰ en 1991 à 23 ‰ en 2009. La population est jeune : 30 % des Indiens sont âgés de moins de 15 ans, 5 % seulement ont plus de 65 ans. Malgré la forte baisse du taux de mortalité, consécutive à un meilleur niveau de vie et à une amélioration de la santé publique, la fécondité reste encore relativement élevée (2,7 enfants par femme), en partie pour des raisons culturelles. Les coutumes matrimoniales et le contrôle exercé sur les femmes sont restés très stricts : le célibat comme le divorce sont quasiment inexistants, et la grande majorité des mariages est arrangée par les familles des futurs époux. La fille, qui doit apporter une dot à sa belle-famille, crée une charge financière pour ses parents, alors que le fils est accueilli comme un cadeau. La surmortalité infantile des filles, en régression, est toujours bien réelle, et l'Inde est l'un des rares pays au monde qui compte moins de femmes que d'hommes (le sex-ratio est de 972 femmes pour 1 000 hommes).

La politique de contrôle et de limitation des naissances, engagée peu après l'indépendance, reste toujours une priorité pour le gouvernement, qui a souvent hésité entre l'adoption d'une attitude autoritaire ou la mise en place de campagnes préventives. Mais, s'inscrivant à contre-courant de la culture hindouiste, elle rencontre encore de nombreuses résistances. On a pu établir, également, une nette corrélation entre le taux d'alphabétisation et la baisse de la fécondité, mais les efforts sont inégaux en ce qui concerne les politiques d'éducation des femmes. En 2002, 39 % des Indiens âgés de plus de 15 ans étaient analphabètes (26 % chez les hommes, 52 % chez les femmes). Malgré les prédictions alarmistes des années 1950, la révolution agricole a permis de subvenir aux besoins alimentaires d'une population qui a doublé en quarante ans. Mais la hausse des prix des légumineuses freine leur indispensable consommation par une population majoritairement végétarienne, ce qui provoque carences et malnutrition.

L'émigration est toujours vivace. L'Afrique, les pays du golfe Persique et les pays anglophones développés (États-Unis, Canada, Australie, Grande-Bretagne) sont les principales destinations d'accueil. La population émigrée, estimée à 5 millions de personnes, a moins de conséquences sur la démographie que sur l'économie du pays, grâce aux rapatriements de capitaux. Beaucoup de musulmans du Kerala, par exemple, partent travailler dans les pays du Golfe, puis reviennent, une dizaine d'années plus tard, investir leurs économies en Inde. De nombreux Indiens diplômés émigrent aussi vers l'Amérique du Nord ou l'Europe, illustrant le dualisme de la société indienne : une élite relativement nombreuse, mais aussi sans débouchés suffisants sur le sol indien, et une masse d'illettrés, de paysans sans terres, vivant dans des conditions misérables.

4. Le monde rural

L'« Inde des 700 000 villages » conserve une forte tradition rurale. Au moment de l'indépendance, la majeure partie des terres était détenue par un petit nombre de grands propriétaires. Le système très complexe de la propriété foncière était alors un héritage de la colonisation. Les Britanniques avaient en effet introduit, dans un pays où la notion de propriété privée n'existait pas, un ou plusieurs intermédiaires (le zamindar, ou jagirdar, selon les régions) entre l'État, qui collecte taxes et impôts, et l'agriculteur, qui travaille la terre. Le zamindar se contentait de vivre de la rente que lui procurait une terre qu'il ne cultivait pas, reversant une partie des fonds à l'État. L'agriculteur était souvent lourdement endetté auprès de lui, ce qui conduisait à des pratiques de quasi-esclavage. Le gouvernement lança donc une réforme agraire ambitieuse, afin, notamment, d'éliminer l'intermédiaire et de redistribuer les parcelles. Celle-ci, cependant, n'eut qu'une portée limitée : les paysans les plus riches purent conserver leur pouvoir et leurs terres, alors que les plus pauvres n'en ont guère tiré de bénéfices. Elle favorisa, par contre, l'émergence d'une paysannerie « moyenne », capable de dégager des surplus suffisants pour investir. L'immense majorité des ruraux est aujourd'hui formée de petits propriétaires et d'ouvriers agricoles. Mais la pression démographique sur la terre est énorme et accentue la parcellisation des terres, déjà fortement morcelées (70 % des exploitations sont désormais inférieures à 2 hectares, seuil minimal de rentabilité). Pour améliorer les conditions de vie de ces populations aux faibles revenus, le gouvernement a mis sur pied des conseils de castes (ou panchayat) et un système de coopératives de crédit. Cependant, c'est en général la caste « dominante » (mais pas forcément la plus élevée sur l'échelle hiérarchique) qui contrôle la vie rurale, et de nombreux paysans sans terres sont contraints d'émigrer vers la ville.

5. La population urbaine

L'urbanisation de l'Inde est très paradoxale : avec ses mégapoles surpeuplées et ses gigantesques bidonvilles, le pays arrive au 4e rang mondial en ce qui concerne le nombre de citadins, alors qu'il est en fait faiblement urbanisé (seuls 27 % des habitants vivent dans des villes).

La croissance de la population urbaine est modérée et récente. Bombay (20 millions d'habitants) et Calcutta (15 millions d'habitants) s'accroissent aujourd'hui moins vite que les villes moyennes. On n'assiste pas, en Inde, à un exode rural massif, mais plutôt à une prolifération du nombre des agglomérations. La tradition migratoire est solidement et anciennement ancrée en Inde. Les nouveaux urbains conservent des liens solides avec leur village, où ils retournent fréquemment, et rares sont les exodes définitifs.

Les principales villes – quarante dépassent le million d'habitants – sont pour la plupart des ports sur la côte de la péninsule du Deccan, ou bien se sont développées au pied de l'Himalaya, dans la vaste plaine drainée par le Gange, où se concentrent, de Delhi à Calcutta, plusieurs centaines de millions d'Indiens.

Pour en savoir plus, voir les articles géographie physique de l'Inde et activités économiques de l'Inde.