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campagne de France

(10 mai-25 juin 1940)

Ensemble des opérations qui opposèrent, du 10 mai au 25 juin 1940, les armées françaises et alliées (britanniques, belges, néerlandaises) aux forces allemandes et qui aboutirent à l'anéantissement des forces françaises et à l'armistice de Rethondes.

1. La « drôle de guerre »

1.1. Les plans offensifs allemands

La « drôle de guerre », qui s'établit à l'ouest après la chute de la Pologne, est caractérisée par l'évolution des plans offensifs allemands. Initialement prévus avec effort principal au nord, par la Hollande, mais compromis par l'incident de Mechelen (10 janvier 1940) et critiqués par Manstein, ils sont définitivement adoptés le 18 février : la masse de manœuvre principale, précédée par sept des dix divisions de panzers (chars allemands), est lancée à travers les Ardennes, à l'extrémité ouest de la ligne Maginot. L'objectif est de rompre le front de la Meuse entre Dinant et Sedan, et d'exploiter la percée en direction de la Somme et de la Manche, afin d'encercler les forces alliées attirées en Belgique.

1.2. La manœuvre Dyle-Breda

À cette manœuvre – que rendra foudroyante l'utilisation hardie du couple char-avion – le commandement français oppose une attitude défensive de Sedan à Belfort et prévoit, en cas de violation du territoire belge, l'application du plan Dyle-Breda (→ manœuvre Dyle-Breda), c'est-à-dire l'entrée de forces franco-britanniques en Belgique et jusqu'en Hollande (VIIe armée Giraud).

1.3. La percée allemande de Sedan

Le 10 mai, à l'aube, la Luftwaffe (aviation allemande) bombarde les aérodromes belges et hollandais, et largue ses parachutistes vers Rotterdam. À 6 h 30, le général Gamelin ordonne l'exécution de la manœuvre Dyle-Breda. Les avant-gardes blindées du groupe d'armées Billotte, en contact dès le soir avec l'ennemi vers Tirlemont, couvrent l'installation de ses divisions sur la position de Gembloux. Parallèlement, de leur côté, les troupes aéroportées allemandes et les panzers – soutenus par 1 300 chasseurs et 1 300 bombardiers –, occupent plusieurs ponts sur le canal Albert et le fort d'Eben-Emaël, submergent le camp retranché de Liège ; le le 12 mai au soir, elles atteignent la Meuse à Dinant, Houx et Sedan.

Le 13, les corps blindés de Schmidt (à Dinant), de Rheinhardt (à Monthermé) et de Guderian (à Sedan) franchissent la Meuse. À Dinant et à Houx, les forces de von Kluge trouvent les passages faiblement tenus par les avant-gardes de la IXe armée française (sous le commandement du général Corap) retardée dans ses mouvements par le manque de moyens de transport rapides. Prise de front et de revers dans un combat inégal, la IXe armée est bientôt disloquée (13-16 mai) et perd la liaison avec la IIe armée (→ Charles Huntziger), elle-même enfoncée à Sedan et rétablie au prix de très durs combats sur une ligne Le Chesne-Stonne-Beaumont.

1.4. L'encerclement définitif des armées du Nord

Dès lors, la brèche est largement ouverte, par laquelle font irruption les blindés allemands vers la mer : ils atteignent le 20 mai Abbeville, non sans avoir rencontré de vigoureuses résistances, notamment à Montcornet (contre-attaque de Charles de Gaulle) et sur l'Oise. Mais, déjà, depuis le 17 mai, Anvers, dont la couverture n'existait plus depuis la cessation de la lutte par la Hollande (15 mai), est tombée et les Alliés, abandonnant Bruxelles le 18, se sont repliés sur l'Escaut, Lille et Dunkerque.

L'occupation d'Arras le 23, de Boulogne le 24, de Calais le 25 consacre un encerclement définitif des armées du Nord, malgré les efforts de Weygand (successeur de Gamelin depuis le 19 mai) pour ressouder vers Bapaume les deux tronçons de ses forces (→ conférence d'Ypres.)

1.5. L'évacuation de Dunkerque ou « l'opération Dynamo »

De cette situation sans issue, aggravée, le 28 mai, par le retrait du combat de l'armée belge éprouvée, seront pourtant sauvés près de 330 000 hommes. Lord Gort, à la tête du corps expéditionnaire britannique en France, apprenant que les Allemands ont freiné leur progression, convainc Churchill de déclencher « l'opération Dynamo » (du nom de poste de commandement d'où elle est lancée, une ancienne centrale électrique de la côte anglaise) pour évacuer le plus grand nombre de soldats. Sous l'héroïque protection de la marine et des troupes des généraux Blanchard et Prioux, plus de 228 000 Britanniques et quelque 110 000 Français parviennent à rallier la Grande-Bretagne. Dunkerque tombe à son tour le 4 juin, mettant ainsi un terme à la première phase de la campagne.

2. La « bataille de France » (5 juin - 25 juin 1940)

2.1. L'invasion de la France

La deuxième bataille, dite « bataille de France », commence aussitôt. Du 15 au 25 mai, un front français continu, mais sans réserves, a pu se constituer sur l'Aisne et la Somme, grâce à des unités prélevées en Afrique et dans l'Est. Le 5 juin, les Allemands attaquent cette ligne sur la Somme, en direction de Paris et de la basse Seine. La résistance alliée s'affirme et la bataille fait rage pendant cinq jours, mais les colonnes allemandes parviennent à Rouen le 9. Or, ce même jour, se déclenche l'attaque allemande sur l'Aisne.

Après une résistance désespérée de quarante-huit heures entre Rethel et l'Argonne, le dispositif français est disloqué. Les Allemands atteignent la Marne près d'Épernay le 11 ; la brèche est à nouveau ouverte, par laquelle les blindés de Guderian, lancés le 12 sur Langres, Dijon et Belfort, vont encercler les défenseurs des fronts d'Alsace et de Lorraine. Ce 12 juin, Weygand prescrit la retraite générale : il est déjà trop tard, car l'avance ennemie est très rapide. Les Allemands entrent à Paris le 14, à Orléans le 17, à Rennes et à Nantes le 19, à La Rochelle le 22, n'ayant trouvé de résistance, sur la Loire, qu'à Saumur.

Entre le 15 mai et le 10 juin 1940, au moins 6 millions de Français abandonnent leur domicile pour prendre les routes de l'exode.

2.2. L'effondrement et la demande d'un armistice

Dans l'Est, après une tentative d'offensive vers le sud le 17 juin, des unités de forteresse sont contraintes de se regrouper dans les Vosges, en des îlots de résistance qui tombent successivement. De Lyon, occupée le 20, les Allemands ont foncé sur les arrières de l'armée des Alpes : le général Olry qui la commande, nullement inquiété par les démonstrations de l'Italie, entrée dans la guerre le 10 juin, bloque l'ennemi à Voreppe.

L'armistice de Rethondes, demandé le 17 juin par le maréchal Pétain, signé le 22 et complété par l'armistice italien du 24, met fin à la lutte, qui cesse le 25.

Pour en savoir plus, voir l'article Seconde Guerre mondiale.