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CNPF

sigle de Conseil national du patronat français

Medef, élection de E.-A. Seillière
Medef, élection de E.-A. Seillière

Organisation syndicale patronale française.

La création le 12 juin 1946 du CNPF n'est pas la simple réapparition sous une autre appellation de la Confédération générale du patronat français (CGPF), supprimée par la loi du 16 août 1940. Certes, il s'agit d'une organisation syndicale qui se constitue à la demande du gouvernement et qui a l'ambition de regrouper tout le patronat. Cependant elle doit aussi tenir compte d'un contexte nouveau marqué par l'esprit de réformes sociales et économiques de la Libération (création de comités d'entreprise, nationalisations) et par une avancée sans précédent du syndicalisme ouvrier. Aussi le C.N.P.F. affirme-t-il parmi ses objectifs aux côtés de la liaison permanente entre les groupements patronaux, de sa fonction de représentation des chefs d'entreprise auprès des pouvoirs publics et de sa volonté d'améliorer les conditions de la vie économique du pays la même intention en faveur de la vie sociale. De plus, ce sont des hommes nouveaux qui prennent la tête du CNPF comme Georges Villiers, son président de 1946 à 1966.

Le CNPF doit également s'engager dans les voies nouvelles du paritarisme qui implique contacts et négociations avec les représentants de l'État et des syndicats ouvriers. Il négocie un certain nombre d'accords paritaires avec les principales fédérations de salariés (CFTC, CGT-FO, CGC) à l'exclusion de la CGT.

Alors que l'idéologie de la CGPF était celle du libéralisme, le CNPF se rallie dès sa création à la planification instituée par le général de Gaulle et donc au dirigisme. Désormais présent dans les nouveaux organismes élaborant les plans, le CNPF n'en possède pas moins en son sein une minorité attachée au libéralisme. De même, le CNPF se convertit à l'idée européenne et à la construction d'un marché commun, même s'il tente de s'opposer au début des années 1950 aux conditions dans lesquelles intervient la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier.

Lors de la crise de mai 1968, le CNPF est partie prenante dans les accords de Grenelle (25-27 mai) avec le gouvernement et les confédérations syndicales ouvrières. Il doit accepter les augmentations de salaires, l'abaissement de la durée du travail et la reconnaissance de la section syndicale dans l'entreprise devant la force du mouvement gréviste. Il aurait préféré pourtant que ces mesures ne soient pas imposées par la voie législative mais généralisées par la voie contractuelle. De plus, les événements de mai 1968 provoquent une modification des statuts du CNPF le 28 octobre 1969, ce dernier s'affirmant désormais comme une confédération mais conservant son titre. Devant la croissance des idées anticapitalistes, puis la constitution de l'Union de la gauche en 1972, le CNPF, sous l'impulsion de ses présidents successifs (François Ceyrac [1972-1980], Yvon Gattaz [1981-1986], François Périgot [1986-1994], Jean Gandois [1994-1997], Ernest-Antoine Seillière de Laborde [1997-2005]), entend donner une image positive de son action. C'est ainsi qu'il participe à la politique contractuelle lancée par le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas en 1969, prône la formation permanente des salariés (1970) et affirme des préoccupations sociales nouvelles dans le cadre du paritarisme (1972). Après l'accession au pouvoir de la gauche en 1981, il prend position contre les nationalisations et l'impôt sur les grandes fortunes et dénonce en 1982 la convention de l'UNEDIC. Il réclame aussi avec force la baisse des charges pesant sur les entreprises. C'est parce qu'il ressent à nouveau la nécessité de présenter le visage d'une organisation ouverte que le CNPF se transforme en 1998 en Medef.