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Région autonome ouïgoure du Xinjiang ou Région autonome ouïgoure du Sin-kiang

Région autonome ouïgoure du Xinjiang
Région autonome ouïgoure du Xinjiang

Région du nord-ouest de la Chine.

  • Superficie : 1 646 800 km2
  • Population : 21 815 815 hab. (recensement de 2010)
  • Capitale : Ouroumtsi

Couvrant un sixième de l'espace chinois, le Xinjiang se divise en trois ensembles allongés d'E. en O. Au centre, le système montagneux des Tian Shan, long de 1 500 km, large de 300 environ, haut de 4 000 à 5 000 m, sépare deux vastes « bassins » : au N., celui de Dzoungarie (près de 400 000 km2), aux hivers rudes (− 15 °C en janvier, 20 °C en juillet.) et peu arrosé (275 mm de pluies annuelles); au S., le bassin du Tarim (env. 500 000 km2), moins froid (− 8 °C en janvier, 26 °C en juillet) mais encore plus sec, au centre surtout où se trouvent le désert de Takla-Makan (370 000 km2) et la cuvette marécageuse du Lob Nor (3 000 km2), qui reçoit les eaux du Tarim.

Les « nationalités » représentent 60 % de la population du Xinjiang : Ouïgours, Kazakh, Hui, Kirghiz et Mongols sont les plus importantes. Seuls les Chinois et les Ouigours sont sédentaires.

L'élevage, considérable, réunit environ 25 millions de têtes de bétail (ovins surtout). Les oasis qui jalonnent les diverses branches de l'ancienne route de la soie sont cultivées par les Ouïgours et l'irrigation a étendu les périmètres cultivés, surtout dans le bassin du Tarim et sur les fronts pionniers des piémonts nord et sud des Tian Shan.

La région recèle de l'or, du cuivre, du plomb, du zinc, un important gisement d'uranium et a des réserves de houille dans l'est des Tian Shan et près d'Ouroumtsi. Mais c'est le pétrole qui demeure sa grande richesse minérale. Le gisement de Karamay, découvert en 1955 à 300 km au N.-O. d'Ouroumtsi a été suivi par plusieurs autres et un réseau d'oléoducs, dont l'un venant du Kazakhstan transportent le pétrole à Dushanzi, ou à Ouroumtsi où il est raffiné. La capitale a un complexe sidérurgique fondé sur le charbon de Liutaowan et le fer de la région orientale des Tian Shan. Les autres oasis, Kachgar, Yining, Hami, ont quelques industries. Les voies de communications se sont développées : routes, voies ferrées (Ouroumtsi est reliée à Pékin par Lanzhou et Xi'an), aéroports.

Histoire

Le Xinjiang, baptisé « nouvelle frontière » par les Chinois aux environs de 1760 pour désigner l'ancien Turkestan oriental ou Turkestan chinois, n'est intégré à l'Empire qu'en 1884. Longtemps constitués d'oasis disséminées sur la route de la soie, ces lointains territoires du Nord-Ouest sont peuplés par une vingtaine d'ethnies autochtones islamisées, parmi lesquelles les Ouïgours sont majoritaires (62 %), devant les Kazakhs (7,3 %), les Kirghiz et les Tatars. Bien qu'elle soit limitée à une présence militaire, les Ouïgours supportent mal l'autorité mandchoue et se révoltent à plusieurs reprises (notamment en 1865) mais les armées chinoises réoccupent en 1877-1878 tous les territoires insurgés non sans réprimer la population ; la région est alors érigée en province sous le nom de Xinjiang en 1884. Profitant de ces insurrections, la Russie tsariste a occupé en 1871 les territoires chinois de la vallée de l'Ili, en direction du lac Balkhach et imposé l'installation de puissants consulats, dans les principaux centres commerciaux du Xinjiang dont Ouroumtsi, la capitale. Le Xinjiang est profondément bouleversé par la révolution républicaine chinoise de 1911 (→ Sun Yat-Sen) et la révolution russe de 1917, qui ouvrent, après la révolte de 1931, une période de luttes politico-militaires confuses entre Chinois, Russes blancs, autonomistes ouïgours et l'Union soviétique, à l'issue de laquelle Sheng Shicai, ancien officier des armées nationalistes finit par l'emporter. Sous le règne autoritaire de Sheng Shicai (1933-1944), le Xingjiang devient un quasi protectorat soviétique. Au lendemain de sa chute (1944), une rébellion des Ouïgours et des Kazakhs aboutit à la proclamation de la République du Turkestan oriental, discrètement soutenue par l'Union soviétique de Staline. Toutefois, en 1949, les rebelles se rallient aux communistes chinois et se solidarisent avec l'armée populaire de libération (APL), qui libère pacifiquement la région.

Longtemps très minoritaire, l'implantation chinoise, encouragée dès 1950 pour coloniser une région regorgeant d'hydrocarbures et de matières premières, devient rapidement massive (de 6 % en 1949, les Han représentront plus de 40 % de la population en 2006). L'afflux de colons et de militaires han jouissant de conditions de vie supérieures à celles des autochtones ravive l'opposition latente des Ouïgours.