Grande Encyclopédie Larousse 1971-1976Éd. 1971-1976
R

races humaines (suite)

• Sous-race paléo-amérindienne. Assez différente des cinq précédentes, dites « néo-amérindiennes », la sous-race paléo-amérindienne, ou fuégienne, se distingue par une mésocéphalie à tendance dolichocéphale (indice 76-77), un front bas légèrement fuyant, une face légèrement prognathe au nez large et aux yeux enfoncés dans les orbites. Elle n’est plus guère représentée que par 100 à 200 individus qui habitent la Terre de Feu et constituent les vestiges des tribus des Yahgans et des Alakalufs.

Le problème du peuplement initial de l’Amérique a suscité de nombreuses hypothèses, dont certaines relèvent de la plus haute fantaisie. Dans l’état présent de nos connaissances paléontologiques, il y a tout lieu de penser que ce continent a été peuplé secondairement par des hommes venus d’Asie par le détroit de Béring. Il y aurait eu plusieurs vagues de migrations, et cette occupation progressive, jointe à une lente évolution sans contact durant de longs millénaires avec les autres populations du globe, expliquerait la diversité des Amérindiens actuels.

P. M.

➙ Anthropologie physique.

 J. Deniker, les Races et les peuples de la terre (Schleicher frères, 1900 ; 2e éd., Masson, 1926). / A. C. Haddon, The Races of Man and their Distribution (Londres, 1909, nouv. éd., Cambridge, 1929 ; trad. fr. les Races humaines et leur répartition géographique, Alcan, 1927, nouv. éd., 1930). / G. Montandon, la Race, les races. Mise au point d’ethnologie somatique (Payot, 1934). / R. Biasutti, Le Razze e i popoli della terra (Turin, 1941, 3 vol. ; nouv. éd., 1953-1959, 4 vol.). / H. V. Vallois, les Races humaines (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1944 ; 7e éd., 1968) ; « l’Anthropologie physique » dans Ethnologie générale, sous la dir. de J. Poirier (Gallimard, « Encycl. la Pléiade », 1968). / P. Marquer, Morphologie des races humaines (A. Colin, 1967).

rachitisme

Trouble de la minéralisation de l’os frappant un organisme en croissance rapide et lié à une carence en vitamine D.


C’est vers le milieu du xviie s. que Francis Glisson (1597-1677) rédigea pour le Collège des médecins de Londres la première description complète du rachitisme. Le terme de rachitis (en gr. « épine dorsale ») adopté à l’époque mettait l’accent sur la déformation dorsale, considérée maintenant comme fort rare. Au xviiie s., on attribuait le rachitisme à l’alimentation artificielle, et au xixe s. on le confondait avec les lésions osseuses de la syphilis ; il fallut attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour que soit reconnue sa nature carentielle.


Circonstances d’apparition


Facteur géographique et habitat

Les circonstances d’apparition sont liées à l’importance de l’ensoleillement. Les rayons ultraviolets sont nécessaires à la synthèse de la vitamine D. Les régions tempérées et froides favorisent le rachitisme. L’ensoleillement intense risque, du fait du confinement à l’ombre des nourrissons, d’avoir des conséquences opposées à ce qu’il serait logique d’en attendre. (En Inde, le rachitisme épargne les enfants de classes pauvres qui vivent à l’extérieur, alors qu’il est fréquent chez les enfants des classes aisées.) Le rachitisme commun peut être familial. On a reconnu également un facteur racial lié pour sa plus grande part à la pigmentation cutanée, mais aussi aux mauvaises conditions d’habitat (Afrique, Antilles). La prédominance chez les garçons est reconnue par tous les auteurs. Le faible poids de naissance est un facteur favorisant, qui entre probablement en ligne de compte pour expliquer la relative fréquence du rachitisme chez les jumeaux. La maladie atteint le plus souvent des enfants de 6 à 18 mois, mais, dans près d’un quart des cas, elle s’observe avant 6 mois. On accordait autrefois une grande place à l’alimentation dans la survenue du rachitisme ; or, les améliorations considérables réalisées dans le domaine de la diététique infantile n’ont pas réussi à assurer une prophylaxie efficace. De même, l’alimentation au sein, même prolongée, ne prévient pas la maladie. La prédominance hiverno-vernale de cette dernière est connue depuis fort longtemps, la courbe de fréquence des manifestations du rachitisme suivant avec un léger décalage les périodes d’insolation minimale.


Rôle de la vitamine D

Il existe deux sortes de vitamine D : la vitamine D2, ou ergocalciférol, de nature exogène ou synthétique, formée par action de l’irradiation ultraviolette sur l’ergostérol, et la vitamine D3, ou cholécalciférol, d’origine endogène, synthétisée par l’homme et les animaux à partir du 7-déhydrocholéstérol grâce à l’action des rayons ultraviolets sur les couches superficielles de la peau. La vitamine D est une des moins répandues dans la nature, et aucune alimentation même parfaitement équilibrée ne saurait couvrir les besoins du nourrisson normal. Ces besoins varient de 1 000 à 2 000 unités internationales par jour (une U. I. correspond à 0,025 gamma de vitamine D2 ; un milligramme représente donc 40 000 unités), soit la quantité contenue dans 10 à 30 litres de lait, 200 à 400 g de jaune d’œuf, ou 1 à 2 kg de beurre. La vitamine D joue un rôle essentiel à la fois sur l’absorption intestinale du calcium, qu’elle favorise tout le long de l’intestin grêle, et sur la fixation de ce calcium sur l’os. À ce niveau, elle intervient, à l’inverse de la parathormone (v. parathyroïdes), sur les échanges calciques. L’absence de vitamine D provoque un ralentissement général de la dynamique de l’os, une déminéralisation, parallèlement à une diminution de l’absorption intestinale du calcium (et sans doute des phosphates). Il faut signaler également que la diminution du calcium sanguin entraînée par une carence en vitamine D provoque une réaction parathyroïdienne qui a pour conséquences une mobilisation des sels de l’os et une hypophosphatémie. Finalement, l’avitaminose D peut être due à une insuffisance d’apport ou à un défaut de synthèse endogène.


Lésions osseuses du rachitisme