superstition
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».
Du latin superstitio, de superstare « se tenir au-dessus », « surmonter », « dominer ». En allemand, Aberglaube. Du verbe glauben, « croire », et aber-, « à l'envers ».
Psychanalyse
Croyance irrationnelle au pouvoir et à la signification d'événements, de signes et d'actes contingents. La psychanalyse en propose une intelligibilité fondée sur le narcissisme et la pensée magique, ainsi que sur la projection psychique.
Freud s'intéresse à la superstition dès 1901(1). Il pense à l'inverse du superstitieux, note-t-il, puisqu'il admet le hasard extérieur et non le hasard psychique. La méconnaissance des motivations inconscientes pousserait en outre le superstitieux à les projeter dans le monde extérieur et à l'interpréter, à la manière des paranoïaques. Raffinant l'analyse, grâce aux patients névrosés de contrainte, Freud reconnaît ensuite dans la superstition un élément de la pensée magique, qui exprime le narcissisme infantile dans la « toute-puissance des pensées »(2).
Face à la contingence qui objecte à leur puissance, les humains ont créé la science, outre la superstition et la magie. La prudence aristotélicienne s'accorde avec la psychanalyse pour élaborer des limites à cette volonté de puissance.
Michèle Porte
Notes bibliographiques
→ contrainte, destin, magie, narcissisme, névrose, paranoïa
