spécieuse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».


Substantif, du latin species, « apparence générale », « ensemble des traits qui font reconnaître ».

Mathématiques

Chez Viète, méthode (arithmetica speciosa) qui permet de calculer sur des lettres, conformément aux règles de l'arithmétique ordinaire qui effectue ses opérations sur des nombres.

Ce terme tardivement apparu est vite tombé en désuétude ; il a servi à désigner l'algèbre à ses débuts. Descartes la considère comme une arithmétique générale qui permet de faire avec des lettres ce que l'on fait ordinairement avec des nombres. Cette généralisation explique, selon l'Encyclopédie Méthodique(1), le choix du terme de species « parce que ces lettres servent à exprimer généralement toutes les quantités et en marquent ainsi l'espèce générale, pour ainsi dire ».

La spécieuse a certainement eu un rôle bref mais très fécond, permettant de concevoir la mise en équation de quantités, connues ou inconnues et en les distinguant formellement tout en les traitant selon les mêmes procédés algorithmiques. Dans la Recherche de la vérité, Malebranche note que « l'analyse ou algèbre spécieuse est assurément la plus belle, je veux dire la plus certaine et la plus féconde de toutes les sciences »(2). Leibniz désigne parfois par l'expression spécieuse universelle, sa charactéristique universelle, la dotant ainsi de son extension maximale.

Vincent Jullien

Notes bibliographiques

  • 1 ↑ Encyclopédie méthodique, ACL, 1987.
  • 2 ↑ Malebranche, la Recherche de la vérité, IV, chap. XI, § 2.