ruse
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la philosophie ».
Du latin recusare, « récuser » ; par l'ancien français, reusse, « détour par lequel un animal cherche à échapper à ses poursuivants », reusser, ruser, « faire reculer ».
Philosophie Générale
Moyen, procédé habile qu'on emploie soit pour abuser, soit pour parvenir à ses fins.
La ruse désigne une procédure indirecte pour obtenir un résultat. Il s'agit d'un artifice qui suppose de l'intelligence, « un certain type d'intelligence engagée dans la pratique, affrontée à des obstacles qu'il faut dominer en rusant pour obtenir le succès dans les domaines les plus divers de l'action »(1). La ruse relève donc de l'intellect pratique en quelque sorte, c'est-à-dire de cette intelligence qui comprend les circonstances, qui saisit le moment opportun ; la ruse est affaire de stratégie et de tactique. Elle est ainsi ce qui se substitue au recours à la force, elle permet au plus faible de l'emporter. Son lieu d'action est la monde des choses contingentes. On comprend qu'une part de ruse soit donc nécessaire à l'art de la politique.
De manière métaphorique, Hegel emploie l'expression « ruse de la raison »(2) pour signifier le détour opéré par cette dernière pour atteindre son objectif : ainsi la raison utilise les passions des hommes pour mener à bien ses fins rationnelles.
Elsa Rimboux
Notes bibliographiques
