Numanus
Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de mythologie grecque et romaine ».
Beau-frère du roi des Rutules, Turnus, dont il a épousé la sœur.
Appelé aussi Remulus, Numanus ressent un mépris extrême pour les Troyens. Ses propos infamants lui valent d'être tué par Ascagne, le fils d'Énée, d'une flèche dont la pointe traverse le creux de ses tempes.
Le mépris de Numanus
« N'avez-vous pas honte,
ô Phrygiens deux fois captifs, d'être à nouveau assiégés,
contenus derrière une palissade, et dressant des murs contre la mort ?
Voilà donc ceux qui, armes à la main, demandent nos femmes en mariage !
Quel dieu, quelle folie vous ont amenés en Italie ?
Vous ne trouverez ici ni les Atrides, ni Ulysse le beau parleur,
mais une race dure. Dès la naissance, nous amenons nos fils au bord des fleuves
pour les endurcir au contact du gel sévère et des flots ;
enfants, ils passent leurs nuits à la chasse, fatiguent les forêts,
jouent à dresser des chevaux, à tendre l'arc, à lancer des traits.
Notre jeunesse, résistante aux travaux et habituée à vivre de peu,
soumet la terre avec ses hoyaux ou ébranle les places fortes à la guerre.
Toute notre vie s'épuise à manier le fer, et nos lances retournées
harcèlent les échines des bœufs. La lente vieillesse
n'affaiblit pas notre force d'âme, elle transforme notre vigueur :
nous pressons sous le casque nos cheveux blancs, et toujours
nous aimons ramener un butin frais et vivons de rapines.
À vous les broderies de safran et les vêtements de pourpre éclatante,
l'inaction vous charme, vous vous complaisez dans les danses,
vos tuniques portent des manches et vos mitres des rubans.
Ô Phrygiennes, vraiment, car vous n'êtes pas des Phrygiens,
allez vers les sommets du Dindyme, où la double flûte chante pour ses fidèles.
Les tambourins bérécyntiens et les flûtes de buis de la Mère de l'Ida
vous appellent ; laissez les armes aux guerriers, et cédez devant le fer. »
Virgile
