Chiomara

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de mythologie grecque et romaine ».

Chiomara se trouve au nombre des prisonniers que les Romains, emmenés par Cneius Manlius, ont faits après une bataille contre les Galates d'Asie ; son mari, Ortiagon, plus chanceux, a réussi à prendre la fuite. Le centurion qui s'est emparé de Chiomara abuse de la situation et lui fait violence. L'homme se distingue également par sa grande cupidité : il promet de rendre la captive aux siens moyennant une forte rançon et, pour qu'aucun Romain ne soit mis dans la confidence, il accepte que Chiomara choisisse l'un de ses compagnons d'infortune pour aller traiter de son rachat avec ses parents. Rendez-vous est bientôt donné près d'un fleuve, la nuit suivante : là se trouvent les parents de Chiomara et le centurion avec sa prisonnière. On lui remet l'or convenu ; et pendant qu'il s'assure que la somme est exacte, Chiomara ordonne dans sa langue à son père de tuer le centurion au moment où elle lui dira adieu. Le Galate obéit et tranche la tête du Romain. Chiomara s'en saisit et l'emporte enveloppée dans les plis de sa robe. Quand elle arrive près de son mari, elle jette cette tête devant lui et révèle tout à la fois l'outrage et la vengeance. « Ô femme ! s'écrie Ortiagon, transporté d'admiration, la fidélité est une belle chose ! — Oui, répond-elle ; mais quelque chose de plus beau, c'est de pouvoir dire : deux hommes vivants ne se vanteront pas de m'avoir possédée. »