Bérécyntienne

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de mythologie grecque et romaine ».

Grande Mère des dieux, identifiée à Rhéa, et appelée Ops chez les Romains.

Dans l'Énéide, on voit la Bérécyntienne prier son fils Jupiter de sauver la flotte d'Énée, que Turnus s'apprête à incendier : c'est en effet la Bérécyntienne qui, après avoir prié Zeus, a fourni au Troyen le bois sacré de ses forêts, nécessaire à la construction des navires. On peut identifier la Bérécyntienne à Cybèle à laquelle les peuples d'Asie Mineure assimilent Rhéa. Chez Ovide, le « héros de Bérécynte » désigne le roi de Phrygie, Midas. »

Prière de la Bérécyntienne pour Énée

Au temps où sur l'Ida de Phrygie Énée préparait sa flotte et se disposait à faire voile vers le large, on dit que la Bérécyntienne, la Mère des dieux elle-même, adressa ces paroles au grand Jupiter : « Mon fils, toi qui as soumis l'Olympe, accorde à sa prière la faveur de ta mère bien-aimée. Longtemps j'eus une forêt de pins, qui me fut chère, un bois sacré sur les sommets, où l'on m'apportait des offrandes, à l'ombre des sapins noirs et des troncs d'érables. De bon cœur au jeune Dardanien j'offris ces arbres nécessaires à sa flotte ; à présent l'inquiétude, la crainte me tourmente et m'angoisse. Dissipe mes appréhensions, exauce les prières de ta mère : ces navires, forts du privilège d'être nés sur nos montagnes, que rien ne les brise, ni la mer ni le vent tourbillonnant. »

Virgile