suicide ou autolyse

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Acte de se donner volontairement la mort.

Le suicide est un phénomène complexe, dépassant le cadre psychiatrique auquel on le réduit fréquemment, dans la mesure où il pose la question de la liberté humaine et de ses choix (y compris celui de mourir). Le suicide, quatrième cause de mortalité générale, deuxième cause de mortalité chez les adolescents (après les accidents de la route), demeure un problème social grave, dont les mécanismes et les limites sont souvent difficiles à cerner.

Chez l'adolescent, le suicide est souvent précédé d'une longue préparation silencieuse, mais l'acte en lui-même est impulsif, et, de ce fait, il existe un risque d'échec plus ou moins conscient.

En psychopathologie, une graduation s'établit entre l'idée de mort (imprécise et brève, propre aux crises de « cafard »), l'idée de suicide (avec une représentation concrète de l'acte) et la tentative de suicide, correspondant à une forme extrême de retournement agressif contre soi-même. Le suicide constitue la complication majeure des psychoses, des dépressions, de la schizophrénie, des bouffées délirantes, des délires chroniques et, surtout, de la mélancolie. Il peut également intervenir dans l'épilepsie, l'alcoolisme et certains raptus (violente crise d'anxiété, accompagnée d'une perte de contrôle de soi). L'évocation d'idées de suicide, généralement sans suite, émaille fréquemment les dépressions dites mineures (névrotiques ou réactionnelles). Cependant, même lorsque ces idées de suicide revêtent la forme d'un chantage affectif (chez l'hystérique notamment), il ne faut jamais les sous-estimer. Par ailleurs, une tendance destructrice latente peut se traduire par un comportement mettant en danger la vie du sujet : recherche inconsciente du risque (sport, conduite automobile), alcoolisme, toxicomanie, qui sont autant de « flirts avec la mort ». Mais il existe également de nombreux cas de suicide sans origine psychopathologique apparente, par exemple à l'occasion d'une catastrophe collective (invasion, guerre, désastre naturel), de la faillite d'un idéal, d'une menace de déshonneur, d'une maladie incurable, etc.

Diagnostic et prévention

Devant une éventualité suicidaire, le médecin devra préciser le diagnostic et évaluer les signes d'alarme imposant l'hospitalisation : insomnie rebelle, autoaccusation, absence d'espoir de guérison, anxiété sévère avec repli sur soi ou impulsivité excessive. Dans la majorité des cas, la tentative de suicide représente un message vis-à-vis de l'entourage, un ultime essai d'affirmation de soi et d'action sur le monde, lorsque toutes les possibilités d'adaptation semblent épuisées. Paradoxalement, la volonté de mourir abrite alors un désir de vivre, qu'il faut savoir entendre et consolider sans moralisme ni psychiatrisation abusive. Toute tentative de suicide est grave et doit imposer une réflexion sociale et psychiatrique, destinée à évaluer les possibilités de prévention, l'accompagnement thérapeutique du sujet et de son entourage. En effet, le nombre des suicides réussis après une ou deux tentatives vaines est important. Sans exagérer la surveillance de ces sujets, il faut savoir anticiper les raisons ou les circonstances favorisantes, qu'elles soient d'ordre social, thérapeutique ou familial. L'appréciation régulière de la qualité de la relation, de minimes changements de comportement ou de fréquentation amicale demeurent la plus efficace des préventions.

NOMBRE DE SUICIDES PAR PAYS*

 

 

H

F

Lituanie (2002)

       44,7

      80,7

      13,1

Fédération de Russie (2002)

       38,7

      69,3

      11,9

Lettonie (2002)

       28,6

      48,4

      11,8

Hongrie (2002)

       28,0

      45,5

        2,8

Japon (2002)

       23,8

      35,2

      12,8

Belgique (1997)

       21,1

      31,2

      11,4

Finlande (2002)

       21,0

      32,3

      10,2

Autriche (2002)

       19,3

      30,5

        8,7

Suisse (2000)

       19,1

      27,8

      10,8

France (2000)

       18,4

      27,9

        9,5

Pologne (2002)

       15,5

      26,6

        5,2

République tchèque (2002)

       15,0

      24,5

        6,1

Roumanie (2002)

       14,1

      23,9

        4,7

Slovaquie (2000)

       13,5

      22,6

        4,9

Suède (2001)

       13,4

      18,9

        8,1

Allemagne (2001)

       13,2

      20,4

          7

Irlande (2001)

       12,7

      21,4

        4,1

Australie (2001)

       12,7

      20,1

        5,3

Norvège (2001)

       12,1

      18,4

          6

Canada (2000)

       11,7

      18,4

        5,2

Portugal (2002)

       11,7

      18,9

        4,9

États-Unis (2000)

       10,4

      17,1

        4,1

Pays-Bas (2003)

         9,2

      12,7

        5,9

Espagne (2001)

         7,9

      12,2

        3,7

Italie (2001)

         7,1

      11,1

        3,3

Royaume-Uni (2002)

         6,2

        9,8

        2,8

Grèce (2001)

         3,1

        5,3

        0,9

* Pour 100 000 habitants
Source : O.M.S. janvier 2005