pseudarthrose

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Absence complète et définitive de consolidation d'une fracture après des délais normaux.

Au cours d’une pseudarthrose, une nouvelle articulation apparaît entre les segments de l’os fracturé. Le patient, qui a repris l’appui, souffre et la radiographie de contrôle ne montre pas de cal unitif.

La pseudarthrose est à différencier du simple retard de consolidation, pour lequel une prolongation de l’immobilisation permettra d’obtenir la consolidation osseuse. C’est le chirurgien qui est le plus à même de déterminer si la non consolidation est définitive. Il peut décider alors d’une intervention chirurgicale.

Certains os mal vascularisés naturellement sont plus souvent le siège d’une pseudarthrose : le scaphoïde à la main, l’astragale, le tibia, le cubitus, l’odontoïde ou le col du fémur. Les pseudarthroses surviennent aussi sur une fracture qui a été opérée et fixée par une plaque ou un clou. Dans ce cas l’absence de consolidation s’accompagne souvent de la rupture du clou ou de la plaque, sans être liée à la fragilité du matériel mais à l’absence de cal biologique.

Différents types de pseudarthrose

La pseudarthrose hypertrophique est caractérisée par des extrémités d’os renflées en massue. Ces extrémités sont alors décrites comme des « tampons de wagon » ou des « pattes d’éléphants » sur les images radiographiques.

La pseudarthrose atrophique est caractérisée par l’absence de cal osseux et reflète en général la mauvaise vascularisation des extrémités des os fracturés.

La pseudarthrose congénitale fait partie des maladies génétiques. Elle touche les enfants jeunes, surtout aux os du tibia. Elle entraîne des troubles fonctionnels très sévères ainsi que des interventions répétées pour obtenir la consolidation.

Par ailleurs, on distingue les pseudarthroses aseptiques, sans microbes dans le foyer, des pseudarthroses septiques qui font souvent suite à des fractures ouvertes et qui posent des problèmes particuliers liés à l’infection.

Traitements

Le traitement des pseudarthroses hypertrophiques et atrophiques repose sur l’immobilisation stricte du foyer de fracture par une intervention et par la mise en place d’un matériel d’ostéosynthèse, ainsi que par l’apport de greffons pris sur le patient (greffons autologues).

Pour traiter les pseudarthroses septiques une stratégie en plusieurs temps est adoptée : éradication de l’infection par excision des tissus infectés, fixation du foyer de fracture par un système stable (souvent un fixateur externe), recouvrement du foyer et de la plaie par des techniques de chirurgie réparatrice (comme des lambeaux locaux ou des lambeaux libres), puis reconstitution de la continuité osseuse par un apport de greffons. Ces techniques, associées à des traitements antibiotiques au long cours, permettent habituellement la guérison. Il s’agit cependant de traitements très longs et fastidieux. En cas d’échec, la seule solution est parfois l’amputation du membre.

De nouvelles techniques reposant sur le recours aux cellules souches osseuses, prélevées dans la moelle osseuse du patient et amplifiées puis réinjectées sur un support artificiel, sont à l’étude.