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peau

Structure de la peau
Structure de la peau

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

Organe constituant l'enveloppe du corps. (P.N.A. cutis.)

La peau est un organe vivant - et non une simple membrane inerte - de grande importance physiologique. Son poids représente environ 10 % du poids corporel total.

Structure

La peau comprend trois couches superposées, l'épiderme, le derme et l'hypoderme, et forme, avec ses annexes (poils, cheveux, ongles et glandes), le tégument.

L'épiderme est un épithélium (tissu formé de cellules juxtaposées) comprenant différents types de cellule : les kératinocytes, les plus abondantes, synthétisent une variété de protéine protectrice, la kératine ; les mélanocytes sécrètent la mélanine, pigment dont la synthèse augmente le bronzage de la peau et la protège des effets pervers du soleil ; enfin, les cellules de Langerhans interviennent dans les mécanismes immunitaires. On entend par barrière cutanée la couche cornée (couche la plus superficielle et la plus kératinisée de l'épiderme) et le film hydrolipidique qui recouvre celle-ci.

Le derme est un tissu conjonctif (jouant un rôle de nutrition et de soutien), formé de cellules appelées fibroblastes, de fibres collagènes et de fibres élastiques. Entre les fibres et les cellules se trouve une substance faite de mucopolysaccharides acides. Le derme contient les vaisseaux sanguins et les nerfs de la peau. Une fine couche cutanée d'une structure complexe (elle comporte 4 couches), appelée jonction dermoépidermique, sépare l'épiderme du derme et assure la cohésion et les échanges entre ces deux tissus.

L'hypoderme est une variété de tissu conjonctif, le tissu adipeux. Il est formé de cellules très riches en graisse, les adipocytes, réunies en lobules et séparées par des cloisonnements conjonctifs.

Les annexes comprennent les phanères (poils, cheveux, ongles), très riches en kératine ; les glandes sudoripares ou sudorales, qui sécrètent la sueur ; les glandes sébacées, qui sécrètent le sébum, lequel forme un film protecteur à la surface de la peau. On appelle follicule pilosébacé l'ensemble constitué d'un poil et de la ou des glandes qui lui sont annexées.

Fonctions

La peau assure une protection contre les agents physiques et chimiques, renforcée par l'action de la kératine et de la mélanine. Elle joue un rôle sensoriel grâce à ses récepteurs nerveux microscopiques, sensibles au toucher, à la douleur et à la température. Elle intervient aussi dans la thermorégulation (maintien d'une température interne constante) par la dilatation des vaisseaux sanguins cutanés et l'évaporation de la sueur, qui permettent d'évacuer un excès de chaleur.

Examens

L'examen clinique est le plus important, le diagnostic se fondant sur l'observation de lésions élémentaires (taches sur la peau, cloques, etc.), sur la topographie de l'éruption et sur les signes associés (démangeaisons). Les autres examens le plus couramment pratiqués sont notamment la biopsie de peau, les prélèvements effectués pour rechercher des agents pathogènes microscopiques (champignons, bactéries, virus, parasites), et les examens immunologiques généraux (examen sanguin) ou locaux (examen en immunofluorescence).

Pathologie

On dénombre actuellement plus de 2 000 maladies de peau, susceptibles d'être regroupées en différents groupes en fonction de leur cause.

Les agents extérieurs (froid, chaleur, soleil, rayons X, médicaments, etc.) sont responsables de nombreux phénomènes (engelures, brûlures, radiodermites, réactions allergiques).

Les facteurs psychologiques ont un rôle aggravant au cours du prurit, des lichens, de l'eczéma ou du psoriasis.

Les maladies circulatoires peuvent provoquer des maladies de peau : une atteinte circulatoire des membres inférieurs est responsable de dermite ocre et de troubles trophiques pouvant aller jusqu'à la perte de substance (ulcère de jambe).

Les maladies dues à des agents pathogènes sont nombreuses, qu'il s'agisse d'infections par des bactéries (infections à streptocoque, à staphylocoque, lèpre, syphilis, etc.), par des champignons microscopiques (mycoses), par des virus (maladies éruptives, comme la rougeole, virales, comme l'herpès ou le zona) ou par des parasites (gale, pédiculose).

Les maladies génétiques de la peau sont très fréquentes et se traduisent en particulier par des troubles de la kératinisation. Certaines, comme l'épidermolyse bulleuse ou la neurofibromatose, ont un mode de transmission bien connu (autosomique ou lié au sexe, récessif ou dominant). D'autres, notamment le psoriasis et la dermatite atopique, sont identifiées comme étant d'origine génétique, mais leur mode de transmission, qui met en cause plusieurs gènes, n'est pas encore clairement déterminé.

Les troubles endocriniens et métaboliques sont responsables d'affections cutanées, notamment de l'acné.

Les troubles immunologiques responsables d'affections cutanées sont notamment représentés par le lupus érythémateux, la sclérodermie, la dermatomyosite et la périartérite noueuse.

Les troubles du système nerveux ayant une conséquence pathologique sur la peau comprennent essentiellement les neurocristopathies (tumeurs bénignes ou malignes d'un tissu dérivé de la crête neurale de l'embryon).

Les tumeurs cutanées sont fréquentes et peuvent être bénignes (nævus) ou malignes (épithélioma, mélanome, sarcome).

L'INNERVATION DE LA PEAU

L'innervation cutanée est assurée par deux types de structure : les terminaisons nerveuses libres, fibres nerveuses présentes dans le derme, et les corpuscules sensitifs, organes microscopiques arrondis du derme. Ceux-ci peuvent être entourés d'une capsule (membrane conjonctive plus ou moins épaisse), comme les corpuscules de Vater-Pacini, de Golgi-Mazzoni, de Krause, de Meissner, ou dépourvus de capsule, comme les corpuscules de Ruffini et les cellules de Merckel, isolées ou regroupées en disques de Merckel. Les nerfs sensitifs se forment à partir des terminaisons nerveuses libres et des corpuscules sensitifs, constituant des plexus nerveux superficiels dans le derme, puis des plexus nerveux profonds dans l'hypoderme. Ils se regroupent alors en nerfs sensitifs, dont le corps cellulaire est situé dans les ganglions rachidiens, et se terminent à la moelle épinière ; les informations sont transmises à partir de celle-ci vers les aires sensitives des hémisphères cérébraux. Le rôle précis de ces différents éléments demeure controversé. Les terminaisons nerveuses libres jouent un rôle important dans les sensations de la peau ; certains corpuscules seraient sensibles à la pression (peut-être les cellules et les disques de Merckel, et les corpuscules de Meissner et de Vater-Pacini), d'autres, à la chaleur. Il ne semble pas exister de récepteurs spécifiques à la douleur, qui serait due à une augmentation de la stimulation des nerfs sensitifs.

Voir : dermatologie, photoprotection, dermatite, dermatose, eczéma, érythème, greffe de peau, prurit.

Le vieillissement de la peau

Le vieillissement de la peau



Témoin important de l'ensemble du vieillissement de l'organisme, le vieillissement cutané dépend de trois ordres de facteurs : un facteur génétique, variable d'un individu à l'autre, des facteurs externes, essentiellement représentés par l'exposition solaire – facteur majeur du vieillissement cutané de surface –, et des facteurs environnementaux liés aux conditions socio-économiques, à l'hygiène de vie, à une alimentation trop riche ou, à l'inverse, à une malnutrition, aux intoxications par l'alcool, le tabac, la drogue, et, enfin, à l'état de santé du sujet.

En vieillissant, la peau s'atrophie, s'amincit ; elle se plisse facilement (peau « en feuille de papier à cigarette »), se dessèche, devient râpeuse au toucher. Des taches foncées, particulièrement liées à l'exposition solaire, apparaissent sur le dos des mains, le front et les joues ; des taches rouges hémorragiques, appelées purpura de Bateman, peuvent s'observer sur les avant-bras et les jambes ; elles sont liées à une plus grande fragilité des petits vaisseaux du derme. Des rides surviennent, prédominant d'abord aux sillons qui vont du nez aux lèvres et au front puis s'étendant aux joues. Des plaques jaunes et plus ou moins épaisses peuvent apparaître, surtout sur la nuque.

Les moyens de lutte contre ce vieillissement sont temporaires et, dans l'ensemble, d'efficacité limitée. On peut détruire les taches pigmentées à l'azote liquide, au bistouri électrique ou au laser au gaz carbonique. Les rides sont atténuées à l'aide de courants électriques ou d'injections de collagène dans la peau. Les peelings, applications de substances qui détachent la couche superficielle de l'épiderme, n'ont en général qu'un effet passager. La chirurgie esthétique, enfin, propose de nombreuses solutions (lifting, notamment).

Il est en revanche possible de retarder l'apparition du vieillissement cutané. Le facteur de loin le plus important est la réduction de l'exposition aux rayonnements du soleil, qui doit être entreprise dès l'enfance. Lorsque l'ensoleillement ne peut être évité, la peau doit être protégée par des crèmes ou des laits solaires soigneusement choisis en fonction de la nature de la peau et du degré d'ensoleillement. De nombreux produits sont proposés en application contre le vieillissement, à base de collagène, d'acides gras, de vitamine E, de vasodilatateurs ; certains sont des cosmétiques, d'autres, de véritables médicaments. Leur efficacité n'est pas toujours scientifiquement prouvée.