état limite ou personnalité limite ou situation limite

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

État intermédiaire entre trouble névrotique et trouble psychotique. En anglais, borderline.

L'expression d'état limite regroupe un certain nombre de troubles de la personnalité qui se manifestent par des relations de dépendance intense, une grande vulnérabilité dépressive et une vie affective plutôt pauvre, sans empêcher toutefois l'adaptation sociale.

Selon les études menées ces vingt dernières années par les psychanalystes, dont le Français Jean Bergeret, les états limites seraient dus à des troubles « narcissiques » (de la relation du sujet à sa propre image) entraînant une angoisse de « perte d'objet » – l'objet étant, pour le sujet, constitutif de sa propre image, dont la perte est susceptible de causer une réaction dépressive sévère. L'objet peut être une personne idéalisée avec laquelle le malade noue une relation appelée anaclitique, nécessaire à sa survie. Ce peut être également un toxique : alcool, médicament, drogue douce, etc.

Les sujets souffrant d'état limite cherchent rarement à se soigner, sauf si un traumatisme (deuil, etc.), un accident ou un conflit professionnel déclenche un épisode psychiatrique aigu (dépression, raptus anxieux) qui vient extérioriser le trouble affectif sous-jacent. Leur capacité à investir et à désinvestir la réalité relationnelle est considérable, rendant le diagnostic et l’aide difficiles. Le traitement peut associer les médicaments et la psychothérapie. Une hospitalisation trop longue, qui ne ferait qu'accentuer la fragilité psychologique du sujet, doit être évitée.

Le concept d’état limite est utilisé dans le langage courant pour signifier la difficulté, voire l’impossibilité de définir une situation, une action ou une personne.