Sparks

Groupe américain de rock et de pop formé en 1968 à Los Angeles par Ron Mael (claviers) et Russell Mael (chant).

Amoureux de pop anglaise et de culture européenne, les frères Mael se lancent dans l'aventure avec les frères Mankey, Jim et Earle. La combinaison des vocalises haut perchées de Russell, des claviers frétillants de Ron et de l'approche radicalement rock des Mankey est détonante. Mais leur univers précieux et délirant se heurte à l'incompréhension du public californien. Installés à Londres en 1973, les Sparks (réduits aux frères Mael) ressuscitent avec des musiciens recrutés sur place et, dès le premier single, l'imprononçable et époustouflant This Town Ain't Big Enough For Both Of Us aux cent mille gimmicks sonores, ils deviennent célèbres. Russell, avec sa belle bouille et sa voix de fausset, fait s'évanouir les filles. Ron, avec ses yeux globuleux, sa moustache façon Hitler et son doigt qui martèle ses claviers comme une sténodactylo sous acide, fait hurler de rire les garçons. Trois albums formidables d'invention et d'humour suivront. Mais, en 1976, sentant le vent tourner, les frères Mael délaissent leur glam aventureux pour s'essayer au hard. Las, trahis par leur finesse, ils courent au désastre.

Oubliés, les Sparks resurgissent en 1979. Sous la houlette de Georgio Moroder (Bronski Beat, Donna Summer), ils se sont reconvertis avec bonheur en duo de dance music synthétique. L'Europe — notamment la France, où le titre When I'm With You fait un véritable tabac — leur ouvre encore une fois les bras pour quelque temps. Alors qu'ils traversent une nouvelle période de vaches maigres, les Rita Mitsouko, par l'intermédiaire de leur producteur commun Tony Visconti (T. Rex, David Bowie, Dexy's Midnight Runners), les invitent à participer à l'album Marc et Robert. Il en résulte le hit en duo Singing In The Shower.

Longtemps considérés comme un simple phénomène de mode, les Sparks ont, sans en avoir l'air, marqué de leur façon indélébile plusieurs avatars du rock : la west coast psychédélique avec le déjanté A Woofer In Tweeter's Cloathing, le glam anglais avec leur chef-d'œuvre, Kimono My House, et l'eurobeat avec Number One Song In Heaven. Et ce n'est peut-être pas fini.