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Xidi et Hongcun

Villages de Chine (Anhui), inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco.

Fondés respectivement en 1047 et 1131, les villages de Xidi et de Hongcun, distants d'une dizaine de km, comptent parmi les très rares exemples d'urbanisme et d'architecture féodaux de Chine. Selon l'Unesco, qui les a inscrits sur la Liste du patrimoine mondial en 2000, « le tracé des rues, leur architecture et leur décoration, ainsi que l'intégration des maisons dans un vaste réseau d'alimentation d'eau, sont des vestiges uniques ».

Xidi

L'emplacement du site de Xidi, comme celui de Hongcun, fut choisi par ses fondateurs en fonction de critères traditionnels de la géomancie, en accord avec la pensée du yin et du yang. Situé au pied d'une colline, le long d'une rivière, Xidi a conservé ses rues pavées de marbre gris et ses canaux. On pénètre dans le village par un portail en pierre sculpté, dédié à un membre du clan de Xidi devenu préfet de Jiaozhou. Ancien centre commerçant, Xidi est de nos jours un village rural touristique. Les maisons de Xidi, comme celles de Hongcun, sont dotées de grandes enceintes (siheyuan), plus hautes que les maisons elles-mêmes ; elles sont décorées d'une tête de cheval, conformément à la tradition régionale.

Hongcun

Hongcun a une architecture originale. Sillonné par de nombreux canaux, il a un plan qui reproduit la silhouette d'un buffle. Les eaux sont recueillies au centre du village, dans un bassin public qui forme l'estomac de l'animal ; le réseau labyrinthique des canalisations du village représente ses intestins. Deux arbres géants à l'entrée du village symbolisent ses cornes. Les eaux se déversent finalement dans un lac situé au sud et à l'extérieur de Hongcun.

Hongcun doit ce plan particulier à un géomancien qui l'élabora après la destruction du village par un incendie. Il choisit le buffle car cet animal est lié de façon symbolique à l'eau.

Chengshitang, la maison la plus spectaculaire du village, appartenait à un marchand de sel, revenu au pays en 1855. Sa salle de réception est précédée d'un impluvium qui recueille les eaux grâce à d'élégantes gouttières en étain terminées par des têtes de dragon. Les lambris, les portes, les fenêtres et les linteaux, en bois, sont sculptés et ornés à la feuille d'or. Pendant la Révolution culturelle, tous ces ornements ont été cachés par des banderoles de papier couvertes de slogans maoïstes.