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Urbino

Urbino, Italie
Urbino, Italie

Ville d'Italie, dans les Marches (province de Pesaro e Urbino).

  • Population : 15 534 hab. (recensement de 2011)

Archevêché. Université.

URBINO, FOYER DE LA RENAISSANCE

Son principal titre de gloire est d'avoir été, dans la seconde moitié du quattrocento, l'un des plus brillants foyers de la Renaissance italienne, grâce au mécénat du duc Federico da Montefeltro (1422-1482). Homme de guerre et fin politique, humaniste et amateur averti, celui-ci fit de sa petite cour un rendez-vous de savants, de philosophes, d'écrivains et d'artistes.

C'est ce que reflète le monument essentiel d'Urbino : le palais ducal, modèle des résidences princières de la première Renaissance, occupé aujourd'hui par la Galleria Nazionale delle Marche. Federico le fit entreprendre quelques années après son avènement (1444). Mais c'est en 1468 qu'il chargea Luciano Laurana (vers 1420-1479), architecte dalmate, d'en mener à bien la construction selon un nouveau projet, plus ambitieux et plus moderne, qu'inspirent les théories d'Alberti et de Piero della Francesca. Ainsi prit forme, en s'adaptant à un terrain difficile, ce complexe irrégulier, mais savamment articulé, de locaux conçus pour les différents besoins de la vie de cour. Face à la campagne, quatre arcades traitées en loggia s'étagent entre deux fines tours cylindriques. La cour principale, quadrangulaire, allie une grâce nerveuse à la justesse des proportions.

Le palais fut achevé sous la direction de Francesco di Giorgio Martini (auteur, également, d'une église à plan ramassé, San Bernardino). Dans les salles aux voûtes harmonieuses, la décoration, répartie avec discernement, témoigne d'un goût exquis. Des stucs ornent les cheminées et les encadrements de portes ; les vantaux comptent parmi les chefs-d'œuvre de la tarsia, cet art qui fait servir l'assemblage de bois découpés à une représentation très intellectuelle de l'espace et des volumes. Botticelli et d'autres grands artistes ont pu donner les dessins de ces vantaux, comme ceux des magnifiques tarsie, d'environ 1475, qui revêtent la zone inférieure du studiolo ducal, cabinet de travail dont le programme iconographique célèbre les activités de l'esprit. Ici, les panneaux représentent les Vertus théologales, des armures, des instruments de musique et de science, des livres, un paysage, etc. Sous un riche plafond à caissons, la zone supérieure du studiolo montrait, disposées sur deux registres, vingt-quatre figures peintes de philosophes, de théologiens, de savants et de poètes – les unes aujourd'hui au musée du Louvre, les autres à la Galleria delle Marche – ainsi qu'un portrait de Federico en armure et lisant un manuscrit, en compagnie de son jeune fils Guidobaldo (ibidem). L'attribution de cet ensemble semble devoir être répartie entre Joos Van Wassenhove (Juste de Gand, [vers1435/1440-après 1480]), l'Espagnol Pedro Berruguete et peut-être Melozzo da Forli. Le premier, en tout cas, est l'auteur de la Communion des Apôtres peinte vers 1475, dans la manière flamande, pour le sanctuaire du Corpus Domini, avec une prédelle de Paolo Uccello (Galleria delle Marche). Des séjours de Piero della Francesca, dont l'influence a été capitale, on garde le souvenir avec la Flagellation, la Madone de Senigallia (ibidem), le double portrait de Federico et de son épouse (Offices, Florence), la pala de San Bernardino (pinacothèque Brera, Milan).

Le palais abrite encore le temple des Muses, achevé au temps du duc Guidobaldo et dont les figures sont peintes par l'éclectique Giovanni Santi (vers 1440-1494), père de Raphaël. Sous Francesco Maria Della Rovere, puis sous Guidobaldo II, dans la première moitié du xvie s., on relève les travaux de Titien pour la cour ducale. Outre son vaste palais, Urbino possède encore, notamment, la maison natale de Raphaël et les églises San Giovanni Battista (xive s. ; fresques des Salimbeni) et San Giuseppe (xvie s.).

L'affaiblissement du pouvoir ducal (qui aboutira en 1631 au rattachement d'Urbino au domaine de l'Église) amène dès la fin du xvie s. un dépérissement, auquel échappe cependant l'art aimable de Federico Barocci.

LES FAÏENCES D'URBINO

La ville d'Urbino est célèbre au xvie s. pour ses majoliques ornées de décors historiés d'une exceptionnelle qualité picturale. Les divers ateliers y ont une prédilection pour les scènes bibliques et mythologiques dont le style évolue au cours du xvie s. : d'abord majestueuses dans de nobles perspectives architecturales par Guido Durantino, puis plus maniéristes dans des paysages agrestes ou urbains par Xanto Avelli et son école, enfin très mouvementées et fourmillantes de personnages dans l'atelier des Fontana et de leurs émules. Dans ce même atelier naît, vers 1560, le décor ornemental dit « raphaélesque », formé de grotesques inspirées des compositions de Raphaël et mieux adaptées aux formes baroques des vases, aiguières, coupes et vasques trilobées (service pour les ducs d'Urbino de 1565 à 1571). Ce décor se poursuit à la fin du xvie s. et au xviie s. dans l'atelier des Patanazzi et est imité dans d'autres centres européens, notamment aux Pays-Bas. Le style historié d'Urbino se diffusera dans de nombreux centres italiens ainsi qu'en France, à Lyon et à Nevers.