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Morigny-Champigny

Commune du département de l'Essonne (canton et arrondissement d'Étampes), sur la Juine.

  • Population : 4 417 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Morignacois

Le village tire son origine de l'abbaye de la Sainte-Trinité fondée au xie siècle sur des terres données par Anseau de Garlande aux moines de Saint-Germer-de-Fly.

L'église abbatiale

Élevée au commencement du xiie siècle, elle fut reconstruite au milieu du xvie siècle par Jean de Salazar, élu abbé en 1525 ; de cette époque datent le chœur, l'abside et les collatéraux. Les voûtes des quatre premières travées de la nef primitive (xiie s.) se sont effondrées en 1575. La nef fut fermée par un mur antérieur élevé en 1744. Aucun vestige ne subsiste de l'ancien logis abbatial ni des bâtiments conventuels.

Le château et le parc de Jeurre

Le château (fin du xviiie s.) fut élevé sur l'emplacement de l'ancien palais abbatial (1525). Vendu comme bien national sous la Révolution, il changea plusieurs fois de propriétaire au cours du xixe siècle, sans subir de transformations importantes. Vers 1850, la propriété entra dans la famille de la comtesse de Saint-Périer, qui fut longtemps conservateur du musée d'Étampes, et qui y réunit une importante collection de pièces préhistoriques, de mosaïques gallo-romaines et de divers vestiges médiévaux.

À la fin du siècle, le comte de Saint-Léon, grand prix de Rome de sculpture, eut le souci d'orner son parc en faisant l'acquisition de divers vestiges de monuments classiques, en particulier de diverses fabriques de jardin provenant du domaine de Méréville alors laissé à l'abandon et dépecé, qu'il fit démonter, transporter et remonter dans son parc, distant de 25 kilomètres. De Méréville proviennent ainsi la façade avant de la Laiterie, élevée entre 1786 et 1790 d'après des dessins d'Hubert Robert et traitée dans un style rigoureux évoquant les temples classiques ; le Temple de la Sibylle, dit aussi de la Piété filiale, sanctuaire clos entouré d'un portique de seize colonnes corinthiennes (copie directe du célèbre temple de Tivoli) ; la Colonne rostrale, de marbre bleu turquin, ornée d'une sphère dorée et de quatre proues de navires en bronze (1787-1789), que Laborde avait fait élever à Méréville à la mémoire de ses deux fils disparus dans l'expédition de La Pérouse (1786) ; et, enfin, le Cénotaphe de Cook (1788), édicule composé de quatre colonnes inspirées de celles de Paestum entourant un pseudo-tombeau surmonté d'une urne, avec quatre figures dues à Augustin Pajou d'après des dessins d'Hubert Robert.

M. de Saint-Léon acquit également une sphère armillaire de la fin du xviie siècle, le portail de l'hôtel de la comtesse de Verrue (xviie s.), qui s'élevait rue du Cherche-Midi à Paris, et qui fut détruit par le percement du boulevard Raspail, et le fronton de l'aile gauche du château de Saint-Cloud, bâti pour Philippe d'Orléans en 1676, et qui avait été bombardé pendant le siège de 1870.

Le bâtiment du château de Jeurre lui-même fut embelli par l'incorporation de sculptures classiques de Coysevox et de l'avant-corps de logis provenant de la démolition de l'hôtel parisien d'Anglade.