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Longpont-sur-Orge

Commune du département de l'Essonne, sur la rive gauche de l'Orge (canton de Montlhéry).

  • Population : 6 652 hab. (recensement de 2010)

Le village est le siège d'un très ancien pèlerinage de la Vierge Marie. D'après la légende, ce pèlerinage aurait eu pour origine, au temps de la Gaule romaine, la découverte, dans le creux d'un chêne, d'une statue de femme portant un enfant dans ses bras, avec l'inscription Virginae pariturae, comme à Chartres, et ce serait saint Denis qui, se dirigeant vers Paris avec son disciple saint Yon (ou Yvon), aurait fait connaître aux habitants du lieu le sens préfiguratif de cette Vierge-mère.

LA BASILIQUE NOTRE-DAME-DE-BONNE-GARDE

En 1031, le comte de Montlhéry, Guy Ier, fils de Thibaut File-Étoupe, et son épouse Hodierne de Gometz, décidèrent d'élever sur l'emplacement d'un ancien lieu de culte druidique, sur un axe très ancien de communication utilisé par les pélerins de Compostelle, une église en l'honneur de la Vierge Marie. La légende rapporte un miracle qui eut lieu lors de la construction de cette église, et qui ne fut sans doute pas étranger à sa soudaine renommée, puisqu'elle devint bientôt un but de pèlerinage très fréquenté : la comtesse Hodierne, femme d'une grande piété, n'hésitait pas à aider les ouvriers afin de les soulager de leur fatigue. Un forgeron, voulant railler sa sollicitude, lui tendit une barre de fer chauffée au rouge. Hodierne la prit dans ses mains et la déposa au lieu indiqué sans se brûler. On a conservé jusqu'à aujourd'hui cette barre de fer, vénérée sous le nom de Croix-Rouge.

L'église actuelle fut entreprise au début du xiie siècle par Guy II Troussel, fils de Guy Ier de Monthléry, et ne fut achevée qu'au xiiie siècle avec la construction de la façade. Vers la fin du xve siècle, on acheva les sculptures du portail, offertes par Charles VIII et Anne de Bretagne, mais qui furent malheureusement très mutilées durant les guerres de Religion, en 1562, par les troupes protestantes du prince de Condé. L'église fut restaurée en 1620. À la Révolution, les moines furent expulsés, le prieuré fut vendu et en partie démoli ; vers 1812, le chœur et le transept, gravement endommagés, commençaient de s'écrouler, mais c'est sous Louis XVIII que Longpont subit les pires ravages : en 1819, pour éviter les frais de réparation, on rasa le chœur, le transept et la flèche de l'église. Il fallut attendre la venue du pape Pie IX, en 1851, et le classement de l'abbaye comme monument historique en 1862, pour que soit décidée la restauration et la reconstruction du monument : un nouveau chœur et un transept furent alors élevés sur les anciennes fondations (1875-1878).

L'église Notre-Dame a conservé sa nef du xiie siècle (six travées, avec voûtes d'ogives postérieures au début de la construction, séparées des collatéraux par de belles arcades romanes) et sa façade, flanquée au nord d'une tour-clocher carrée dont le soubassement massif est du xiie siècle et l'unique étage du xiiie siècle. Le portail présente de très intéressantes sculptures du xiiie siècle, malheureusement mutilées, procédant du célèbre portail de la cathédrale de Senlis (vers 1185) avec quelques variantes inspirées du portail de la Vierge de Notre-Dame de Paris (1220) : la mort et la résurrection de la Vierge, et au tympan, son couronnement. Les deux rangs de voussures sont chargés de statuettes des Vierges sages et des Vierges folles, encadrées d'une décoration à choux frisés du xve siècle, exécutée aux frais de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Dans l'abside, sont conservées plusieurs dalles funéraires, dont celles d'Hodierne, épouse de Guy Ier de Monthléry, de Louis de France, comte d'Evreux, petit-fils de Saint-Louis (mort en 1318) et de plusieurs membres de la famille de Maillé.