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Hastingues

Commune du département des Landes (canton de Peyrehorade).

  • Population : 622 hab. (recensement de 2010)

De forme ovale, cette ancienne bastide anglaise est construite sur un éperon rocheux se détachant face à la vallée des Gaves Réunis (Pau et Oloron) qui, à cet endroit, à quelques kilomètres de leur confluence avec l'Adour, forment une vaste nappe d'eau. Elle fut fondée par un contrat de paréage signé le 21 février 1289 entre le roi Edouard Ier d'Angleterre, duc d'Aquitaine, et les moines d'Arthous. John Hastings, sénéchal de Gascogne, qui donna son nom à la ville (fortifiée à partir de 1303), lui accorda les « fors » de la bastide de Bonnegarde et les coutumes de Dax ; ces privilèges furent confirmés en 1321, avec établissement d'un marché, et en 1342, avec l'autorisation d'aménager un port fluvial. La bastide d'Hastingues, qui fut le siège d'un bailliage jusqu'en 1748, fut incendiée en 1523 par les troupes du prince d'Orange, puis par les protestants qui détruisirent une partie de l'enceinte ; l'existence d'un temple protestant est attestée à Hastingues de 1600 jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes.

Cette petite agglomération conserve de nombreux vestiges d'époque médiévale et de la Renaissance : porte fortifiée ; la rue principale, parfaitement rectiligne, de 6 m de largeur, est bordée de maisons anciennes, dont les façades de 6 m de largeur, séparées par des andrones, traduisent parfaitement la division de la bastide en parcelles uniformes. Maison dite des Jurats (xve-xvie s.) ; maison dite de Borda (xve-xvie s. ; mairie) ; maison dite du Sénéchal (xve-xvie s.) ; château d'Estrac (deuxième moitié du xviie s.) : construit ou reconstruit en 1661 pour Bertrand d'Estrac, conseiller et secrétaire de la couronne de Navarre puis secrétaire du duc de Gramont ; etc. Église Saint-Sauveur (xviie s.).

L'abbaye d'Arthous

Dominant la plaine des Gaves, l'abbaye d'Arthous s'élevait, tout comme sa voisine de Sorde, sur l'antique route menant de Bordeaux à Astorga, suivie par les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle. Construite au bas du flanc nord d'un coteau à la limite des barthes inondables, elle fut fondée en 1167 par des chanoines Prémontrés de l'abbaye de la Case-Dieu, dans le Gers. La construction de l'abbatiale, aussitôt entreprise, débuta par l'absidiole sud et s'acheva (sauf le voûtement) par le portail ouest, au début du xiiie siècle. Les voûtes, sur croisées d'ogives furent achevées dans le courant du xive siècle. Fortement endommagée par les Espagnols en 1523 et ravagée par les protestants en 1571, l'abbatiale fut restaurée une première fois à la fin du xvie siècle, puis plusieurs fois remaniée aux xviie et xviiie siècles. Devenue bien national et vendue en 1791, l'abbaye, qui fut utilisée jusqu'en 1964 comme bâtiments agricoles, subit pendant près de deux siècles des dégradations importantes ; objet d'une donation au département, elle fut sauvée à partir de 1966 par une série de restaurations.

L'abbatiale, dont la construction commença à la frontière de l'époque romane et du gothique, présente une nef à vaisseau unique de 5 travées, partiellement voûtée d'ogives ; le transept est à vaisseau unique (voûtes en berceau brisé sur les bras, ogives sur la croisée, datant du xive s.) ; le chœur est composé d'une travée droite (voûte en berceau plein-cintre) et d'une abside semi-circulaire (voûte en cul-de-four) avec deux absidioles (voûte romane en cul-de-four doublé de nervures au nord, voûte en ogives primitives au sud). Le décor sculpté est particulièrement abondant sur l'abside, rythmée par des doubles colonnes à chapiteaux et des contreforts plats. Trente-quatre modillons et quatre chapiteaux (Adam et Ève, Fuite en Égypte, etc.) portent l'arcature qui soutient la corniche sculptée de billettes, imitation très évoluée du premier art roman méditerranéen, pourtant rare dans la région. Les trois fenêtres sont encadrées de colonnettes à chapiteaux. Les absidioles sont décorées plus sobrement d'une corniche simple à billettes, portée par une douzaine de modillons et trois colonnes à chapiteaux. Cet ensemble sculpté est caractérisé par une unité de style et de thèmes.

Les bâtiments conventuels abritent aujourd'hui un important musée d'archéologie et de préhistoire présentant les résultats des fouilles sur les sites paléolithiques du Grand Pastou et de Duruthy ; on peut en particulier y admirer une statuette de cheval agenouillé qui serait la plus grande sculpture en pierre du Paléolithique européen.