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La Ferté-Vidame

Chef-lieu de canton du département de l'Eure-et-Loir (arrondissement de Dreux), à environ 40 km au sud-ouest de Dreux, dans la forêt de Senonches.

  • Population : 747 hab. (recensement de 2010)

La Ferté-Vidame est la ville-centre de la Communauté de communes du canton de La Ferté-Vidame et de ses environs (2 289 habitants), qui regroupe les communes de Poissy-lès-Perche, La Chapelle-Fortin, Lamblore, Morvilliers, La Puisaye, Les Ressuintes et Rohaire.

Histoire

L'histoire et la renommée de ce gros bourg du Thimerais restent en grande partie attachées aux ducs de Saint-Simon, et, tout spécialement, à la vie et à l'œuvre du célèbre mémorialiste Louis de Rouvroy, deuxième duc de Saint-Simon, à qui Louis XIV reprochait si lucidement de « parler de tout avec aigreur ». Issu d'une famille noble et ancienne mais désargentée, son père, Claude de Rouvroy, avait pu faire l'acquisition du domaine de La Ferté-Vidame, en 1632, grâce aux immenses faveurs qu'il avait reçues de Louis XIII en récompense de sa fidélité. L'importance de La Ferté-Vidame – ainsi dénommée en raison du titre que possédaient traditionnellement ses seigneurs - rendit possible l'octroi par le roi d'un duché paierie en 1635. Louis de Rouvroy, deuxième duc de Saint-Simon, assurait faire « ses délices de sa maison de La Ferté » et il y rédigea une grande partie des ses célèbres Mémoires.

Les efforts des ducs de Saint-Simon pour relever et embellir ce domaine furent poursuivis, avec des moyens et une ampleur incomparables, par le marquis Jean-Joseph de Laborde, banquier de la Cour, qui fit l'acquisition du domaine en 1764. Sorte de marquis de Carabas, Laborde fit redessiner le parc et confia à l'architecte Le Carpentier la reconstruction du château sur ses bases médiévales en lui conservant son plan semi hexagonal. Ces travaux furent exécutés en trois ans, mais Laborde ne cessa d'agrandir et d'embellir son domaine jusqu'à ce que Louis XVI lui demande de le céder au duc de Penthièvre, Louis de Bourbon, en compensation du domaine de Rambouillet dont il avait fait l'acquisition.

En 1793, après le décès du duc de Penthièvre, sa fille Louise-Marie-Adélaïde, duchesse d'Orléans, hérita du domaine. La duchesse ayant émigré, ses biens furent confisqués au profit de la Nation, en septembre 1797. Mais le procès-verbal d'estimation du château effectué alors fait déjà état de dégradations importantes, œuvre des pillards. Le 27 mars 1798, le domaine fut vendu à l'encan à un entrepreneur qui démonta tout ce qui pouvait être vendu (poutres, pierres, etc.) et saccagea la forêt en abattant sans discernement plus de 30 000 arbres. Malgré cet acharnement, il ne parvint pas à payer son acquisition et fut déchu de ses droits. En juin 1803, le domaine fut à nouveau mis en vente, mais aucun acheteur ne s'étant présenté, il resta Bien national. Après la Restauration, les biens confisqués furent rendus à leurs anciens propriétaires. La duchesse d'Orléans Louise-Marie-Adélaïde, récupéra ainsi un domaine bien amoindri. À sa mort, en 1826, son fils Louis-Philippe, futur roi des Français, devenu seul propriétaire du domaine, se prit de passion pour cette terre, où, grâce à lui, l'activité reprit pendant quelque temps. Il reconstitua le domaine en rachetant les parcelles dispersées pendant la Révolution, fit reconstruire les pièces d'eau, et restaurer les anciens communs ; relevés par son architecte Fontaine, ces communs prirent le nom de Petit Château. Mais, avec la Révolution de 1848, fatale aux Orléans, le domaine un moment relevé, retourna sous la tutelle de l'Administration après que Louis Napoléon Bonaparte fit confisquer les biens de la famille d'Orléans. En 1872, l'Administration impériale vendit le domaine au baron Léon Dordolot, qui le céda huit ans après ; dès lors, le domaine ne cessa de changer de propriétaire jusqu'en 1937, où, acquis par la Société André Citroën, il abrita le centre d'essais de cette marque d'automobiles. En 1945, l'État reprit une nouvelle fois possession du domaine, avant de s'en dessaisir en 1991 au profit du département d'Eure-et-Loir.

PATRIMOINE

Le château

Les ruines grandioses qu'on peut voir aujourd'hui, au bout d'une vaste esplanade de verdure, sont celles du château dont la construction s'était achevée en 1767. Antoine Mathieu Le Carpentier, l'architecte du marquis de Laborde, avait fait presque entièrement raser le château d'origine médiévale auquel les ducs de Saint-Simon avaient apporté peu de modifications, mais il réutilisa une partie des fondations, ce qui dicta le plan à deux ailes biaises de son bâtiment. Le Carpentier intégra également à sa composition deux pavillons carrés coiffés d'un dôme à l'impériale, qui donnèrent à l'ensemble un caractère singulièrement archaïque.

La reconstruction de ce château s'accompagna du tracé d'un parc immense, dont certains axes étaient déjà en place du temps des ducs de Saint-Simon. La démolition commença à la mort du duc de Penthièvre, à qui Laborde avait été contraint de céder ce domaine d'un faste quasi princier, et, lorsque la famille d'Orléans le récupéra, le roi Louis-Philippe, prudemment, renonça à relever le château.

Un musée Saint-Simon est aménagé dans le pavillon Saint-Dominique.

L'église Saint-Nicolas

Entièrement reconstruite en 1658-1659 à l'instigation du premier duc de Saint-Simon, c'est un des rares bâtiments classiques de la région. Elle est bâtie en brique et pierre sur un plan en croix latine, avec une abside semi-circulaire et une tour de clocher sur le flan gauche du chœur. La façade, où l'accent est mis sur la vive polychromie créée par l'alternance de la brique et de la pierre, est conçue dans un goût inspiré des modèles italiens de la seconde moitié du xvie siècle.

Ancienne chapelle de Réveillon (xve s.)

Les murs de cette chapelle, jadis placée sous le vocable de Saint-André, sont couverts de peintures datant de la fin du xve siècle : le Dict des Trois morts et des Trois vifs, le Miracle de saint Hubert, le jardin des oliviers, le Baiser de Judas, Jugement dernier.