En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Besançon (25000)

Besançon
Besançon

Chef-lieu du département du Doubs, sur le Doubs, à 393 km au S.-E. de Paris.

  • Population : 121 038 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Bisontins
  • Population pour l'agglomération : 135 473 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

En bordure du Jura, sur l'axe reliant l'Alsace aux plaines de la Saône et à la vallée du Rhône, Besançon a débordé depuis longtemps son pittoresque site original (l'intérieur d'un méandre presque recoupé du Doubs), en raison d'une expansion liée au développement des fonctions administrative, culturelle (université et École nationale d'horlogerie), judiciaire (cour d'appel), religieuse (archevêché) et surtout à l'industrialisation (alors qu'a reculé le rôle militaire). Ville à prépondérance tertiaire, Besançon est, en effet, aujourd'hui fortement industrialisée, grâce à la microtechnique, la micromécanique, l'horlogerie (premier centre français) et la mécanique de précision, précédant les textiles chimiques, la confection, la maroquinerie, l'alimentation, l'imprimerie. Des difficultés sectorielles dans l'industrie expliquent cependant le ralentissement de la croissance démographique. Besançon est reliée à Paris par une ligne à grande vitesse depuis 2011.

L'HISTOIRE DE BESANÇON

Besançon (Vesontio) était l'une des plus anciennes cités gauloises, la ville la plus importante des Séquanes. Soumise par César en 58 avant J.-C., elle est, sous l'Empire romain, la métropole de la Séquanaise. Ville épiscopale depuis le ve s., troublée plus tard par une dynastie de comtes qui a réussi à s'imposer, Besançon doit se placer sous la suzeraineté impériale au xie s. Elle y demeure jusqu'en 1595, date à laquelle elle devient espagnole. Aux xvie s. et xviie s., Besançon connaît une grande prospérité ; elle est conquise par Condé en 1674 et revient définitivement à la France à la paix de Nimègue (1678). Louis XIV supprime ses libertés, mais la fait fortifier par Vauban et fait d'elle le siège du parlement (1676) et de l'université (1691) et une véritable métropole régionale, très aristocratique. Besançon accueille en 1790 une colonie d'horlogers acquis aux idées révolutionnaires, expulsés de La Chaux-de-Fonds et du Locle, et qui contribueront de manière décisive à l'essor de l'industrie locale.

BESANÇON, VILLE D'ART

La ville est ruinée par les invasions du haut Moyen Âge, mais lorsqu'elle revivra, au xie s., sous l'impulsion d'un évêque intelligent et énergique, Hugues de Salins, ce sera pour vivre pendant six siècles une vie indépendante. À l'écart de la Franche-Comté, dont elle deviendra tardivement la capitale – ni « bourguignonne » ni « espagnole » –, Besançon restera ville épiscopale et ville d'Empire, comme Bâle ou Strasbourg : après de longs démêlés avec leurs évêques, les bourgeois « communiers » obtenaient de Rodolphe de Habsbourg, en 1290, la « confirmation » d'une charte imaginaire qui consacrait leur autonomie.

Active et riche, Besançon fut aussi une remarquable ville d'art, trop longtemps méconnue : peut-être en raison d'une certaine austérité de sa physionomie architecturale. Mais les quartiers anciens, homogènes et bien conservés avec leurs hôtels, leurs églises baroques, leurs quais, leurs places et leurs fontaines, composent, dans un paysage pittoresque, un ensemble d'une dignité et d'une harmonie rarement égalées.

Les principaux vestiges de la cité antique se groupent, avec la cathédrale médiévale, dans la partie haute de la ville, sur les premières pentes du massif rocheux qui porte la citadelle. Ce sont les colonnes d'un nymphée, auquel aboutissait l'aqueduc principal de la ville, et la « porte Noire », arc de triomphe élevé sous Marc-Aurèle. Un important autel chrétien du ive s. subsiste dans la cathédrale. Celle-ci, construite au milieu du xiie s., est un vaisseau à deux absides opposées, sans façade, qui atteste les étroites relations de Besançon avec l'art rhénan.

Mais le visage actuel de la ville se dessine au xvie s., époque brillante où la faveur des juristes comtois, fonctionnaires et hommes de confiance de Charles Quint enrichit la ville et l'ouvre aux courants nouveaux de la pensée et de l'art. C'est le chanoine Ferry Carondelet, conseiller de l'empereur et ami d'Érasme, dont le tombeau renaissant orne la cathédrale qui lui doit en outre une œuvre maîtresse de Fra Bartolomeo, la Vierge entourée de saints, dans laquelle il figure comme donateur. Ce sont surtout les deux Granvelle, hommes d'État de renommée internationale. Le père, Nicolas Perrenot (1486-1550), d'origine paysanne, conseiller au parlement de Dole, devient chancelier de l'empereur. Il fait construire de 1534 à 1547 le palais qui abritera ses richesses d'art : collection célèbre réunie par un amateur insatiable autant qu'éclairé. Son fils Antoine (1517-1586), le cardinal, protecteur de Christophe Plantin et de Juste Lipse, premier ministre des Pays-Bas et vice-roi de Naples sous Philippe II, enrichit encore les collections du palais. Devenu musée historique (aujourd'hui musée du Temps), celui-ci dresse encore, au centre de la ville, sa façade à pilastres d'une sobre noblesse. D'autres édifices publics – palais de justice attribué au Dijonnais Hugues Sambin (1518-vers 1601), hôtel de ville à la sévère façade de bossages (1569-1573), porte Rivotte, porte des Carmes avec sa fontaine où le duc d'Albe paraît en Neptune – appartiennent à la même époque. Mais, surtout, la Grande-Rue, qui descend vers le Doubs, et le faubourg de Battant, quartier des vignerons qui la prolonge sur l'autre rive, conservent une majorité de maisons très typiques du xvie s. ou du début du xviie s.

La crise européenne de la guerre de Trente Ans va créer dans l'histoire de Besançon une coupure décisive. En 1648, le traité de Westphalie attribue formellement la ville à l'Espagne. Elle partagera désormais le destin de la Franche-Comté. Conquise en 1668, puis de nouveau en 1674, elle devient française à la paix de Nimègue, et Vauban rénove ses fortifications, laissant une citadelle agrandie, des quais qui donnent aux rives du Doubs une grande noblesse, et une ceinture de bastions qui protègent la tête de pont de Battant. La citadelle, l'enceinte urbaine et le fort Griffon sont inscrits, au titre des fortifications de Vauban, sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2008. Supplantant Dole, capitale historique de la Franche-Comté, Besançon reçoit le parlement (1676), la Chambre des comptes, la Monnaie, l'université (1691).

Le xviiie s., avec l'administration intelligente des intendants, marque une ère nouvelle d'activité architecturale et d'urbanisme. À la succession des églises qui jalonnent le passage du baroque (Saint-François-Xavier, 1680-1688 ; Saint-Maurice, 1712-1714 ; Notre-Dame, 1720) au classicisme (la majestueuse Sainte-Madeleine de Nicolas Nicole [1702-1784] ; Saint-Pierre, à plan de croix grecque, 1782-1786) répond celle des monuments civils. Les uns sont des créations locales (hôpital Saint-Jacques, palais épiscopal), qui se distinguent souvent par leurs grilles magnifiques. D'autres sont l'œuvres d'architectes parisiens de renom : Victor Louis établit les plans de l'Intendance (préfecture actuelle, 1771-1778), Nicolas Ledoux construit le théâtre (1777-1784). La création de places et de promenades contribue à l'agrément de la ville.

LES MUSÉES DE BESANÇON

Installé dans d'anciennes halles, le musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon se vante à bon droit d'être le plus ancien de France : les restes de la collection Granvelle, dispersée par les héritiers, furent acquis par la municipalité et rendus accessibles aux visiteurs dès 1694 (Descente de croix du Bronzino, retable de Bernard Van Orley, portrait du chancelier de Granvelle par Titien). La collection léguée par l'architecte bisontin Pierre Adrien Paris (1746-1819) est d'une richesse exceptionnelle pour la connaissance du xviiie s. français (série de sanguines et de sépias de Fragonard et d'Hubert Robert). À ces joyaux s'ajoute la donation du peintre Jean Gigoux (1806-1894). Les centaines de tableaux que ce Bisontin, romantique estimable, légua au musée assurent à celui-ci une diversité rare : Bellini (Ivresse de Noé), Titien, Goya, Cranach l'Ancien, Chardin, Lawrence, xixe s. français, etc. Le musée abrite aussi une section archéologique et un remarquable cabinet de dessins.

Le Musée comtois, dans le Citadelle, est consacré à l'ethnographie, aux arts populaires et à l'histoire de la Franche-Comté.

Installé dans le palais Granvelle, le musée du Temps remplace l'ancien Musée historique. À partir d'une très riche collection d'horlogerie, il évoque l'histoire de l'industrie horlogère à Besançon et les divers rapports de l'homme au temps.