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Amiens

Amiens
Amiens

Chef-lieu du département de la Somme, à 132 km au N. de Paris.

  • Population : 136 512 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Amiénois
  • Population pour l'agglomération : 163 072 hab. (recensement de 2009)

GÉOGRAPHIE

L'agglomération regroupe plus du quart des habitants de la Somme et près de la moitié des effectifs industriels du département (constructions mécaniques et électriques, équipements automobiles, pneumatiques, agroalimentaire ayant partiellement relayé le traditionnel textile). Le tertiaire dépasse l'industrie grâce à la fonction de capitale régionale (centre de commerce et de divers services [Amiens est encore siège d'une académie et de l'université de Picardie, d'une cour d'appel et d'un évêché]). Des centres d'appels téléphoniques se sont installés. La ville médiévale a été largement reconstruite après 1945 autour de sa cathédrale. Le quartier Saint-Leu, bordé de canaux, a été réhabilité. De nouveaux quartiers (campus, hôpitaux et zones industrielles, dont la grande zone industrielle nord) ont été créés le long de la Somme (à l'aval plus qu'à l'amont, resté en hortillonnages) et sur les versants nord et sud de la vallée, dont le pôle Jules-Verne, principal centre de l'activité commerciale, industrielle et tertiaire de la métropole. La ville est le centre d'une communauté d'agglomération, Amiens Métropole, qui regroupe vingt-sept communes.

L'HISTOIRE D'AMIENS

Centre de la cité des Ambiani, l'ancienne Samarobriva, « Pont sur la Samara (la Somme) », au confluent de la Somme, de l'Avre et de la Selle, était protégée par des marais. Après la conquête romaine, la ville devient une station militaire et une étape de la voie qui relie Lyon à Boulogne-sur-Mer et, de là, à l'île de Bretagne. Au iie s., à l'apogée de l'Empire romain, elle fait figure de ville importante.

Évangélisée par saint Firmin, sans doute vers la fin du iiie s., elle devient au ive s. le siège d'un évêché. Déjà ravagée par la première des invasions germaniques vers 256, elle est ruinée par les Francs en 409.

Au ixe s., la ville est envahie et pillée à plusieurs reprises par les Normands, qui l'incendient encore en 925. Elle participe à partir du xe s. au renouveau de la vie urbaine. Sa bourgeoisie, enrichie par le commerce et l'artisanat, est assez puissante pour lutter contre l'autorité du comte d'Amiens, avec, il est vrai, l'appui du roi de France Louis VI. En 1117, la charte de la commune est proclamée. Dans le cadre de la politique générale d'extension du domaine royal, le comté d'Amiens est réuni à la couronne de France par Philippe Auguste en 1185. Par un traité conclu à Amiens en 1184, Philippe d'Alsace, qui était devenu, par son mariage avec Élisabeth de Vermandois, comte de Vermandois, de Valois et d'Amiens, avait dû renoncer à cette possession.

Le roi de France concède une charte qui, de manière générale, confirme la précédente. Point stratégique important pour la défense de la ligne de la Somme, la ville est entourée d'une nouvelle enceinte (commencée en 1193), qui marque son importante extension vers le nord, sur la rive droite de la Somme, et vers le sud. Deux activités assurent sa prospérité au xiiie s. : la fabrication des draps et le commerce de la guède. Proche du port de Saint-Valery-sur-Somme et des Flandres, Amiens est un centre actif d'échanges.

C'est à Amiens que Saint Louis rend son célèbre arbitrage entre Henri III d'Angleterre et ses barons révoltés, et casse les Provisions d'Oxford (« Mise d'Amiens », 23 janvier 1264). Après le désastre de Crécy (1346), la construction d'une autre enceinte est décidée pour englober les faubourgs qui s'étaient étendus autour de la partie méridionale de la ville. Durant la guerre de Cent Ans, Amiens connaît d'ailleurs des troubles graves. Partisans et adversaires de Charles le Mauvais s'y affrontent en 1358. Des tensions sociales conduisent en 1385 à une révision de la Constitution municipale, qui renforce les pouvoirs de l'aristocratie bourgeoise. La ville soutient les Bourguignons contre les Armagnacs et, en 1435, comme les autres villes de la Somme, elle est le prix de la réconciliation offert par le roi de France au duc de Bourgogne (traité d'Arras). En 1471, elle revient définitivement au royaume grâce à l'occupation de Louis XI.

Après l'abandon de l'Artois, en 1493, par Charles VIII au profit de Maximilien d'Autriche, Amiens demeurera jusqu'en 1659 une place frontière essentielle.

La ville n'adhère à la Ligue qu'en 1588, après l'assassinat du duc de Guise, dans un sursaut d'autonomie municipale. Ralliée à Henri IV en 1594, elle est, en 1597, occupée, non sans complicités, par les Espagnols et reprise la même année par le roi. En 1598, une citadelle est construite par Jean Érard.

Introduite à Amiens, à la fin du xve s., par des ouvriers arrageois que les représailles de Louis XI avaient chassés de leur cité, l'industrie de la draperie-sayetterie va devenir l'activité essentielle de la ville. Au xviie et au xviiie s., celle-ci est le premier centre textile du royaume (plus de 2 000 métiers battants au xviie s., plus de 5 000 au xviiie s.). Elle fabrique des étoffes légères de laine sèche non seulement pour le marché intérieur, mais aussi pour l'exportation.

Amiens accueille avec faveur la paix qui y est signée avec l'Angleterre le 25 mars 1802. L'École pratique de santé, fondée en 1804, est confirmée par décret impérial en 1806. La ville devient pour un temps ville universitaire, rôle qu'elle retrouvera de nos jours. Au xixe s., Amiens demeure fidèle à la fabrication des étoffes de laine, mais développe aussi d'autres industries, qui y sont apparues dans la seconde moitié du xviiie s. : filature et tissage du coton, velours de coton et velours d'ameublement.

En 1918, l'armée britannique installe dans Amiens son quartier général. Menacée par l'offensive allemande de Ludendorff (avril-août 1918), la ville est sévèrement bombardée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, après de violentes attaques aériennes, elle est occupée, le 20 mai 1940, par les troupes allemandes, que la ligne de la Somme ne peut arrêter. Le bombardement de mai 1944 la touche durement. La ville sera libérée le 1er septembre 1944.

AMIENS, VILLE D'ART

Vingt-quatre monnaies de cuivre, découvertes en 1899, témoignent de la présence d'une bourgade celtique à ce passage de la Somme. Dans la ville romaine, dont le plan est connu grâce aux fouilles, deux édifices étaient fort importants : les thermes et l'amphithéâtre, aujourd'hui disparus.

Au régulier quadrillage romain se superpose le réseau compliqué de la ville médiévale, dont il subsiste d'admirables caves des xiiie s. et xve s. Le monument le plus ancien qui nous soit parvenu est la cathédrale Notre-Dame, un des témoignages majeurs de l'art gothique, très homogène, puisque construite de 1220 à 1279 environ, en grande partie par Robert de Luzarches, Thomas et Renaud de Cormont. Aux xive et xve s., furent complétées les parties hautes de la façade et insérées des chapelles entre les contreforts de la nef. L'édifice a des dimensions impressionnantes (c'est la plus vaste des cathédrales de France : 133 m de longueur ; 42,30 m de hauteur sous les grandes voûtes) ; un plan remarquable équilibre nef et chœur de part et d'autre du transept et donne aux éléments du chevet une distribution qui en fit un modèle classique. Quant à l'élévation à trois étages de la nef, elle représente avec Reims l'apogée de la basilique de type chartrain, mais dans une version plus nerveuse, plus élancée. Par un privilège unique en France, le programme sculpté nous est parvenu à peu près intact. Achevés vers 1236, les trois portails occidentaux, encadrés par les avancées des contreforts, sont très profonds et offrent ainsi de vastes surfaces aux cycles iconographiques : à la porte centrale, le Christ enseignant du trumeau est entouré par les douze Apôtres et surmonté par le Jugement dernier et la Résurrection des morts ; le portail de droite est consacré à la Vierge ; celui de gauche aux saints et martyrs vénérés dans le diocèse, avec, au trumeau, saint Firmin, premier évêque d'Amiens. Ces trois cycles consacrés à la Nouvelle Loi sont complétés par une série de Prophètes placés sur l'avancée des contreforts. Mais le portail le plus célèbre est celui du transept nord, avec la Vierge autrefois dorée du trumeau, les douze Apôtres sur le linteau et la vie de saint Honoré dans le tympan (1260-1270) ; autour de la rose, une roue de Fortune. Enfin, des sculptures du xive s. s'échelonnent sur les faces sud et nord de la nef, les plus remarquables étant l'ensemble de la chapelle du cardinal de La Grange (vers 1375). Parmi le mobilier, des œuvres exceptionnelles : deux dalles funéraires en bronze du xiiie s., des clôtures de pierre sculptées entre 1490 et 1531 et surtout un des plus beaux ensembles de stalles (1508-1519). Au trésor, des pièces d'orfèvrerie de l'ancienne abbaye du Paraclet.

La cathédrale d'Amiens a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 1981.

Amiens possède d'autres églises, parmi lesquelles Saint-Germain, Saint-Leu, toutes deux du xve s., et Saint-Acheul, de la fin du xviiie s.

La Seconde Guerre mondiale a fait disparaître la plupart des vieilles maisons. Ont été restaurés : le beffroi (xve et xviiie s.), inscrit sur la liste des beffrois de Belgique et de France du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2005, le baillage (début du xvie s.), la maison du Sagittaire (fin du xvie s.), l'hôtel des trésoriers de France (xviie s. et porte remontée du xviiie s.), la façade classique de la caserne Stengel, les bâtiments de l'ancienne abbaye des Prémontrés (xviie-xviiie s.) et la façade Louis XVI de l'ancien théâtre.

Au xixe s., un urbanisme trop systématique a fait disparaître la ceinture des remparts. Depuis, par contre, les créations importantes sont rares : le décor de Puvis de Chavannes dans l'escalier de l'important musée de Picardie, la place de la gare et les vingt-quatre étages de la tour d'Auguste Perret (1947), la maison de la culture de l'architecte Sonrel (1965).

LES MUSÉES D'AMIENS

Le musée de Picardie, créé en 1872, est installé dans un vaste bâtiment dont l'escalier d'honneur est orné de compositions de Puvis de Chavannes. La rotonde du rez-de-chaussée a été décorée par l'artiste minimaliste américain Sol LeWitt (1992-1993). Collection d'archéologie préhistorique et gallo-romaine. Une salle spéciale est réservée aux tableaux de la confrérie du Puy Notre-Dame (xve et xvie s.). Riches collections de peintures : école italienne (Tiepolo, Guardi), espagnole (Greco), flamande (Van Dyck, Rubens) ; le xviiie s. français est représenté par la série des neuf Chasses en pays étrangers, exécutée de 1736 à 1738 pour les petits appartements de Louis XV à Versailles, et par un nombre important de tableaux de qualité (dont ceux de la collection des frères Lavalard, entrée en 1890) : Quentin de La Tour, Chardin, Greuze, Fragonard (les Lavandières), Boucher, Hubert Robert… Le musée est riche également en œuvres contemporaines (Masson, Fautrier, Balthus, Dubuffet, Picasso, Bacon…).

À Amiens existe en outre un musée d'Art local et d'Histoire régionale, en l'hôtel de Berny, de style Louis XIII.