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Albi (81000)

Albi
Albi

Chef-lieu du département du Tarn, à 667 km au S. de Paris, sur le Tarn.

  • Population : 51 181 hab. (recensement de 2010)
  • Nom des habitants : Albigeois

GÉOGRAPHIE

Située au contact entre le Bassin aquitain et le Massif central, Albi est une vieille cité religieuse (archevêché) et surtout commerçante, devenue le centre d'une agglomération industrielle (centrale thermique, verrerie, textiles, produits chimiques, etc.), où se développe l'enseignement supérieur (Centre universitaire de formation et de recherche Jean-François Champollion, École des Mines).

L'HISTOIRE D'ALBI

Édifiée sur l'emplacement d'un ancien oppidum gaulois, Albi devient au viiie s. le siège d'une seigneurie autonome, réunie deux cents ans plus tard au comté de Toulouse. La propagation fulgurante du catharisme dans tout le Midi, et plus particulièrement en région albigeoise, mit un temps le pouvoir temporel des évêques en péril. Il faudra la croisade des Albigeois, menée par Simon de Montfort, et surtout l'instauration de l'Inquisition, pour que l'Église retrouve son autorité. En 1249, Albi est rattachée au royaume de France.

ALBI, VILLE D'ART

La ville compose, sur la rive du Tarn, un remarquable paysage urbain, dont les deux principaux éléments sont constitués par la cathédrale et l'ancien palais épiscopal, tous deux construits en briques. La Cité épiscopale, le Pont-Vieux, qui enjambe le Tarn, l'église collégiale Saint-Salvi, quatre quartiers anciens (Casteviel, Castelnau, le bourg Saint-Salvi et les Combes) et les deux berges du Tarn sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2010.

Les souvenirs de la croisade des Albigeois provoquant encore à la fin du xiiie s. des soulèvements populaires contre l'évêque et le Saint-Office, Bernard de Castanet, Grand Inquisiteur du Languedoc, décida de faire de la cathédrale Sainte-Cécile le symbole de la puissance ecclésiale et donna à son église l'aspect d'une forteresse.

La cathédrale constitue une excellente synthèse de l'architecture gothique méridionale ; commencée en 1282, elle était achevée, dans ses parties essentielles, un siècle plus tard. L'unique vaisseau est flanqué de chapelles logées entre les contreforts en forme de tourelles qui scandent le mur ; un mince bandeau de pierre surmontant les mâchicoulis souligne le chemin de ronde ; au-dessus de l'abside se dresse la tour du guetteur, tandis qu'à l'autre extrémité un formidable donjon, surélevé sous l'épiscopat de Louis Ier d'Amboise (1474-1503), constitue le clocher. Sur le flanc sud se détache, très blanc sur la brique rouge, un riche porche flamboyant, « le Baldaquin », exécuté sur l'ordre de Louis II d'Amboise (1503-1511). À l'intérieur, au revers de la façade occidentale, un pathétique Jugement dernier, l'œuvre offrant de multiples ressemblances avec le Jugement dernier de Rogier Van der Weyden à l'hôtel-Dieu de Beaune, on a cherché une origine flamande à cette fresque monumentale. Pour la voûte, on fit appel à une équipe de peintres bolonais, qui, de 1508 à 1514, retraça toute l'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament, à laquelle s'ajoute le merveilleux de la Légende dorée. Le chœur du chapitre est fermé par un jubé et une clôture en pierre extrêmement fouillée, surmontée de clochetons ajourés. On y voit des images polychromes de prophètes et de personnages de l'Ancien Testament à l'extérieur, d'apôtres à l'intérieur, avec, au-dessus des stalles, les anges musiciens qui constituent la séraphique escorte de sainte Cécile. À l'intense réalisme de ces statues, qui datent du xve s. et sont de style bourguignon, s'ajoute parfois un maniérisme discret, trace probable d'influences italiennes.

Dominé par deux tours puissantes, le palais de la Berbie (du mot roman besbie, évêque), aujourd'hui aménagé en musée, fut élevé par Bernard de Castanet dans le même temps où il entreprenait la construction de la cathédrale. Aux xviie et xviiie s., les archevêques s'efforcèrent d'humaniser la sévère bâtisse en la remaniant intérieurement, en perçant de vastes fenêtres, en transformant les courtines en promenades et la lice en jardin à la française.

La collégiale Saint-Salvi, qui rassemble une puissante tour-clocher et un cloître reconstruit en 1270, contribue, avec le Vieux Pont, un des plus anciens de France, et les beaux hôtels qu'on découvre au fil des rues, à faire d'Albi une cité très proche des célèbres villes d'art de l'Italie du Nord.

LE MUSÉE TOULOUSE-LAUTREC

Installé depuis 1922 au palais de la Berbie, le musée d'Albi réunit la plus importante collection au monde d'œuvres de l'Albigeois Toulouse-Lautrec : affiches, lithographies, dessins, pastels et peintures (portraits de la Comtesse A. de Toulouse-Lautrec, du Docteur G. Tapié de Céleyran, de Mme Berthe Bady, de l'Anglaise du « Star » du Havre, etc.). Le musée possède également des antiquités gallo-romaines, des sculptures romanes locales, des dessins anciens, ainsi qu'une belle collection d'art moderne (Utrillo, Valadon, Marquet, Vuillard, Vlaminck, etc.). On y trouve aussi deux portraits d'apôtres de Georges de la Tour : Saint Jacques le Mineur et Saint Jude (ou Saint Thaddée).