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élan

Élan
Élan

D'origine asiatique, ce cervidé à l'impressionnante parure est l'un des plus grands mammifères de la taïga. Appelé orignal par les Canadiens français, l'élan est un hôte familier des grandes forêts boréales d'Europe et d'Amérique depuis les temps préhistoriques.

Introduction

Il y a des millions d'années, les tout premiers cervidés ne vivaient qu'en Asie. Ils étaient armés de défenses pour se battre, mais les élans les perdirent au cours de l'évolution pour acquérir les bois immenses et spectaculaires qui les caractérisent désormais dans le règne animal.

Pendant la période glaciaire, il y a 350 000 ans, une partie des élans qui peuplaient l'Eurasie auraient traversé la mer de Béring, alors recouverte de glaces, et se seraient répandus sur les terres de l'actuel Alaska. Il semble que, durant tout le pléistocène, les diverses glaciations permirent aux élans d'Asie et d'Amérique de migrer entre les deux continents. La dispersion des populations américaines au Canada et, plus au sud, en Amérique continentale (Wyoming, péninsule du Michigan) se fit durant les périodes interglaciaires. Fuyant les glaces qui envahirent l'Alaska au cours de la glaciation de l'ère du Wisconsin, il y a environ 60 000 ans, les élans se réfugièrent sur des territoires très restreints, certaines populations se cantonnant au nord des glaces et d'autres sur trois territoires au sud des glaces. Ces populations évoluèrent, se séparèrent et donnèrent les quatre sous-espèces actuelles d'élans d'Amérique du Nord. Après la fonte des glaciers, les élans peuplèrent à nouveau tout le Canada et une large partie des États-Unis.

La colonisation par l'homme du continent américain et son expansion en Europe et en Asie entraînèrent le défrichage des forêts, milieu naturel de l'élan, ce qui réduisit considérablement son espace et, par voie de conséquence, l'espèce elle-même.

En Amérique du Nord, l'élan a disparu au xviiie siècle au sud de la Pennsylvanie et au xxe siècle dans le Maine, le New Hampshire et le Vermont. En Europe de l'Ouest, Scandinavie exceptée, ce phénomène s'est produit dès la fin du xiiie siècle ; dans le Caucase, au début du xixe. En Prusse-Orientale, les empaumures des élans étaient les mieux développées d'Europe, les chasseurs ayant laissé se reproduire les animaux portant les plus beaux bois. Mais, en 1849, après une courte période de liberté de chasse on ne comptait plus que onze élans dans la région et, malgré les gros efforts faits pour sauver l'espèce, elle disparut totalement pendant la guerre de 1914. Depuis, les élans ont été réintroduits sur leurs anciens territoires. Aujourd'hui, les élans européens vivent en Europe du Nord, en Europe de l'Est, en Sibérie et en Mandchourie.

La vie de l'élan

Du feuillage et des plantes aquatiques

Si l'élan s'aventure parfois dans des zones cultivées pour y rechercher des épis d'avoine ou des betteraves, son véritable domaine est la forêt. C'est là qu'il trouve sa nourriture principale, le bois tendre et le feuillage.

Contrairement aux autres cervidés, l'élan a un petit cou. Ce handicap ne lui permet pas d'atteindre facilement la végétation qui se trouve au ras du sol. S'il veut paître, il lui faut écarter largement ses très longues pattes antérieures ou s'agenouiller sur ses poignets. Il recherche donc tout naturellement une nourriture qui lui est plus accessible, soit dans les arbres et dans les buissons, soit dans les marais et les lacs.

L'été est la saison la plus faste pour l'élan. Durant cette période, un élan adulte dévore entre 22 et 27 kg de feuillage par jour : ramilles, feuilles, jeunes pousses de sapins baumiers, de bouleaux, d'aulnes et d'érables de Virginie, au Canada, mais aussi plantes alpestres et aquatiques riches en sodium. Il n'hésite pas à chevaucher les arbustes, au risque de les casser, pour atteindre les pousses les plus tendres du sommet.

Un élan consacre entre dix et douze heures par jour à la recherche de nourriture, épuisant systématiquement le petit espace dans lequel il vit avant de se déplacer ailleurs. À la fin de l'été, il quitte les bords des lacs et des marais pour rejoindre les vallées où les saules poussent en abondance ou les régions riches en fourrage, afin de faire des réserves avant le rude hiver nordique.

Bien adapté aux conditions de son milieu naturel, l'élan est pourvu de larges sabots qui lui permettent de casser la glace ou de creuser dans la neige jusqu'à 40 cm de profondeur pour atteindre la végétation enfouie. La sortie de l'hiver est le moment le plus difficile et l'élan affamé doit alors se contenter des écorces des arbres.

Les besoins alimentaires des élans varient avec les saisons. Mâles et femelles font des réserves de graisse en été et en automne, quand la nourriture est abondante et de bonne qualité. Le poids de la femelle augmente en moyenne en été de 55 % et celui du mâle de 47 %. Pendant la période des amours, en automne, l'élan mâle, qui dépense pourtant beaucoup d'énergie, ne se nourrit guère pendant près de deux mois ; il puise alors dans les réserves qu'il a accumulées au cours de l'été. En hiver, l'élan perd jusqu'à 135 kg, soit près du quart de son poids. Au printemps, la femelle ne dispose que d'un mois et demi environ, avant la mise-bas. Elle doit donc reconstituer ses réserves aussitôt que possible, et se trouve en situation critique si l'hiver est tardif.

En 1970, Oldmeyer et son équipe ont observé que les habitudes et les préférences alimentaires de l'élan modifient la végétation naturelle. Ainsi, dans les forêts du sud de Terre-Neuve, les scientifiques Mercer et Manuel ont constaté en 1974 que les élans, par leur broutage intensif, avaient empêché la régénération des sapins baumiers et des bouleaux blancs depuis cinquante ans. Aujourd'hui, cette zone est presque entièrement boisée de sapins.

Feuillus et conifères

Feuillus et conifères



Selon une étude soviétique dans la réserve de Laponie en 1948, les saules et les genévriers représentent la presque totalité de l'alimentation des élans en novembre, au début des chutes de neige. Mais, lorsque la couverture neigeuse est épaisse, en février-mars, ils ne représentent plus qu'environ 50 % et, en avril-mai, au début de la fonte des neiges, ce sont les pins et les bouleaux qui sont le plus consommés.

Solitaire, ou en petits groupes toujours en marche

L'élan est par nature un solitaire. On estime que 50 % des animaux vivent seuls, et que, parmi les 25 % d'élans vivant par deux la grande majorité sont des femelles accompagnées d'un petit. Seulement un quart environ des élans formeraient des groupes de trois animaux ou plus.

Mais ces cervidés très peu sociables se regroupent, parfois pendant les migrations de printemps, à la saison du rut pour les mâles, et lors de leur maternité pour les femelles. Pourtant les plus grandes concentrations d'élans ont lieu surtout en hiver lorsque l'épaisseur de neige dépasse 70 cm et que les animaux sont contraints à de plus amples déplacements à la recherche d'une nourriture difficile à trouver. Toutefois, même à l'occasion de ces rassemblements, les élans restent très indépendants.

L'espace vital de ces animaux est en général de 5 à 10 km2. Mais, quelle que soit la saison, les élans ne délimitent pas le territoire qu'ils défendent. Ils passent une grande partie de la journée à chercher leur nourriture (ils sont très actifs à l'aube et au crépuscule, et l'été plus que l'hiver) ; il épuisent rapidement les ressources de leur territoire et sont obligés de migrer d'une région à l'autre.

De perpétuels déplacements

Chaque année, les élans passent de leurs zones d'été (au nord et au nord-est) à celles d'hiver (au sud et au sud-ouest). Les distances qu'ils parcourent sont très variables, entre 2 et 200 km, mais parfois beaucoup plus.

Ils sont aussi capables de traverser à la nage de larges bras de mer : on a aperçu des élans nageant entre la Suède et les îles Åland, distantes de plusieurs kilomètres du rivage.

Ils peuvent nager sans effort sur une vingtaine de kilomètres. De tous les cervidés, seul le renne (ou caribou) est meilleur nageur que lui. Même les faons âgés d'à peine 3 mois arrivent à suivre leur mère sur de très longues distances. Pour prendre quelques instants de repos, ils appuient leur tête sur le dos maternel et se laissent porter.

L'élan a besoin d'eau et en été il ne peut se passer du voisinage des lacs et des marais car il supporte difficilement une température dépassant 10 degrés. Or, pendant les deux mois d'été du Grand Nord, la température atteint facilement 20 degrés. Il plonge alors dans l'eau, pour se rafraîchir et pour ralentir son rythme cardiaque, mais aussi pour se débarrasser des tiques et autres parasites qu'il abrite dans son pelage. Ces bains lui permettent également d'éviter, pour quelques instants, les piqûres des nuées de moustiques qui le suivent et l'agressent en permanence.

Une parade amoureuse bien orchestrée

À la saison des amours, les élans se retrouvent parfois à une trentaine, en septembre et en octobre, pour organiser la grande parade amoureuse qui permettra la formation des couples. Les mâles lancent un brame puissant et gonflent leur cou et leurs épaules pour paraître encore plus imposants. C'est le moment de l'année où ils sont le plus forts ; ils pèsent jusqu'à 700 kg. Principal atout pour la séduction, leurs bois sont alors d'une belle teinte brune patinée. Les mâles vont et viennent devant la femelle pour la séduire et se livrent à des combats acharnés à coups de bois.

Les femelles sont alors très agressives entre elles et aussi bruyantes que ce mâle. Elles font entendre une mélopée nasillarde (audible à 3 km) pour inviter le mâle à les rejoindre. La plupart des élans sont monogames pour la saison. Une fois le partenaire choisi, le couple ne se forme que si l'élu accepte la présence autour de la femelle des petits de la portée précédente.

Une période de rut très courte

Comme chez tous les cervidés, les élans mâles ne peuvent s'accoupler que pendant les deux mois du rut. De même, les chaleurs (œstrus) de la femelle sont limitées à ces deux mois.

Toutefois, si la femelle n'a pas été fécondée au début de la période de reproduction, elle peut l'être lors d'un œstrus tardif, le cycle œstral se renouvelant tous les 20 à 30 jours. Ce phénomène est lié principalement au rassemblement tardif des élans au début de la saison des amours. Ce retard s'explique soit parce qu'un nombre insuffisant de mâles a rejoint les femelles, soit parce que les femelles qui sont encore accompagnées par leur progéniture ont tendance à éviter les groupes trop nombreux. L'autre cause importante est la faible fécondité des jeunes femelles qui s'accouplent pour la première fois. La gestation durant entre 226 et 264 jours si la fécondation est tardive, les femelles mettront bas à la fin de l'été ou à l'automne de l'année suivante, à l'arrivée des grands froids. Les faons nés à cette époque seront alors petits car ils n'auront pu se développer suffisamment avant l'arrivée de l'hiver. Le scientifique Markgren a constaté, en 1969, que, s'il y avait peu de naissances tardives en Amérique du Nord, elles étaient assez fréquentes en Suède. Après la saison des amours, 50 % seulement des femelles sont gravides.

Les faons grandissent très vite

Pour mettre bas, les femelles s'isolent dans les bois ou les herbes. Les jeunes femelles donnent naissance à un seul faon. Ce n'est qu'après 3 ou 4 ans qu'elles pourront en avoir deux ou, plus rarement, trois. Un quart des femelles âgées de cinq ans au moins ont des jumeaux, quelques-unes ont des triplés. La gestation dure de 226 à 264 jours. Les faons naissent entre avril et début juin, le plus souvent à la mi-mai. Le poids des nouveau-nés varie entre 11 et 16 kg s'ils sont uniques, pour les jumeaux le poids moyen est de 6 kg. Ils mesurent de 70 à 90 cm au garrot. Ils sont brun-rouge uni, contrairement aux autres petits cervidés qui sont tachetés. Leur mère les dissimule pendant un jour ou deux dans un fourré ou un îlot pour les protéger des prédateurs, car la couleur de leur pelage ne leur permet pas de se confondre avec les herbes et ils n'ont pas encore la force de la suivre.

Vingt minutes après leur naissance, ils peuvent se mettre debout. Deux jours plus tard, ils prennent de l'assurance et courent déjà vite. Leur cri, faible grognement les premiers jours, devient un meuglement strident. Pendant les quelque 5 mois que dure l'allaitement (5 ou 6 tétées par jour), ils apprennent peu à peu à se nourrir seuls. Au début, ils tètent maladroitement et laissent échapper un peu de lait (un demi-litre de lait peut couler d'une mamelle en moins de trente secondes).

Dès leur premier automne, deux petites bosses de un centimètre à peine commencent à pousser sur la tête des jeunes élans mâles. D'abord de simples dagues, d'année en année, les bois se développent en fourches pour devenir, au printemps, des andouillers de six à dix cors entre lesquels les empaumures se forment.

Des petits très protégés par leur mère

Les petits de l'élan se développent plus rapidement que ceux des autres grands mammifères ; sans doute parce qu'ils n'ont que cinq mois lorsque débute l'hiver nordique. Ils grossissent de près de un kilo par jour le premier mois et d'environ deux kilos et demi pendant l'été.

À un an, ils mesurent déjà 1,50 m au garrot. Les petits suivent leur mère pendant toute leur première année et sont généralement chassés au moment de la naissance de la portée suivante. Mais il arrive qu'ils reviennent ensuite se joindre à la famille nouvelle pendant un an encore, jusqu'à l'âge adulte. Les deux sexes atteignent la maturité sexuelle vers l'âge de deux ans, la période de plus grande fécondité se situant entre 4 et 12 ans.

Tant que la mère a auprès d'elle son petit, elle se tient à l'écart de toute vie sociale. De nature très protectrice, elle peut faire preuve d'agressivité et parfois même être féroce lorsqu'elle sent un danger, se laissant difficilement approcher. Elle lèche régulièrement ses petits pour atténuer leur odeur corporelle qui permettrait aux prédateurs de les repérer. Lorsque ceux-ci réussissent à s'approcher, elle n'hésite pas à charger pour les forcer à s'éloigner. Elle est encore davantage sur ses gardes en hiver, car les attaques se font alors plus fréquentes. Des observations ont montré que le taux de mortalité des jeunes élans était très élevé, de 50 à 60 %. Si la mère meurt, la portée est condamnée, car les petits élans ne peuvent être élevés que par leur propre mère.

Pour tout savoir sur l'élan

Élan (Alces alces)

L'élan, ou orignal, est le plus grand et le plus nordique des cervidés. Haut sur pattes, il mesure entre 2,40 m et 3,10 m, de la tête à la queue, et domine les plus grands chevaux de selle. Son poids moyen est de 500 kg environ. Les femelles pèsent généralement 25 % de moins que les mâles.

Entre avril et novembre, les mâles portent une superbe ramure pleine. En juillet et en août, ils frottent leurs bois contre les arbres pour faire tomber la peau veloutée qui en assure l'irrigation et la croissance. Les bois prennent alors une belle teinte patinée. Cette parure tombe à la fin du rut.

L'élan a de petits yeux. Ses oreilles, longues, ressemblent à celles de la mule, son mufle est large, sa lèvre supérieure saillante et extrêmement mobile et sa partie nasale très allongée. Il a 32 dents. Son odorat et son ouïe sont très développés. De nombreux élans portent une sorte de barbe, la « cloche ». Cette excroissance, vue de profil, ressemble à une barbe de bouc. Une encolure courte d'où tombe une lourde « crinière », des flancs plats et une croupe basse et plutôt mince, avec une queue courte (entre 5 et 10 cm) très fournie, donnent à l'élan une allure pataude. Comme tous les mammifères ruminants, l'élan a un estomac très complexe, qui comporte quatre compartiments (la panse, le bonnet, le feuillet et la caillette) pour permettre aux aliments de fermenter et d'être remâchés.

L'élan est très bien adapté aux terrains rudes et accidentés. Ses pattes longues lui permettent d'enjamber aisément les arbres tombés à terre ou de franchir des bancs de neige qui feraient reculer un chevreuil ou un loup. Ses deux larges sabots mesurent plus de 18 cm jusqu'aux ergots placés à l'arrière du boulet et sont bien adaptés aux sols mous des zones marécageuses. Quant il court, sa vitesse peut atteindre 60 km/h. Après la mue du printemps, son pelage, long et lisse en été, devient ondulé et plus épais pour l'hiver, et une sous-couche laineuse aux poils clairsemés se développe.

Même si l'élan mâle est parfois agressif en période de rut, de même que la femelle quand elle défend ses petits, cet animal est certainement le plus calme des cervidés. C'est également l'un des plus aquatiques : il nage en remuant les pattes et traverse des fleuves profonds.

Les sous-espèces

L'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) distingue seulement  Alces americanus (en Alaska et au Canada, dans le nord de la Chine et en Mongolie) et l'espèce eurasiatique Alces alces, mais certains auteurs identifient plusieurs sous-espèces au sein de l'espèce unique Alces alces.

  Les quatre sous-espèces d'Amérique du Nord sont :

Alces alces americana, de l'Ontario au nord-est des États-Unis ;

Alces alces andersoni, Canada, de l'Ontario jusqu'à la Colombie-Britannique ;

Alces alces shirasi, dans les montagnes du Wyoming, de l'Idaho, du Montana et dans le sud-est de la Colombie-Britannique ;

Alces alces gigas, en Alaska, dans l'ouest du Yukon et dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

Les sous-espèces d'Eurasie sont :

Alces alces alces, ou élan d'Europe ; Norvège, Suède, Finlande, Estonie, Lettonie, Lituanie, Autriche, Pologne, Roumanie, République tchèque, Biélorussie, Russie, Ukraine ;

Alces alces pfizenmayeri vit dans l'est de la Sibérie ;

Alces alces caucaicus, ou élan du Caucase,  s'est éteinte au xixe siècle. Mais l'aire de répartition de l'élan dans cette région augmente aujourd'hui.

ÉLAN OU ORIGNAL

Nom :

Alces alces

Famille :

Cervidés

Ordre :

Artiodactyles

Classe :

Mammifères

Identification :

Pelage brun noirâtre ; épaules bossues ; longs bois ramifiés et palmés ; grandes oreilles ; museau pendant ; repli de peau sous la gorge ; haut sur pattes

Taille :

De 1,40 à 2 m (à l'épaule)

Poids :

De 270 à 700 kg

Répartition :

Nord de l'Europe, est de la Sibérie, Mongolie, Mandchourie, Alaska, Canada, Wyoming, nord-est des États-Unis ; introduits en Nouvelle-Zélande

Régime alimentaire :

Végétarien (bois tendre, plantes aquatiques...)

Structure sociale :

Solitaire ; se regroupe en période de rut et en hiver

Maturité sexuelle :

2-3 ans

Saison de reproduction :

Rut en septembre-octobre, naissance d'avril au début de juin

Durée de gestation :

De 7 à 9 mois (226-264 jours)

Nombre de jeunes par portée :

1 ou 2 (de 11 à 29 % des naissances), parfois 3

Poids à la naissance :

De 11 à 16 kg pour un, environ 6 kg pour les jumeaux

Longévité :

20 ans ou plus

Effectifs, tendance :

Plus de 2 millions (estimation) : environ 800 000 au Canada, 300 000 aux États-Unis, 500 000 en Europe (300 000 en Suède) 400 000-500 000 en Russie ; considéré comme gibier, il est menacé périodiquement et localement

 

Signes particuliers

Mâles et femelles

Comme chez pratiquement tous les cervidés, seul le mâle porte des bois, ce qui aide à le distinguer de la femelle entre avril et novembre. Inversement, il existe peu de différences entre les deux sexes le reste de l'année, et il est difficile de reconnaître les jeunes mâles. Toutefois, la femelle porte une touffe de poils blancs en région génitale et on peut remarquer en hiver le pédoncule de la base des bois, au-dessus de l'œil chez le mâle. Ce dernier est également de stature plus imposante.

Pattes

Chaque patte se termine par 4 doigts. Les 2 doigts externes sont petits et placés en arrière. Ce sont les ergots. Ils ne reposent pas sur le sol. Les 2 doigts du milieu portent chacun un sabot en corne, large et fendu.

Bois

L'élan mâle est pourvu d'une ramure pleine qui s'accroche peu aux branches. Cet animal forestier a une très belle parure frontale. Les grands bois, plantés court, s'épanouissent en larges empaumures qui comportent souvent plus de 40 cors (ou andouillers). Ils pèsent entre 20 et 35 kilos et ont une envergure de 1 m à 1,50 m et parfois de 2 m. Leurs deux branches s'étalent en larges palmes frangées de pointes d'environ 30 cm. Chaque année, l'élan refait ses bois. C'est à l'âge de 8 ans qu'il porte ses plus belles empaumures. Après 8 ans, l'élan « ravale » ses bois, ceux-ci devenant moins beaux avec l'âge.

Dentition

L'élan a 32 dents. Sur la mâchoire supérieure, les incisives et les canines sont remplacées par une gencive dure et insensible qui permet à l'élan de trancher avec les dents de la mandibule. En revanche, molaires et prémolaires de type broyeur sont importantes. La formule dentaire par demi-mâchoire est : I O/3, C O/1, PM 3/3, M 3/3

Milieu naturel et écologie

Lorsque la Terre était beaucoup plus boisée, l'élan habitait la totalité de la forêt boréale, et en Europe, sa répartition descendait beaucoup vers le sud : on rencontrait des élans en Alsace au xe siècle. Avec la disparition progressive des forêts sèches et inondées et la pression de la chasse, ses effectifs ont beaucoup diminué. On a alors tenté d'introduire des élans sur de nouveaux territoires ; de 1878 à 1904 à Terre-Neuve et de 1949 à 1958 près de Cordova, en Alaska, où de bons résultats ont été obtenus. Ce sont les deux seules expériences couronnées de succès. Aujourd'hui, la population de l'élan est généralement stable, surtout dans les parcs nationaux où les animaux sont en sécurité. En Amérique du Nord, l'effectif des élans augmente aussi, de l'Ontario à la Colombie-Britannique, sauf à Terre-Neuve où il baisse légèrement ; il est stable à l'ouest du Yukon, au nord-ouest de la Colombie-Britannique et dans une grande partie de l'Alaska, mais a tendance à diminuer dans les zones déjà peu peuplées comme le centre, l'est et le sud de l'Alaska.

En Europe, l'élan, mieux protégé, tend à reconquérir son ancienne aire, en tout cas jusqu'en Allemagne où certains individus en provenance de Pologne ont pu même être observés.

Sur le continent américain et en Eurasie, l'élan vit dans la toundra et essentiellement dans la taïga. Au Canada, il occupe aussi le muskeg (le mot désigne les régions dont la végétation, basse et clairsemée, forme une sorte de prolongement de la toundra au cœur de la forêt). L'immense forêt de conifères qui forme la taïga s'étend au nord de l'Eurasie depuis la Scandinavie à la mer d'Okhotsk et jusqu'en Mongolie. Mélèzes, épicéas et sapins de cette vaste forêt enneigée plusieurs mois par an ne cèdent la place aux bouleaux et aux trembles que dans les clairières, le long des cours d'eau. Des incendies ravagent périodiquement ces grandes masses forestières ; les premiers arbres à repousser sont le bouleau et le tremble, avides de lumière.

L'élan est le plus grand des mammifères vivant dans la taïga. Il partage cet habitat avec le cerf de l'Altaï, le chevrotain porte-musc, l'ours brun, de nombreux rongeurs tels que l'écureuil roux d'Eurasie ou le tamia de Sibérie, divers prédateurs comme la zibeline, la belette de Sibérie, le glouton, le lynx et le loup, et de nombreux rapaces. En dehors des ours et des loups, les autres carnivores comme les gloutons, les coyotes et les lynx ne menacent pas les élans. Leur prédation se limite à des rencontres de hasard et ne concerne que des élans affaiblis, malades, ou les jeunes faons isolés. En Alaska, dans les régions où l'élan se trouve à proximité des terres cultivées, les chiens domestiques s'attaquent fréquemment aux jeunes faons et, pendant l'hiver, peuvent même traquer des élans adultes jusqu'à l'épuisement.

Avec le castor, on peut presque parler de partage des tâches, car ce dernier, qui coupe les arbres pour la construction de ses barrages, stimule la croissance des jeunes pousses dont l'élan est friand. Mais l'élan doit disputer ses zones de pâturage à plusieurs autres espèces animales. En hiver, élans, caribous et wapitis paissent aux mêmes endroits, et ils s'aventurent même quelquefois dans les zones où vivent les troupeaux d'animaux domestiques. Avec certains petits herbivores comme le lièvre, la concurrence est minime, car, s'ils broutent les mêmes plantes, ils ne le font pas de façon semblable : l'élan mange la partie supérieure, celle qui est la plus accessible pour lui, et le lièvre celle qui est au ras du sol.

Les élans de l'île Royale

En 1904, un petit groupe d'élans s'est installé sur l'île Royale. Pour atteindre cette île sauvage, située au nord du lac Supérieur, à la frontière du Canada et des États-Unis, ils ont traversé à la nage ou en marchant sur la glace les 25 km qui la séparent du rivage. Ils se sont reproduits très rapidement, et furent bientôt plus de 3 000 à partager un espace trop petit pour tous. Cette surpopulation entraîna la dévastation de la forêt, principale végétation de l'île, et la nourriture vint à manquer. Affaiblis par la famine, les maladies et les parasites, de nombreux élans mouraient chaque année. Pour les biologistes et les conservateurs, l'unique solution pour éviter que les élans de l'île Royale ne disparaissent était la régulation du nombre de naissances, mais l'arrivée des loups, en 1950, a rétabli l'équilibre naturel car ceux-ci ont tué les élans excédentaires. De 1958 à 1968, deux biologistes américains, D.L. Allan et E.L. Mich, observèrent que les 16 ou 18 loups présents sur l'île maintenaient un effectif harmonieux en tuant les faons les plus faibles et les adultes âgés de plus de six ans.

Les 600 élans adultes rescapés des épidémies provoquées par leur surnombre ont ainsi donné naissance à 250 faons. En éliminant les sujets faibles ou malades, les loups ont assaini le troupeau d'élans ; au début des années 2000, le Parc national de l'île Royale abritait environ 900 élans, et cette population ne met plus en danger l'équilibre du milieu. Les chercheurs estiment en effet que, dans une région boisée, la population normale de l'élan est de un individu pour 1,6 km2 et qu'elle doit être de deux animaux sur une superficie identique si les prédateurs et les chasseurs y sont nombreux. Un taux plus important est néfaste aux populations d'élans qui dépérissent alors. On a vérifié ce processus dans le parc provincial de Wells Grey en Colombie-Britannique, lors des rassemblements d'hiver.

Parasites et prédateurs

C'est en hiver que le taux de mortalité est le plus élevé, car les élans sont affaiblis par la malnutrition et menacés par les maladies et les prédateurs. Les élans sont souvent sujets aux parasites. L'un d'eux, Parelaphostrongylus tenuis, un ver transmis par les escargots, est mortel, car il s'attaque au cerveau. La maladie neurologique qu'il provoque serait responsable de la diminution des populations d'élans dans les provinces de Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, au Canada, et aussi de celles du Maine, du Minnesota et du Sud-Est, aux États-Unis. D'autres parasites tels que l'hydatide (sorte de ver solitaire) et la tique (qui s'installe dans son pelage) peuvent provoquer des anémies. Des maladies comme la brucellose et l'anthrax sont transmises par les animaux domestiques. Affaiblis, les élans sont alors une proie facile pour le loup et pour l'ours.

Les loups attaquent l'adulte le plus souvent l'hiver, moment où il est faible. Ils le chassent en bande, dans la neige ou sur la glace, en le coursant. Ils lui déchirent les flancs et lui mordent la chair jusqu'à ce que la perte de son sang l'épuise. L'été, les loups n'attaquent que rarement un élan dans la force de l'âge ; s'il est en bonne santé, l'élan se défend soit en chargeant, soit en trouvant refuge dans l'eau, que craignent les loups.

 L'ours, noir ou ours brun d'Alaska (grizzli), est l'un des principaux ennemis de l'élan. Il s'attaque le plus souvent aux très jeunes faons qui sont une proie facile, mais il lui arrive de tuer des adultes. Un grizzli de 250 kg est suffisamment puissant pour pouvoir s'abattre sur un adulte malgré le poids et la taille nettement supérieurs de ce dernier, mais il n'est pas assez rapide pour poursuivre sa proie. Dans les zones où l'ours trouve une nourriture abondante, notamment en Alaska l'été, l'élan et l'ours vivent en harmonie. En revanche, lorsqu'il y a une trop forte concentration de grizzlis, comme dans le parc du Denali (Alaska), les jeunes élans sont décimés par les grizzlis.

L'élan et l'homme

Une difficile adaptation au monde moderne

L'élan et l'homme ont cohabité harmonieusement pendant des milliers d'années. Aujourd'hui, la chasse sportive, parfois excessive et mal contrôlée, menace l'élan alors que, pour les Esquimaux et les Indiens du Grand Nord, cette chasse, respectueuse des équilibres naturels, a longtemps été le principal moyen de subsistance.

Une chasse qui doit être réglementée

La chasse à l'élan est un exercice difficile et très sportif, qui se pratique en automne, époque où tombe en Arctique une pluie glaciale. Pour rejoindre les territoires des élans, animaux solitaires qui vivent dans des régions reculées et difficiles d'accès, les chasseurs doivent souvent utiliser plusieurs moyens de transport, avion, bateau, véhicule tout terrain.

Dans certaines régions du Grand Nord, comme le Canada, l'Alaska et la Scandinavie, la survie des Indiens et des Esquimaux dépend toujours de la chasse à l'élan qui apporte les protéines indispensables. Cette chasse traditionnelle a longtemps permis de maintenir les effectifs d'animaux à un niveau équilibré : les élans ne doivent pas trop proliférer pour ne pas mourir de faim. Mais, au cours des années cinquante et soixante, la chasse sportive et de loisir ainsi que le braconnage se sont développés de manière incontrôlée. Comme les élans étaient encore nombreux, les autorités ont laissé faire. Aujourd'hui, dans certaines régions d'Amérique du Nord, les populations d'élans sont décimées et les chasseurs sont plus nombreux que le gibier. Le danger de déséquilibre apparaît quand, les effectifs des élans ayant diminué au cours d'un hiver très rude, la pression de chasse reste constante. Les autorités tentent de faire appliquer les mesures de protection, de manière à gérer la chasse de façon rationnelle et durable.

Une victime de la technologie moderne

Tout comme pour beaucoup d'autres espèces animales sauvages, la cohabitation de l'élan avec l'homme, dans le monde moderne, est souvent pleine de pièges imprévus et inconnus. Lorsque les chutes de neige sont très abondantes, les élans utilisent les voies ferrées dégagées pour se déplacer, ce qui leur facilite la traversée des grandes étendues recouvertes par plusieurs centimètres de neige. En Alaska, pendant l'hiver 1984-85, 384 élans ont ainsi été fauchés par des trains. À l'aéroport d'Anchorage, en Alaska, des barrières ont dû être érigées autour des pistes d'atterrissage pour empêcher les élans, inconscients du danger, de s'y aventurer. La même ville projette la construction d'un passage souterrain pour permettre aux élans, qui viennent jusqu'aux abords des zones urbaines, d'éviter la dangereuse traversée de l'autoroute qui se trouve à proximité de la ville.

De nombreux projets industriels tels que les constructions hydroélectriques, les barrages ou les exploitations des richesses minières et forestières menacent le milieu naturel de l'élan.

La protection de la faune et de son milieu de vie est, malgré tout, de mieux en mieux prise en compte lors de l'élaboration des grands projets d'aménagement qui risquent de menacer les équilibres naturels, et les autorités ainsi que les populations locales ont de plus en plus conscience de la nécessité d'adapter les activités humaines à l'environnement naturel.

L'élan domestique : un nouveau cheval

Les élans s'apprivoisant très facilement, on pourrait imaginer qu'un jour, dans la taïga sibérienne, les élans remplacent les chevaux. D'un caractère très calme, contrairement à ceux-ci, les élans s'adaptent très bien aux bruits de la ferme, à celui du moteur de tracteur par exemple. Leur entretien quotidien est particulièrement économique car il n'est pas nécessaire de leur constituer pour l'hiver des provisions de fourrage étant donné qu'ils se nourrissent seuls, ni de leur préparer une litière dans une étable puisqu'ils se couchent habituellement dans la neige.

Ils s'habituent aussi très bien à vivre dans une maison, se promènent librement dans les pièces et montent même les escaliers. Certains animaux apprivoisés qui partagent la vie de leur maître sont à l'origine de nombreuses anecdotes. En Livonie, par exemple, l'inspecteur des forêts Harry Walter avait apprivoisé un élan mâle nommé Tschuk ; celui-ci, avec une adresse incroyable, entrait et sortait de la maison en sautant par la fenêtre. Pour ruminer, il se couchait dans le salon. Dans les bois, il suivait partout son maître, comme un chien. Il se laissait monter, mais ne supportait pas d'être sellé. Cet animal docile n'avait qu'un défaut : il aimait tellement les champignons qu'il attaquait tous les promeneurs pour vider leurs paniers ! En Finlande, un biologiste, le Dr Peter Krott entreprit d'exhiber deux jeunes élans nommés Pussi et Magnus, élevés par lui. Ni la foule réunie pour venir les voir, ni les voitures et les autobus ne parvinrent à les troubler : ils suivirent docilement leur maître.

Une espèce qui s'apprivoise facilement

Dans des cavernes de Sibérie, des dessins préhistoriques montrent des élans tenus par des hommes ou tirant des traîneaux. Ces animaux ont été ensuite remplacés par des chevaux et des rennes. Pourtant, cet animal docile s'apprivoise facilement et ne devient pas méchant une fois adulte, contrairement au chevreuil ou au cerf. Diverses expériences l'ont montré. En 1938, dans la ferme expérimentale de Serpchowsk, près de Moscou, des tentatives de domestication avaient déjà été faites avec treize élans. Puis cette ferme, détruite pendant l'occupation allemande, a été reconstruite après la guerre. Pour repeupler cet élevage, de jeunes élans de 2 ou 3 jours ont été capturés. Nourris au lait de vache sans aucun rejet de leur part, ils sont devenus très dociles et attachés à l'homme. À 2 ou 3 mois, on peut leur passer une longe autour du cou pour les habituer à être tenus en laisse. Un jeune faon attaché suit facilement son éleveur comme il suivrait sa mère naturelle, mais se montre moins docile lorsqu'il n'a pas d'homme pour le guider. À 6 mois, les élans, qui pèsent environ 130 kg, peuvent apprendre à porter des fardeaux et à tirer des traîneaux chargés. L'apprentissage se fait sans problème, le plus difficile étant, comme pour les poulains, de séparer les jeunes élans du reste du troupeau. Dès la deuxième année, on peut mettre sur les traîneaux des charges allant jusqu'à 100 kilos, que les élans tirent sur une distance de 8 à 10 km, à 8 km/h. L'apprentissage est terminé à 3 ans ; ils sont capables de transporter plusieurs centaines de kilos à 15 km/h et acceptent d'être montés. Les élans adultes portent sur leur dos jusqu'à 200 kg, soit un tiers de leur propre poids.

Dans les années 1960, en Finlande, le docteur Peter Krott, fit d'autres expériences avec deux jeunes élans qu'il avait apprivoisés. Il fut étonné de constater que les deux élans, déjà presque adultes, se laissaient harnacher et brider avec moins de difficulté qu'un jeune cheval. Des harnais avaient été spécialement conçus pour ces jeunes élans avec un mors en caoutchouc (un mors de fer aurait été trop froid en hiver), qu'ils pouvaient mâcher sans peine. Sans se soucier du traîneau vide qu'ils tiraient derrière eux, ils se promenaient à travers le pays, enjambaient des ruisseaux de deux mètres de large, sautaient des clôtures d'un mètre de haut. Mais l'élan est d'un naturel indiscipliné. Toutes les vingt minutes, les élans du docteur Krott s'arrêtaient pour brouter les buissons et, au bout d'une demi-heure, ils se couchaient carrément au milieu du chemin pour se reposer. Ils refusaient d'obéir aux ordres et ne se laissaient pas diriger par le mors, puisque leur bouche dure n'était pas assez sensible. En revanche, dès que leur maître passait devant pour les guider, ils le suivaient sans problème. Les expériences du docteur Krott ont apporté d'intéressantes observations sur le comportement des élans en captivité. On sait, par exemple, que le petit élan mâle élevé au biberon se laisse apprivoiser facilement sans devenir méchant et dangereux comme d'autres espèces. On a vu d'autres cas de domestication dans les pays Baltes, en Suède et en Russie. Pourtant, malgré plusieurs expériences réussies, l'élan, si docile, si confiant, si fort, n'est toujours pas un animal domestique, contrairement au renne.

Une longue vie commune

Pour les Indiens du Grand Nord et les Esquimaux de l'Arctique, la chasse à l'élan, comme celle du morse, est une chasse de subsistance. Ils utilisent toutes les parties de l'animal, soit pour se nourrir, soit pour confectionner des vêtements et des mocassins.

La viande est une source importante de protéines pour ces populations qui ont une alimentation presque exclusivement carnée, puisque fruits et légumes sont rares en dehors de l'été.

La peau de l'élan est également récupérée et traitée. Les Indiens, après l'avoir fumée, l'utilisent pour fabriquer les toits des tipis, des couvertures, des mocassins, des gants et des vestes. Selon le bois utilisé et la durée du fumage, la peau sera jaune ou marron. En général, les peaux les plus claires servent pour les vêtements, car elles sont plus souples, et les plus foncées pour les mocassins, car elles sont imperméables.

Tout dépend du bois utilisé pour le fumage et de la durée de celui-ci. Il faut environ trois ou quatre heures pour fumer une peau entière ; et celle-ci doit être soigneusement cousue pendant toute l'opération. Le mieux est d'utiliser du bois pourri qui donne beaucoup de fumée et peu de flammes, ce qui évite de brûler la peau.

Les vieilles Indiennes se servent aussi du ligament cervicodorsal de l'élan, qui se trouve près de la colonne vertébrale, pour faire du fil. Une fois détaché de l'os, il doit sécher sur une surface plane. Lorsqu'il est sec, elles le mâchonnent pour l'assouplir avant de coudre. Aujourd'hui encore, il arrive que certaines Indiennes utilisent le tendon artisanal pour fabriquer les objets sacrés.