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pronghorn

Pronghorns
Pronghorns

Seule antilope du Nouveau Monde, le pronghorn est le dernier représentant d'une famille propre à l'Amérique, florissante à la fin de l'ère tertiaire et au début de l'ère quaternaire. Son évolution, parallèle à celle des antilopes de l'Ancien Monde, a donné, au cours des temps, des animaux uniques, sans équivalent ailleurs.

Introduction

Pronghorn signifie littéralement « corne en crochet ». L'appellation d'antilocapre, parfois employée, est l'adaptation en français du nom scientifique de l'espèce, Antilocapra americana, car ce terme n'a pas d'équivalent en français.

La place du pronghorn dans le règne animal a été l'objet de discussion entre spécialistes : certains le rattachaient à la famille des bovidés, aux côtés de toutes les antilopes africaines et asiatiques, d'autres le rapprochaient des cervidés, mais, aujourd'hui, il est classé dans la famille distincte des antilocapridés.

L'histoire géologique des antilocapridés, longue et riche, débute il y a 20 millions d'années environ, en Amérique du Nord. Depuis, plusieurs dizaines d'espèces se sont succédé, conservant la particularité de posséder des ornements céphaliques sans équivalent chez les antilopes. Le genre le plus ancien, Merycodus, devait ressembler aux antilopes africaines actuelles. Merycodus semble être à l'origine de deux sous-familles : les mérycodontinés, qui comprenaient cinq genres, tous éteints ; les antilocaprinés, qui comptaient 16 genres connus, dont 15 fossiles. De nos jours, Antilocapra est l'unique représentant de sa famille.

Il y a quelque 10 millions d'années apparut Antilocapra. À la même époque, Ramoceros portait des cornes disposées en éventail sur le crâne, et Paracosoryx possédait de longues cornes verticales, terminées par une petite fourche. À la fin du miocène, les cornes de Osbornoceros ressemblaient à celles des antilopes africaines, et celles de Ilingoceros étaient très hautes et verticales, comme spiralées, avec une petite fourche sommitale. Quant à Hexameryx, il portait trois paires de cornes.

Il y a 1,5 million d'années, au début du pléistocène, la famille connut une brusque explosion de formes, notamment Antilocapra americana, l'espèce actuelle, Hayoceros, avec ses deux paires de cornes, les antérieures élargies et les postérieures effilées et pointues, ou Capromeryx qui survécut jusqu'à 10 000 ans avant notre ère.

L'histoire récente du pronghorn est un exemple type d'extermination quasi totale d'une espèce dont les représentants se comptaient par millions. Les petits troupeaux d'aujourd'hui n'ont rien de comparable aux multitudes du xviiie siècle. Heureusement, l'avenir de l'espèce semble assuré.

La vie du pronghorn

Des troupeaux qui varient selon les saisons

Habitants typiques des larges espaces nord-américains couverts d'herbe, les pronghorns se rassemblent en grands troupeaux l'hiver et se dispersent à la belle saison. À la période de la reproduction, les sexes sont nettement séparés.

Ces variations saisonnières expliquent les différences observées dans les territoires et concernent la densité des animaux. En moyenne, le domaine vital d'un troupeau est compris entre 440 et 1 200 ha, mais les situations locales sont très diverses : on compte huit animaux pour 48,6 ha dans les régions arides du Wyoming, tandis que les troupeaux occupent entre 165 et 2 300 ha, en hiver, dans le Montana. En été, un pronghorn peut circuler sur une surface de 260 à 520 ha, très inférieure au domaine vital de 800 à 16 000 ha qu'occupe l'ensemble du troupeau. Ce territoire est exploité par quartiers : les animaux se concentrent sur un secteur pendant quelques jours, puis se déplacent lorsque les ressources s'épuisent localement.

De juillet à octobre, et parfois dès le mois de mars, à la sortie de la mauvaise saison, les troupeaux se dispersent et les mâles en âge de se reproduire s'installent sur de petits territoires, souvent les mêmes d'une année sur l'autre. Parfois adjacents, parfois distants les uns des autres de plusieurs centaines de mètres, ces territoires, de 23 à 434 ha, comportent en général un point d'eau. Chaque propriétaire dépose urine, crottes ou sécrétions de ses glandes cutanées sur les obstacles naturels, talus, berges des ruisseaux, haies, qui en constituent les limites.

À la moindre intrusion d'un autre pronghorn sur son domaine, l'animal fait face, mesurant l'arrivant du regard, avant de crier et de le poursuivre. Si, malgré ces manœuvres d'intimidation, l'intrus ne s'éloigne pas, les deux animaux se battent, choquant leurs cornes en des affrontements ritualisés. Les mâles trop vieux doivent souvent abandonner leur territoire au vainqueur.

Les mâles territoriaux cherchent à attirer les troupes de femelles sur leur domaine. Les accouplements durent tant que les femelles restent sur le territoire du mâle. De tels groupes, constitués du mâle, des femelles et de leurs jeunes, comptent en moyenne 23 animaux.

À cette saison, les mâles déchus rejoignent les mâles de moins de trois ans, trop jeunes pour espérer conquérir un emplacement. Ces groupes de célibataires évoluent sur un domaine vital qui leur est propre, et dont la taille varie entre 500 et 1 300 ha.

Ces groupes sont écartés de la reproduction et les femelles semblent les éviter : 95 % des accouplements sont le fait des mâles territoriaux. On a noté que, dans chaque classe d'âge, la moitié des mâles ne se reproduisent pas du tout. Il semblerait même que un ou deux mâles territoriaux seulement effectuent de 30 à 40 % des accouplements. Lorsqu'il est au maximum de sa forme, un mâle adulte peut détenir son territoire quatre à cinq années consécutives et engendrer de 15 à 30 % des faons du troupeau.

Des jumeaux presque à chaque naissance

La saison du rut dure environ trois semaines et débute à la fin de juillet dans le sud, à la mi-septembre plus au nord. Les femelles ne sont fécondes qu'à ce moment, tandis que les mâles semblent l'être plus longtemps, probablement toute l'année. Les femelles se reproduisent pour la première fois à l'âge de seize mois. L'espèce est donc précoce et il arrive même que des jeunes femelles se reproduisent l'année même de leur naissance.

Lors de l'accouplement, de quatre à sept ovules peuvent être fécondés. Pourtant, les femelles ne mettent au monde que deux vrais jumeaux (un seul individu lors de la première mise-bas). On a observé que les ovules fécondés dans la partie supérieure des cornes de l'utérus percent, en se développant, les membranes des embryons situés en dessous, éliminant ceux-ci.

La gestation dure 252 jours. Les naissances ont lieu en mai ou juin lorsque le rut s'est déroulé en septembre. La femelle s'isole du troupeau pour mettre bas.

De même sexe, ils pèsent entre 2 et 4 kg chacun et sont recouverts d'un magnifique pelage gris soyeux, légèrement ondulé. À deux ou trois jours, ils sont déjà capables de courir aussi vite qu'un cheval. Mais, trois semaines durant, ils resteront cachés dans la végétation, où leur immobilité, leur couleur neutre et leur absence d'odeur, grâce, entre autres, aux léchages répétés de la femelle, les font passer inaperçus.

Au cours de cette période très sensible, les jeunes sont allaités toutes les deux ou trois heures par leur mère. Le lait, concentré et très énergétique, leur permet une croissance très rapide.

L'apprentissage des relations sociales

Les relations des jeunes avec leur mère sont simples, mais fondamentales pour le devenir des faons. À trois semaines, lorsque les faons courent déjà vite et qu'ils commencent à mâcher de l'herbe, leur mère les conduit au sein du troupeau ; les contacts se limitent alors aux tétées. Dès juillet, selon le chercheur californien David Kitchen, 40 % des approches des jeunes sont repoussées par la mère. Le reste du temps, ils vivent avec les faons de leur âge dans des crèches où ils font l'apprentissage des contacts sociaux. David Kitchen a montré, dans les années 1970, que les trois mâles dominants de l'une de ces crèches avaient, une fois adultes, effectué 42 % des accouplements de leur troupeau. Le sevrage accompli, vers septembre pour les faons mâles, ceux-ci n'ont plus de contacts avec leur mère. Au contraire, les petites femelles, qui ne sont sevrées que vers novembre, restent au sein du groupe qui les a vues naître.

Des odeurs pour communiquer

Des odeurs pour communiquer



L'odorat joue un grand rôle dans les relations sociales, et les pronghorns possèdent de nombreuses glandes cutanées : une entre les sabots des quatre pattes et deux sur la croupe ; les mâles en ont deux autres sous les oreilles et une au bas du dos. À la naissance, le faon dégage très peu d'odeur. De plus, la mère avale les déchets de ses petits. Ainsi, il ne subsiste pas de source d'odeur susceptible de trahir la présence des jeunes.

Cueillir et brouter jour et nuit

Le pronghorn est un ruminant, mais ses capacités physiques lui imposent de choisir ses aliments avec soin. Ses réserves de graisse réduites, son estomac petit et son cœur développé nécessitent une alimentation énergétique, à base de végétaux riches, capables d'assurer son équilibre physiologique en toutes saisons. La densité des pronghorns dépend de la richesse alimentaire de la prairie, et les disponibilités locales engendrent des contraintes saisonnières sur les animaux. Dans les plaines que les antilocapres fréquentent, les graminées et les herbes côtoient les buissons, parfois même de petits arbres. De fait, les pronghorns cueillent autant qu'ils broutent, surtout des plantes riches en eau ; il semblerait d'ailleurs que cette importante teneur en eau conditionne le succès reproducteur de l'espèce.

En hiver, les pronghorns grattent la neige pour découvrir la végétation, mais un manteau neigeux de 20 à 30 cm d'épaisseur peut constituer un obstacle sérieux. Les buissons, encore accessibles, deviennent alors une ressource importante. À cette époque, les animaux se mettent à fréquenter les cultures et apprécient surtout le blé et la luzerne.

Dans les régions arides, ils savent décortiquer les cactus pour s'en nourrir.

Des déplacements continuels

Actifs de nuit comme de jour, les animaux alternent la recherche d'aliments avec les moments de repos, pendant lesquels ils ruminent. Pour se nourrir, ils effectuent des déplacements quotidiens, de 0,1 à 0,8 km en été et de 3,2 à 9,7 km en hiver, lorsque la nourriture moins abondante les oblige à des recherches prolongées.

Les troupeaux se déplacent du site d'été au site d'hiver, plus ou moins éloignés l'un de l'autre selon les régions. Ces déplacements saisonniers peuvent atteindre 160 km, mais sont en général moins étendus. Ainsi, dans le Montana, des distances de 1 à 2 km seulement entre les deux sites ont été notées, les pronghorns se contentant de rechercher les lieux abrités des vents dominants, où la végétation encore haute n'est pas trop recouverte de neige.

Les études du chercheur R.L. Hoskinson sur les troupeaux de pronghorns de l'Idaho lui ont permis de mettre en évidence le lien qui existe entre ces mouvements migratoires et la teneur en eau des aliments : les troupeaux gagnent leurs quartiers d'été au fur et à mesure de la croissance des végétaux succulents, et font le chemin inverse en hiver, sans tenir compte, semble-t-il, des conditions météorologiques.

Le meilleur coureur d'Amérique

Le pronghorn est le mammifère le plus rapide du continent américain. Il s'élance, museau pointé vers le sol pour les mâles ou vers l'avant pour les femelles, mais toujours la bouche largement ouverte pour faciliter la respiration et aérer ses poumons le plus efficacement possible, et peut courir ainsi, à 48 km/h, pendant 5 ou 6 km sans se fatiguer. Sur de plus courtes distances, il atteint sans difficulté entre 64 et 72 km/h et pousse parfois des pointes à 86,5 km/h. À de telles vitesses, les animaux bondissent plus qu'ils ne courent, effectuant des sauts de 3,50 m à 6 m de long, à condition que le sol soit suffisamment ferme.

Des chercheurs ont même enregistré en nature l'exploit d'un pronghorn qui avait maintenu une vitesse moyenne de 65 km/h pendant 10 minutes pour courir 11 km. Cette endurance est inégalée dans le règne animal. Seul le guépard de l'Ancien Monde est capable de courir à des vitesses supérieures, et uniquement sur quelques centaines de mètres.

Des fonctions respiratoires très performantes

Pour mieux comprendre comment les pronghorns pouvaient courir plus vite que le cheval ou le lévrier et déterminer si ces animaux avaient des organes ou des fonctions spéciales susceptibles d'expliquer leurs facultés, une équipe de scientifiques de l'université du Wyoming a recueilli deux faons orphelins de 32 kg, découverts par le Service de la faune et de la pêche de cet État, et les ont habitués à courir sur un tapis roulant en portant un masque. Le but de cette expérience était de mesurer précisément le volume des échanges respiratoires et la composition de l'oxygène de leur sang pendant la course.

Les résultats ont été particulièrement surprenants, car, s'il a été constaté que toutes les étapes du transport de l'oxygène dans le sang sont les mêmes que chez tous les mammifères, en revanche, la très grande quantité d'oxygène transportée et consommée permet une élimination rapide du gaz carbonique et des autres déchets ; l'importance du flux d'oxygène repousse donc le seuil de fatigue et d'asphyxie tissulaire chez le pronghorn.

Pour tout savoir sur le pronghorn

Pronghorn (Antilocapra americana)

La silhouette élégante du pronghorn, ou antilocapre, est rehaussée par la coloration de son pelage : le dos et la nuque sont brun-roux ou tan, le ventre blanc ou blanchâtre, avec la croupe blanche et deux croissants blancs sur le cou. Le museau du mâle est foncé, presque noir, la tête s'orne d'une tache sombre, de chaque côté, en arrière des joues.

L'animal peut orienter à volonté les poils de son corps grâce à de nombreux muscles peauciers, dont le rôle est de gonfler le pelage, qui est composé d'un sous-poil laineux et de poils de garde assez longs et plutôt raides. En été, il « ouvre » sa robe pour rafraîchir la peau, et la resserre en hiver. Sur la croupe, la tache blanche est un signal d'inquiétude ; lorsque l'animal est aux aguets, il en augmente le volume.

Comme les bovidés dont elle est un proche parent, l'antilocapre possède deux cornes, formées d'un cornillon osseux recouvert d'un étui corné périphérique. La taille de celles-ci dépasse rarement 12 cm chez la femelle mais atteint 25 cm chez le mâle. Cependant, la comparaison avec les bovidés s'arrête là. Car, non seulement les cornes de l'antilocapre sont fourchues, mais elles tombent chaque année, comme les bois des cervidés, en automne après le rut, et ce chez les deux sexes. L'étui corné cesse de croître en août et, dès le mois d'octobre, l'étui de l'année suivante commence à pousser sous le précédent, qui ne tombera qu'en novembre.

Le pronghorn possède une ouïe, une vision et un odorat assez aiguisés pour détecter l'arrivéed'un prédateur. Il est d'ailleurs très difficile d'approcher un pronghorn sans être aussitôt remarqué, car l'animal est très sensible au moindre mouvement. En revanche, il perçoit difficilement les objets immobiles. L'odorat joue également un rôle non négligeable dans les relations sociales.

Les organes internes du pronghorn sont typiques d'un animal adapté à la course. Le cœur et les poumons sont ceux d'un sportif et sont bien développés, comme le foie et les reins. À l'inverse, le volume de l'estomac est moitié moindre de celui de l'estomac d'un mouton de taille comparable. La petite taille de cet organe oblige l'animal à consommer des aliments énergétiques et rapidement assimilables. Le foie peut stocker des quantités importantes de glycogène, facilement transformable en glucose, source d'énergie, en cas d'effort.

Sa grande taille est un signe de bonne adaptation à la digestion de certaines plantes de la prairie, riches en sélénium, en alcaloïdes et en huiles essentielles, que le pronghorn peut ainsi détoxiquer et consommer sans inconvénient. Les reins ont certainement un rôle comparable. De plus, ils recyclent efficacement l'eau du corps, fonction essentielle chez un animal qui vit dans des régions particulièrement arides.

Les pattes fines sont celles d'un coureur. Elles ne possèdent que deux doigts, les doigts III et IV ; les onglons, que bovidés et cervidés présentent à l'arrière des doigts, sont absents chez l'antilocapre. La face inférieure des sabots est formée d'un coussinet cartilagineux. Pendant la course, la plus grande partie du poids de l'animal est porté par les pattes antérieures.

Cinq sous-espèces

La plupart des pronghorns appartiennent à la sous-espèce typique, Antilocapra americana americana.

Le pronghorn de l'Oregon, A. a. oregona, présente de grandes variations de forme et de couleur.

Au Mexique, autrefois répandue jusque dans le centre du pays, la population de pronghorns (« berrendos » en espagnol) ne comprend plus que 1 200 individus environ. Elle est désormais confinée dans quelques poches isolées : en Basse Californie du Sud (A. a. peninsularis : moins de 250 animaux) ; dans le désert de Sonora (A. a. sonoriensis : 300 à 500 individus dans l'État de Sonora et moins de 300 animaux aux États-Unis) ; dans les États de  Chihuahua et de Coahuila (A. a. mexicana : environ 500 individus). Ces trois sous-espèces sont en danger d'extinction et protégées. Seules ces populations sont inscrites à l'annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction).

PRONGHORN

Nom (genre, espèce) :

Antilocapra americana

Famille :

Antilocapridés

Ordre :

Artiodactyles

Classe :

Mammifères

Identification :

Ongulé de taille moyenne, reconnaissable à sa coloration contrastée et à ses cornes caduques et en crochet

Taille :

Longueur du corps : de 1 à 1,50 m ; queue : de 7,5 à 17,8 cm. Hauteur au garrot : de 0,81 à 1,04 m

Poids :

De 36 à 70 kg, mâles 10 % plus lourds que les femelles

Répartition :

Du sud du Canada au nord du Mexique

Habitat :

Prairies et semi-déserts

Régime alimentaire :

Herbivore cueilleur et brouteur

Structure sociale :

Grands troupeaux mixtes en hiver ; mâles territoriaux de mars à octobre

Maturité sexuelle :

15-16 mois, rarement 5 mois pour les femelles

Saison de reproduction :

De juillet à octobre, selon la latitude

Durée de gestation :

252 jours

Nombre de jeunes :

De 1 à 3 par portée ; le plus souvent 2

Poids à la naissance :

De 2 à 4 kg

Longévité :

12 ans en captivité

Effectifs et tendances :

Environ 700 000 individus. Le troupeau américain se reconstitue. Les populations mexicaines ne comptent plus de 1 200 animaux

Statut :

Populations mexicaines inscrites à l'Annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) et protégées dans des réserves naturelles. La sous-espèce de Sonora est également protégée par l'US Endangered Species Act depuis 1967 

Remarque :

Effectifs d'environ 35 millions à l'arrivée des Européens

 

Signes particuliers

Tête

L'extrémité noire du museau est caractéristique des mâles. Les grands yeux du pronghorn sont bien placés de chaque côté de la tête pour couvrir un vaste champ de vision. Dans les immenses paysages dégagés où vit le pronghorn, le regard porte loin et l'herbivore sait en profiter. Sans même bouger la tête, son champ visuel couvre un secteur de 360°, il ne subsiste donc aucun angle mort. Les yeux eux-mêmes sont particulièrement grands, avec un diamètre de 5 cm. Les longs cils serrés qui bordent les paupières protègent les yeux des rayons du soleil et leur apportent un peu d'ombre. Les oreilles sont longues et pointues, elles captent efficacement les nombreux sons de la prairie que l'animal apprend rapidement à identifier.

Croupe

L'antilocapre, comme de nombreux ongulés, a la croupe blanche ; celle-ci sert de signal en cas de danger. Au repos, tous les poils sont collés au corps. En cas d'alerte ou d'excitation, ils se hérissent dans toutes les directions, augmentant considérablement le volume de la tache blanche. Le signal est immédiatement compris. En cas de fuite, la tache, repère facile à suivre, renforce la cohésion du groupe.

Dents

L'antilocapre possède 32 dents. Comme les autres ruminants, elle ne possède pas d'incisives à la mâchoire supérieure. Les canines inférieures sont plantées près des incisives et ont une forme semblable à celles-ci. La croissance des prémolaires et des molaires est continue, signe d'une bonne adaptation à un régime alimentaire composé de plantes coriaces, riches en silice.

Milieu naturel et écologie

L'essentiel des pronghorns d'aujourd'hui (Antilocapra americana americana) occupe les vastes prairies d'Amérique du Nord, qui courent du sud du Canada au nord du Mexique. Le pronghorn de l'Oregon (A. a. oregona) peuple les steppes à armoise de l'État du même nom. Il s'agit de la race la plus occidentale de l'espèce, décrite en 1932, par V. Bailey. Ce dernier admet que les variations de forme et de couleur par rapport à la forme typique sont graduelles, et que nulle part il n'existe de ligne de démarcation bien nette entre les deux sous-espèces. Le pronghorn du Mexique (A. a. mexicana), peu représenté, se rencontrait dans le sud de l'Arizona, au Nouveau-Mexique et du Texas au centre du Mexique. Le pronghorn de la péninsule (A. a. peninsularis), autrefois très abondant, peuplait le sud de la Californie et la Basse-Californie mexicaine. En effet, au milieu du xxe siècle, la densité de pronghorns présents dans la vallée de San Joaquin, au centre de la Californie, était inégalée. Le pronghorn de Sonora (A. a. sonoriensis) se rencontre de l'ouest des plaines centrales du Mexique au sud de l'Arizona. Il est protégé aux États-Unis depuis 1967. Ces trois dernières sous-espèces habitent le sud de la zone de répartition de l'animal et se trouvent en marge de l'habitat typique. C'est peut-être la raison de la fragilité de leurs populations. Une chasse excessive et la destruction de leur milieu naturel transformé en cultures expliquent cette situation.

Un habitant typique des prairies

Dans le courant des années 1970, les chercheurs américains C. Sundstrom et J. D. Yoakum ont essayé de définir le mieux possible les besoins des pronghorns afin de bien gérer leurs augmentations de population.

Après les massacres qu'ils avaient affrontés, il était important de savoir où les animaux pouvaient revenir, en tenant compte du fait que la Grande Prairie avait été largement modifiée entre-temps par l'agriculture. L'habitat de prédilection du pronghorn est constitué de vastes étendues légèrement ondulées, sans relief accusé, couvertes de prairies plus ou moins hautes. Ces territoires accueillent 67 % des troupeaux. Les paysages mixtes d'herbes et de buissons abritent 32 % des troupeaux, et seulement 1 % de ceux-ci vit dans les régions réellement désertiques.

Les régions fréquentées par l'antilocapre ont un climat relativement sec, avec un total annuel de précipitations compris entre 250 et 350 mm d'eau, ce qui est insuffisant pour entretenir une forêt : seuls herbes et buissons y subsistent. Pour assurer l'alimentation de l'antilocapre, le couvert végétal doit représenter au moins la moitié de la surface du sol, y compris dans les zones arides.

La végétation doit être mixte et combiner graminées, herbes non graminées et buissons possédant de bonnes qualités nutritives. La composition qualitative de la flore est d'une grande importance, elle doit couvrir les besoins physiologiques de l'espèce. Les herbes non graminées doivent représenter de 25 à 35 % du tapis végétal pour que la reproduction du pronghorn s'effectue normalement.

La hauteur de la végétation est un autre élément important. La hauteur moyenne du couvert végétal qu'ils occupent est de 38 cm. La visibilité et la mobilité restent ainsi pleinement efficaces. Les antilocapres fréquentent ainsi beaucoup moins les prairies où l'herbe atteint 60 cm, et de façon sporadique celles où l'herbe mesure plus de 76 cm. De telles zones ne sont traversées que pour rejoindre leurs sites de pâturage.

L'altitude n'est, en elle-même, pas déterminante : on rencontre les troupeaux du niveau de la mer à 3 300 m d'altitude, entre 1 200 et 1 900 m le plus souvent. Les altitudes maximales sont atteintes dans l'Oregon et le Wyoming, mais représentent des exceptions. Le froid en hiver ne constitue pas un facteur limitant, pas plus que la chaleur en été, bien que des conditions climatiques très défavorables puissent provoquer une mortalité élevée. L'hiver, la couverture neigeuse constitue un danger bien plus grand que le froid : de 10 à 20 % de la végétation doivent rester accessibles par temps de neige, il s'agit le plus souvent de buissons. Que le manteau neigeux dépasse 25 à 30 cm d'épaisseur, et les animaux se trouvent en sérieuse difficulté.

Une présence essentielle : l'eau

Dans les régions semi-arides qui constituent l'habitat de l'espèce, l'eau joue un rôle très important dans la répartition et la dispersion des troupeaux.

En 1968, C. Sundstrom indiquait que 95 % des 1 200 animaux d'une population du Wyoming se trouvaient à proximité d'un point d'eau, à une distance comprise entre 4,8et 6,4 km. Les petits troupeaux sont en moyenne plus éloignés de l'eau que les grands. Les animaux boivent les eaux courantes et stagnantes, et, à défaut, mangent de la neige.

Lorsque leur nourriture comprend des végétaux succulents, riches en eau, leurs besoins sont de 1 litre d'eau par animal et par jour. À l'inverse, ces besoins atteignent 3,8 à 5,7 litres lorsque la nourriture est sèche et grossière, en été notamment.

Une démographie dynamique

La prospérité de l'espèce n'est pas liée seulement à l'état de son milieu de vie, mais aussi au dynamisme démographique, comme nous l'apprennent les travaux de J. D. Yoakum, dans l'Oregon.

La natalité de l'espèce est forte, et, à l'époque des naissances, il n'est pas rare de compter 180 faons pour 100 femelles reproductrices. Les meilleurs taux de survie sont observés là où la densité est déjà élevée, signe d'un milieu favorable : en été, on y compte 100 faons pour 100 mères. Dans les secteurs où la densité est plus faible, ce chiffre peut tomber à 50 faons pour 100 mères.

La mortalité des jeunes, toutefois, est importante. Étudiant 225 carcasses d'âge connu, Yoakum détermina que 38 % des animaux étaient morts avant l'âge de 2 mois ; 12 % étaient morts entre 3 et 6 mois ; 8 % entre 7 et 11 mois ; les autres (42 %) étant celles des animaux de 1 à 10 ans.

Pour illustrer le dynamisme d'une population en croissance, il compara un troupeau stable de l'Oregon à un troupeau jeune du Colorado. Dans le premier, il y avait peu de jeunes et peu de mâles, respectivement 26 et 40 pour 100 femelles, contre 86 faons et 66 mâles pour 100 femelles pour le second. L'antilocapre adapte donc sa démographie aux capacités de développement offertes au troupeau.

Une bonne santé et peu d'ennemis

La présence d'autres ruminants dans les prairies, comme les bisons, les cerfs et les mouflons, ne semble pas avoir été déterminante sur les populations de pronghorns. La concurrence entre ces espèces était faible et leurs effectifs étaient très supérieurs à ce qu'ils sont de nos jours. Hélas, l'image des grands troupeaux arpentant la prairie est révolue.

Parmi les causes de mortalité chez les antilocapres, les prédateurs ont un impact très limité sur les troupeaux. En effet, la vie grégaire de l'espèce constitue une protection efficace, les animaux isolés étant les plus vulnérables. Actuellement, seuls les faons sont capturés, à l'occasion, par un coyote, un lynx roux ou encore un aigle royal. Quant aux pumas, ils fréquentent des secteurs plus boisés et plus accidentés ; en outre, ils ne sont plus assez nombreux pour représenter une réelle menace. Toutefois, la prédation est plus importante dans certaines régions de l'Arizona, de l'Utah, du Montana et de l'Idaho, et peut toucher de 12 à 90 % des faons de l'année. Les troupeaux les plus sensibles sont de petits troupeaux isolés, peu mobiles et peu adaptés à leur environnement car réintroduits depuis peu. Aussi ne s'agit-il pas d'une règle générale.

De même que la prédation, les maladies ont peu d'effet sur les troupeaux, l'antilocapre étant peu touchée par les maux et les parasites qui affectent couramment les autres ongulés. Cette résistance est à mettre au compte des conditions de vie des pronghorns, qui circulent dans de vastes espaces sans jamais se concentrer, créant ainsi des conditions défavorables à la propagation des épidémies. En outre, leur milieu de vie relativement sec n'est pas favorable au développement et à l'entretien de maladies contagieuses.

De dangereux  écarts de température

Outre l'homme, les principales causes de mortalité chez l'antilocapre sont d'ordre climatique, neige l'hiver et sécheresse l'été. L'hiver 1977-78 provoqua des milliers de morts dans l'Alberta, au Canada, et au Montana. Dans les régions méridionales de leur aire de répartition, les étés secs sont tout aussi redoutables pour les pronghorns. Ainsi, à l'issue d'une période de sécheresse, la population Transpecos du Texas comptait 7 300 têtes en 1957. De 1957 à 1961, les effectifs montèrent à 12 000 animaux, à la suite de précipitations normales. Puis, de 1961 à 1964, une nouvelle sécheresse réduisit le troupeau à 5 000 têtes.

Le pronghorn et l'homme

Une espèce qui revient de loin

Avant l'arrivée des Européens, les 30 à 40 millions de pronghorns et de bisons formaient les immenses troupeaux dont la légende de la conquête de l'Ouest a conservé l'image. Les histoires respectives des deux espèces ne manquent pas de points communs. Les troupeaux d'antan sont cependant perdus à jamais, car la place laissée par l'homme est trop réduite.

Des réintroductions nombreuses

Les destructions massives passées rendirent indispensable le repeuplement artificiel de nombreuses régions. La connaissance du milieu naturel et des populations de l'espèce permit, sous l'impulsion du biologiste T. Paul Russel, de relâcher, dès 1937, des animaux capturés afin de repeupler certaines régions. La première expérience eut lieu au Nouveau-Mexique. Il s'agissait de capturer de petits troupeaux là où les animaux étaient assez nombreux, et de les réinsérer sur des sites capables de les héberger et où leur présence était autrefois attestée.

En effet, la réintroduction d'une espèce nécessite un haut degré de préparation, et la réussite des opérations repose pour une large part sur l'aménagement des sites d'accueil. Cette étape est nécessaire, car l'écosystème naturel de la Grande Prairie, où vivaient bisons, wapitis et pronghorns, n'existe plus qu'en de rares endroits. La diversité végétale propice au pronghorn était entretenue par les grands herbivores, comme les bisons, et par les incendies. Il est donc parfois nécessaire de restaurer cette diversité. Ailleurs, il faut aménager des points d'eau. Dans le désert Rouge du Wyoming, les biologistes ont mis au point un dispositif de captage de l'eau accessible aux pronghorns mais interdit aux bovins qui pourraient, par leur nombre, le détruire ou le souiller. L'eau récoltée est conduite jusqu'à un bassin couvert dont le toit empêche une évaporation trop intense. Le plan incliné qui y mène est accessible aux autres animaux. Autre système, le surplus d'eau des abreuvoirs à bétail s'écoule dans un bassin situé au niveau du sol, afin que la faune en bénéficie.

Un nom dans chaque langue

Le pronghorn ne manque pas de noms vernaculaires, en différentes langues. Les tribus Taos le nomment Tah-ah-Nah, les Apaches, Topi, les Piutes, Te-na, et les Klamaths, Cha-o. Plus au nord, les Sioux lui avaient attribué des noms qui, littéralement, signifiaient « petit caribou » et « petit cerf pâle ».

Le nom scientifique actuel, Antilocapra, reflète les hésitations des scientifiques quant à la classification de l'espèce, puisqu'il s'agit de la contraction d'antilope et de capra, la chèvre. Si les chercheurs ont longtemps discuté de la place de l'antilocapre dans le règne animal, se demandant s'il fallait la rapprocher des cervidés plutôt que des bovidés, les Indiens des plaines avaient tranché depuis longtemps en rangeant le pronghorn aux côtés des cerfs.

Une présence humaine envahissante

Dès le début du siècle, les biologistes cherchèrent à comprendre les causes de la chute spectaculaire des effectifs d'antilocapres. Les diverses études révélèrent que cette transformation était essentiellement due à la présence de l'homme sur son domaine vital.

En effet, l'occupation de l'espace par les nouveaux arrivants, la mise en culture des prairies, l'établissement de routes et de voies de chemin de fer ajoutèrent leurs effets à celui d'une chasse continuelle, pratiquée toute l'année pour le plaisir, l'alimentation des colons ou l'approvisionnement des marchés. L'apparition de pacages clôturés réservés aux moutons et aux bovins réduisit considérablement les possibilités de déplacement des pronghorns. Ceux-ci ont besoin de grands espaces où ils se déplacent au gré des fluctuations saisonnières. Piètres sauteurs, ils sont incapables de franchir les obstacles que constituent les clôtures et s'empalent bien souvent sur celles-ci. De nos jours, elles sont aménagées là où moutons et antilocapres cohabitent, de façon à retenir les moutons mais à laisser la libre circulation aux pronghorns.

Les inconvénients de l'élevage ne sont pas liés aux seules clôtures, et la concurrence entre les animaux sauvages et les animaux domestiques limite considérablement la prolifération des premiers. On pourrait penser que la présence des pronghorns est néfaste à l'élevage des ovins. Or, ce sont les moutons qui éliminent les pronghorns.

Une place modeste dans l'économie de l'Ouest

Le retour de l'espèce à un niveau de population important a permis d'envisager à nouveau l'exploitation des antilocapres. L'interdiction de leur chasse a été ainsi partiellement levée par la délivrance de permis. Les troupeaux ont également un intérêt touristique et participent à l'attrait des parcs et réserves nationaux, qui attirent de nombreux visiteurs chaque année.

L'intérêt économique de l'espèce est un point d'autant plus sensible que la moitié des animaux vivent sur des terres privées, et peuvent constituer une source complémentaire de revenus pour les propriétaires. La viande de pronghorn est commercialisée, mais sa peau, trop fine, n'est pas utilisée.

La gestion actuelle des troupeaux

La gestion des populations d'animaux sauvages nécessite de bien en connaître les effectifs et le dynamisme démographique. Leur suivi se fait grâce à des comptages, à pied ou en avion, selon la taille des secteurs prospectés. Les régions qui hébergent peu d'animaux sont parcourues à pied, la meilleure saison se situant à la fin de l'été. Fatigante et coûteuse, cette méthode a pour avantage de donner des résultats assez précis. Lorsque les territoires sont plus vastes, les comptages sont effectués depuis un avion, qui survole le secteur à faible hauteur. Cette technique est possible dans les paysages dégagés où vit le pronghorn.

Pour capturer des animaux en vue de lâchers de réintroduction, la technique consiste à repousser les animaux, depuis un avion qui les effraie, vers de grands enclos constitués de couloirs de largeur décroissante aboutissant à l'enclos de capture, à la manière d'un entonnoir. Les constructions efficaces sont coûteuses, mais, une fois bâties, elles peuvent être utilisées pendant plusieurs années.

Le symbole de la sauvegarde de l'environnement

Aux États-Unis et au Canada, le pronghorn est devenu le symbole de la protection et de la gestion de l'environnement. L'animal est l'emblème des mammalogistes nord-américains, et la couverture du Journal of Mammalogy, publié aux États-Unis, présente une tête de pronghorn depuis 1919. Il existe un groupe de travail spécifique à l'antilocapre, qui publia en 1978 le Guide de la gestion de l'antilope pronghorn. Cet ouvrage sert de référence en matière de restauration de l'habitat en vue de la réintroduction ou de l'exploitation de troupeaux. Aujourd'hui, un des meilleurs sites d'observation des pronghorns et des bisons est le Custer State Park (Dakota du Sud).

Pour autant, toute menace n'est pas écartée des populations les plus méridionales. Les deux sous-espèces les plus menacées ont des effectifs très faibles, et le nombre de pronghorns du Mexique a diminué de moitié entre 1924 et 1976, alors que les populations plus nordiques augmentaient. Les populations mexicaines sont strictement protégées même si le braconnage continue de sévir. Les réserves de biosphère El Vizcaíno, dans le sud de la péninsule californienne et El Pinacate y Gran Desierto de Altar,  dans le nord-est du pays, abritent respectivement  A. a. peninsularis et A. a. sonoriensis tandis que des programmes de rétablissement sont en vigueur depuis la fin des années 1990. Le dernier en date prévoit la capture de 350 pronghorns aux États-Unis et leur réintroduction sur le territoire mexicain en 2009.

Sauvés par le départ des fermiers

Au début du xixe siècle, pas moins de 30 à 40 millions d'antilocapres peuplaient l'Amérique du Nord. En 1920, il n'en restait que 13 000 aux États-Unis, 1 000 au Canada et peut-être 2 000 au Mexique, où eurent lieu les premières rencontres des Européens avec ces animaux. Depuis un peu plus d'un demi-siècle, la tendance s'est inversée, grâce au potentiel de récupération de l'espèce. Celui-ci n'aurait pas suffi sans la conjonction de trois facteurs.

Bien que les premiers textes interdisant la chasse au pronghorn datent de la fin du xixe siècle, ils ne furent pas suivis d'effet avant les années 1920 ou 1930. La remontée des effectifs d'antilocapres coïncide avec la réelle application des textes.

À la même époque, de nombreux petits fermiers, installés un peu partout dans la prairie, abandonnèrent leurs terres quand la concurrence et les conditions de vie qu'ils affrontèrent devinrent insupportables. Les terres recouvrèrent peu à peu leur végétation et leur aspect d'origine, permettant le retour des antilocapres dans un habitat de nouveau favorable.

Enfin, à partir des années 1940, la protection des espèces et des milieux naturels fut de mieux en mieux acceptée aux États-Unis comme au Canada. Presque tous les États de l'Ouest voulurent posséder des pronghorns, et l'on effectua de nombreuses réintroductions. Les troupeaux se multiplièrent et les effectifs augmentèrent d'autant plus vite.

Aujourd'hui, le nombre d'antilocapres est d'environ 700 000.