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mouflon

Mouflon
Mouflon

« Bighorn », c'est-à-dire « grande corne », est le nom que les Américains ont donné au mouflon qui vit dans les montagnes Rocheuses. Venant de Sibérie, il est arrivé en Amérique du Nord il y a peut-être plus de 100 000 ans. Aujourd'hui, il est menacé dans ses derniers refuges, montagnards ou désertiques.

Introduction

L'histoire des mouflons commence au début du pléistocène, il y a environ 2,5 millions d'années. Avant que ces bovidés ne se différencient des autres pour former le genre Ovis, plusieurs lignées apparaissent. Vers cette époque, les mouflons partagent sans doute un ancêtre commun avec les chèvres et les bouquetins. Cet ancêtre des Ovis, qui avait une silhouette plutôt caprine, possédait à la fois les caractères des Ovis et ceux des Capra. À partir de ce type, ou d'une forme proche, les deux groupes auraient évolué parallèlement.

Retrouvés dans le sud des montagnes Rocheuses, des restes fossiles vieux de 20 000 ans ont été attribués à Ovis catclawensis. Ce mouflon antique, aujourd'hui disparu, était plus grand (de 12 à 20 %) et plus lourd (de 50 à 70 %) que le mouflon actuel des montagnes Rocheuses, mais, pour les scientifiques, il s'agirait bien de son ancêtre direct.

Il aurait été le premier à avoir traversé le détroit de Béring, il y a quelque 100 000 ans. À l'époque, il devait beaucoup ressembler au mouflon des neiges, qui vit aujourd'hui à l'est de la Sibérie et au Kamtchatka. Lors d'une période interglaciaire plus récente, le mouflon de Dali, Ovis dalli, est lui aussi arrivé en Amérique et s'est installé plus au nord dans ce qui est maintenant l'Alaska et le nord-ouest du Canada.

À la fin du pléistocène, il y a quelque 10 000 ans, les mouflons peuplaient tout l'hémisphère Nord, de l'Afrique du Nord à l'Amérique du Nord. On distinguait alors les mouflons d'Asie, dans les montagnes du Proche- et du Moyen-Orient et celles de l'Asie centrale, et les mouflons d'Amérique et de Sibérie.

Selon les régions où il s'est implanté, le bighorn a conservé sa forme typique ou s'est adapté pour vivre dans les montagnes de Californie, plus à l'ouest, ou dans les massifs proches de la frontière mexicaine, au climat subdésertique.

Les populations ont prospéré, jusqu'à ce que l'homme conduise le mouflon des montagnes Rocheuses au bord de l'extinction, par la chasse, la destruction de ses milieux, la mise en compétition avec les troupeaux domestiques... Les mesures de protection qui ont été prises ne pourront sauver qu'une partie des populations initiales ; certaines ont déjà totalement disparu.

La vie du mouflon

Une vie de nomades ponctuée par les saisons

Les mouflons vivent en groupes séparés, les femelles et les jeunes formant des petites hardes d'une dizaine d'animaux, distinctes de celles constituées par les mâles. Les femelles tolèrent généralement la présence des mâles, mais expulsent à coups de tête et de patte ceux qui les importunent.

Les uns et les autres nomadisent entre leurs domaines d'hiver et leurs quartiers d'été, distants de 1 à 60 km. Habituellement, les aires d'hivernage sont plus basses en altitude et mieux protégées des intempéries que les plateaux et les pentes fréquentés pendant la belle saison. Entre les deux domaines se situent les lieux de reproduction, où mâles et femelles se rejoignent pour le rut, lorsqu'ils descendent de leurs zones d'estive, en novembre et décembre dans les montagnes Rocheuses, plus tôt (août-septembre) pour les mouflons vivant au sud, dans le désert.

Des partenaires peu fidèles

À la saison des amours, les femelles en chaleur ont l'orifice génital légèrement gonflé et excrètent des hormones dans leurs urines. Pour reconnaître une femelle réceptive, le mâle lui flaire l'arrière-train et, lorsqu'elle urine, prélève quelques gouttes dans sa bouche, où une glande spéciale l'informe de l'état de sa partenaire. Si celle-ci est prête à l'accouplement, le mouflon la suit, attendant patiemment qu'elle l'accepte. Parfois, la femelle prend l'initiative et attire le mâle. La copulation est très brève ; la durée des chaleurs est de 48 heures ; mais il peut y avoir un nouveau cycle, quelques jours plus tard, si la fécondation n'a pas eu lieu.

Durant ces moments, il arrive que le dominant ait à repousser les assauts de quelques rivaux ou ceux de mâles subalternes qui profitent des temps de repos du couple pour tenter leur chance. Ou bien c'est la femelle qui l'abandonne pour un autre prétendant, plus imposant ou simplement plus en forme, car les mâles sont polygames et s'épuisent lors de ces intenses activités.

Le plus souvent, les femelles commencent à s'accoupler à l'âge de 2 ans, ayant leur première portée à 2 ans et demi ; mais certaines sont plus précoces et mettent bas à 18 mois. De même, l'âge de la maturité sexuelle des mâles varie entre 18 et 36 mois. Mais, avant l'âge de 7 ans, les mouflons ont peu de chance de séduire une femelle ; leurs cornes ne sont pas assez imposantes. Au-delà de 13-15 ans, ils ne descendent plus sur les lieux de reproduction, car ils ne procréent plus.

L'art de séduire

L'art de séduire



Une poursuite entre mâle et femelle précède le consentement de celle-ci à l'accouplement. Il arrive que ce soit elle qui invite à cette course. Elle s'enfuit alors prestement à l'approche de son prétendant, puis revient vers lui, cornes dressées. De la tête, elle touche l'épaule du mâle immobile et se frotte de tout son long contre son poitrail, lui chatouillant le menton de ses petites cornes.

Des combats violents mais souvent sans danger

Les hardes de mouflons, d'une dizaine de mâles d'âges divers, respectent une forte hiérarchie. Celle-ci s'établit et se maintient à coups de tête et surtout de corne, au cours d'affrontements qui peuvent avoir lieu en toute saison. Les vainqueurs de ces luttes obtiennent la préséance et, à l'époque du rut, ce sont eux qui auront le plus d'occasions d'assurer la descendance. Toutefois, les vrais combats sont rares, car les membres d'une même harde se connaissent suffisamment pour respecter la dominance établie et cohabiter sans trop de heurts. La remise en cause de l'ordre hiérarchique initial au sein du groupe, l'arrivée d'un mâle étranger ou encore la rencontre de deux bandes de mâles offrent aux mouflons à grandes cornes l'opportunité de défendre leur rang de dominant. Cependant, l'activité belliqueuse de tous augmente considérablement à la saison des amours, les femelles recherchant les mâles aux cornes les plus développées, c'est-à-dire, en principe, les meilleurs combattants.

Des joutes ritualisées

Les affrontements ne se font pas au hasard : ils ont toujours lieu entre animaux de taille et de cornes comparables. Or les hardes de mâles se composent de 2 à 5 individus, allant parfois jusqu'à 12, souvent d'âge et de force différents, ce qui restreint les possibilités de combat mutuel. Les plus petits n'essaient d'ailleurs pas de lutter contre les plus grands. Signifiant même qu'ils acceptent l'autorité d'un dominant, ils montrent leur soumission en se présentant devant lui de dos et tête baissée, comme le ferait une femelle en chaleur. Il se peut alors que le dominant le chevauche, simulant un accouplement, pour bien marquer sa supériorité.

Lorsqu'un combat s'engage, les attitudes des adversaires sont toujours les mêmes. D'abord, ils cherchent à s'intimider mutuellement, exhibant leurs silhouettes musclées et leurs cornes massives. Puis ils se rapprochent, se tenant tête-bêche, parallèles l'un à l'autre, et ils échangent des coups avec les pattes antérieures. Chacun recule ensuite et se prépare à charger : face à face et distants de 5 à 15 m, ils s'élancent l'un vers l'autre à toute vitesse et se télescopent tête contre tête. Le choc est violent car, à ce moment, les combattants sont parfois lancés à 35 km/h, et le bruit des cornes s'entrechoquant peut porter à 1,5 km à la ronde. Le combat cesse lorsqu'un des mouflons admet la supériorité de l'autre et s'éloigne, mais il peut se poursuivre pendant plusieurs heures.

Au cœur du combat

Au cœur du combat



Au départ de la charge, le mouflon s'arc-boute en regardant son adversaire ; puis il s'élance, galope sur les quelques mètres qui le séparent de son rival et finit sa course debout sur les pattes postérieures. C'est avec une seule corne qu'il porte un coup à son adversaire au moment où il retombe sur ses quatre membres.

Herbes en montagne ou rameaux dans le désert

Les mouflons des montagnes Rocheuses, comme de nombreux herbivores, passent leur journée à brouter l'herbe des hauts pâturages l'été ou à cueillir des rameaux d'armoise ou de saule, et parfois même de conifères, l'hiver.

À la belle saison, lorsque les plantes sont le plus riches en nutriments et en sels minéraux, les mouflons en profitent pour faire des réserves de calcium et de phosphore, se déplaçant constamment sur de vastes zones de pâturage. Les graminées (bromes, pâturins) et les herbes (carex ou laîches) composent l'essentiel de leur menu. Ils broutent alors même des lupins ou du vératre, qui sont toxiques pour d'autres herbivores, mais ils évitent les chiendents et les fétuques. Les mouflons ont besoin de sels minéraux et n'hésitent pas à lécher les pierres à sel déposées à leur intention dans les parcs nationaux et les réserves.

À cette époque de l'année, les mouflons mangent beaucoup. Comme ils se déplacent inlassablement, ils ne surexploitent pas la végétation. Tout le long de leur parcours, les animaux s'abreuvent aux nombreux ruisseaux qui serpentent dans la montagne. Quatre ou cinq fois par jour, ils se ménagent des haltes dans l'un des nombreux gîtes individuels, qu'ils marquent de leur urine à chaque passage. Ces lits sont de légères dépressions dans le sol, d'environ 30 cm de profondeur et de 1,20 m de long, que les mouflons creusent de leurs pattes pour s'y allonger confortablement. La nuit ils y dorment, le jour ils s'y reposent, ruminant les végétaux riches en cellulose qu'ils ont broutés. Les microorganismes (protozoaires et bactéries) que leur panse héberge leur permettent de digérer 90 % de la cellulose de leurs aliments.

Une alimentation adaptée au climat

En hiver, les mouflons descendent vers 1 500 m d'altitude, c'est-à-dire parfois jusqu'à 1 000 m plus bas que leurs pâturages d'été. Sur les quartiers d'hiver, les animaux se concentrent davantage et sont moins nomades, se mettant à l'abri des arbres pour se protéger du froid lorsqu'ils s'arrêtent pour ruminer. Par temps de neige, on les rencontre plutôt sur les crêtes et les buttes exposées, là où le vent chasse la neige en permanence et où ils peuvent creuser plus facilement. Les mouflons ne survivent pas là où il tombe plus de 1,80 m de neige par an, comme sur les versants ouest des chaînes bordant le Pacifique.

Dans les déserts où vivent les populations de mouflons du sud des États-Unis et du nord du Mexique, l'alimentation disponible pour ces herbivores est très différente. Les animaux cueillent surtout les feuilles et les fruits d'arbres et d'arbustes tels que les houx du désert, les acacias griffes-de-chat, les arbres au bois dur dits bois de fer, certains mahoganis et nerpruns, complétant même leur régime par des cactées ou de rares graminées qu'ils rencontrent près des points d'eau. En période de sécheresse, ces lieux rassemblent de nombreux mouflons, surtout des femelles et des jeunes, qui restent dans un rayon de 1 à 3 km autour des mares. Les mâles, eux, sont moins dépendants et arrivent à se suffire, pendant plusieurs jours d'affilée, de la rosée ou de l'eau contenue dans les végétaux.

Des mères assez peu protectrices

Chez les mouflons des montagnes Rocheuses, la gestation dure de 170 à 180 jours. La femelle s'isole pour mettre bas et donne naissance en général à un seul petit ; il semble que les portées de jumeaux soient rares. Ces mises-bas ont lieu entre la fin avril et juin pour les populations du Nord ; dans le Sud, elles peuvent s'étaler sur presque toute l'année, avec cependant un maximum de janvier à avril.

La mise au monde du bébé mouflon est rapide. Les membranes placentaires commencent à apparaître trois quarts d'heure avant la sortie du petit, qui ne dure que dix minutes. En fin d'expulsion, la femelle se relève pour l'accélérer et faciliter le passage au nouveau-né.

Celui-ci est très petit. Couvert d'un poil doux et laineux, il pèse entre 3 et 5 kg. Tout de suite, il cherche, pour téter, l'une des deux mamelles inguinales (placées dans la région de l'aine) de sa mère. Le lait de celle-ci, un peu plus riche et énergétique que celui de la brebis domestique, se compose d'environ 76 % d'eau, 10 % de matières grasses, 8 % de protéines, 5 % de lactose (sucre) et 1 % de matières minérales.

Dès la deuxième semaine, le petit commence à goûter aux végétaux. Capable de suivre sa mère vingt-quatre heures après sa naissance, le jeune mouflon reste quelques jours à l'écart avec elle avant de rejoindre le groupe des femelles.

Des agneaux joueurs et combatifs

Les femelles défendent leur progéniture contre les prédateurs, si cela ne met pas leur propre vie en danger, mais, dans l'ensemble, les relations entre mère et petits se limitent à l'allaitement et cessent avec le sevrage, au quatrième ou au cinquième mois.

Dès la fin de son premier automne, le jeune pèse une bonne trentaine de kilos. Sa bonne condition physique et surtout ses réserves de graisse sont des facteurs primordiaux pour qu'il ait des chances de survivre à l'hiver qu'il va affronter.

À cet âge, les agneaux ne se privent pas de jouer ensemble : tôt le matin ou tard l'après-midi, ils se poursuivent avec entrain ou se défient avec leurs petites cornes naissantes.

Ils ne manquent pas de compagnons dans les hardes de « mouflones », jouant avec les autres agneaux de l'année et les jeunes mouflons des deux sexes nés les deux années précédentes. Ce mélange de générations a son importance : il permet aux moins expérimentés de reconnaître les meilleurs pâturages, les points d'eau et les abris du domaine vital.

Puis, peu à peu, les jeunes mâles forment leur propre groupe ou se joignent à d'autres bandes de mâles adultes dans leurs déplacements nomades. Ils n'achèveront leur croissance qu'à l'âge de 6 ou 7 ans. Quant aux jeunes femelles, elles restent au sein de leur harde natale ou intègrent une nouvelle troupe, où elles deviennent adultes vers 4 ou 5 ans.

La croissance des cornes

La croissance des cornes



À leur naissance, les petits mouflons n'ont pas de cornes. On distingue juste l'emplacement des deux bourgeons, qui commencent à pousser lorsque les jeunes sont âgés de deux mois environ. À six mois, les cornes mesurent de 5 à 7 cm. Leur croissance, tout au long de la vie de l'animal, est irrégulière : rapide en été, plus lente, voire stoppée en hiver ou par temps de disette en été (sécheresse), ou encore si l'individu est malade. Ces ralentissements donnent des anneaux annuels de croissance, qui permettent d'estimer l'âge du mouflon. Pendant les 3 ou 4 premières années, ces anneaux sont nettement séparés, puis ils se rapprochent et deviennent plus difficiles à lire.

Les cornes poussent en forme de cercle. Chez la femelle, elles ne décrivent au plus qu'une demi-circonférence, avec un record mesuré de 83 cm. Vers 7 à 8 ans, les cornes du mâle forment une boucle qui peut atteindre 1,10 mètre.

Pour tout savoir sur le mouflon

Mouflon d'Amérique ou des montagnes Rocheuses (Ovis canadensis)

Le mouflon d'Amérique ressemble à un grand mouton, mais son pelage est fait de poils et non de laine. Pour porter leurs cornes enroulées, les mâles ont un cou et un avant-train musclés et un crâne épaissi. La robe du dos et des flancs varie du brun au jaune pâle ; la croupe, l'arrière des pattes postérieures, le ventre, le museau et le tour des yeux sont toujours plus clairs.

Les cornes des femelles sont plus droites et plus courtes. Chez les mâles, l'impressionnant cercle qu'elles forment peut mesurer jusqu'à 46 cm de diamètre. Elles peuvent représenter de 8 à 12 % du poids de l'animal, soit de 6 à 15 kg environ, ce qui constitue un record chez les ruminants. Ces cornes parviennent aux deux tiers de leur croissance maximale au bout de 5 ans, le tiers restant mettant 10 autres années à pousser. Les combats sont la cause principale de leurs fractures et de leurs marques. Leurs extrémités sont toujours plus ou moins usées, soit par les joutes, soit par les frottements contre des arbres ou des pierres. Cette usure semble indispensable pour permettre au mouflon de conserver son champ visuel. L'ouïe est fine, le mouflon entend le déclic d'un appareil photographique à 50 m. Mais la vision est le sens le plus développé de l'animal, qui détecte un prédateur à près d'un kilomètre.

Les mouflons ont des poils de bourre, serrés et courts, qui les protègent du froid et sont recouverts par des poils de jarre. Une fois par an, en juin-juillet, le pelage part en touffes. Les mâles en pleine forme sont les premiers à muer, suivis des femelles, puis des animaux plus fragiles. Le mouflon résiste bien aux variations de température et ne commence physiologiquement à lutter contre le froid qu'au-dessous de – 20 °C, ou à réagir à la chaleur qu'au-dessus de + 10 °C.

Le pied du mouflon est sûr, et son sabot, dont la partie externe est dure et la sole plus spongieuse, lui fournit d'excellents points d'appui, même sur une roche lisse et verticale. Lorsqu'il marche tranquillement, ses pas sont espacés d'environ 50 cm, mais, au galop, il peut courir à 50 km/h sur terrain plat, faisant des bonds de plus de 4 m, et gravir une pente à 25 km/h. À la descente, ses foulées atteignent 9 mètres.

Les sous-espèces

Il reste 6 sous-espèces, le mouflon d'Audubon ayant disparu :

- Mouflon du Canada, Ovis canadensis canadensis, de l'Alberta (Canada) au Colorado (États-Unis). Effectifs : 15 500-15 700 individus.

- Mouflon de Californie, Ovis canadensis californiana, vit de la Colombie-Britannique (Canada) à la Californie (États-Unis). Effectifs : environ 4 000 individus.

- Mouflon du désert, Ovis canadensis mexicana ; c'est le plus continental ; il vit aux États-Unis (Californie, Nevada, Arizona et Nouveau-Mexique) et au Mexique (Basse-Californie, Chihuahua et Sonora). Inscrite à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction), l'espèce comptait environ 4 500 animaux en 1992.

Dans la péninsule californienne (16 000 animaux) habitent : Ovis canadensis nelsoni, O. c. cremnobates et O. c. weemsi. Les populations de la péninsule californienne et de la Sierra Nevada figurent sur la liste américaine des espèces en danger (Endangered Species Act) depuis 1999-2000.

MOUFLON D'AMÉRIQUE ou DES MONTAGNES ROCHEUSES

Nom (genre, espèce) :

Ovis canadensis

Sous-famille :

Caprinés

Famille :

Bovidés

Ordre :

Artiodactyles

Classe :

Mammifères

Identification :

Pelage brun à jaune pâle ; croupe, ventre et arrière des pattes postérieures plus clairs ; queue plus foncée ; cornes enroulées

Taille :

De 1,20 m à 1,80 m, plus queue de 7 à 15 cm ; de 0,65 m à 1,25 m au garrot

Poids :

Mâles : de 60 à 140 kg ; femelles : de 30 à 90 kg

Répartition :

Du sud du Canada au nord du Mexique

Habitat :

Montagnes et déserts

Régime alimentaire :

Herbivore

Structure sociale :

Groupes unisexués ; forte hiérarchie chez les mâles ; polygames

Maturité sexuelle :

Mâles : à 6 ou 7 ans ; femelles : à 2 ou 3 ans

Saison de reproduction :

Automne au nord, été au sud

Durée de gestation :

175 jours environ

Nombre de jeunes par portée :

1 (jumeaux parfois) ; une portée par an

Poids à la naissance :

De 3 à 5 kg

Longévité :

10 ans en moyenne ; jusqu'à 24 ans

Effectifs, tendances :

Environ 59 000 individus ; populations stables

Statut, protection :

Espèce protégée, chassée. Populations mexicaines en danger d'extinction et inscrites à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction)

 

Signes particuliers

Œil

Les pupilles rectangulaires et horizontales des mouflons se remarquent bien : elles leur assurent une excellente vision. À l'angle intérieur de l'œil, une glande préorbitaire sécrète en permanence un liquide volatil. Les mouflons en impriment le pelage de leurs congénères en se frottant contre eux. Cette sécrétion à l'odeur spécifique joue peut-être le rôle de marqueur pour les animaux d'une même harde.

Museau

La tache blanche du museau est caractéristique. À son extrémité, les narines forment une marque sombre et toujours humide. Elles hydratent l'air respiré, dissolvent les molécules et les rendent odorantes.

Crâne

De tous les caprins, les mouflons sont ceux qui ont le crâne le plus épais et le plus solide. L'ingénieuse construction osseuse de ce crâne permet à l'animal d'encaisser des coups terribles lors des combats. La base des cornes est très épaisse et fait saillie. Au-dessous des cornes, et protégeant le cerveau, des os pneumatiques, c'est-à-dire percés de nombreuses alvéoles, assurent une excellente résistance pour un poids minime.

Les autres mouflons

La classification des mouflons du genre Ovis est pour le moins confuse. Certains spécialistes distinguent deux groupes ou sous-genres : Pachyceros et Ovis, mais toutes les espèces qu'ils réunissent portent le nom du genre : Ovis. Selon cette classification, les deux espèces du Nouveau Monde (mouflon des montagnes Rocheuses et mouflon de Dali), et le mouflon des neiges (Sibérie) forment le sous-genre Pachyceros. Ce sont tous des moutons sauvages, qui vivent dans les zones pentues et escarpées des montagnes. Le sous-genre Ovis proprement dit correspond à tous les autres mouflons de l'Ancien Monde (mouflon du Moyen-Orient, urial, argali) et au mouton domestique, appelé Ovis aries. Ce dernier descendrait du mouflon du Moyen-Orient, mais il n'est pas impossible que l'urial et l'argali y aient aussi participé. D'une manière générale, la silhouette des mouflons asiatiques est moins massive et moins musclée que celle des Pachyceros. Leurs pattes sont plus hautes, leurs cornes plus longues et plus fines, leur queue moins foncée et plus étroite. La tache claire de la croupe des urials et des argalis est plus diffuse que chez les mouflons américains. Ils sont également moins bons sauteurs que les mouflons et vivent plutôt au pied des montagnes, fréquentant les milieux secs et les plateaux caillouteux. Leur mode de vie est assez similaire et, chez toutes ces espèces, les adultes forment des hardes unisexuées. À l'exception des sous-espèces des îles méditerranéennes, ils sont plus prolifiques que ceux d'Amérique, mais leur longévité est moindre.

Enfin, on peut souligner que les trois espèces d'Asie possèdent un nombre de chromosomes différent : 54 chez le mouflon du Moyen-Orient (comme chez le mouton domestique), 58 chez l'urial, 56 chez l'argali. Cela n'empêche pas les croisements fertiles entre les uns et les autres. Les principales espèces que l'on retrouve dans les classifications existantes sont les suivantes :

Mouflon du Moyen-Orient (Ovis orientalis)

Des trois espèces du sous-genre Ovis, cette espèce est celle qui ressemble le plus aux espèces du sous-genre Pachyceros.

Identification : Taille moyenne ; tache claire postérieure plus marquée que chez l'urial et l'argali ; queue assez plate. De 40 à 60 kg pour les 5 sous-espèces continentales, de 30 à 50 kg pour les deux sous-espèces insulaires, qui représentent les plus petits mouflons actuels.

Petites hardes unisexuées. De nombreuses femelles sont dépourvues de cornes sur les îles.

Répartition et statut : collines et montagnes sèches entre la Turquie, l'Irak et l'Iran ; Chypre, Corse et Sardaigne. Classé dans la catégorie « vulnérable » par l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature).  Tendance de la population inconnue.

Deux sous-espèces insulaires :

Le mouflon de Chypre, Ovis orientalis ophion (ou Ovis gmelini musimon var. ophion), développe à l'automne une fourrure assez longue sous l'encolure. Menacé, il est classé en Annexe I de la Cites.

Le mouflon de Corse et de Sardaigne, Ovis orientalis musimon, (ou Ovis gmelini musimon var. corsicana et Ovis gmelini musimon var. musimon) présente un pelage brun, avec parfois une selle blanche sur le dos des mâles. En Corse, les mouflons vivent dans deux massifs distincts, où leurs déplacements altitudinaux entre l'été et l'hiver varient de 600 à 1 600 m de dénivelé : l'un au sud dans le massif de Bavella, l'autre au nord dans le massif du Cinto, et répartis respectivement autour des réserves de chasse et de faune sauvage de Bavella et d'Asco. Ils consomment surtout des plantes herbacées, comme l'herbe aux mouflons. On estime aujourd'hui la population à environ un millier d'individus. Il a été introduit en France continentale, en Autriche, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne et en République tchèque.

Beaucoup de souches ont été croisées avec des moutons domestiques..

Urial (Ovis vignei)

Appelé également shapu. Classé  comme sous-espèce d'Ovis orientalis par l'U.I.C.N.

Identification : jusqu'à 90 cm au garrot pour 50 à 90 kg. De longs poils clairs, puis plus foncés, ornent la gorge et le cou des mâles et s'arrêtent brutalement entre les pattes antérieures ; les cornes forment un cercle simple et peuvent dépasser 1 m. À la naissance, les jumeaux sont fréquents.

Répartition : milieux ouverts plus ou moins secs ; des rives sud de la mer Caspienne jusqu'en Inde, en passant par l'Afghanistan et le Pakistan.

Comportement : au Baloutchistan (Iran, Pakistan), il fréquente des paysages nus et caillouteux ; en Astor (Inde), il vit sur les pentes au-dessous de la limite de la forêt ; au Ladakh, il occupe les zones dénudées d'altitude.

Effectifs : en baisse partout.

Statut : menacé, classé en Annexe I de la Cites.

Argali (Ovis ammon)

Souvent considéré comme le plus beau des mouflons.

Identification : 1,10 m au garrot pour un poids allant jusqu'à 180 kg pour le mâle, mais la moyenne est plus basse. Silhouette puissante. Les cornes des mâles s'écartent en spirale et peuvent mesurer 1,70 m chez le mouflon de Marco Polo, l'une des sous-espèces les plus célèbres d'argali.

Répartition : milieux rudes et pauvres en ressources jusqu'à 5 000 m en altitude en été ; collines vallonnées, coupées de ravins ; nord du Pakistan, Bhoutan, Népal, Inde, Azerbaïdjan, Géorgie, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Kazakhstan, nord-ouest de la Chine, Mongolie.

Comportement : au printemps, il suit la fonte des neiges pour brouter les premières pousses de graminées ou des oignons sauvages. En hiver, les privations de nourriture sont la cause d'une importante mortalité.

Effectifs : inconnus exactement, ils font l'objet d'une importante polémique. Certains scientifiques estiment que l'espèce est menacée.

Statut : espèce classée dans la catégorie « quasi menacé » par l'U.I.C.N. en 2008. Inscrit en Annexe II de la Cites sauf l'argali de l'Himalaya (Ovis ammon hodgsonii) et Ovis ammon nigrimontana (Kazakhstan) qui sont inscrites en Annexe I.

Mouflon des neiges (Ovis nivicola)

Identification : très semblable au mouflon des Rocheuses, il est plus massif que l'argali ; ses cornes et ses pattes sont moins longues et plus épaisses (record pour les cornes : 1,11 m) ; son pelage est brun aux nuances variables selon les populations géographiques, son museau toujours blanc.

Répartition : il fréquente des zones nettement plus pentues et accidentées que les mouflons du Moyen-Orient. Il descend au niveau de la mer et atteint les rivages de l'océan Arctique, à l'embouchure de la Lena, à l'ouest, et à l'extrême nord-est de son aire de répartition. Sibérie ; depuis le nord du lac Baïkal jusqu'au détroit de Béring, et dans la péninsule de Kamtchatka ; une population isolée subsiste à l'est de l'embouchure de l'Ienisseï.

Effectifs : il n'existe plus en nombre significatif qu'au Kamtchatka, en Iakoutie et dans les régions contiguës. Ailleurs, il serait en voie de disparition. La dernière estimation d'Ovis nivicola nivicola (2007) était de 7 000 individus, tandis que la population d'Ovis nivicola borealis compterait environ 5 500 animaux en 2008.  

Mouflon de Dall (Ovis dalli)

Aussi appelé thinhorn (corne fine) par comparaison avec le mouflon des Rocheuses, ou bighorn.

Identification : un peu plus petit que le mouflon des montagnes Rocheuses, il est plus lourd toutefois que ceux du Sud désertique. Entièrement blanc, sauf certaines populations, comme le mouflon de Stone, dont les individus sont noirs au début de leur vie, puis s'éclaircissent avec l'âge. Les cornes sont assez fines.

Répartition : Alaska et provinces canadiennes du Yukon et de la Colombie-Britannique, jusqu'au niveau de la mer.

Comportement : comparable à celui du bighorn. Il complète son régime alimentaire, à base de graminées, par des mousses et des lichens.

Effectifs : 41 500 individus au Canada ; 70 000-75 000 aux États-Unis. Population stable. Espèce non menacée.

Milieu naturel et écologie

La répartition du mouflon des montagnes Rocheuses est liée aux zones de montagnes. Initialement, celle-ci était bien plus vaste que la répartition actuelle, qui ne correspond plus qu'à une suite de petits noyaux plus ou moins isolés, disséminés dans les provinces canadiennes de la Colombie-Britannique et de l'Alberta, sur les États de l'ouest des États-Unis et au nord du Mexique. Toutefois, de nombreuses réintroductions ont eu lieu, notamment dans les États de Washington, de l'Oregon, du Dakota du Nord, du Dakota du Sud et du Nouveau-Mexique.

Le rayon du domaine vital du mouflon s'étend habituellement sur une trentaine de kilomètres. En été, les quartiers des mouflons se situent au-dessus de la limite des arbres, entre 1 800 et 2 600 m d'altitude dans les Rocheuses, entre 3 800 et 4 500 m dans le sud de la sierra Nevada, en Californie. Au début de la belle saison, les mouflons fréquentent les versants sud et sud-ouest, puis gagnent les versants nord, se déplaçant de 3 à 5 km par jour, jusqu'à 16 parfois. Au Canada, à cette époque de l'année, la densité est de 0,9 mouflon au km2. En hiver, ils descendent au niveau de la forêt, entre 800 et 1 600 m d'altitude, se rassemblant sur de petites surfaces, en troupeaux qui peuvent compter une centaine de têtes (la densité est de 18 à 22 individus au km2 en cette saison, au Canada).

Wapitis et « burros »

Les mouflons ont peu de concurrence sur les terrains accidentés qu'ils fréquentent, notamment dans les milieux très rudes, comme le nord des Rocheuses, certains sommets du Colorado ou la Vallée de la Mort, en Californie. Dans des zones plus clémentes, quelques animaux sont des rivaux alimentaires naturels, surtout en hiver, quand les ressources sont limitées. Ainsi, dans l'État de Washington, il arrive que le wapiti partage les mêmes pâturages, mais, en général, le mouflon demeure plus haut en altitude que ce cervidé. En revanche, la compétition est réelle avec les troupeaux de moutons domestiques qui viennent sur les domaines des mouflons et les contraignent à changer leurs habitudes.

Dans les zones désertiques, au Nevada, en Arizona et en Californie, cette compétition est beaucoup plus aiguë, à cause des « burros ». Ces descendants d'ânes domestiques arrivés avec les Espagnols vivent maintenant en complète liberté et s'approprient la nourriture, au détriment de la faune sauvage.

Un autre concurrent pour les mouflons des déserts est le mouflon à manchettes africain (Ammotragus) qui, venant du Sahara, a été introduit en Amérique du Nord, où il prolifère.

Des épaisseurs de peau bien placées

Des épaisseurs de peau bien placées



La chèvre des montagnes Rocheuses et le mouflon du même nom sont concurrents. Proche du chamois, la chèvre, animal solitaire, est plutôt casanière et préfère des terrains plus pentus que le mouflon. Le cuir de sa croupe et de ses cuisses, très épais, la protège des cornes pointues de son adversaire lors des combats. Pour le mouflon, qui lutte tête contre tête, l'essentiel des protections est à l'avant du corps.

Proie d'un parasite

Excepté l'aigle royal, qui capture quelques agneaux, et le puma, qui attrape quelques adultes, les prédateurs du mouflon sont vraiment peu nombreux.

L'ennemi des mouflons le plus efficace est une maladie, la bronchite-vermineuse-pneumonie, due à l'association d'un ver parasite et de bactéries. Le parasite, présent dans les poumons de l'animal, peut passer directement chez le fœtus et tuer, certaines années, 80 % des agneaux d'une harde. Entre adultes, la maladie se transmet au pâturage, les œufs du ver étant éliminés avec les crottes. Lorsqu'ils broutent, les mouflons ingèrent les larves avec de minuscules escargots dans lesquelles celles-ci se logent.

Le mouflon et l'homme

Un animal bien protégé aujourd'hui

Les massacres qui ont fait passer la population de mouflons d'Amérique de 150 000 - 200 000 avant 1800 à quelques milliers au début du xxe siècle (le chiffre de 2 millions ou plus avancé par certains ayant été revu à la baisse) n'ont plus cours. Depuis la fin des années 1980, la tendance des effectifs est considérée comme stable avec une population totale de 58 000- 59 000 individus au début des années 1990, dont environ 42 700 aux États-Unis.

Chassé pour sa viande et son trophée

Le mouflon d'Amérique a été décrit scientifiquement en 1804, mais la plus ancienne mention connue date de 1540. Faite à l'occasion de l'exploration de la Californie par les troupes du conquistador Francisco Vazquez de Coronado, on y parle de « moutons gros comme des chevaux, avec de très grandes cornes et de petites queues ». Puis les textes deviennent assez rapidement de simples comptes rendus de chasse.

La chasse aux mouflons était pratiquée par les Indiens bien avant l'arrivée des Européens. Sur le mont Shasta, en Californie, par exemple, on a découvert une grande accumulation de crânes de mouflons, sans doute les restes de chasses indiennes. En plus de la viande de l'animal, les Shoshones du Nevada et les Gros-Ventres du Montana utilisaient aussi ses cornes pour fabriquer des arcs.

Si les prélèvements des Indiens ne mettaient pas les populations de mouflons en danger, l'arrivée des fusils vint tout changer et, au cours du xixe siècle, les massacres de ces animaux furent considérables, au point que les effectifs ne furent plus qu'une infime partie des quantités initiales et que certaines populations disparurent complètement, comme le mouflon d'Audubon dont les derniers représentants ont probablement été tués en 1916.

Il fallut attendre les années 1920 pour que des mesures de protection et des programmes de repeuplement soient mis en place après l'effondrement des populations durant la seconde moitié du xixe siècle. Au début, les résultats furent contrariés par des hivers très durs, donc meurtriers pour les animaux, et les effectifs remontèrent très lentement.

À partir des années 1950, la chasse a été réouverte dans certaines zones. Le tir est autorisé, mais limité à quelques individus, dont il faut d'abord estimer l'âge par la longueur des cornes. Les chasseurs doivent suivre une formation préalable pour être en mesure de reconnaître les caractéristiques des mouflons autorisés à être chassés. Cette chasse coûte cher et tout le monde ne peut pas s'offrir un trophée. Au Canada, il est chassé dans le cadre de programmes de gestion des troupeaux tandis que seule la population mexicaine est inscrite à l'Annexe II de la Cites (chasse et commerce réglementés).

Des aménagements « spécial-mouflon »

On a remarqué que les mouflons peuvent tirer profit de certains aménagements qui ne leur sont pas destinés initialement, notamment de points d'eau artificiels, surtout si ceux-ci sont situés dans des zones calmes. Ainsi, dans les années 1940, ces animaux s'étaient mis à estiver dans le massif de River Mountain (Nevada), à la suite de la création d'une station de filtration des eaux, à laquelle ils venaient s'abreuver. Dans cet esprit, lors de la construction d'une canalisation entre le lac Mead et Las Vegas, au Nevada, on a tenu compte des exigences de calme de ces animaux pour le choix de l'emplacement des bassins de refroidissement de l'eau des pompes. C'est une réussite : les hardes les utilisent.

Dans le Nevada toujours et en Arizona, où il ne tombe que 25 mm d'eau par an, des cuves, qui recueillent l'eau de pluie et la protègent de l'évaporation, ont été construites pour les oiseaux. Les mouflons en profitent, sans être dérangés par le bétail domestique, car ces bassins ont été aménagés de façon que les mouflons puissent y passer la tête.

Enfin, dans les réserves et parcs nationaux, l'attirance des mouflons pour les pierres à sel aide aussi à les traiter contre certaines maladies, si on parvient à éviter qu'ils croisent des troupeaux de moutons. Ces derniers peuvent, en effet, leur transmettre par le léchage des pierres une maladie virale, parfois mortelle, l'ecthyma, qui se traduit par des croûtes sur le nez. La fièvre catarrhale, autre virus, est véhiculée des moutons aux mouflons par un moustique.