En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

macareux moine

Macareux
Macareux

Perroquet de mer, clown de mer, le macareux moine doit ces appellations familières à son curieux bec bigarré qui lui a donné sa notoriété. Proche parent des pingouins, il en a la solennelle livrée noir et blanc et vit au sein de colonies prospères dans l'Atlantique nord.

Introduction

Les fossiles sont trop peu nombreux pour permettre de retracer l'histoire du macareux moine de façon satisfaisante. Néanmoins, l'étude des parentés anatomiques et génétiques entre les alcidés, dont cet oiseau fait partie (aux côtés notamment du pingouin et des guillemots), et d'autres familles d'oiseaux conduit à une vue d'ensemble généralement reconnue.

Les alcidés seraient issus d'un ancêtre commun à plusieurs familles d'oiseaux, dont l'apparence devait être proche de celle d'un goéland actuel. Cet ancêtre est sans doute apparu durant la seconde moitié du crétacé ou au début du paléocène, entre 100 et 60 millions d'années avant notre ère. Ses caractères anatomiques indiquent qu'il était capable de voler et de se déplacer sur l'eau. À partir de ce tronc commun se sont développées plusieurs familles d'oiseaux aquatiques, souvent marins, aux pieds palmés, qui ont colonisé les milieux humides. Adaptant leur mode de vie à ces habitats divers, les oiseaux se sont peu à peu spécialisés, développant les modifications anatomiques correspondantes.

Les alcidés présentent une adaptation poussée au milieu marin : ils sont en effet capables de se déplacer sous la surface de l'eau ; leurs ailes sont de taille réduite, leurs pattes plus efficaces sous l'eau qu'à terre. À ce titre, le macareux fait quelque peu exception, car il possède des pattes tout à fait fonctionnelles.

Le grand pingouin, aujourd'hui éteint, avait atteint un tel degré d'adaptation au milieu marin qu'il avait perdu la faculté de voler, ses ailes s'étant transformés en nageoires. Hélas ! Cet oiseau d'un poids de 500 kg et incapable de voler, proie tentante pour les marins en quête de ravitaillement, a été massacré en si grand nombre que l'ultime représentant de l'espèce a été abattu en 1844.

À l'heure actuelle, les macareux moines se comptent par millions, et leurs colonies nombreuses peuplent les côtes de l'Atlantique à chaque saison de reproduction.

La vie du macareux moine

À terre quelques mois par an seulement

Les macareux sont des oiseaux grégaires, qui se déplacent et pêchent en groupe toute l'année. Leur grégarisme, plus évident durant la saison de reproduction, continue à se manifester lorsqu'ils quittent les falaises, tous à la même époque, et gagnent la haute mer pour hiverner.

Le moment du départ n'est pas le même pour toutes les colonies : les sites les plus méridionaux sont abandonnés les premiers, dès le mois d'août, tandis que les plus septentrionaux d'entre eux ne sont désertés que pendant la première moitié de septembre.

La vie des macareux en mer, leurs déplacements et leurs aires d'hivernage ne sont pas très bien connus. L'habitude de l'espèce d'hiverner en mer et le faible taux de reprise d'oiseaux bagués expliquent cette incertitude : il faut baguer près de 200 macareux pour espérer en reprendre un seul. On sait toutefois que, en hiver, les populations les plus nordiques, du nord-ouest du Groenland au nord de la Nouvelle-Zemble, hivernent à proximité du Groenland et en Norvège, au sud de la limite des glaces ; celles du nord-est de l'Amérique du Nord, du sud-ouest du Groenland, de l'Islande et de Norvège ne dépassent guère le 45e parallèle, les oiseaux du Canada, du Groenland et même d'Islande fréquentant volontiers les eaux de Terre-Neuve, tandis que ceux de Norvège restent à proximité de l'Islande ou gagnent l'Atlantique. Quant aux macareux de Grande-Bretagne, d'Irlande et de France, ils demeurent pour certains en mer du Nord, tandis que d'autres se dirigent très au sud et atteignent 30° de latitude nord, à la hauteur des côtes marocaines. Ils se dispersent alors dans l'Atlantique, jusqu'à Madère, ou pénètrent en Méditerranée, jusqu'en Sicile.

Une mue en hiver

C'est pendant l'hivernage, lorsque les macareux sont en pleine mer, qu'ils changent de plumage. Cette mue partielle, qui affecte les grandes plumes des ailes, les rémiges, et les plumes de la queue, les rectrices, intervient entre octobre et avril, le plus souvent en janvier ou en février. Comme les rémiges tombent toutes au même moment, les oiseaux ne peuvent plus voler pendant quelques semaines.

Un peu plus tard, les macareux commencent à prendre leurs couleurs nuptiales ; les teintes du bec et des pattes s'avivent, et, dès la fin mai, les colonies rejoignent les entablements rocheux côtiers et les falaises pour les quelques mois d'été.

La métamorphose du bec

   Entre fin février et fin mai, pendant les quelques mois passés à terre, le bec du macareux connaît une véritable métamorphose. Il augmente de volume en se couvrant d'un étui corné et coloré, formé à partir d'une prolifération des cellules constituant le bec lui-même. Cet ornement provisoire et bigarré, qui joue un rôle important au moment de l'accouplement, tombe ensuite entre la fin de juillet et septembre. Ainsi, en hiver, le bec est moins coloré.

Plusieurs petits poissons à la fois

Le macareux se nourrit avant tout de poissons, capturés en plongée juste sous la surface ou à faible profondeur. Il peut effectuer sous l'eau, en apnée pendant 5 à 10 secondes, un trajet d'une cinquantaine de mètres. Lorsqu'ils nourrissent leurs oisillons nouvellement éclos, ils attrapent souvent plusieurs proies – jusqu'à une dizaine ou plus – au cours de la même plongée. Le macareux consomme aussi des mollusques céphalopodes (seiches et calmars), ainsi que des crustacés, qu'il capture à des profondeurs plus importantes. Les plongées peuvent atteindre 40 m de profondeur, parfois plus.

La plongée

La plongée



En plongée, lorsque le macareux pêche, la propulsion est entièrement assurée par de vigoureux battements de ses ailes courtes et étroites, pourvues de plumes rigides, les rémiges, et taillées pour ce type d'effort. Ce « vol sous-marin » peut dépasser la vitesse de 20 km/h. Les pattes, bien que palmées, n'interviennent pas dans la propulsion, mais, par leur mouvement, font office de gouvernail, permettant à l'oiseau de se diriger. Enfin, le plumage plaqué au corps au cours de l'immersion améliore encore la pénétration dans l'eau.

Un oiseau piscivore

Les poissons, qui constituent l'essentiel des proies, appartiennent à de nombreuses espèces : lançons, harengs, sprats, capelans, maquereaux, merlans, lieus noirs ou jaunes, morues, églefins ; au nombre des espèces les moins fréquentes figurent l'épinoche de mer et la petite vive. L'alimentation est complétée par des crustacés comme les crevettes, des vers annélides et des mollusques tels les calmars.

Le régime des jeunes, qui a fait l'objet de nombreuses études, inclut surtout les lançons, le sprat et le merlan.

Des proies de taille modeste

Le choix des espèces que le macareux consomme est en partie dicté par la taille de l'oiseau, proche de celle d'un pigeon, qui ne lui permet d'avaler que des proies de taille modeste : de 3 à 4 cm pour un merlan, de 4 à 12 cm pour un lançon, de 4 à 7 cm pour un sprat. Rarement, les poissons capturés peuvent atteindre une vingtaine de centimètres de long. Toutefois, l'élément qui influe le plus sur le choix des proies n'est pas leur taille, mais leur épaisseur : les ornithologues Swennen et Duiven ont déterminé que le macareux ne peut avaler un poisson d'une épaisseur supérieure à 2,3 cm. Lorsqu'il nourrit ses jeunes, l'adulte ramène de 5 à 10 poissons (parfois plus), tenus en travers de son bec. Si les proies sont des alevins – par définition de petite taille – ce nombre peut augmenter de façon considérable : on a ainsi pu dénombrer 61 alevins dans une seule becquée !

Le régime alimentaire du macareux connaît d'importantes variations en fonction de l'âge de l'animal. Mais ce sont surtout l'aire géographique exploitée par une colonie et la saison qui déterminent l'abondance relative des différentes espèces de poissons disponibles, sujette à de fortes variations annuelles et locales. Ainsi, en Écosse, les Britanniques Harris et Hislop ont relevé, en ce qui concerne les sprats, des pourcentages variant de 1 à 76 % d'une année à l'autre, pour des totaux respectifs de 359 et 992 proies capturées.

La formation des couples près de la terre

En mars ou avril, plus ou moins tôt selon la latitude, le bec des macareux revêt ses couleurs nuptiales. Les oiseaux abandonnent leurs quartiers d'hiver en mer et rejoignent la côte et les sites de nidification. Là, ils ne s'installent pas à terre, mais se tiennent en mer, assez près du rivage le jour, plus loin la nuit. Ils constituent alors des « radeaux », assemblées de quelques dizaines à plusieurs centaines d'oiseaux, qui nagent en formation serrée, mais sans contact les uns avec les autres.

Une semaine environ après leur arrivée, les macareux manifestent une agitation croissante : ils s'envolent et décrivent au-dessus de l'eau un large trajet circulaire se rapprochant à chaque fois un peu plus de la terre. Ils se posent d'abord pour de brefs moments, puis s'attardent un peu plus longtemps à chaque nouvel arrêt.

Une parade nuptiale à coups de bec

Avant même que les oiseaux aient définitivement rejoint la terre ferme, les couples se sont constitués ou, s'il s'agit de couples déjà formés l'année précédente, ont renforcé leurs liens. Le déroulement de la cérémonie qui préside à la formation d'un nouveau couple est mal connu ; il se rapproche certainement du rituel de renforcement des liens dans les couples anciens.

Le mâle sollicite la femelle par des hochements rapides de la tête, dont l'enchaînement ininterrompu peut durer parfois 10 minutes. Chaque hochement est en général accompagné d'un grognement rauque. Puis les deux partenaires tournent l'un autour de l'autre et se frottent ou se frappent mutuellement le bec par des mouvements latéraux de la tête. À terre, il arrive que la femelle, déséquilibrée par les violents coups de bec du mâle, roule sur la pente.

Une fois les liens formés, mâle et femelle restent fidèles d'une année à l'autre, mais on ignore s'ils restent ensemble au cours de l'hiver.

L'accouplement a lieu sur l'eau

Bien que des simulacres puissent se dérouler à terre, l'accouplement véritable a lieu sur l'eau, où le mâle interdit à ses semblables d'approcher la femelle. Celle-ci montre une disposition favorable en enfonçant son arrière-train dans l'eau, tête redressée.

L'accouplement, bref (5 secondes en moyenne), est fréquemment répété. Après celui-ci, les deux oiseaux s'ébrouent, battent des ailes et simulent la toilette de leur plumage. Il arrive que le mâle effectue des tentatives auprès d'autres femelles, non appariées la plupart du temps. La femelle peut plonger pour échapper aux assiduités du mâle ou pour mettre fin à l'accouplement.

Apprendre seul à voler et à pêcher

L'espace propice à la nidification étant rare, le macareux niche en colonie, chaque couple occupant un terrier, généralement accroché à flanc de falaise, qu'il rejoint aussitôt après l'accouplement. Le terrier de l'année précédente est réutilisé par le même couple. Si l'un des partenaires a disparu, l'autre, surtout s'il s'agit d'un mâle, continue de défendre le même terrier et s'efforce de se lier à un nouveau partenaire.

S'il est nécessaire de creuser un nouveau gîte, mâle et femelle se relaient pour pratiquer l'excavation à l'aide du bec et des pattes. Un terrier de puffin ou de lapin peut être utilisé. Lorsque la densité des nicheurs est très élevée, les terriers communiquent parfois, mais chaque couple connaît exactement les limites de son domaine. Le terrier s'ouvre sur un boyau d'entrée d'un peu moins de 1,50 m en moyenne, qui s'élargit ou non en une chambre terminale. Celle-ci est aménagée sommairement de tiges, de brins d'herbe et de plumes simplement déposés par le couple sur le sol, sans motif de construction.

Un œuf par terrier

La ponte a lieu au début du mois d'avril, mais des pontes tardives – en général vouées à l'échec – ont encore lieu vers la mi-juillet. Un œuf unique est pondu dans chaque terrier. Il est couvé par la femelle, que le mâle relaie parfois pour de courtes périodes. L'incubation dure 39 jours en moyenne. Les éclosions ont lieu dans la deuxième semaine de mai, à peu près au même moment dans toute la colonie. Le jeune reste au nid pendant une période de 5 à 12 semaines. Il est constamment sous la garde de l'un des parents, lesquels se relaient pour le nourrir plusieurs fois par jour de poissons qu'ils rapportent en travers de leur bec.

Puis les jeunes sont abandonnés par les adultes, qui gagnent la haute mer à l'approche de l'hiver. Livrés à eux-mêmes, ils finissent par quitter le terrier, souvent à la tombée de la nuit, et cherchent à gagner la mer, courant, voletant, avec plus ou moins de difficultés. S'il le faut, ils se jettent dans le vide. Ils ne tardent pas à savoir plonger et pêcher, et gagnent bientôt le large. Au printemps suivant, ils rejoignent le plus souvent la colonie au sein de laquelle ils sont nés.

Pour tout savoir sur le macareux moine

Macareux moine (Fratercula arctica)

Son petit corps rond, campé sur de courtes pattes, sa tête assez grosse, prolongée par le bec fort et coloré, donnent au macareux une silhouette originale qui ne peut être confondue avec celle d'un autre oiseau. Rien ne permet de différencier extérieurement le mâle et la femelle tant leur apparence est semblable, le mâle étant à peine plus grand.

Le trait le plus remarquable du macareux moine est son bec, volumineux et coloré, qui lui a donné dans plusieurs langues son surnom de « perroquet de mer ». Le bec des jeunes macareux n'est complètement développé qu'à l'âge de 4 ou 5 ans.

Au printemps apparaissent à sa surface des lames cornées vivement colorées qui en augmentent le volume et le rendent très visible ; en hiver, la commissure porte un renflement charnu, rouge, terne et flasque, qui devient alors jaune vif. La coloration du bec joue un rôle social important : elle indique aux autres macareux la maturité sexuelle de l'oiseau.

L'œil s'orne au printemps, tant chez le mâle que chez la femelle, de deux appendices cornés, dont l'un, au-dessus de l'œil et de forme triangulaire, rappelle le maquillage des clowns blancs et lui a valu son autre surnom de « clown de mer ».

Le plumage, dense, assure une imperméabilité et une isolation thermique parfaites, indispensables au macareux qui passe sept mois de l'année sur les vagues et connaît souvent des températures à peine supérieures à 0 °C. L'aspect du plumage varie entre l'hiver et le printemps, à la suite de la mue annuelle. La coloration de l'oiseau reste néanmoins la même, mais la joue, de grisâtre en hiver, devient alors blanche.

Les ailes sont courtes. Elles varient de 16,5 cm à 16,9 cm chacune lorsqu'elles sont pliées. Elles sont étroites et couvertes de nombreuses plumes courtes, fortement imbriquées les unes dans les autres. Les rémiges sont rigides et serrées afin de résister à la pression de l'eau, car les ailes sont de véritables rames, grâce auxquelles le macareux se déplace sous l'eau. Cette conformation oblige l'animal à battre très rapidement des ailes lorsqu'il vole, au point qu'il devient difficile de discerner ces dernières. Le macareux vole essentiellement au cours de ses nombreux va-et-vient entre la colonie et la zone de pêche, au moment de la nidification.

Les pattes du macareux sont courtes et situées en arrière du corps ; elles entraînent un dandinement de l'oiseau lorsqu'il se déplace à terre. Contrairement à la plupart des alcidés, qui s'appuient sur le talon, le macareux moine se tient sur les doigts, comme la majorité des autres oiseaux. Les pattes ne comptent que trois doigts antérieurs, le pouce étant absent, réunis par une palmure et terminés par de petits ongles robustes, efficaces pour creuser le terrier. Jaunes en dehors de la période de reproduction, les pattes deviennent rouge vermillon au printemps, en raison de l'augmentation du flux sanguin.

L'ouïe comme vue sont bonnes. La seconde est presque aussi efficace sous l'eau qu'au-dessus.

Sous-espèces

Trois sous-espèces de macareux moine ont été déterminées. Bien qu'elles ne concernent que la taille, les différences sont parfois importantes.

Fratercula arctica arctica vit en Islande, dans le centre et le nord de la Norvège, le sud de la Nouvelle-Zemble, le sud-ouest du Groenland et l'est de l'Amérique du Nord.

Fratercula arctica grabae est plus petite ; la longueur de l'aile pliée varie de 15,7 à 16,8 cm. Elle se rencontre dans les îles Britanniques, en France et dans le sud de la Norvège.

Fratercula arctica naumanni est la plus grande ; l'aile pliée atteint 18,3 cm en moyenne. Elle vit à l'est et au nord-ouest du Groenland, au Spitzberg et au nord de la Nouvelle-Zemble.

MACAREUX MOINE

MACAREUX MOINE

Nom (genre, espèce) :

Fratercula arctica

Famille :

Alcidés

Ordre :

Charadriiformes

Classe :

Oiseaux

Identification :

Petite taille, noir et blanc, bec triangulaire, pieds palmés

Envergure :

De 47 à 62 cm

Poids :

De 305 à 675 g

Répartition :

Atlantique nord

Habitat :

Côtes rocheuses et pleine mer

Régime alimentaire :

Surtout piscivore

Structure sociale :

Grégaire, monogame

Maturité sexuelle :

À 5 ans le plus souvent

Saison de reproduction :

De la fin de mars au début de septembre

Durée d'incubation :

39 jours

Poids de l'œuf :

62 g en moyenne

Nombre de jeunes par portée :

1

Longévité :

21 ans (record connu)

Effectifs, tendances :

5,7 à 6 millions d'individus ; effectifs en diminution

Statut, protection :

Espèce protégée en Europe ; captures localement ou temporairement tolérées

Remarque :

La Bretagne, en France, représente la limite méridionale de son aire de répartition

 

 

Signes particuliers

Yeux

Au printemps, le macareux sexuellement mature présente des excroissances cornées de teinte sombre, l'une au-dessus de l'œil, l'autre au-dessous. Cerné aussi de rouge, l'œil est pourvu d'une troisième paupière, transparente, la membrane nictitante, qui s'ouvre et se ferme d'avant en arrière sur un plan horizontal et le protège, de cette façon, au cours de la plongée.

Excroissances

À l'approche de la période nuptiale, l'œil se dote d'ornements originaux. Ces excroissances, appelées caroncules, ne sont pas constituées de chair, mais de la même matière cornée que celle qui forme les ongles ou le bec. La plaque supérieure est triangulaire, tandis que son homologue inférieure est rectangulaire ou presque. Elles contribuent toutes deux à donner cette expression si typique du macareux.

Bec

Juste avant la période des amours, le bec se recouvre d'un étui corné constitué de lames jointives. Ses couleurs vives sont des signaux sexuels de grande importance. À l'automne, l'étui se détache et tombe. Le bec est alors de dimension plus modeste, avec des dessins identiques mais plus ternes.

Pattes

Le macareux moine ne possède que trois doigts, réunis par une palmure et terminés par des ongles courts, arqués et robustes, instruments de grattage efficaces. En vol, la palmure pallie la petite taille de la queue ; pour freiner, l'oiseau écarte les pattes et offre à l'air la plus grande surface possible. Sous l'eau, les pattes ne participent pas à la propulsion, dévolue aux ailes, mais la palmure aide l'animal à se diriger en prenant appui sur l'élément liquide.

Les autres alcidés

Le macareux est associé, au sein de l'ordre des charadriiformes, à des oiseaux aussi dissemblables de lui que les petits échassiers des rivages (courlis, bécasseaux ou vanneaux) et à d'autres palmipèdes comme les labbes, les goélands, les mouettes et les sternes.

La famille des alcidés compte – si l'on exclut le grand pingouin, éteint en 1844 – 23 espèces dont 13 habitent le Pacifique Nord. Les alcidés sont des oiseaux de l'hémisphère Nord, de taille petite à moyenne, au plumage sobre, souvent noir et blanc, variable selon la saison. Excellents plongeurs, ils se nourrissent de poisson ou de plancton. La plupart d'entre eux sont grégaires et forment des colonies pour se reproduire. En raison de la proche parenté des alcidés avec les goélands, certains ornithologues, sur la base d'examens génétiques, considèrent les premiers comme une sous-famille (celle des alcinés) de la famille à laquelle appartiennent les seconds, celle des laridés. Toutefois les organismes internationaux de taxinomie n'ont pas répercuté cette classification et considèrent toujours que les alcidés forment une famille à part entière de l'ordre des charadriiformes.

Alcidés de l'Atlantique

Mergule nain (Alle alle)

Identification : tête et bec noirs, dos noir à stries blanches, ventre blanc. Longueur : de 20 à 25 cm.

Répartition : Arctique ; niche en colonies de millions d'oiseaux.

Petit pingouin ou pingouin torda (Alca torda)

Identification : tête et dos noirs, bec fort à stries blanches. Longueur : de 40 à 45 cm ; envergure : de 63 à 66 cm.

Répartition : Atlantique Nord. Une petite population niche en France.

Guillemot à miroir (Cepphus grylle)

Identification : noir, deux larges taches blanches sur les ailes ; pattes rouges. Longueur : de 30 à 36 cm.

Répartition : océan glacial Arctique et Atlantique Nord.

Alcidés de l'atlantique et du pacifique

Guillemot de Troil (Uria aalge)

Appelé guillemot marmette au Canada.

Identification : tête et dos noirs, long bec pointu. Longueur : de 40 à 43 cm.

Répartition : Atlantique et Pacifique Nord. Une petite colonie niche en France (sur la péninsule du Finistère, en Bretagne).

Guillemot de Brünnich (Uria lomvia)

Identification : tête et dos noirs, bec pointu portant une ligne blanche sur le côté. Longueur : de 43 à 48 cm.

Répartition : Atlantique Nord et Pacifique Nord.

Alcidés du Pacifique

Macareux cornu (Fratercula corniculata)

Identification : ornements oculaires très marqués, bec très fort, rouge à l'extrémité puis jaune. Longueur : de 36 à 41 cm.

Répartition : Pacifique Nord.

Guillemot colombin (Cepphus columba)

Identification : noir avec masque blanc. En plumage nuptial, une huppe jaune paille tombe sur la nuque. Bec fort, vermillon avec une base gris-vert, pattes orange. Longueur : de 30 à 35 cm.

Répartition : des îles Kouriles à la Californie.

Guillemot à lunettes (Cepphus carbo)

Identification : noir, à l'exception d'un dessin blanc autour de l'œil ; pattes rougeâtres. Longueur : 37 cm ; envergure : 60 cm.

Répartition : côtes occidentales du Pacifique nord, de la Sibérie à la Corée du Sud et au Japon.

Macareux huppé (Lunda cirrhata)

Identification : entièrement noir avec masque blanc. En plumage nuptial, une huppe jaune paille tombe sur la nuque. Gros bec vermillon à base gris-vert. Pattes orange. Longueur : de 36 à 41 cm ; envergure : de 56 à 58 cm.

Répartition : de la mer du Japon à la Californie.

Guillemot marbré (Brachyramphus marmoratus)

Identification : plumage brun d'aspect écailleux, dos sombre, petit bec pointu, pattes jaunâtres. Longueur : de 24 à 25 cm.

Répartition : du Japon aux États-Unis (État de Washington).

Guillemot à long bec (Brachyramphus perdix)

Ressemble au guillemot marbré, dont il a longtemps été considéré (jusqu'en 1998) comme une sous-espèce. Répartition : Pacifique Nord, entre l'Asie continentale (péninsule de Corée, Chine, Russie) et le Japon.

Guillemot de Kittlitz (Brachyramphus brevirostris)

Identification : gris-brun moucheté, aspect écailleux du plumage plus fin, ventre blanc, bec court, pattes jaunâtres. Longueur : 23 cm.

Répartition : sur les îles Aléoutiennes et en Alaska.

Guillemot de Xantus (Brachyramphus hypoleucus ou synthliboramphus hypoleucus)

Identification : dos noir, ventre blanc, petit bec pointu et noir, pattes grises. Longueur : de 24 à 26 cm.

Répartition : Pacifique Nord-Est ; niche sur les Channel Islands, au large de la Californie.

Guillemot de Craveri (Brachyramphus craveri ou synthliboramphus craveri)

Identification : très semblable au précédent ; trait vertical noir de chaque côté du cou. Longueur : 21 cm.

Répartition : Pacifique Est ; niche au large de la Basse-Californie (Mexique).

Guillemot à cou blanc (Synthliboramphus antiquus)

Identification : dos et gorge noirs, ventre blanc, sourcils blanchâtres, bec jaune, pattes grises. Longueur : de 24 à 27 cm.

Répartition : de la Corée au Canada.

Starique de Cassin (Ptychoramphus aleuticus)

Identification : tête et dos gris, ventre blanc, petit bec noir et jaune, pattes grises. Longueur : de 20 à 23 cm.

Répartition : des îles Aléoutiennes à la Californie.

Guillemot du Japon (Synthliboramphus wumisuzume)

Identification : dos gris, ventre et nuque blancs, tête et courte huppe noires, bec jaune, pattes couleur chair.

Longueur : 26 cm.

Répartition : Japon.

Starique perroquet (Cyclorrhynchus psittacula)

Identification : dos et gorge noirs, ventre blanc, plumet blanc en arrière de l'œil, bec fort et court, orange vif, pattes jaune grisâtre. Longueur : de 23 à 25 cm.

Répartition : sur les îles Aléoutiennes et en Alaska.

Starique cristatelle (Aethia cristatella)

Identification : entièrement gris, plus clair sur le ventre et sous les ailes. Longue huppe noire sur le front et plumet blanc en arrière de l'œil ; court bec orange à extrémité jaune ; pattes grises. Longueur : 23 cm.

Répartition : depuis les îles Aléoutiennes jusqu'en Alaska et en Sibérie orientale.

Starique minuscule (Aethia pusilla)

C'est le plus petit et l'un des plus abondants des alcidés.

Identification : dos noirâtre, ventre tacheté de gris foncé, très petit bec noir à l'extrémité rouge. Longueur : 15 cm.

Effectifs : environ 6 millions d'oiseaux formant une trentaine de colonies en Alaska.

Répartition : depuis les îles Aléoutiennes jusqu'en Alaska et en Sibérie orientale.

Starique pygmée (Aethia pygmaea)

Identification : très semblable à l'alque huppé ; double plumet blanc de part et d'autre du bec, encadrant l'œil. Longueur : de 17 à 18 cm.

Répartition : îles Aléoutiennes.

Macareux rhinocéros (Cerorhinca monocerata)

Il serait plus proche des macareux que des alques.

Identification : gris écailleux, sourcils et moustache blancs, bec orange surmonté d'un appendice corné, pâle. Longueur : de 35 à 38 cm.

Répartition : Chine, Japon et jusqu'en Californie.

Milieu naturel et écologie

Le macareux moine vit dans l'Atlantique Nord et dans l'océan Arctique, depuis les côtes canadiennes jusqu'à la Nouvelle-Zemble, au nord de la Russie. En période de nidification, son établissement le plus méridional se situe en Bretagne, mais il peut atteindre le 25e parallèle nord en hiver, à proximité du tropique du Cancer. Que le macareux soit à terre pour nicher ou qu'il vive au large, sa présence est conditionnée par l'existence de poissons d'une certaine taille en quantité suffisante. Des paramètres tels que les courants, la température des eaux et leur richesse en plancton jouent donc indirectement un rôle dans la répartition du macareux.

La mer est son domaine

Comme tous les alcidés, le macareux moine partage son existence entre deux milieux de vie aussi différents que complémentaires, la mer et le littoral. Il passe la plus grande partie de son temps en mer : l'adulte y séjourne sept mois par an, sans jamais toucher terre ; pendant les cinq autres mois, il consacre encore la plupart de son temps à l'océan, soit qu'il s'y repose, soit qu'il en tire sa nourriture ou celle destinée au jeune. Le macareux moine est si dépendant du milieu marin que son apparition à l'intérieur des terres est exceptionnelle ; encore s'agit-il, le plus souvent, d'oiseaux égarés qu'une violente tempête, comme il en existe surtout en automne, a entraînés au-delà du littoral. Les infortunés sont presque à coup sûr condamnés, tant ils sont affaiblis et perturbés par leur mésaventure.

Des sites de reproduction choisis avec soin

Indispensable à la reproduction, le milieu terrestre joue aussi un rôle fondamental au cours des autres périodes de la vie de l'espèce. Les sites de nidification sont établis sur le littoral même, à proximité de secteurs poissonneux susceptibles de fournir la nourriture des jeunes. Il est également important que les sites soient tournés vers le large, afin de permettre un accès rapide aux zones de repos et de pêche. C'est ainsi que les colonies sont très rarement installées au fond d'un bras de mer, ou sur la côte opposée à la haute mer lorsqu'elles nidifient sur une île.

Tous les types de littoral ne sont pas propices au macareux moine : les côtes basses et sableuses n'offrent aucune possibilité d'installation. Il faut des rochers ou, mieux, des falaises, quelle que soit leur hauteur. Toutefois, l'existence, au sommet des rochers ou de la falaise, d'une couche de terre molle où le couple pourra creuser son terrier est un élément d'une grande importance. Ces formations se remarquent aisément, même à distance, dans la mesure où elles sont couvertes d'un gazon ras et dru, d'un vert éclatant, typique sur les côtes situées à moyenne et à haute latitude. Ce gazon est écologiquement précieux, car il empêche l'érosion des couches de terre relativement minces dans lesquelles les macareux, mais aussi d'autres oiseaux de mer, creusent leurs terriers de nidification. Les plantes qui le composent sont adaptées aux conditions particulières qui règnent à proximité immédiate de la mer : elles sont résistantes aux embruns chargés de sel, elles possèdent un réseau dense de racines qui leur assure un ancrage solide, et leur taille réduite leur permet d'échapper au vent parfois violent.

Lorsque les rochers ne sont pas recouverts de cette couche de terre, le macareux installe son nid au fond d'une anfractuosité naturelle ou dans les espaces ménagés par l'accumulation de blocs rocheux.

Des prédateurs ailés

Nichant en grandes colonies de milliers d'oiseaux, les macareux peuvent devenir la proie de nombreux oiseaux prédateurs. L'oiseau adulte a peu à craindre d'eux, les prédateurs s'en prenant de préférence aux individus affaiblis par la maladie ou par une blessure, et surtout aux jeunes. Ces derniers s'exposent aux attaques vers la fin de leur séjour au nid, lorsqu'ils prennent l'habitude de s'avancer à l'entrée du terrier pour attendre le retour des adultes nourriciers. Ils constituent alors des cibles faciles pour des ravisseurs ailés aussi puissants et audacieux que les goélands marins et les grands labbes. Avec une envergure d'environ 1,50 m, un fort bec crochu et d'excellentes capacités de vol, ce sont de redoutables prédateurs-charognards pour les macareux de tous âges.

Le macareux moine et l'homme

Des colonies nombreuses et bien protégées

Le « clown de mer » bénéficie de la sympathie des hommes et de la protection de la loi. Toutefois, ce parrainage ne suffit pas à le mettre à l'abri des bouleversements à l'échelle planétaire. La chasse a pratiquement cessé, mais l'exploitation industrielle de la mer, pour la pêche et le transport, est aujourd'hui en cause.

Un oiseau très populaire dans les pays où il niche

Le macareux moine est l'un de ces oiseaux qui bénéficient, dans les pays d'Europe occidentale et en Amérique du Nord, d'une cote de popularité élevée. Sa façon de se « dandiner » sur ses petites pattes colorées et son attachant faciès de clown, où les yeux ont une expression attendrissante due aux excroissances cornées qui les entourent ainsi qu'au trait sombre qui les prolonge vers l'arrière, ont propulsé le macareux au rang de vedette dans des productions destinées aux touristes. Que ce soit aux îles Scilly, au large de la Cornouailles, ou dans les Côtes-d'Armor, en Bretagne, le macareux apparaît sur des tee-shirts, des tasses, des autocollants ou sous forme de jouet en peluche. En France, il a été choisi comme emblème de la Ligue pour la protection des oiseaux (L.P.O.).

Une chasse aujourd'hui marginale

Les régions littorales circumboréales offrent aux communautés humaines des conditions de vie très précaires. L'océan fournit des ressources alimentaires importantes, et la pêche est une des activités essentielles des populations locales. Mais, aux côtés de cette activité, la chasse existe elle aussi dans ces régions. À partir du xviiesiècle puis, surtout, aux xviiie et xixe siècles, à la chasse traditionnelle s'est ajoutée celle pratiquée par les équipages des bateaux qui sillonnaient l'Atlantique Nord, pour qui les immenses colonies d'oiseaux représentaient une source de nourriture commode. Outre les adultes, tués pour leur chair, les marins prélevaient également grand nombre d'œufs. Les armateurs encourageaient ces pratiques qui ne leur coûtaient rien d'autre que quelques munitions. Les macareux, dont les terriers accrochés aux flancs vertigineux des falaises sont plus accessibles que les nids d'autres espèces, ont payé un lourd tribut à ces opérations de ravitaillement. Fort heureusement, ces pratiques sont aujourd'hui révolues. Des mesures de protection du macareux moine ont été instaurées, et des réserves créées. La chasse par les populations locales a quasiment disparu. Cependant, dans certaines régions (comme au Canada), il arrive encore que les œufs de ces oiseaux soient ramassés.

Un symbole de la protection de la nature

En France, macareux moine et protection de la nature ont une longue histoire commune.

À la fin du xixe siècle, une colonie de macareux moines, forte de plusieurs dizaines de milliers de couples, prospère sur l'archipel des Sept-Îles, au large de Perros-Guirec, sur la côte nord de la Bretagne. L'îlot Rouzic abrite l'essentiel de la population. Attirés par cette forte densité de gibier, les chasseurs viennent de loin, non pour chasser à proprement parler, mais plutôt pour pratiquer le tir : ils se font déposer sur les îles avec des caisses de cartouches et passent la journée à tirer sur les oiseaux. Cette chasse facile tourne rapidement au massacre, à tel point que le préfet, alerté, prend la décision d'interdire le tir du macareux. En 1912, l'îlot Rouzic est déclaré réserve naturelle pour les oiseaux de mer : c'est la première réserve de France. La gestion en est confiée à la Ligue pour la protection des oiseaux, la L.P.O., créée peu de temps auparavant. Les effectifs de macareux cessent dès lors de diminuer, si bien qu'au début des années 1950 la population de l'îlot Rouzic est estimée à 7 000 couples environ. Puis, singulièrement, ce nombre vient à décroître sans qu'on puisse en déterminer la cause. Un coup fatal est porté à la colonie par la marée noire du Torrey Canyon, en 1968 : les quelques centaines de couples encore présents disparaissent presque tous ; la situation paraît irréversible, d'autant que les marées noires n'épargnent pas les côtes bretonnes durant la décennie suivante.

On compte actuellement environ 140 couples nicheurs dans la réserve des Sept-Îles (recensement 2003) : une population très réduite et très fragile, au regard des milliers de couples qui occupaient les lieux un siècle plus tôt à peine.

Enfin, il n'est pas impossible que le réchauffement général du climat contribue à un déplacement vers le nord de l'aire de répartition de l'espèce. La colonie bretonne, la plus méridionale du côté oriental de l'Atlantique Nord, est peut-être victime de ce phénomène, qui pourrait au moins en partie expliquer le déclin de la colonie des Sept-Îles.

Les atteintes au milieu marin touchent aussi le macareux

En dépit de la protection dont il est l'objet, le macareux moine n'est pas à l'abri de destructions induites par les activités humaines. Outre la chasse et/ou le ramassage des œufs sur certaines côtes, deux autres activités humaines se montrent particulièrement redoutables pour l'espèce.

La plus sérieuse est sans doute la pollution par les hydrocarbures, qui s'étalent à la surface des eaux. Le macareux et les autres alcidés, qui passent la plupart de leur temps en mer et nagent plus qu'ils ne volent, sont très exposés à ce type de pollution. Les oiseaux qui se trouvent englués dans ces hydrocarbures (pétrole brut, fioul…) ne peuvent plus voler, tandis que leur plumage perd toute son imperméabilité ; faute d'être nettoyés, ils ne tardent pas à mourir. Les manifestations les plus visibles de ce type de pollution sont les marées noires, dont certaines entraînent, par leur ampleur, de véritables catastrophes écologiques. Ces marées noires sont le plus souvent liées à des naufrages de pétroliers – parmi les plus tristement célèbres figurent l'Amoco Cadiz, au large des côtes atlantiques françaises en 1978, l'Exxon Valdez, dans le golfe de l'Alaska en 1989, l'Erika, près des côtes du Finistère en 1999, le Prestige, près des côtes nord-ouest de l'Espagne en 2002… –, mais peuvent aussi être dues à des destructions d'installations pétrolières (marées noires du golfe Persique en 1983 et 1991, au cours respectivement de la guerre Iran-Irak et de la guerre du Golfe).

Pourtant, aaussi spectaculaires soient-elles, ces marées noires ne représentent qu'une faible part des pollutions par les hydrocarbures. Plus graves, car très fréquents et moins faciles à contrôler, les dégazages sauvages pratiqués en mer par les pétroliers causent des ravages encore plus importants. Le dégazage consiste à nettoyer les cuves vides à l'eau de mer ; le mélange eau-hydrocarbure est ensuite rejeté. Ainsi pratiquée, l'opération permet de sérieuses économies de temps et d'argent. Les nappes qui se forment n'attirent pas l'attention, car elles ne touchent pas les côtes. En mer, des dizaines de milliers d'oiseaux marins font les frais de ce comportement irresponsable.

Autre menace, la prise de macareux dans les engins de pêche industrielle. En premier lieu figurent les filets dérivants – particulièrement utilisés dans les années 1970 à 1990 – qui, longs de plusieurs kilomètres (parfois jusqu'à 40 km), sont mouillés en pleine mer pour capturer crevettes ou thons et dérivent avec le courant. Ces « barrières de la mort », ainsi qu'ils ont été qualifiés, retiennent les oiseaux marins qui, comme le macareux, se déplacent sous l'eau ; les cétacés (dauphins, cachalots, marsouins…) et les tortues marines figurent également parmi leurs victimes, ainsi qu'un nombre élevé d'autres espèces non visées par ces techniques de pêche. À partir de 1992, l'Union européenne a interdit aux pêcheurs d'utiliser des filets dérivants dont la longueur dépasse 2,5 km, bientôt suivie par l'O.N.U. (Organisation des Nations unies), qui a instauré en 1993 un moratoire sur la pêche au filet dérivant en haute-mer. Cette dernière a ensuite été interdite, en 2001, par la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture. Les filets dérivants eux-mêmes ont été interdits, en 2005, par la Commission générale pour la pêche en Méditerranée. Bien que ce type de pratiques de pêche soit désormais illicite dans la plupart des pays, il existe toutefois encore un certain nombre de bâtiments qui, s'inscrivant en marge des réglementations, utilisent encore des filets dérivants, menaçant de nombreuses espèces marines, oiseaux, mammifères, reptiles ou poissons.

À côté de ces deux principales menaces, les macareux moines souffrent aussi de la raréfaction de leurs proies à cause de la pression exercée sur le milieu marin par la pêche industrielle, ainsi que de la pollution des eaux marines par les métaux lourds tel le mercure.