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macaque

Macaque rhésus
Macaque rhésus

Le macaque japonais, à la frappante face rouge, a su s'adapter aux froids rigoureux de l'hiver nippon. Il se transmet de génération en génération une culture qui s'enrichit au fil des ans.

Introduction

Les premiers primates vivaient sans doute à la fin de l'ère secondaire, il y a 70 millions d'années. Mis au jour en Amérique du Nord, Purgatorius unio, le plus ancien fossile connu présentant des caractères le rapprochant des primates, est peut-être l'un de ceux-ci. De la taille d'un rat, il vit dans les arbres et est végétarien — alors que ses ancêtres sont des mangeurs d'insectes. Après lui, les primates du paléocène et de l'éocène ont la taille d'un écureuil, avec une longue queue, quatre membres et cinq doigts, dont un pouce opposable. Ils vivent dans les arbres sous un climat tempéré.

Il y a environ 36 millions d'années, leurs descendants, les simiiformes (singes), dont font partie les catarhiniens de l'Ancien Monde, sont déjà des primates modernes (leur crâne est mieux développé).

On a retrouvé la trace de catarhiniens en Égypte. Parmi ces fossiles datant de l'oligocène, Propliopithecus et Ægyptopithecus, qui pourraient être les ancêtres de tous les primates supérieurs de l'Ancien Monde.

Les autres cercopithèques qui leur succèdent au miocène, environ 17 millions d'années plus tard, vont coloniser de nouveaux milieux. En effet, entre-temps, le continent africain est entré en contact avec l'Eurasie, ce qui a rendu possible le passage des animaux de l'Afrique vers l'Europe et l'Asie, des cercopithèques en particulier. Un membre de cette famille, le macaque, colonise l'Europe et l'Asie. On trouve des restes de macaques dans toutes les couches paléontologiques, depuis le miocène jusqu'à nos jours. Pourtant, ses origines ne sont pas encore connues avec certitude.

Il existe aujourd'hui 19 espèces de macaques dans le monde. Comme son nom l'indique, le macaque japonais vit au Japon. C'est le plus septentrional de tous les singes. Résistant aux grands froids grâce à sa fourrure épaisse et à sa solide constitution, il est devenu célèbre à cause de son aptitude à acquérir des comportements nouveaux.

La vie du macaque

Mères et filles vivent ensemble toute leur vie

Contrairement aux gibbons, qui vivent en couples, ou aux géladas d'Éthiopie, qui vivent en harems, le macaque japonais, comme tous les macaques, vit en groupes cohérents et stables, organisés comme de vraies sociétés.

Au sein d'un groupe, les lignées sont matrilinéaires, formées par une femelle, ses filles et les enfants de ses filles, qui restent toute leur vie dans leur groupe de naissance, alors que certains mâles adolescents le quittent vers l'âge de 4 ans. Les femelles sont donc plus nombreuses dans le groupe et assurent la cohésion sociale de celui-ci, fondée sur l'attachement. Lorsqu'un groupe est trop important, il se scinde en deux. Dans certains cas, les femelles, rompant leur entente sociale, migrent dans des directions différentes et les mâles tentent de s'intégrer à d'autres groupes voisins.

Chaque femelle adulte a une position hiérarchique précise. Ses filles héritent en général du rang social de leur mère. Un rang élevé assure une meilleure reproduction et un statut plus favorable pour les jeunes.

Un art consommé de la négociation

L'unité du groupe n'empêche pas les conflits de hiérarchie entre individus. Les conflits mineurs se règlent par des cris ou des mimiques. Le rapport dominant-dominé se base sur un subtil dosage de soumission et de contestation. Si le dominé remet en cause la dominance, le conflit est inévitable. À l'issue de l'affrontement, le vaincu reconnaît sa défaite.

Cris, mimiques, toilettage font partie du langage de la négociation. Quand un macaque japonais souhaite en toiletter un autre, il le lui propose par un cri. L'autre répond favorablement ou non, par un cri ou une mimique. Le toilettage (grooming des Anglo-Saxons) consiste à prospecter minutieusement la fourrure en écartant du bout des doigts les touffes de poils. Il élimine la poussière et démêle le pelage. Les parasites, tiques et poux, sont extirpés, ainsi que les cellules mortes de l'épiderme. Mais la principale fonction du toilettage serait de réduire la tension entre individus, d'éviter les conflits et de resserrer les liens dans le groupe.

La signification d'une mimique dépend de l'âge de l'animal, de sa taille, de sa position dans le groupe. Elle peut indiquer la menace, la soumission, la crainte ou la bienveillance.

Le macaque japonais émet des cris clairs, nets, de longue portée. Leur fréquence se situe à hauteur de 1 000 Hz. Chaque individu a une voix particulière, qui permet aux autres de l'identifier, de reconnaître ses liens de parenté et son statut au sein du groupe.

Les mouvements de la troupe

Les mouvements de la troupe



Dans une troupe de macaques japonais en déplacement, les mâles adultes dominants sont au centre. Autour d'eux, gravitent les femelles et leurs descendants mâles et femelles de tous âges, regroupés par « familles ». Les mâles adolescents en passe de quitter leur groupe d'origine et ceux qui tentent de s'intégrer dans la troupe sont en périphérie. Les mâles adultes sont tolérants entre eux ; ils veillent sur la troupe et le territoire, décident des déplacements et définissent les priorités au temps des accouplements.

Un amateur de fruits, de feuilles et de fleurs

Du nord au sud du Japon, le macaque japonais se nourrit de feuilles, de fruits et de graines, de fleurs et de champignons. Il consomme aussi des invertébrés (vers, insectes ou mollusques) pour compléter son régime, qui varie en fonction du climat et de ce que lui offre la nature. Pour chercher sa nourriture, la troupe progresse lentement, passant d'un arbre à l'autre en agrippant une branche voisine, cueillant d'un geste précis le fruit ou la feuille convoités, ou descendant à terre si l'arbre est trop éloigné.

Dans l'île de Koshima, au sud du Japon, le climat n'est pas trop rigoureux et la nourriture est assez variée et abondante. Pour une étude (publiée en 1982), des chercheurs japonais ont observé pendant six mois Shiba, une femelle adulte, et Bara, sa fille âgée de 4 mois, pour préciser les habitudes alimentaires du macaque en fonction des saisons. En octobre, Shiba se nourrissait à parts égales de fruits et d'invertébrés. En novembre, elle consommait moins d'invertébrés, mais plus de graines et de fruits. En décembre, c'était le contraire, mais elle complétait son alimentation avec des feuilles. En janvier, la quête des graines tombées au sol et celle des fruits représentaient environ 20 % du temps qu'elle consacrait à se nourrir. La quantité d'invertébrés diminuait de nouveau pour faire place aux fleurs, aux feuilles persistantes et à quelques fruits. Février était l'époque la plus difficile pour Shiba, qui était alors sous-alimentée. Elle se nourrissait en effet de toutes sortes de feuilles, mais les feuilles persistantes (base de son alimentation) sont riches en cellulose, aussi indigeste que peu nourrissante. Mars était consacré au ramassage des graines, l'essentiel de sa nourriture ; quelques invertébrés et des feuilles étaient toujours là, mais en moindre quantité.

Dans le nord du Japon, sur la péninsule de Shimokita, l'hiver est rigoureux et les macaques doivent se contenter d'un régime de survie, composé principalement d'écorce et de bourgeons d'arbres à feuilles caduques. Ils décortiquent habilement le bois de son écorce en maintenant la branche d'une main ou des dents. La pauvreté de la végétation les oblige à se déplacer continuellement. Heureusement, la mer est là pour leur offrir, à l'occasion, quelques mollusques comme les patelles.

Surtout des fruits dans le sud

Dans le Sud, sur l'île de Yakushima, le climat est au contraire nettement plus tropical. L'étude d'une troupe de macaques de cette région a montré qu'ils sont plutôt frugivores. Ils peuvent consommer jusqu'à 76 variétés de plantes, certaines pour leurs feuilles (notamment au printemps, celles de végétaux à feuilles caduques), mais la plupart pour leurs fruits et leurs baies arrivés à maturité, l'essentiel de l'alimentation aux autres saisons. Les macaques complètent leur alimentation de noix tombées au sol en hiver, et de graines de hêtre ramassées au printemps.

En hiver, des bains d'eau chaude pour se réchauffer

Le Japon est aussi exposé aux vents glacés du continent asiatique. Le long de la mer du Japon, sur la côte ouest, il n'est pas rare de compter jusqu'à 8 m de neige au niveau de la mer. Dans le Japon central, la neige tombe de façon intermittente durant tout l'hiver, et la température extérieure, en février, varie de - 5 à - 20 °C. Là, sur les plateaux de Shiga (île de Honshu), à environ 1 500 m d'altitude, des sources d'eau chaude chargée de soufre, de fer et d'alun, jaillissent naturellement à une température de 40 à 60 °C et sont captées dans des petits bassins, au-dessus desquels s'élève une brume de vapeur d'eau chaude.

Ces bains, très populaires parmi les Japonais, ont été adoptés par tous les macaques de la région, qui s'y glissent ou y plongent plusieurs fois par jour. Ils y demeurent 5, 10 minutes ou plus, au milieu d'un bassin ou en bordure, dans la position, au départ, d'un nageur sur le dos. Une fois réchauffés, ils en ressortent, leur épaisse fourrure mouillée collée au corps, et s'ébrouent sur la margelle.

Les singes ont-ils eu seuls l'idée de prendre ces bains revigorants ou l'ont-ils fait en apprenant des hommes, par imitation ? La légende raconte qu'un marin venu se reposer dans la région se serait lié d'amitié avec les singes. Ces liens auraient été suffisamment étroits pour que l'homme occupe un rang hiérarchique supérieur dans la troupe, et les macaques l'auraient suivi dans les bains d'eaux chaudes.

La culture des macaques

Cette faculté du macaque à acquérir un nouveau comportement et à le transmettre à ses congénères (généralement les femelles et les jeunes, les mâles adultes semblant « réfractaires » à l'apprentissage des nouveautés) réalise une culture qui s'enrichit régulièrement — un phénomène que l'on observe chez d'autres animaux, en particulier chez les primates (notamment parmi les grands singes). Les premiers éléments récoltés démontrant son existence remontent au milieu du xxe siècle ; l'exemple, qui met en scène une jeune femelle nommée Imo, est devenu célèbre.

En 1953, alors qu'ils cherchent à étudier individuellement les divers membres d'une troupe de macaques sur la petite île de Koshima, à Kyushu, des biologistes japonais observent un peu par hasard le début d'un comportement acquis. Pour faciliter leurs observations, ils ont l'idée d'attirer les macaques en déposant régulièrement des patates douces sur une petite plage de sable.

En septembre 1953, alors qu'il regarde les macaques en train de se nourrir, l'un de ces chercheurs, Masao Kawai, fait une observation surprenante. Imo, une femelle d'un an et demi, prend une patate douce entre ses mains et, au lieu de la manger, la plonge dans l'eau et la frotte, comme pour la nettoyer. Les jours suivants, elle recommence, imitée, petit à petit, par les autres membres de la troupe. Au bout d'un mois, un de ses compagnons de jeu fait comme elle et, en août 1962, sur 46 singes de 2 ans, 36 sont devenus des adeptes de cette nouvelle cuisine ! Chez les adultes, l'apprentissage a été beaucoup plus lent, et la plupart d'entre eux ne pratiquaient pas encore cette technique qu'elle était devenue naturelle pour les plus jeunes.

Blotti dans la fourrure de sa mère

Le nombre des accouplements augmente entre octobre et mars et se raréfie entre avril et septembre. La gestation dure entre 5 et 6 mois. Les naissances se produisent surtout en avril et juillet, avec une pointe au mois de mai.

La maturité sexuelle est atteinte vers 3 ans et demi. La fréquence des accouplements dépend de l'âge des femelles. À 17 ans, l'activité de celles-ci baisse notablement. Chez les mâles, la production de spermatozoïdes n'est pas constante durant l'année.

Des signes indiquent que la femelle est prête pour l'accouplement : la peau de son visage et de son sexe devient rouge vif, elle produit une sécrétion vaginale odorante. Faute de mâle, elle manifeste une tendance à s'accoupler avec une autre femelle. Durant cette période, le mâle lui aussi change de comportement. Il observe les femelles, se rapproche d'elles, les sollicite. Mais ce sont les femelles qui choisissent le mâle avec lequel elles vont s'accoupler. Mâles comme femelles s'unissent à différents partenaires au cours de la saison de reproduction. Il a par ailleurs été remarqué que les femelles ont tendance à rejeter les mâles avec lesquels elles se sont accouplées au cours des quatre ou cinq années précédentes — ce comportement, qui contribue au renouvellement du groupe, accroît le brassage génétique entre les populations de macaques. Dans l'accouplement, le mâle se place derrière la femelle, agrippé à elle, les pieds posés sur ses jambes.

Un lien physique indispensable au développement

Un seul petit naît à la fois. Il fait l'objet de soins attentionnés de la part de sa mère qui l'allaite durant les premiers mois de son existence. Les premiers temps, il reste collé contre elle, sans rien faire d'autre que téter. Son univers se limite aux mamelles. Ce n'est que petit à petit, au fur et à mesure de son développement physique, qu'il s'éveille au monde extérieur.

Sa mère l'emmène partout avec elle et lui fait partager toutes ses activités. Elle le tient constamment serré contre elle, et l'on pense que ce lien physique permanent est important pour le développement psychique du jeune macaque. En effet, éloigné de sa mère, le très jeune macaque manifeste un état apathique.

À califourchon sur le dos de sa mère, lorsque celle-ci s'alimente, il tend de plus en plus souvent les mains pour attraper les feuilles en même temps qu'elle. Si elle le permet, il la quittera bientôt quelques instants pour se hasarder plus ou moins loin. Mais il reviendra vite dans la chaude fourrure. En grandissant, il se tient contre elle de façon de plus en plus lâche et intermittente. Plus il grandit, plus il lui arrive fréquemment de « prendre le train en marche », c'est-à-dire de s'accrocher au dernier moment aux poils des jambes maternelles. On ne renonce pas aussi vite à un moyen de transport si pratique et si confortable ! Le jeune reste longtemps dépendant de sa mère ; ainsi, il n'est totalement sevré qu'à l'âge de 2 ans en moyenne.

Pour tout savoir sur le macaque

Macaque japonais (Macaca fuscata)

Le macaque japonais, appelé aussi macaque du Japon, fait partie de la famille des cercopithécidés (qui comprend aussi, entre autres, les mangabeys, les babouins et les mandrills). Ils appartiennent au genre Macaca, extrêmement diversifié et dont la répartition est l'une des plus larges parmi les primates.

Le macaque japonais se distingue par une morphologie robuste et des membres particulièrement puissants. C'est le plus lourd des macaques.

Sa fourrure est dense, d'une belle couleur pouvant aller du brun-gris au brun olive, en passant par le gris-bleu, avec une zone plus claire dans la région du ventre. Les poils sont plus longs sur les bras, les épaules et le dos. Le pelage est moins fourni sur le ventre et la poitrine.

Il n'a ni queue ni callosités fessières, et la peau de sa face est colorée en rouge. L'intensité de cette couleur varie selon l'âge et le sexe : rose clair chez les jeunes, de plus en plus foncée à mesure qu'ils vieillissent ; elle est rouge vif chez les femelles à l'approche de la maturité sexuelle et chez les femelles en chaleur. La différence entre mâle et femelle est d'ailleurs assez marquée, même si les représentants des deux sexes portent la barbe et de longs favoris : le mâle est nettement plus lourd que la femelle. Ils ont tous deux 32 dents et appartiennent au groupe sanguin B.

Les orbites des macaques, en avant de la face, sont protégées par une arcade sourcilière développée chez les mâles. La vue est leur sens le plus aigu. Ils bénéficient comme nous d'une vision stéréoscopique, c'est-à-dire qu'ils voient en relief et évaluent les distances.

Le macaque japonais utilise un vaste répertoire de mimiques et de sons pour communiquer avec ses congénères. Les animaux sont capables de se reconnaître uniquement à la voix.

Le macaque japonais est un animal diurne, qui se nourrit une grande partie de la journée, entrecoupant ses recherches alimentaires de plages de repos durant lesquelles il mange les provisions qu'il a stockées dans ses abajoues (voir signes particuliers). Il vit dans les forêts d'arbres à feuilles caduques et d'arbres à feuilles persistantes (conifères). Dans le nord du Japon, c'est dans ces dernières qu'il préfère dormir. Il évolue le plus souvent dans les arbres, mais peut aussi bien se déplacer au sol. Quadrupède, il devient bipède à l'occasion, pour pouvoir transporter des objets dans ses mains.

La vie arboricole, qui demande une intégration rapide des données sensorielles, une excellente coordination des mouvements et une extrême agilité, a favorisé son développement sensorimoteur et aiguisé son intelligence : la partie la plus développée de son cerveau est le cortex. Il est capable de gestes très précis, et d'utiliser, par exemple, certains objets dérobés aux hommes venus l'observer.

Le macaque japonais est devenu célèbre en manifestant une capacité d'apprentissage évoluant en processus culturel. Quand le comportement nouveau d'un seul individu est progressivement adopté par d'autres, c'est qu'il y a eu transmission d'informations, d'où existence d'une culture. Le macaque japonais est capable d'accomplir un geste apparemment contradictoire par rapport au but qu'il vise, comme de lâcher du blé mêlé de sable dans l'eau (ce qui ressemble à un abandon de nourriture), pour ne récupérer que le blé flottant à la surface. Cela nécessite une capacité d'abstraction supérieure.

Il existe deux sous-espèces :

Macaca fuscata fuscata, dont les orbites sont arrondies, est la plus répandue ;

Macaca fuscata yakui, dont les orbites sont plus ovales, vit exclusivement sur l'île de Yakushima, au sud du Japon.

LE MACAQUE

MACAQUE JAPONAIS

Nom (genre, espèce) :

Macaca fuscata

Famille

Cercopithécidés

Ordre :

Primates

Classe :

Mammifères

Identification :

Singe à grosse fourrure, à face rouge, pas de queue

Taille :

76 cm de long en moyenne

Poids :

11 kg en moyenne pour les mâles, 9 kg pour les femelles

Répartition :

Uniquement au Japon

Habitat :

Forêts de feuillus et de conifères

Régime alimentaire :

Végétarien (feuilles, fruits) essentiellement ; omnivore (insectes)

Structure sociale :

Groupe multimâle

Maturité sexuelle :

De 3 ans et demi à 4 ans

Saison de reproduction :

Marquée, septembre-avril

Durée de gestation :

De 170 à 180 jours

Durée du cycle mensuel :

28 jours

Nombre de jeunes par portée :

1

Poids à la naissance :

500 g en moyenne

Longévité :

Record : 19 ans et 3 mois au zoo de San Diego

Remarque :

Le plus septentrional de tous les singes ; il est capable de comportements acquis et transmis aux générations suivantes

 

Signes particuliers

Face

Elle est nue et se caractérise par une peau plus ou moins rouge. Plus le macaque est âgé, plus ce rouge est prononcé. Il acquiert une intensité particulière chez la femelle en chaleur.

Abajoues

Pour stocker sa nourriture, le macaque japonais possède des abajoues, qui consistent en 2 poches internes situées de chaque côté de la bouche. Ces poches forment un diverticule qui se prolonge vers le bas, jusque sous la peau du menton. Elles communiquent avec la bouche par un orifice rétréci. Un tissu corné les tapisse intérieurement. Elles s'appuient sur le muscle principal de la joue et des lèvres, appelé « muscle buccinateur », qui occupe l'espace compris entre la mandibule et le maxillaire. La distension des abajoues est proportionnelle à la quantité de nourriture stockée. Pour faire passer de nouveau la nourriture dans la bouche, la musculature ne suffit pas, et le macaque doit appuyer sur ses abajoues avec ses mains.

Membres postérieurs

Ils se divisent en 4 parties : la région du bassin, ou région pelvienne, la cuisse, la jambe et le pied. 19 muscles forment la musculature du bassin, 19 forment celle de la cuisse, 16 celle de la jambe et 16 celle du pied, soit un total de 70 muscles, impliqués dans le fonctionnement moteur du membre. L'axe d'appui du pied passe par le troisième doigt. Le macaque étant un singe ni complètement terrestre ni complètement arboricole, il possède des phalanges de taille moyenne.

Région pelvienne

Elle se divise en deux parties, la droite et la gauche, renfermant chacune 3 os : l'os iliaque, l'ischion et l'os pubien. La largeur iliaque est de 7,7 cm, contre 5,8 cm chez le lémurien et 13 cm chez l'homme. Plus la surface est importante, plus la musculature fessière est bien accrochée, et plus le corps est apte à se redresser. Quant à la crête iliaque, elle mesure 5,2 cm, contre 2,9 cm chez le lémurien et 26 cm chez l'homme. Si l'on calcule le rapport entre la largeur de la surface iliaque et la longueur du corps, on obtient : 21 pour le macaque, 16 pour le lémurien et 28 pour le gorille. Les 2 autres parties du bassin, l'ischion et le pubis, ne présentent pas de caractéristiques particulières.

Les autres macaques

En dehors du macaque japonais, le genre Macaca comporte une vingtaine d'autres espèces de macaques, assez différentes les unes des autres. Ils sont robustes et possèdent des membres puissants. Leur pelage est souvent brun jaunâtre, avec une zone plus claire sur la face ventrale. Certaines espèces ont des callosités fessières qui deviennent rouges à l'état adulte. Tous sont diurnes et bien adaptés à une vie arboricole. Certains pourtant descendent fréquemment au sol pour de longs déplacements ou pour chercher leur nourriture.

Macaque de Formose (Macaca cyclopis)

Aussi appelé macaque de Taiwan.

De même taille que le macaque japonais, c'est un singe puissant et d'aspect un peu lourd, à la queue moyennement longue. Le mâle est plus grand que la femelle. On ne connaît pas la structure sociale de ce singe.

Répartition : présent uniquement à Taiwan, il vit naturellement en bordure de mer et fréquente les falaises et les rochers ; en raison de la forte pression humaine, on le trouve aujourd'hui à l'intérieur des terres, entre 600 et 800 m d'altitude. Il peut habiter jusqu'à 3 000 m d'altitude. Il a été introduit au Japon.

Alimentation : végétarien omnivore.

Statut : l'espèce recherchée pour sa viande et pour la réalisation de préparations médicinales, est vulnérable. Effectifs totaux inconnus.

Macaque à longue queue (Macaca fascicularis)

Aussi appelé macaque crabier.

C'est la plus petite espèce de macaques. Il remplace le macaque rhésus au sud de l'Inde.

Taille : de 31 à 63 cm de long, avec une longue queue de 30 à 60 cm.

Poids : 5 kg pour les mâles, 3 kg pour les femelles.

Pelage tirant sur le gris.

Répartition : il vit en bordure de mer ou de rivière ou dans la mangrove, en Asie du Sud et du Sud-Est.

Comportement : ce macaque, plutôt terrestre et très opportuniste, vit en grands groupes multimâles d'une quarantaine d'individus en moyenne (de 6 à 100) avec une densité moyenne de 39 à 90 animaux par kilomètre carré. Bon nageur à l'occasion.

Alimentation : frugivore et omnivore (crustacés – d'où lui vient son nom de macaque crabier – et insectes).

Statut : effectifs totaux inconnus ; populations en déclin dans plusieurs régions.

Macaque rhésus (Macaca mulatta)

C'est l'un des macaques les plus répandus. Singe assez grand, queue moyenne. Les mâles sont plus forts que les femelles. Il supporte aussi bien les fortes chaleurs et la neige.

Répartition : habitat varié depuis le niveau de la mer jusqu'à 2 500 m, des semi-déserts à la forêt dense. Présent en Asie occidentale et méridionale.

Dans le nord de l'Inde, plus de la moitié des populations vivent en ville, au milieu des habitations, comme à Calcutta.

Alimentation : végétarien (fruits, graines, feuilles, écorces et fleurs) et omnivore (insectes, petits animaux, œufs).

Statut : l'espèce n'est pas protégée, probablement en augmentation dans les villes, mais en diminution dans les zones rurales. Elle a disparu de nombreuses régions de son aire de répartition (de l'Afghanistan par exemple). Effectifs totaux inconnus.

Macaque à face rouge (Macaca arctoides)

Aussi appelé macaque ours. De 48 à 60 cm de long, queue courte de 3 à 8 cm, en forme de moignon. Poids : de 8 à 12 kg.

Crinière fournie sur les épaules ; visage rouge parfois tacheté, rougit à la chaleur et bleuit au froid. Très endurant, il résiste bien au froid et à la neige.

Répartition : régions boisées d'altitude et montagnes jusqu'à 2 000 m. Parfois, migrations saisonnières d’une montagne à l’autre. Présent en  Birmanie au Cambodge, en Chine, en Inde, au Laos, en Malaisie, en Thaïlande et au Viêt Nam.

Comportement : groupes de 20 à 100 individus, en général conduits par un mâle adulte. Plutôt terrestre, il parcourt de longues distances au sol.

Alimentation : végétarien, omnivore.

Statut : espèce devenue rare dans plusieurs régions de son aire de répartition, notamment au Bangladesh, en Inde orientale, en Malaisie et en Thaïlande. La menace principale est la déforestation. Également utilisé pour la recherche biomédicale.

Macaque d'Assam (Macaca assamensis)

Animal d'aspect massif et puissant, queue courte plutôt aplatie ; pelage brun épais sur le dos ; callosités fessières peu prononcées. Insensible au froid, il peut marcher dans la neige profonde.

Répartition : forêts d'altitude jusqu'à 2 250 m ; Asie de l'Est et du Sud-Est.

On a récemment découvert une forme géante en Chine.

Comportement : larges groupes multimâles (jusqu'à 100 individus).

Alimentation : végétarien, omnivore.

Statut : espèce quasi menacée ; effectifs totaux inconnus.

Macaque bonnet chinois (Macaca radiata)

Il ressemble au macaque rhésus. Taille petite à moyenne, aspect élancé, longue queue ; tête à poils longs coiffés soigneusement ; front très haut, chauve.

Habitat : milieux boisés avec rivières, Inde méridionale.

Alimentation : végétarien (jeunes pousses, fruits, graines) omnivore (insectes).

Comportement : larges groupes avec un ou plusieurs mâles adultes. Passe un tiers de son temps au sol.

Statut : espèce non menacée (préoccupation mineure), assez répandue ; effectifs totaux inconnus, mais on observe une tendance à la baisse.

Macaque couronné (Macaca sinica)

De 37 à 53 cm de long pour 2,5 à 6 kg ; femelles plus petites que les mâles ; longue queue ; pelage marron clair tirant sur le gris ; visage à peau claire avec taches plus foncées ; paupières bleu pâle ; coiffure de même couleur que le corps. Coiffure et taches de pigmentation permettent d'identifier les animaux individuellement.

Répartition : forêts tropicales ; présent seulement au Sri Lanka.

Comportement : groupes multimâles essentiellement arboricoles : peu à l'aise au sol.

Alimentation : fruits disséminés, jeunes pousses de bambou, graines, bourgeons, insectes.

Statut : Il existe quelques réserves ;populations en diminution ;espèce en danger.

Macaque du Tibet (Macaca thibetana)

Singe puissant ressemblant au macaque d'Assam ; pelage brun, queue courte, résistant.

Répartition : zones montagneuses de Chine (Centre et Sud).

Alimentation : végétarien et omnivore.

Statut : espèce répandue ; effectifs totaux inconnus ; tendance à la baisse.

Magot (Macaca sylvanus)

Singe puissant. De 56 à 70 cm de long pour plus de 7 kg ; pas de queue ; pelage brun-gris.

Répartition : régions rocheuses, collines et forêts de conifères et à feuilles caduques, jusqu'à 2 000 m d'altitude. Afrique du Nord, petite colonie maintenue artificiellement à Gibraltar.

Alimentation : plantes herbacées, quelques baies, graines et insectes.

Comportement : larges groupes multimâles ; moyenne de 43 à 70 individus au kilomètre carré.

Statut : espèce en danger ; effectifs en diminution. Classée en Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction).

Macaque ouandérou (Macaca silenus)

Aussi appelé macaque à queue de lion. De 50 à 60 cm de long ; queue de 25 à 38 cm, avec une touffe de poils à l'extrémité ; pelage gris foncé à noir ; collerette de longs poils grisâtres.

Répartition : forêts denses montagneuses ; sud-ouest de l'Inde.

Comportement : groupes de 4 à 34 individus (moyenne entre 10 et 20), avec 1 à 3 mâles adultes ; arboricoles.

Statut : longtemps commercialisé pour les parcs zoologiques et comme animal de compagnie ; espèce en danger, classée en Annexe I de la Cites (commerce interdit) ; effectifs en baisse (moins de 4 000 individus au milieu des années 2000).

Macaque à queue de cochon (Macaca nemestrina)

Singe grand et trapu ; de 47 à 58 cm de long ; 4,5 à 9 kg ; queue de 14 à 23 cm, fine et presque toujours portée en arc ; favoris courts ; petite barbe en collier. Pelage beige-brun, plus foncé sur le dos, sommet de la tête brun sombre.

Répartition : forêts et espaces cultivés ; Bornéo, Brunei,  Malaisie, Sumatra et Thaïlande.

Comportement : groupes de 15 à 40 individus ; arboricoles, ils descendent à terre en cas de danger ; moue caractéristique des lèvres, en signe de salutation.

Statut : effectifs inconnus ; vulnérable (déforestation, chasse, captures pour la recherche médicale) ; presque disparu à Bornéo ; domestiqué et utilisé pour la cueillette des noix de coco dans certaines régions de la Péninsule malaise.

Macaque à queue de cochon du Nord (Macaca leonina)

Proche du macaque à queue de cochon (dont il est parfois considéré comme une sous-espèce), mais un peu plus petit. Pelage presque uniformément brun clair doré.

Répartition : Bangladesh, Malaisie, Péninsule indochinoise.

Statut : effectifs totaux inconnus, en déclin ; vulnérable (déforestation, captures pour la recherche médicale ; souvent abattu quand il se nourrit dans les cultures).

Macaque de Mentawai (Macaca pagensis)

Mâle : 45 à 55 cm de long, 6 à 9 kg. Femelle plus petite : 40 à 45 cm, 4,5 à 6 kg. Queue de 13 à 16 cm chez le mâle, plus courte chez la femelle (10 à 13 cm). Dos brun-noir, côtés de la tête et du cou et ventre clairs. Parfois considéré comme appartenant à l'espèce Macaca nemestrina.

Répartition : forêts pluviales, mangroves ; archipel de Mentawai (Indonésie). La population de l'île de Siberut, plus foncé, est considérée par certains auteurs comme une espèce à part entière, Macaca siberu.

Comportement : groupes de 5 à 25 individus (un mâle adulte et une ou plusieurs femelles et leurs jeunes) ; arboricoles, occupant essentiellement la canopée.

Statut : en danger critique d'extinction ; la principale menace est la destruction de son habitat par la déforestation (pour la monoculture de la palme et le commerce de bois exotique). Effectifs en baisse (entre 2 100 et 3 700 individus en 2006, contre 15 000 en 1980).

Macaques des Célèbes

7 espèces sont localisées exclusivement sur cette île. Très peu étudiées, elles sont mal connues. On distingue :

Macaque de Tonkean

Macaca tonkeana, vivant au centre de l'île et dans les îles Togian, en groupes de 5 à 25 animaux, conduits par un vieux mâle.

Macaque nègre

Macaca nigra, dans la péninsule nord, de 44 à 65 cm de long, 6 kg ; touffe pointue de poils au-dessus du crâne.

Macaque des Célèbes

Macaca maurus (on trouve parfois Macaca maura), vulnérable ; péninsule sud-ouest ; mufle court, pas de crête.

Macaque des Célèbes à bras gris

Macaca ochreata, mufle court, pas de crête ; sud-est de la péninsule.

Macaque de Muna

Macaca brunnescens, dans les îles de Muna et de Butung. Parfois considéré comme une sous-espèce de Macaca ochreata.

Macaque de Temminck

Macaca nigrescens, mufle long, touffe de poils au sommet du crâne ; centre de la péninsule nord.

Macaque à crête

Macaca hecki, vulnérable, jonction de la péninsule nord et de la partie centrale.

Milieu naturel et écologie

Les singes appartenant au genre Macaca ont une répartition extrêmement large sur le globe, puisqu'on les trouve, à travers l'Asie, de l'est de l'Afghanistan au Japon, à la Chine et à Taiwan. Ils sont également présents dans le Sud-Est asiatique et en Indonésie. Quelques individus, formant des « populations reliques » (menacées), résident encore en Algérie et au Maroc.

Le macaque japonais habite exclusivement au Japon, où il peuple toutes les îles comprises entre 41° et 30° de latitude nord : de la péninsule de Shimokita à la toute petite île de Yakushima, au sud de Kyushu. Il est absent d'Hokkaido, probablement en raison de l'extrême rigueur de ses hivers : la mer d'Okhotsk gèle entièrement deux mois par an.

Les macaques occupent une grande variété d'habitats : forêt tropicale humide, bois clairs, mangrove, forêt tempérée, prairie, rochers et plages. Ils vivent jusqu'à 4 000 m d'altitude.

L'habitat du macaque japonais est essentiellement la forêt – de conifères ou de feuillus –, où il existe des espaces ouverts tels que les champs et prairies. Mais, dans le nord du Japon, par exemple, on le rencontre dans les rochers, en bordure de mer. Tout à fait au sud de son aire de répartition, sur l'île de Yakushima, le macaque japonais fréquente la forêt tropicale luxuriante. En lisière de celle-ci, il n'hésite pas à faire quelques incursions sur les terres cultivées, comme les plantations d'agrumes, que les habitants doivent protéger.

Le macaque japonais est le plus septentrional de tous les primates, humains exceptés, et il a su parfaitement s'adapter aux conditions climatiques difficiles – le froid et l'enneigement notamment –, auxquels il est confronté. Au cours d'études concernant les stratégies écologiques des singes, considérées du point de vue alimentaire, on a observé que la taille d'un territoire pouvait se modifier en fonction du nombre d'animaux présents. Par exemple, à la suite de la capture de 60 individus dans une troupe en contenant initialement 100, le territoire de 4,7 km2 a été réduit à 2,67 km2.

Un autre facteur modifiant la stratégie alimentaire est le changement des saisons et de la végétation. Durant l'hiver, alors que la neige rend indisponible une grande partie de sa nourriture habituelle, il arrive ainsi que les macaques s'aventurent hors de leur territoire. Cependant, dans les activités journalières, le repos et le rassemblement l'emportent. En se repliant sur eux-mêmes et en se regroupant les uns contre les autres, les macaques japonais évitent que se disperse la chaleur de leur corps. Cette immobilité leur permet, en outre, de ne pas trop dépenser de calories. Les déplacements ne se font qu'en dehors des tempêtes de neige, quand la température n'est pas trop basse.

À la fin de l'hiver, quand les chutes de neige deviennent de moins en moins nombreuses et que la température commence à s'élever, on note une reprise des activités d'alimentation (dès le matin) et de toilettage, tandis que les déplacements sont plus fréquents.

Le macaque et l'homme

Image de la sagesse ou sujet de laboratoire

De tous ses rapports avec les animaux, ceux que l'homme entretient avec le singe sont certainement les plus contradictoires et les plus étranges : sa curiosité envers les macaques ne se limite pas à l'observation pacifique et ces petits singes, si semblables à lui, paient chaque année un lourd tribut à la recherche médicale à cause de cette ressemblance.

Respecté en inde et menacé partout dans le monde

En 1758, Linné réunit l'homme et le singe dans le même ordre des primates. Plus tard, Darwin, fondateur de la théorie de l'évolution, imagine pour eux un ancêtre commun.

Les hommes, frappés par leur ressemblance avec le singe, en ont parfois conçu pour lui une certaine considération. Les bouddhistes symbolisent ainsi la sagesse par trois macaques, dont le premier se bouche les yeux, le deuxième les oreilles et le troisième la bouche ; ce qui signifie : ne pas voir le mal, ne pas entendre le mal, ne pas dire le mal. De même, les hindous ont ouvert leurs cités et même leurs temples au macaque rhésus, qui profite des offrandes – grains de riz, fleurs, fruits – pour se nourrir.

Cette considération n'empêche pas, hélas, les primates en général et les macaques en particulier d'être de plus en plus menacés par les activités humaines, qu'on détruise leur habitat, qu'on les chasse pour leur chair ou leur fourrure ou qu'on les capture pour la recherche médicale. Bien que la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) note, dans son rapport de 2007, un ralentissement de la déforestation au niveau mondial (notamment grâce à des programmes de reboisement), celle-ci reste dramatique pour les forêts tropicales (notamment primaires) et les espèces qui les habitent. De plus, les coupes illégales gagnent en ampleur.

Ainsi le macaque ouandérou, habitant de la forêt tropicale au sud de l'Inde, a vu son habitat se réduire considérablement au profit des cultures de thé et de café, mais aussi à cause de l'exploitation forestière pour la récolte du bois d'œuvre. Le macaque à queue de cochon, victime lui aussi de la destruction de son habitat, est très chassé pour sa chair comestible dans certaines régions ; il est aussi capturé – de manière illégale – comme animal de compagnie ou pour approvisionner des zoos peu scrupuleux. Il a pratiquement disparu de Bornéo. Partout ailleurs, ses populations sont en forte baisse. On ne connaît pas ses effectifs actuels, mais deux chiffres donnent une idée de son déclin dramatique au cours de la seconde moitié du xxe siècle : en Malaisie, sa population est passée de 80 000 individus en 1958 à 45 000 en 1976.

Le magot, autrefois largement répandu au nord-ouest de l'Afrique, a disparu de Tunisie dès la fin du xixe siècle. Actuellement, il n'occupe plus que quelque cinq îlots éparpillés en Algérie et au Maroc, où il est interdit de le chasser. Mais, outre la chasse, le surpâturage des chèvres et des moutons a entraîné la raréfaction des plantes herbacées dont il se nourrit. Cette concurrence alimentaire a provoqué le déplacement des singes vers des zones d'altitude plus élevée.

Les magots de Gibraltar

On ne sait pas comment les magots qui habitent le rocher de Gibraltar sont arrivés là, et diverses histoires et explications circulent à ce propos. L'une d'elle veut qu'en 711, lorsque le général berbère Tariq débarque  pour envahir l'Espagne, les magots aient déjà été là. D'autres disent qu'ils ont été importés précisément cette année-là. D'autres encore qu'ils l'ont été plus tard… voire beaucoup plus tard, au xviiie siècle, pour servir de gibier aux garnisons britanniques. On sait toutefois que les magots occupaient Gibraltar en 1704, car on dispose d'un document écrit de cette époque les mentionnant. À la fin du xixe siècle, une terrible maladie les décime ; seulement trois magots survivent.

Aujourd'hui, il existe toujours une petite population de magots à Gibraltar entretenue artificiellement, de 30 à 40 individus. Elle est protégée par la loi et toute exportation, destruction ou capture d'un de ces petits singes doit avoir reçu l'autorisation préalable des autorités militaires britanniques. Selon la légende, les Anglais perdront Gibraltar quand la population de magots de la ville disparaîtra.

Les macaques et la recherche médicale

Plusieurs espèces de macaques ont été largement mises à contribution pour des expériences de recherche scientifique, particulièrement dans le domaine biomédical. Certains individus ont été utilisés lors de vols dans l'espace. Le macaque rhésus a permis la démonstration de l'existence du facteur Rhésus dans le sang. La mise au point du vaccin contre la polio s'est faite aussi grâce au concours de cette espèce.

Dans les années 1950, 200 000 macaques rhésus étaient expédiés chaque année vers les États-Unis ! Heureusement, des mesures prises, depuis, tant par les États-Unis que par le gouvernement indien, ont permis de réduire notablement ce nombre.

Depuis 1975, c'est la Convention internationale de Washington (Cites) qui réglemente le commerce des espèces sauvages. 172 États en faisaient partie début 2008, qui acceptent de respecter les mesures prises pour que le commerce de ces animaux soit pratiqué légalement et sous contrôle. Mais toutes les espèces n'y sont pas inscrites.

Plusieurs espèces de macaques continuent d'être utilisées à des fins de recherche biomédicale. Or, l'utilisation des animaux pour l'expérimentation soulève des problèmes éthiques et est régulièrement contestée par les organismes de protection animale. Pour sauver l'homme, a-t-on le droit de faire souffrir un autre être vivant ? La question s'impose d'autant plus dans le cas des singes qui sont des animaux à psychisme évolué proches des humains.

Le facteur Rhésus

Le facteur Rhésus



Le système Rh (rhésus) doit son nom à une découverte faite en 1937 (publiée en 1940) par les Américains Karl Landsteiner et Alexander Wiener. Des lapins auxquels on inoculait des globules rouges du macaque rhésus pouvaient produire un anticorps permettant de distinguer deux groupes parmi les échantillons de globules rouges humains : les Rh+ et les Rh-. Les globules rouges des singes contenaient des antigènes similaires à ceux déjà connus chez l'homme.

En 1940, Wiener et Peters mettent en évidence des anticorps anti-Rh dans certains cas d'immunisation faisant suite à une transfusion. Et en 1941, Levine démontre que la maladie hémolytique des nouveau-nés résulte d'une immunisation acquise par la mère, à l'encontre du fœtus.