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iguane vert

Iguane
Iguane

Avec ses bajoues et son dos hérissé d'une crête qui lui donne l'allure d'un dragon, cet animal inoffensif qu'est l'iguane vert semble issu de la nuit des temps. Comme tous les iguanes, il vit sur le continent américain.

Introduction

L'iguane vert appartient à l'ordre des squamates, dont on connaît mal l'histoire. L'ancêtre le plus plausible de tous les squamates pourrait être Prolacerta, un animal dont on a découvert quelques fossiles dans des terrains du trias (première période de l'ère secondaire, il y a environ 200 à 250 millions d'années) en Afrique du Sud.

Iguania est un infra-ordre comprenant, entre autres familles, les trois suivantes : les agamidés (agames), les caméléonidés (caméléons) et les iguanidés (iguanes). L'histoire évolutive de ces reptiles est mal connue, et leurs relations phylogénétiques sont controversées. Les premiers fossiles d'iguanidés incontestables apparaissent il y a quelque 50 millions d'années, à l'éocène, en Amérique du Nord. Plus ancien, Pristiguana, trouvé au Brésil et datant du crétacé supérieur (aux alentours de 70 millions d'années), présente des affinités à la fois avec les iguanidés et avec les téiidés (tupinambis ou téjus).

Tandis que leurs cousins les agames peuplent l'Afrique, l'Europe et l'Asie, les iguanidés se diversifient et se répandent sur tout le continent américain. Les populations des îles Galápagos, Fidji et Tonga, dans le Pacifique, ont sans doute pour origine des individus ou des groupes provenant du continent américain et qui ont, accidentellement, traversé la mer, sur des radeaux naturels.

Espèce exclusivement américaine, l'iguane vert, Iguana iguana, a sans doute peu évolué depuis les temps anciens, comme les autres iguanes. Aujourd'hui encore assez répandu, il est de plus en plus menacé par l'homme, qui apprécie sa chair.

La vie de l'iguane vert

Un grand lézard plutôt inactif

L'iguane vert, qui passe quelque 96 % de son temps inactif, donne plutôt une impression d'indolence. On a calculé qu'il consacre 3 % de sa vie à la reproduction, et seulement 1 % à la recherche de nourriture. Ce grand animal n'a, en effet, guère besoin de se déplacer pour se procurer ses aliments. Il se nourrit beaucoup sur place en période de pluie et mange moins en période sèche.

Si les jeunes sont omnivores et mangent à la fois des feuilles et des arthropodes (insectes et araignées), l'adulte est exclusivement végétarien. Il est capable de consommer des plantes très variées.

Comme l'iguane vit presque toujours dans les arbres, il choisit surtout des feuilles et des plantes épiphytes, qui poussent en se fixant aux branches d'arbres, comme les bilbergias. Il est également friand de certains fruits, et consomme des fleurs à l'occasion.

Pour manger, il n'utilise pas ses pattes, mais saisit la nourriture avec sa bouche, prenant de petites portions qu'il déchiquette de ses dents pointues. Son type de dentition ne lui permettant pas de mastiquer, il se contente de déchirer les feuilles en lambeaux, avant de les absorber. Quant aux petits fruits, il les avale tels quels.

La digestion de la cellulose

L'iguane avale de petites bouchées, généralement sans mâcher. Dans l'estomac et l'intestin grêle, les aliments sont mélangés à des enzymes digestives, mais c'est dans le côlon (gros intestin) que se produit l'étape majeure de la digestion, la dégradation de la cellule (composante majoritaire des feuilles) grâce à la présence de bactéries commensales. L'appareil digestif de l'iguane est en effet incapable de digérer la cellulose : celle-ci ne peut être décomposée que sous l'action des bactéries présentes dans le côlon. Cette flore intestinale indispensable n'est pas transmise de façon héréditaire : les iguanes nouveau-nés en sont dépourvus. Une étude a montré que pour l'acquérir, les petits iguanes ingèrent un peu des fèces d'iguanes adultes, ce qui suffit à permettre la colonisation de leur propre tube digestif par ces bactéries.

Une vie presque toujours dans les arbres

Les iguanes verts vivent dans le sommet des arbres. Les adultes sont des animaux très territoriaux. Ils vivent en petits groupes comprenant toujours un mâle dominant, qui se réserve la meilleure nourriture et les perchoirs les mieux exposés, et de quelques femelles (jusqu'à six). Parmi ces dernières se met aussi en place une hiérarchie fondée essentiellement sur l'intimidation. Le mâle dominant défend âprement son territoire de l'incursion d'autres mâles. Cependant, il peut laisser déambuler quelques jeunes mâles aux bordures de son domaine, des subadultes qui le défient parfois, mais qui sont encore trop petits et trop faibles pour représenter une menace.

Un territoire équivaut généralement à un arbre, bien que plusieurs mâles puissent se partager un très gros arbre, chacun en défendant une « portion ». L'arbre choisi subvient à tous les besoins du groupe – nourriture, thermorégulation ou repos nocturne.

Attaché à son perchoir

À part quelques rares escapades sur la terre ferme pour y chercher le soleil, les plongeons dans l'eau ou les sauts d'arbre en arbre pour échapper à un danger, ou encore, pour les femelles, des migrations vers le site de ponte, les iguanes verts ne quittent pas leur perchoir habituel.

De préférence, l'iguane vert habite les mangroves ou le bord des rivières. Pour la nuit, il choisit toujours une branche fine de 1 à 2 cm de diamètre, parallèle ou perpendiculaire au sol. Il y a une corrélation entre la longueur du corps du lézard et la hauteur du perchoir, les individus les plus gros, ou les plus vieux, se perchent plus haut que les petits ou les jeunes.

Une étude menée au Belize sur l'ensemble des arbres utilisés comme perchoirs par les iguanes a indiqué que les Citharexylem en représentaient 50 % et les mimosas 30 % (soit 15 % de la végétation). Lorsqu'il se contente, comme c'est le cas le plus souvent, de se prélasser, l'iguane le fait sur une branche, les membres pendants. À la moindre alerte, on le voit plonger brusquement dans l'eau qu'il surplombe, avec un plouf plutôt retentissant.

Le jeune iguane, en revanche, adopte rarement ce genre de perchoir au-dessus de l'eau. Quand il le fait, il emprunte, pour s'échapper, les galeries du crabe de mangrove Cardisoma. Il prend ses bains de soleil dans des taillis ou des bosquets, se confondant avec le feuillage qui le dissimule à la vue des intrus. Le soir venu, il grimpe dans des arbustes, à 2 ou 3 m de hauteur.

Lorsqu'il n'y a aucun danger qui menace, c'est l'insuffisance des ressources qui déclenche les déplacements. Ainsi, au Panamá, lorsque le prunier mombin (Spondias mombin) donne ses fruits (généralement entre août et septembre), il attire toutes sortes d'iguanes qui quittent leur perchoir habituel, trop pauvre. Un seul de mombin peut accueillir une quinzaine de ces gros lézards, en quête de nourriture ou de sommeil.

Agile et bon nageur

S'ils descendent à terre pour chercher de la nourriture ou pour prendre un bain de soleil, les iguanes rampent lentement, le ventre traînant sur le sol, les pattes pliées, en ondulant la queue. Si, en revanche, ils quittent leur arbre pour s'enfuir, ils font montre d'une impressionnante agilité : ils peuvent exécuter un saut dans le vide, les membres tendus vers l'extérieur, la queue fixe, ou se mettre à courir, les pattes tendues, le ventre très au-dessus du sol, la queue agitée. On les voit aussi, la tête basse, marcher lentement à reculons ou sur le côté.

Lorsque deux iguanes s'apprêtent à combattre, ils avancent doucement l'un vers l'autre, le fanon et les membres tendus à l'extrême.

L'iguane est aussi un excellent nageur qui se déplace dans l'eau avec aisance, il progresse rapidement à la surface, tête dressée, les pattes allongées vers l'arrière le long du corps, sa queue ondulante lui servant de propulseur.

Les combats très ritualisés des iguanes terrestres

Les jeunes iguanes terrestres mâles des îles Galápagos comme les iguanes verts affrontent souvent leurs aînés en période de rut. Ces combats se déroulent en trois phases très stéréotypées. L'attaquant entame la lutte en se mettant à tourner, le fanon gulaire tendu, le corps gonflé au maximum, autour de l'animal défié. Cette ronde s'accompagne de sifflements impressionnants et d'une série de hochements de la tête, tandis que la queue balaie le sol avec des mouvements saccadés. Durant la deuxième phase, l'agresseur baisse la tête, dégonfle ses flancs, cesse ses mouvements de queue, et, tandis que les corps des deux combattants forment un T, il essaie de grimper sur son adversaire. Il se cogne contre lui, est repoussé, revient à la charge. Enfin, lorsque le mâle dominant parvient à monter sur l'autre, la gueule ouverte, il fouille de chaque côté les replis du cou de son adversaire, qui suit ces mouvements en fléchissant l'avant du corps.

En moins de deux minutes, la peau de l'iguane dominé prend une couleur sombre, alors que la tête du vainqueur devient quasiment blanche et se balance d'un côté et de l'autre, la gueule montrant une muqueuse buccale interne rouge vif. Puis le dominant mord sa victime au cou ou au dos et se retire. Si le dominé parvient à désarçonner son adversaire, toutes les séquences d'affrontement reprennent dans les minutes qui suivent.

Lors de l'accouplement, une parade analogue s'engage entre le mâle et la femelle. Une fois à califourchon sur sa partenaire, le mâle glisse la queue de celle-ci sous la sienne. Si la femelle est consentante, elle facilite alors l'introduction de l'hémipénis du mâle en levant la base de sa queue.

Une seule ponte par saison de reproduction

Le plus souvent, l'iguane vert n'atteint sa maturité sexuelle qu'au bout de deux ou trois ans – les iguanes insectivores sont beaucoup plus précoces (ils sont matures dès l'âge de un ou deux ans). Tous sont ovipares. Une étude menée en Colombie, en 1972, indique que les femelles ne pondent au maximum que cinq à huit fois dans leur vie.

L'accouplement a lieu sur le territoire du mâle environ trois à sept semaines avant la ponte. Comme la plupart des lézards tropicaux et subtropicaux, l'iguane vert n'a pas de saison de reproduction et de nidification bien définie. Pour lui, cette saison s'étend sur une période variant généralement de un à trois mois. Quelle que soit la latitude, la femelle ne pond qu'une seule fois par saison.

La ponte est déposée durant la période la plus sèche de l'année, avec un ensoleillement maximal au-dessus du nid. Ainsi, les œufs ne risquent pas d'être inondés ; les éclosions se font au contraire à la saison des pluies, quand la nourriture abonde.

Les femelles gravides choisissent pour pondre un site ensoleillé (savane herbeuse ou abords de plage) et creusent un long terrier avec une chambre d'incubation assez spacieuse pour y évoluer à l'aise. Pendant la construction, l'aire est défendue par les mâles.

Des œufs nombreux

La ponte a lieu en une seule fois, et comporte entre 14 et 76 œufs d'une longueur d'environ 40 mm, oblongs, avec une membrane parcheminée. Quand la femelle a terminé, elle envoie avec ses pattes du sable ou de la terre dans le terrier, de façon à refermer celui-ci, tout en y laissant une poche d'air. Lors de l'incubation, qui nécessite une dizaine de semaines, la température du nid demeure à peu près constante – entre 28 et 32 °C. Le développement des embryons est synchrone et les éclosions sont simultanées. Les nouveau-nés pèsent 11 g et mesurent en moyenne 75 mm. Ils remontent à la surface seuls, de même qu'ils doivent ensuite subvenir à leurs besoins sans aide de la part des adultes.

Pour tout savoir sur l'iguane vert

Iguane vert (Iguana iguana)

Les zoologistes considèrent l'iguane vert comme l'espèce type de la famille des iguanidés. Sa longueur totale, qui peut dépasser deux mètres, fait de lui le plus grand de tous les iguanes.

L'ensemble du corps – tête, fanon gulaire, crête et queue – est vert tendre, un vert sans tache chez le jeune, qui tire sur le gris avec la croissance de l'animal. Chez l'adulte, la tête, assez forte, comporte de grandes plaques plus claires aux reflets parfois irisés. On distingue également des rayures vives sur les épaules ; des bandes parallèles transversales noirâtres sur la peau jaune du ventre et jusqu'aux flancs ; des anneaux réguliers, jaunes et noirs, sur la queue. Une sorte de croissant noirâtre s'étend depuis l'aisselle jusque vers la nuque. Le fanon gulaire est extensible, tendu lorsque le lézard est sur la défensive, il se gonfle si l'animal est excité ou énervé.

La crête du dos est hérissée d'écailles en forme d'épines qui peuvent atteindre 8 cm de long chez les vieux mâles. Celles-ci sont flanquées d'une rangée d'autres écailles plus courtes. Cette crête est peu marquée chez les femelles et les jeunes. Le reste du corps est également couvert de nombreuses écailles minuscules et perlées.

L'orifice nasal (choane) constitue une fente commune avec celle de l'organe de Jacobson, qui est l'organe de l'odorat. Les récepteurs olfactifs jouent un rôle dans la recherche des aliments et la reconnaissance des iguanes, notamment à l'époque de la reproduction.

On est frappé par le reflet mordoré des yeux latéraux, ainsi que par la langue épaisse et couverte de papilles gustatives. Quant à la dentition, elle est de type « pleurodonte », c'est-à-dire que les dents sont accolées au bord interne de la mâchoire. Leur couronne est aplatie transversalement et armée de plusieurs tubercules. Le remplacement de chaque dent s'effectue comme chez les autres iguanidés (le procédé est différent chez les autres reptiles) : le bourgeon dentaire se développe à la base et à l'intérieur de la dent qui se creuse et cède peu à peu la place à l'autre.

Le goût et l'odorat sont développés. Les iguanes verts peuvent réagir aux bruits, mais leur ouïe est plutôt faible.

Les pattes sont bien articulées, la queue très longue et fine. L'animal ne peut s'automutiler comme le font d'autres iguanidés. Cette technique de protection, qui permet à certains lézards d'échapper à un prédateur en lui abandonnant leur queue (autotomie), exige une conformation particulière des vertèbres caudales qui n'existe pas chez l'iguane vert.

Le cœur, en forme de triangle, est situé à la base du cou. La crosse aortique gauche reçoit un mélange de sang artériel et veineux ; la droite, plus développée, ne reçoit que le sang artériel. L'iguane vert respire grâce à deux poumons situés contre la paroi dorsale du thorax. L'architecture pulmonaire de l'animal est particulièrement complexe, avec un labyrinthe de replis internes très développés. L'un de ces replis forme une cloison qui sépare partiellement le poumon en deux chambres.

IGUANE VERT

Nom (genre, espèce) :

Iguana iguana

Famille :

Iguanidés

Infra-ordre :

Iguania

Ordre :

Squamates

Classe :

Reptiles

Identification :

Grand lézard de couleur verte ; fanon gulaire, crête dorsale, grande plaque subtympanique

Taille :

Peut dépasser 2 m

Poids :

Certains vieux adultes pèsent plus de 5 kg

Répartition :

Mexique, Amérique centrale, Antilles, Amérique du Sud jusqu'au nord du Paraguay

Habitat :

Forêts tropicales, bord des cours d'eau

Régime alimentaire :

Feuilles et fruits

Structure sociale :

Vit seul ou en groupe, avec un mâle dominant

Maturité sexuelle :

Au cours de la deuxième ou de la troisième année

Saison de ponte :

Début de la saison sèche

Nombre d'œufs par ponte :

De 14 à 76

Temps d'incubation des œufs :

De 60 à 90 jours, selon température

Longévité :

En moyenne 8 ans dans la nature, 10 ans en captivité

Effectifs :

Certaines populations en baisse

Statut :

Espèce intégralement protégée par quelques pays. Figure en Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction)

 

Signes particuliers

Œil

Mordoré, il est placé sur le côté, ce qui ne permet qu'une vision binoculaire réduite, de l'ordre de 25°. Le globe oculaire est volumineux, et la cornée, très petite, avance nettement en saillie par rapport à celui-ci. La face antérieure de l'iris comporte une couche de chromatophores (cellules pigmentaires) remplie de cristaux de guanine qui lui donnent un aspect métallique. La pupille est ronde, assez peu mobile, malgré son aptitude à se contracter de façon très brusque. Chez l'iguane vert, comme chez les lézards de mœurs diurnes, le cristallin et les humeurs ont une réfraction correspondant à une hypermétropie faible.

Pied

Les cinq orteils sont très longs, grêles et armés de griffes. L'axe du pouce, divergent par rapport à celui des autres doigts, facilite la préhension.

Oreille

Extérieurement, c'est une petite surface de peau nue, au-dessus des bajoues. Le système auditif est caractérisé par une structure de labyrinthes de membranes et d'osselets communiquant avec l'oreille moyenne par plusieurs orifices. La caisse du tympan est grande.

Bajoues

Marquées de chaque côté par une très grande écaille dont le diamètre dépasse celui de l'œil, elles sont plus grandes chez les mâles qui les dilatent pour intimider.

Les autres iguanes

Quelque 700 espèces, localisées essentiellement dans le Nouveau Monde, forment la famille des iguanidés. Le nombre de genres ne fait pas l'objet d'un consensus, et varie donc selon les auteurs, mais 8 sont généralement reconnus :

Genre Amblyrhynchus

Une seule espèce, l'iguane marin, Amblyrhynchus cristatus.

Identification : de 1 m à 1,20 m ; jusqu'à 4 kg (mâle) ; museau court et arrondi, crête peu développée ; dents coupantes et nombreuses ; coloration générale grisâtre, plus terne chez la femelle ; en période de reproduction, taches rouge brique et vert bouteille chez le mâle. Le jeune, tout noir, se cache facilement de la buse, son principal prédateur, grâce à sa couleur mimétique sur la lave.

Répartition : seul lézard véritablement marin, vit sur les blocs de lave s'avançant dans la mer, uniquement dans l'archipel des Galápagos ; sept sous-espèces.

Comportement : vit en hardes dont la structure sociale est encore mal connue. Dans certaines, les mâles adultes dominent des groupes de femelles sédentaires et grégaires, au territoire bien défini.

Alimentation : se nourrit sous l'eau (adultes) ou à marée basse (jeunes) d'algues microscopiques broutées sur les rochers. L'espèce a cependant des tendances omnivores et ne dédaigne pas, à l'occasion, manger d'autres végétaux ou même des poissons.

Effectifs : inconnus ; certaines îles possèdent des colonies très denses de plusieurs centaines d'iguanes marins occupant des espaces restreints.

Statut : vulnérable ; peu de prédateurs naturels, sauf les requins, en période de reproduction, au moment du vagabondage des mâles adultes, mais souffre de la présence sur l'île d'espèces introduites qui s'en prennent aux jeunes et aux œufs ; espèce sensible à la pollution marine (marées noires notamment) et aux effets climatiques périodiques du phénomène El Niño. Espèce classée en Annexe II de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction).

Genre Iguana

Outre l'iguane vert (Iguana iguana), le genre comprend l'iguane des Petites Antilles, Iguana delicatissima.

Identification : absence de grande plaque subtympanique et courte crête gulaire chez l'iguane à cou nu qui possède, en outre, le long de la mâchoire inférieure, une série de grandes plaques se terminant avant le tympan.

Répartition : forêts sèches et humides de la Martinique, de la Dominique, des archipels de la Guadeloupe, d'Antigua, de Saint-Eustache, de Nevis et d'Anguilla. Cette espèce entre en compétition avec l'iguane vert qui a parfois été introduit par l'homme dans quelques-unes de ces îles.

Statut : vulnérable.

Genre Cyclura

Dix espèces de l'archipel des Antilles, regroupant les formes les plus primitives d'iguanes. Trois de ces espèces, Cyclura mattea, Cyclura porricensis et Cyclura nigerrima, ont disparu.

L'espèce la mieux connue est l'iguane rhinocéros, Cyclura cornuta :

Identification : son nom lui vient de trois protubérances cornées situées entre le front et les narines. Mesure en moyenne 50 cm pour les mâles et 45 cm pour les femelles. Corps uniformément brun-gris, olivâtre et presque noir sur le dos ; parties ventrales plus claires. Brosses plantaires sous les 2e et 3e orteils.

Répartition : forêts broussailleuses et sèches, plantées de cactus et d'agaves ; Hispaniola (Haïti) et petites îles des environs. Sa sous-espèce Cyclura cornuta stenjneri, a été repérée à l'îlet Mona, près de Porto Rico. L'autre sous-espèce, Cyclura cornuta onchiopsis, a probablement disparu de l'île de Navassa.

Alimentation : omnivore ; consomme surtout les fruits et les feuilles toxiques du mancenillier, mais ne dédaigne pas à l'occasion lombrics et petits rongeurs.

Statut : comme toutes les espèces du genre Cyclura, il est classé en Annexe I de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction). L'iguane rhinocéros est classé comme « vulnérable » sur la liste rouge des espèces menacées. Cinq espèces de Cyclura sont en danger critique d'extinction (Cyclura carinata des îles Turks et Caicos [Bahamas], Cyclura collei de la Jamaïque, Cyclura lewisi des îles Caïmans, Cyclura pinguis d'Anegada [îles Vierges], Cyclura ricordi d'Hispaniola) ; une est en danger (Cyclura rileyi, de l'île San Salvador, dans les Bahamas).

Genre Conolophus

Deux espèces proches : l'iguane terrestre des Galápagos, Conolophus subcristatus, et l'iguane terrestre de l'île de Santa Fe, Conolophus pallidus.

Identification : leur longueur peut dépasser un mètre ; poids des mâles de 5 à 7 kg, exceptionnellement 12 kg ; coloration brun-jaune avec des taches irrégulières. Crête bien développée sur la nuque, se prolongeant sur le dos par une autre crête plus courte. Régénération possible de la queue.

Répartition : archipel des Galápagos. Conolophus subcristatus sur les îles Santiago, Santa Cruz, Isabela, Fernandina et Baltra ; Conopholus pallidus uniquement sur l'île de Santa Fe.

Alimentation : végétaux, en particulier ipomées sur l'île Fernandina, jusqu'à une altitude de 450 m ; au-dessus, feuilles et fruits de scalesia. À l'occasion, raquettes charnues de cactus.

Statut : effectifs non connus. Espèces vulnérables, inscrites en Annexe II de la CITES.

Genre Brachylophus

Deux espèces, Brachylophus fasciatus et Brachylophus vitiensis.

Identification : lézards terrestres proches de l'iguane vert ; crête courte.

Répartition : Polynésie. Brachylophus fasciatus habite dans les archipels des Fidji et des Tonga, et a été introduit à Vanuatu ; Brachylophus vitiensis vit uniquement aux Fidji.

Alimentation : végétaux.

Statut : Brachylophus vitiensis est en danger critique d'extinction, Brachylophus fasciatus en danger. Les deux espèces sont classées en Annexe I de la Cites.

Genre Ctenosaura

Treize espèces.

Identification : noirs, à crête courte et queue recouverte d'écailles épineuses.

Répartition : zones arides, de la Basse-Californie à l'Amérique centrale.

Alimentation : végétaux.

Statut : cinq espèces sont en danger critique d'extinction : Ctenosaura bakeri de l'île Utila (Honduras), Ctenosaura oedirhina, de l'île Roatán (Honduras), Ctenosaura melanosterna, du Honduras, Ctenosaura oaxacana, endémique de l'État  d'Oaxaca, au Mexique, Ctenosaura palearis, au Guatemala.

Genre Dipsosaurus

Une seule espèce, Dipsosaurus dorsalis.

Identification : 10 cm environ ; corps plutôt cylindrique ; tête et crête dorsale courtes. Coloration grisâtre, marbrures brunes.

Répartition : régions désertiques du sud-ouest des États-Unis et dans les États de Sinaloa et Sonora, au Mexique.

Statut : préoccupation mineure.

Genre Sauromalus

Six espèces.

Identification : corps aplati et large, peau gris jaunâtre à écailles rugueuses. L'espèce Sauromalus ater se démarque des autres avec l'avant du corps et les pattes noirs et une partie du tronc rouge.

Répartition : régions désertiques du sud-ouest des États-Unis (sud de la Californie, Utah, Nevada, Arizona) et ouest du Mexique.

Milieu naturel et écologie

Les iguanes étant essentiellement arboricoles et héliothermes, leur habitat est constitué, en dehors de la période de reproduction, de leurs arbres-perchoirs et de leurs sites d'exposition au soleil. Il s'agit de milieux naturels très divers, puisqu'ils vont des jardins bien entretenus jusqu'à la forêt tropicale. Leur répartition recouvre toute l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud, le facteur important étant la présence des arbres, surtout ceux aux troncs de couleur claire, situés près des cours d'eau, des marécages et dans les mangroves.

Dans certaines régions, on peut trouver aussi des iguanes dans des zones particulièrement arides.

Des prédateurs : les serpents

Au Costa Rica, le zoologiste américain Van Devender a répertorié de nombreuses espèces de prédateurs et mangeurs d'iguanes. Ses études indiquent qu'au moins 10 espèces de serpents mangent les petits iguanes de 25 cm environ du genre Ctenosaura, alors qu'un seul serpent, qui peut atteindre plus de 2 m de long, met l'iguane vert à son menu.

Les jeunes iguanes victimes du basilic

Mais le principal ennemi des jeunes iguanes verts est sans doute le basilic (Basiliscus basiliscus), un lézard appartenant lui aussi aux Iguania, qui porte une sorte de heaume et a la particularité de courir debout sur ses deux pattes arrière. Le basilic adulte capture les jeunes iguanes verts au sol ou sur des branches très basses, lorsque ceux-ci se trouvent en grand nombre sur son territoire. Les jeunes sont en effet particulièrement vulnérables dans les 2 ou 3 premiers mois de la vie. Quand ils grandissent, le basilic, qui est plutôt de petite taille, n'est plus capable de les dévorer.

Au cours de ses études au Costa Rica, le chercheur Van Devender a noté que, à l'occasion, un autre iguanidé, Ctenosaura similis, se nourrit également de jeunes iguanes verts.

Chiens et iguanes

Autre danger pour les iguanes verts, les chiens domestiques, qui vont détruire les nids des lézards ou surprennent ceux-ci et se mettent à les courser, lorsqu'ils s'aventurent dans les jardins. Lors de ces rencontres, l'iguane adopte une posture de défense très caractéristique : il dresse les pattes, dilate ses flancs et tend son fanon, tout en émettant des sifflements particulièrement puissants et en donnant de grands coups de queue. Si l'adversaire s'approche, il arrive que l'iguane le morde. De toute façon, l'attaque est toujours rapide et le chien l'emporte sans difficulté.

Néanmoins, si certaines espèces d'iguanes, comme Iguana iguana, sont menacées aujourd'hui, le péril ne vient pas des prédateurs, mais de la chasse et surtout de l'agriculture, car celle-ci s'accompagne de nombreuses déforestations ou d'emplois de pesticides.

En dépit de leur étonnante faculté de reproduction, certaines populations, comme celles du genre Cyclura, sont durement touchées ; trois espèces ont déjà totalement disparu. D'autres iguanes ont vu se réduire considérablement leur aire de répartition.

L'iguane vert et l'homme

Victime de la gourmandise de l'homme

Certains pacifistes américains ont vu un symbole de paix plus justifié que la colombe en cet animal étrange, aux mœurs tranquilles, appelé « iwana » en langue karib. Et pourtant, aujourd'hui encore, on continue de déguster la chair ainsi que les œufs de ce grand lézard et ses effectifs diminuent.

Une recette guyanaise traditionnelle

« Vous pourrez vous régaler avec l'iguane femelle, au ventre généreusement pourvu d'œufs succulents... », lisait-on encore dans les années 1990 dans un célèbre livre de cuisine guyanaise qui donnait à ses lecteurs les conseils suivants : « En mars, à Pâques, à l'époque du renouveau, des aouaras (fruits de palmiers) mûrs, des feuilles gorgées de sève, c'est le lézard de carême qui est recherché des gourmets. Pour le tuer, faites sauter la tête d'un coup de sabre ou de machette. Laissez le corps frétiller pendant quelques instants et ensuite trempez-le dans une grande bassine d'eau froide. »

Un mets souvent recherché

La chair et les œufs de l'iguane vert et des espèces voisines sont recherchés dans de nombreuses régions où ils sont présents, dans les pays d'Amérique centrale, d'Amérique du Sud et dans les îles des Antilles. Alors qu'à la Martinique et dans l'archipel guadeloupéen, Iguana iguana et l'iguane des Petites Antilles, Iguana delicatissima, sont strictement protégés par un arrêté ministériel, en Guyane française, l'iguane vert est toujours capturé pour sa viande et ses œufs, et vendu sur les marchés. Dans ce pays d'Amérique du Sud, il est facile de se saisir des femelles gravides quand elles se hasardent dans des zones accessibles comme les plages et les savanes.

La législation qui protège les iguanes, au moins officiellement, dans différents pays du continent américain, a bien du mal à lutter contre les habitudes culinaires locales. Dans l'État d'Oaxaca, au Mexique, par exemple, les effectifs des iguanes ont subi une chute dramatique, ne représentant plus qu'environ 5 % de la population d'origine, malgré une mangrove côtière encore très étendue. L'iguane fait l'objet de chasses intensives au Guatemala, où des colonies entières d'iguanes verts se trouvent menacées, ainsi qu'au Honduras et au Nicaragua. Au nord-est du Costa Rica, dans la région de Tortuguero, c'est également la capture des femelles gravides et de leurs œufs ainsi que la destruction des nids sur les plages par les chiens domestiques qui ont provoqué une chute brutale des effectifs.

Non encore menacé, mais en déclin

En dépit de la réglementation internationale de leur commerce (Iguana iguana figure en Annexe II de la  Cites), et bien qu'il existe des élevages, un trafic d'iguanes verts sauvages subiste, pour alimenter le marché des nouveaux animaux de compagnie (NAC).

Par la chasse et les captures autant que par les déforestations et l'emploi massif des pesticides qui détruisent l'habitat des iguanes, l'homme est ainsi responsable du déclin de l'iguane vert – bien que ce dernier ne soit pas, à l'échelle de l'espèce, menacé de disparition selon les critères de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il existe cependant divers programmes de réintroduction dans la nature à partir d'élevages en captivité, par exemple au Costa Rica et au Belize.