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grand cormoran

Cormoran
Cormoran

Ce grand oiseau vorace aux ailes sombres et au cri rauque est l'un des plus connus et des plus représentés sur tous les continents. D'origine très ancienne, le grand cormoran descend d'animaux aquatiques incapables de voler. Depuis quarante millions d'années, l'espèce n'a pas évolué.

Introduction

Le nom de cormoran vient de la contraction du latin Corvus marinus, qui signifie « corbeau marin ». Appelé ainsi dans l'Antiquité en raison des cris rauques qu'il émet et de la couleur noire de son plumage, l'oiseau appartient à une famille primitive (phalacrocoracidés) de l'ordre des pélécaniformes. Elle y côtoie d'autres oiseaux aquatiques comme les pélicans, les fous de Bassan et les frégates. Il existait sans doute, il y a une centaine de millions d'années, des pélécaniformes primitifs qui, vers le début de l'ère tertiaire, se sont beaucoup diversifiés et ont donné naissance à des oiseaux aquatiques incapables de voler, comparables, du point de vue écologique, aux manchots de l'Antarctique. Ces pélécaniformes spécialisés se sont éteints au miocène, comme d'autres ramifications de cet ordre.

Les pélécaniformes fossiles connus vivaient en Europe et en Afrique il y a une cinquantaine de millions d'années ; ce sont Prophaeton, Odontopteryx ou encore Sigantornis. Les fragments de squelettes ne permettent pas de connaître leur aspect extérieur, mais ils indiquent qu'il s'agit bien de pélécaniformes.

Les ancêtres du cormoran, les Hesperornis, sont de grands oiseaux aquatiques et plongeurs du crétacé supérieur (fin de l'ère secondaire), dépourvus d'ailes et dotés de dents implantées dans les mandibules.

Le genre Phalacrocorax, auquel se rattachent toutes les espèces actuelles de cormorans, remonte au début de l'oligocène, il y a quelque 40 millions d'années. Depuis, le genre n'a pratiquement plus évolué ; on connaît plus de 75 espèces, dont une trentaineenviron a disparu. Trois des 40 espèces de cormorans actuels se rencontrent en Europe.

Jusqu'au pléistocène, les deux espèces européennes les plus voisines – le grand cormoran et le cormoran huppé – ne formaient qu'une seule espèce. Le cormoran huppé, légèrement plus petit et au bec moins fort, ne se rencontre qu'en milieu marin et se nourrit de proies bien moins grosses que celles du grand cormoran qui, lui, vit aussi bien en milieu marin qu'en milieu continental. Dans les secteurs qu'ils fréquentent simultanément, le fait qu'ils ne consomment pas des poissons de même taille limite la concurrence alimentaire.

La vie du cormoran

Des milliers d'oiseaux dans des dortoirs

Les grands cormorans ont une vie sociale très intense. En période de reproduction, leurs colonies comptent souvent plusieurs centaines de couples. Mais c'est en hiver que cette aptitude à la vie collective est le plus manifeste, les oiseaux se regroupant le long des fleuves ou sur les grands plans d'eau. Cela leur procure de nombreux avantages : augmentation de l'efficacité des activités de pêche, renforcement de la cohésion des groupes et stimulation des comportements nuptiaux.

Des dortoirs surpeuplés

La nuit, les cormorans se rassemblent par centaines ou par milliers, en dortoirs, sur de grands arbres situés au bord des rivières, formant de véritables grappes d'oiseaux qui s'installent dès le déclin du jour et jusqu'à la nuit tombée.

À la fin de l'hiver, la croûte blanchâtre laissée sur les arbres par leurs déjections signale ces dortoirs. En Vendée, il a été montré que, d'une année sur l'autre, les cormorans sont fidèles non seulement à leurs sites d'hivernage, mais parfois à un même arbre ! Il existe une hiérarchie dans les dortoirs, avec préséance des mâles adultes sur les femelles et les immatures. Le choix du dortoir est déterminé par sa fonction : procurer aux cormorans un repos nocturne sûr. Rassurés sur leur domicile, les oiseaux peuvent commencer leurs premières parades nuptiales.

Des vols en chevrons

Grâce à la puissance de leur vol, les cormorans sont capables d'effectuer, chaque jour, des déplacements de plusieurs dizaines de kilomètres pour se rendre sur leurs sites d'alimentation ou pour rejoindre leurs lieux de repos et d'accouplement.

Dans leurs déplacements en groupe, ils adoptent des formations en chevrons, destinées à favoriser leur progression. L'un d'eux prend la tête du peloton, ce qui permet aux autres de voler dans son sillage avec moins d'efforts. Il est relayé régulièrement par un autre oiseau. Lorsque la saison de la reproduction prend fin, presque toute la colonie se dirige vers le sud pour un voyage de plusieurs centaines de kilomètres – parfois jusqu'à 2 000. Ainsi, la plupart des cormorans qui hivernent en France viennent du Danemark et des Pays-Bas.

Des séances de pêche ultra-rapides

Les poissons constituent l'essentiel du régime alimentaire des grands cormorans, qui ne passent en fait que 20 % de leur journée à pêcher, de préférence le matin et en début d'après-midi. Les oiseaux s'arrêtent généralement bien avant le coucher du soleil. Les séances de pêche sont entrecoupées de pauses fréquentes, durant lesquelles ces oiseaux se reposent et font sécher leur plumage sur des bancs de sable ou de vase, des jetées, des digues.

Si la pêche ne lui prend pas beaucoup de temps, c'est que le grand cormoran est particulièrement doué pour cette activité. Il est certes incapable de piquer vers l'eau du haut du ciel, mais la rapidité avec laquelle il capture sa proie est étonnante. En Camargue, une étude a montré que les séances de pêche durent rarement plus de trois minutes. En 60 secondes, l'animal ingurgite jusqu'à 30 grammes de poisson !

Nageant à la surface de l'eau, il y enfonce la tête à plusieurs reprises afin de détecter ses proies. Puis il plonge de une à trois minutes (rarement plus de neuf minutes) sous l'eau, où il se déplace les ailes étroitement collées au corps. Pour se propulser, il utilise exclusivement ses pattes, qui sont dotées de larges palmures. La plongée dure une trentaine de secondes, parfois une minute. En Camargue, deux cormorans ont déjà été observés en train de capturer chacun huit carpes (environ 400 g au total) en dix  plongées : toute l'opération s'est déroulée en une dizaine de minutes seulement !

Le lancer du poisson

La plupart du temps, la proie est ramenée à la surface. Il s'agit alors, pour le cormoran, de pouvoir avaler le poisson la tête la première, les nageoires de celui-ci risquant, sinon, de se déployer dans son gosier. L'oiseau le lance en l'air ou le lâche simplement avant de le reprendre dans le bon sens.

En dépit de ces précautions, il n'est pas rare de voir des cormorans passer de longs moments à essayer d'avaler une proie manifestement trop grosse pour eux. Dans certains cas, un oiseau trop goulu peut mourir étouffé : on en a retrouvé plusieurs qui avaient péri de cette façon.

La pêche, en général solitaire, peut se faire en groupes si les proies sont particulièrement abondantes. Les poissons sont alors encerclés et poussés vers les berges ou les hauts-fonds afin d'être plus aisément capturés.

Un vaste choix de proies

Le grand cormoran est paresseux : il n'aime pas chercher trop longtemps sa nourriture. Il ingurgite entre 400 et 700 g de poisson par jour, soit environ de 15 à 17 % de son poids, choisissant en général la proie la plus abondante et la plus facile à capturer dans son secteur de pêche. Les études menées en milieu marin montrent que l'espèce a toutefois une préférence pour les poissons plats et pour la morue, le merlan, l'anguille, les blennies, le hareng ou le sprat.

En eau douce, le cormoran se nourrit de perches, de poissons-chats, de brèmes, de gardons, de tanches, de truites. Dans certains plans d'eau artificiels où il abonde, le poisson-chat, facile à capturer, est le principal aliment de l'oiseau.

Un nid construit à deux

Les populations maritimes construisent leurs nids, constitués d'algues mêlées à des débris de tout genre, sur des îlots rocheux ou dans les escarpements des falaises, alors que les cormorans nichant à l'intérieur des terres installent les leurs, faits de rameaux entremêlés, entre 2 ou 3 m et jusqu'à 10 m au-dessus du sol, sur des arbres, parfois dans une roselière. Les oiseaux utilisent une grande variété de matériaux que le mâle se charge d'apporter, la construction incombant en fait plutôt à la femelle, même après la ponte des premiers œufs et pendant toute la durée de l'élevage des jeunes. Le nid, réutilisé chaque année, peut devenir très volumineux et atteindre jusqu'à 1 mètre de hauteur, avec un diamètre de un mètre environ à la base, et une coupe interne de 30 à 40 centimètres. Quand la colonie est très peuplée et que les nids se touchent, les agressions entre oiseaux sont fréquentes.

Des débuts de parade en hiver

L'activité sexuelle commence parfois en plein cœur de l'hiver. Il n'est pas rare d'observer à cette époque les prémices des parades nuptiales. Ce n'est toutefois qu'à la fin du mois de février, et surtout en mars et en avril, que l'activité sexuelle est la plus intense. Une des manifestations les plus spectaculaires de cette période est l'acquisition par les adultes d'un plumage nuptial brillant – dont les reflets peuvent paraître verdâtres, pourpres ou bronze, selon l'exposition aux rayons du soleil – et présentant des taches blanches importantes sur les cuisses. Les grands cormorans continentaux présentent, durant la même période, une tête et un cou blanchâtres. Toutefois, cette robe nuptiale est éphémère : sur les côtes bretonnes, il n'est possible de l'apercevoir vraiment qu'un mois par an, tout au plus.

L'accouplement

La parade nuptiale du cormoran est rudimentaire. Elle débute par une position classique : mâle et femelle se tiennent ailes dressées, queue relevée de façon oblique, cou et bec pointés vers le ciel. Puis le mâle, sans un cri, soulève ses ailes et laisse apparaître les taches blanches de ses cuisses (qui disparaîtront après quelques semaines). Enfin, il rejette violemment la tête vers l'arrière en émettant des sons gutturaux, et la femelle adopte une position d'invitation à l'accouplement. Pendant l'accouplement, le mâle tient dans son bec le cou et le bec de la femelle. Puis les oiseaux se font une toilette mutuelle. Pendant la saison, on assiste à une succession de parades et d'accouplements qui peuvent durer jusqu'au début de l'incubation des œufs.

Au moins trois ans pour devenir adulte

Les premières pontes débutent à la mi-avril, les dernières pouvant intervenir au début du mois de juin. Chaque femelle pond 3 ou 4 œufs (rarement 5 ou 6), d'une couleur bleu pâle ou verdâtre. Longs et ovales (63 mm de long et 40 mm de large au maximum), ils pèsent en moyenne 55 g et sont déposés successivement, avec un intervalle de deux ou trois jours entre chaque ponte. L'incubation – qui dure de 28 à 31 jours  – débute dès la ponte du premier œuf, de sorte que les éclosions sont échelonnées elles aussi dans le temps, le dernier d'une couvée pouvant avoir plus d'une dizaine de jours de retard sur les autres.

Le mâle relaie la femelle

À la naissance, les poussins sont de petites boules de duvet blanchâtre nanties d'un cou disproportionné. Pendant une quinzaine de jours, ils sont couvés tantôt par un parent tantôt par l'autre, les deux partenaires se relayant sur le nid afin que chacun d'eux puisse s'alimenter.

Dès qu'une éclosion se produit, la coquille de l'œuf est enlevée du nid par l'un des deux adultes. Les grands cormorans n'effectuent qu'une ponte dans la saison, mais il peut y avoir une ponte de remplacement, en juillet ou en août, lorsque les œufs de la première couvée ont été détruits.

Des petits goulus

L'élevage des jeunes représente une dure épreuve pour les adultes, qui doivent assouvir sans relâche la faim d'une progéniture extrêmement vorace. Le père ou la mère se relaient consciencieusement pour nourrir chaque poussin en moyenne deux fois par jour.

Lorsque l'adulte arrive sur la plate-forme du nid, il s'approche du jeune qu'il veut nourrir, ouvre le bec où le poussin enfourne entièrement sa tête, jusqu'à la gorge, pour y chercher son repas, une bouillie blanchâtre de chair de poisson prédigérée. Parfois, les jeunes sont trop insistants et leur impatience donne lieu à des scènes étonnantes : le parent peut avoir toutes les peines du monde à convaincre son rejeton de retirer sa tête de sa gorge !

Une maturité tardive

À l'âge de 50 jours environ, le jeune est capable de prendre son envol. Mais il revient régulièrement au nid pour y être nourri – et ce pendant plus d'un mois. Passé ce délai, les jeunes cormorans prennent leur indépendance. Leur plumage est alors brun foncé avec un ventre blanchâtre, il restera ainsi pendant les trois premières années de leur vie. Cependant, la maturité sexuelle de cet oiseau n'est atteinte qu'entre 4 et 5 ans, plus rarement à 3 ans. Cela n'empêche pas le jeune de tenter à l'occasion de se reproduire avant d'avoir atteint cet âge, mais la tentative est alors vouée à l'échec.

L'errance avant la migration

Une fois émancipés, les jeunes cormorans se dispersent dès les mois de juin et de juillet et ne commencent à migrer vers le sud qu'au début de l'automne.

Ils restent erratiques jusqu'à leur maturité sexuelle, et, en été, on les rencontre le long des côtes ou dans les zones humides de l'intérieur, parfois très loin de leur lieu de naissance.

Pour tout savoir sur le cormoran

Grand cormoran (Phalacrocorax carbo)

Le grand cormoran est, comme son nom l'indique, un oiseau de grande taille avec une tête, un cou et un corps d'un noir velouté et un bec épais en forme de crochet.

Les plumes des ailes, d'un brun bronze, sont bordées de noir et contrastent avec le reste du corps. Au-dessous, le plumage est presque entièrement noir. Les mâles et les femelles adultes, très semblables, se distinguent des jeunes, qui, au cours de la première année, ont sur le ventre un placard blanc dont l'étendue et la forme sont extrêmement variables. La deuxième année, ce placard disparaît, les cormorans immatures restant tout de même identifiables en raison de la teinte généralement brunâtre de leur plumage, qui prend l'aspect de celui des adultes seulement durant la troisième année.

La mue des adultes a lieu deux fois par an : de juillet (après la saison de reproduction) à décembre pour les plumes de la queue, et, avant la nidification, de janvier à avril pour les plumes de la tête, du cou et du corps.

Bien adapté au milieu aquatique (mer ou eau douce), qui lui fournit l'essentiel de sa nourriture, le grand cormoran peut adapter sa vue selon qu'il se trouve sous l'eau ou hors de l'eau. Sa membrane nictitante (troisième paupière, transparente, qui se déplace horizontalement devant l'œil) lui sert de « masque de plongée », et sa vision sous l'eau est excellente. Le toucher et l'odorat sont en revanche des sens peu développés.

Son corps fuselé, ses pattes situées en arrière et munies de très larges palmures assurent au grand cormoran une remarquable aisance dans ses déplacements sous-marins, qui ont parfois lieu assez profondément (jusqu'à 9 mètres).

Grâce à un système respiratoire bien développé, il peut rester une minute sous l'eau. Il ne s'y attarde pas plus longtemps, car l'imperméabilité de son plumage est limitée. En effet, sa glande uropygienne – glande située près du croupion, qui sécrète une huile protectrice, imperméabilisante, pour le plumage – est atrophiée. Cela l'oblige à de longues stations, debout sur un perchoir, les ailes largement déployées pour sécher son plumage.

Le grand cormoran est un excellent voilier, capable de couvrir de longues distances. Le cou tendu, il fend l'air. Son décollage de l'eau en revanche est plus laborieux, en raison de la position très en arrière de ses pattes.

Sous-espèces

Toutes sont plutôt sédentaires.

Phalacrocorax carbo carbo, côtes de l'Atlantique nord, Europe et Amérique.

Phalacrocorax  carbo sinensis, grand migrateur, Europe et Asie (Inde et Chine).

Phalacrocorax  carbo maroccanus, des côtes du Maroc à la Mauritanie.

Phalacrocorax  carbo lucidus, Afrique orientale.

Phalacrocorax carbo novaehollandiae, dans tout le Pacifique ; migrations liées à la sécheresse.

GRAND CORMORAN

Nom(genre, espèce) :

Phalacrocorax carbo

Famille :

Phalacrocoracidés

Ordre :

Pélécaniformes

Classe :

Oiseaux

Identification :

Gros oiseau entièrement sombre avec un long cou, un bec fort. Forme une croix en vol

Taille :

De 80 cm à 1 m (longueur) ; 1,30 à 1,60 m (envergure)

Poids :

De 1,7 kg à 2,8 kg

Répartition :

Europe, Asie du Sud-Est, Afrique, Australie et Nouvelle-Zélande, Terre-Neuve

Habitat :

Côtes rocheuses, fleuves et rivières, lacs et étangs

Régime alimentaire :

Piscivore

Structure sociale :

Monogame, grégaire

Maturité sexuelle :

Entre 4 et 5 ans

Saison de reproduction :

D'avril à juillet

Nombre de jeunes par ponte :

De 4 à 6 pesant environ 30 g ; une ponte par an

Longévité :

18 ans, en moyenne 7 ou 8 ans en nature

Effectifs, tendances :

Plusieurs centaines de milliers d'oiseaux ; environ 100 000 individus en Europe

Statut, protection :

Préoccupation mineure sur la liste rouge des espèces menacées. Au niveau de l'Union européenne, figure en Annexe III de la Convention de Berne (exploitation réglementée), mais a été retiré de la Directive Oiseaux

 

Signes particuliers

Bec

Anguleuse, la tête du cormoran est prolongée par un bec très puissant. La mandibule supérieure (culmen) se termine par un crochet qui dépasse de 2 à 3 cm la mandibule inférieure (gonys). Les narines sont fermées, hormis pendant les quelques jours suivant la naissance.

Pattes

Les pattes du cormoran possèdent des tarses très courts et qui sont situés à l'extrémité postérieure du corps de l'oiseau, comme chez tous les plongeurs. L'oiseau les repousse simultanément en arrière sous l'eau. Les larges palmures lui permettent de se propulser rapidement et lui servent de véritable gouvernail. Richement irriguées par les vaisseaux capillaires, elles réchauffent les œufs pendant l'incubation, le cormoran ne possédant pas de plaque incubatoire. Chacun des quatre doigts est muni d'une griffe grâce à laquelle l'oiseau peut, s'il le faut, retenir une proie au sol afin de mieux la déchiqueter.

Gorge et cou

La gorge de l'oiseau est formée d'une membrane très extensible de peau nue et de couleur claire, la poche gulaire, qui sert de réservoir de nourriture et joue également un rôle important pour la thermorégulation. Le cou forme un S très souple. Sa peau, extensible, lui permet d'avaler de gros poissons.

Appareil digestif

Si le repas est abondant, il est retenu un moment dans le jabot avant la digestion. Celle-ci commence dans le gésier, plutôt petit, qui contient des graviers ainsi que des muscles puissants pour broyer la nourriture.

Les autres cormorans

Environ 40 espèces, réparties de l'extrême nord de l'Europe jusqu'aux régions subantarctiques, forment le genre Phalacrocorax. La plupart se trouvent dans les régions subtropicales de l'Amérique du Sud. Toutes sont piscivores et grégaires. Parmi les espèces les plus rares et les plus menacées figure le cormoran des bancs, qui vit dans le sud de l'Afrique.

Cormoran huppé (Phalacrocorax aristotelis)

Identification : de 72 à 97 cm, bec plus long et plus fin que celui du grand cormoran, plumage nuptial noir brillant, reflets verdâtres, crête en toupet.

Répartition : de l'Islande à la Scandinavie et jusqu'aux côtes de Mauritanie, bassin méditerranéen.

Statut : espèce protégée en Europe de l'Ouest.

Cormoran pygmée (Phalacrocorax pygmaeus)

Identification : le plus petit des cormorans, de 45 à 55 cm ; noir-brun, plumage nuptial : tête et cou à reflets violacés.

Répartition : marécages, de la Hongrie aux bords de la mer Caspienne.

Cormoran africain (Phalacrocorax africanus)

Identification : de 64 cm à 1,44 m, très longue queue, bec court ; période nuptiale : reflets irisés, petite huppe.

Répartition : sédentaire, Afrique, au sud du 18e parallèle.

Cormoran couronné (Phalacrocorax coronatus)

Parfois considéré comme une sous-espèce du cormoran africain.

Identification : plumage sombre à reflets verdâtres ; bec rouge en période nuptiale.

Répartition : côtes de Namibie et d'Afrique du Sud.

Statut : quasi menacé.

Cormoran de Socotora (Phalacrocorax nigrogularis)

Identification : 80 cm ; sombre ; en plumage nuptial, quelques plumes blanchâtres en arrière de l'œil.

Répartition : golfe Arabo-Persique.

Statut : vulnérable.

Cormoran à poitrine blanche (Phalacrocorax lucidus)

Parfois considéré comme une sous-espèce du grand cormoran, Phalacrocorax carbo.

Identification : 90 cm ; cou et poitrine blancs.

Répartition : Afrique, au sud du Sahara.

Cormoran des bancs (Phalacrocorax neglectus)

Identification : 76 cm ; noir ; plumage nuptial : tête, cou et croupion blancs.

Répartition : Namibie, Afrique du Sud.

Statut : en danger.

Cormoran à face rouge (Phalacrocorax urile)

Identification : 84 cm ; bec et cou plus longs et fins que le précédent.

Répartition : Alaska, îles Aléoutiennes.

Cormoran indien (Phalacrocorax fuscicollis)

Identification : 65 cm ; semblable au cormoran de Socotora, queue plus longue.

Répartition : Inde, Indonésie.

Cormoran pie (Phalacrocorax varius)

Identification : 75 cm ; tête, nuque, dos et ailes noirs ; cou, poitrine, ventre blancs ; masque facial orange.

Répartition : Australie, Nouvelle-Zélande.

Cormoran à gorge blanche (Phalacrocorax melanoleucos)

Identification : 60 cm ; semblable au précédent, sans masque facial, bec plus court.

Répartition : Australie, Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Guinée.

Cormoran à face noire (Phalacrocorax fuscescens)

Identification : 65 cm ; semblable au cormoran pie, masque facial noir.

Répartition : sud de l'Australie.

Cormoran fuligineux (Phalacrocorax sulcirostris)

Identification : 61 cm ; entièrement sombre, sans aucune marque blanche.

Répartition : Indonésie, Nouvelle-Guinée, Australie, Nouvelle-Zélande.

Cormoran caronculé (Phalacrocorax carunculatus)

Identification : 76 cm ; gorge, poitrine et ventre blancs ; tête, nuque et dos noirs ; masque facial orangé, touffe de plumes sur le crâne en plumage nuptial.

Répartition : Nouvelle-Zélande.

Statut : vulnérable.

Cormoran de Campbell (Phalacrocorax campbelli)

Identification : 76 cm ; semblable au cormoran caronculé ; sans masque facial.

Répartition : île Campbell au large de la Nouvelle-Zélande.

Statut : vulnérable.

Cormoran impérial (Phalacrocorax atriceps)

Identification : 63 cm ; gorge, poitrine et ventre blancs ; tête, nuque et dos noirs ; large cercle orbital bleu clair ; période nuptiale : caroncules rouges à la base du bec, longues aigrettes noires sur la tête.

Répartition : Chili, Pérou, Argentine et îles.

Cormoran ponctué (Phalacrocorax punctatus)

Identification : 60 cm ; longue tête aplatie ; long bec jaunâtre grêle ; dos brun à taches noires ; pattes rouges ; double aigrette nuptiale à l'avant et à l'arrière de la tête.

Répartition : Nouvelle-Zélande.

Cormoran noir (Phalacrocorax niger)

Identification : 56 cm ; entièrement noir ; bec court ; longue queue.

Répartition : Inde, Indonésie.

Cormoran du Japon (Phalacrocorax capillatus)

Identification : plumage verdâtre ; large tache blanche sous la gorge.

Répartition : Japon.

Cormoran des Galápagos (Phalacrocorax harrisi)

Identification : 95 cm ; oiseau aptère.

Répartition : îles Galápagos.

Statut : en danger.

Cormoran à double crête (Phalacrocorax auritus)

Identification : de 74 à 91 cm ; très semblable au grand cormoran ; période nuptiale : 2 crêtes au sommet du crâne, plumage rouge vif à la base du bec.

Répartition : Amérique du Nord jusqu'au Mexique.

Comportement : rassemblements migratoires de plus de 10 000 oiseaux.

Effectifs, statut : plusieurs dizaines de milliers d'oiseaux protégés.

Cormoran de Brandt (Phalacrocorax penicillatus)

Identification : 85 cm ; semblable au précédent ; masque facial sombre ; tache gulaire bleu ciel.

Répartition : côtes de l'Alaska à la Basse-Californie.

Cormoran pélagique (Phalacrocorax pelagicus)

Identification : 68 cm ; tête vert bouteille, masque facial rouge vif ; double touffe d'aigrette à l'arrière et à l'avant du crâne.

Répartition : côtes de l'Alaska à la Basse-Californie, Japon, détroit de Béring, Sibérie orientale.

Cormoran du Cap (Phalacrocorax capensis)

Identification : 62 cm ; plumage nuptial vert bronze et peau faciale jaune vif.

Répartition : côtes, Namibie, Afrique du Sud.

Statut : quasi menacé.

Cormoran néotropical (Phalacrocorax olivaceus)

Identification : 65 cm ; sombre à reflets verdâtres ; plumage nuptial : touffes blanches en arrière de l'œil.

Répartition : Amérique centrale et Amérique du Sud.

Cormoran de Magellan (Phalacrocorax magellanicus)

Identification : 66 cm ; période nuptiale : tête, cou et dos noirs à reflets verts irisés, taches blanches sur la tête, peau nue rouge vif autour de l'œil, huppe à l'arrière du crâne, ventre blanc, pattes rouges.

Répartition : falaises rocheuses en bord de mer, du sud du Chili au cap Horn ; îles Falkland.

Cormoran de Bougainville (Phalacrocorax penicillatus)

Identification : plus brunâtre que le précédent, sans blanc sur les joues.

Répartition : Pérou.

Comportement : colonies de plusieurs millions d'oiseaux dont les déjections forment le guano.

Cormoran à pattes rouges (Phalacrocorax gaimardi)

Identification : 76 cm ; plumage entièrement gris cendré, bec jaune, pattes rouges ; plumage nuptial : taches blanches de chaque côté du cou, masque facial rouge.

Répartition : côtes ouest d'Amérique du Sud jusqu'au cap Horn.

Statut : quasi menacé.

Milieu naturel et écologie

Essentiellement aquatique, et lié la plupart du temps aux eaux à la fois salées et fraîches, le grand cormoran se rencontre sur tous les continents à l'exclusion de l'Amérique du Sud. Il niche à l'extrême nord-est des États-Unis, à Terre-Neuve et au Groenland ; en Europe, de l'extrême nord de la Norvège au pourtour méditerranéen. Sur le continent africain, le grand cormoran occupe les côtes méditerranéenne et atlantique jusqu'en Mauritanie, et il est largement répandu en Afrique australe. En Asie, il est présent jusqu'en Inde et en Chine ; au Japon, seule l'île de Hondo abrite une de ses sous-espèces. Ailleurs, on le rencontre dans l'est de l'Afrique, en Inde et en Asie du Sud-Est. Une autre sous-espèce peuple l'Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et les îles Chatham.

Les populations les plus septentrionales (Europe, Amérique du Nord, Groenland, Islande) sont les moins sédentaires. Elles descendent hiverner jusqu'au-delà du 40e parallèle.

Durant les cent dernières années, cette distribution a subi de grands changements, surtout à l'intérieur des terres, en raison, d'une part, de la persécution dont ces oiseaux ont été victimes de la part des pêcheurs et, d'autre part, de la transformation de certains habitats.

En Europe occidentale, les grands cormorans vivent surtout sur les côtes, tandis que, plus à l'est de ce continent ainsi qu'aux Pays-Bas, d'importantes populations nichent à proximité de vastes étendues d'eaux intérieures. La seule colonie de grands cormorans digne d'être signalée en Allemagne est située en Poméranie occidentale. En France, les populations se reproduisent sur les îles et falaises de Normandie, de Picardie et de Bretagne, et plus récemment en petit nombre dans les terres : lac de Grand-Lieu (Vendée), en Picardie, dans le Cher.

Des endroits à l'écart

Les cormorans, qui préfèrent les mers abritées, évitent les eaux profondes, même proches de la terre ferme, et s'éloignent rarement des rives. On les trouve sur les lacs, les bassins, les deltas, les estuaires, les grandes rivières – en général quand le courant est faible, plus rarement s'il s'agit de torrents.

Ils passent beaucoup de temps à terre, sur des petits promontoires – rochers, falaises, bancs de sable, digues, barrages, épaves de bateaux, piquets ou arbres, les plus dénudés de préférence. Ces perchoirs ont en commun leur proximité de l'eau et leur relatif éloignement de tout élément perturbateur. Le grégarisme de ces animaux exige en effet l'occupation de zones sûres, qu'il s'agisse de rochers, de petites îles ou de bocages, voire de hautes forêts situées à quelques kilomètres de la mer. Si l'habitat remplit ces conditions, les colonies de cormorans, qui sont capables de voler très haut et sur de longues distances, s'installent parfois en altitude (les altitudes de 3 450 m au Cachemire et de 2 000 m en Arménie ont été relevées).

Une aubaine pour les mouettes

Les mouettes et goélands ne sont jamais très loin de ce prédateur de poissons qu'est le cormoran, et ils profitent de façon détournée de ses pêches. Lorsqu'il est dérangé au cours de sa digestion, le cormoran régurgite souvent le contenu de son estomac avant de fuir. Or les parties indigestes, telles que les os et les écailles, sont enveloppées dans une sorte de sac de mucus rouge provenant de la paroi stomacale. Les mouettes et les goélands fondent alors sur cet alléchant petit paquet rouge.

Les grands cormorans côtoient aussi d'autres espèces de cormorans sans qu'il y ait avec celles-ci de véritable concurrence alimentaire, car leur taille leur permet de capturer des proies auxquelles leurs rivaux potentiels s'attaquent peu. Certaines sous-espèces de grands cormorans s'installent souvent, pour nicher, à proximité d'autres colonies d'oiseaux, spatules, aigrettes et surtout hérons cendrés, comme le font plusieurs milliers de couples de Phalacrocorax  carbo maroccanus au Banc d'Arguin, en Mauritanie.

Le grand cormoran et l'homme

Un prédateur malaimé des pêcheurs

L'image d'un oiseau englué dans du goudron est devenue le symbole des mers polluées. Aujourd'hui, la présence du grand cormoran, longtemps considéré comme l'ennemi numéro un des pêcheurs, est vécue comme une sorte de garantie de la préservation de la qualité des eaux du globe.

Un prédateur trop vorace ?

Si le grand cormoran a pu survivre et même se multiplier en dépit des modifications que l'homme a fait subir à son habitat, c'est en partie en raison de son exceptionnelle faculté d'adaptation. Un exemple : les grands barrages qui, en Champagne, ont été construits pour réguler les cours de la Seine, de la Marne et de l'Aube, abritent chaque hiver des centaines de cormorans, là où auparavant l'apparition de cet oiseau était un événement !

Ce redoutable et vorace plongeur se voit depuis longtemps reprocher de vider les lacs, les étangs et les rivières. On l'accuse aussi de blesser les poissons qu'il ne peut pas capturer et de transmettre ainsi des parasites à toute la population piscicole. C'est effectivement le cas par exemple pour la ligule (ver parasite), provoquant une maladie spécifique du poisson, ainsi que pour des virus et des bactéries. D'où l'hostilité des pisciculteurs…

De nombreuses études ont été menées en Europe sur l'impact de la prédation piscicole du cormoran. Or toutes aboutissent à peu près aux mêmes conclusions : s'il est vrai que le grand cormoran consomme beaucoup de poissons (entre 340 et 540 g par jour suivant le poids de l'oiseau), cette prédation n'affecte pas de façon significative le potentiel piscicole des milieux naturels.

Le problème se pose différemment, en revanche, là où la concentration de poissons est forte, comme dans le cas des piscicultures, où la prédation par les cormorans peut en effet être forte. En France, le tir au cormoran pour protéger les piscicultures peut être autorisé par arrêté préfectoral ; ailleurs en Europe, il est également soumis à autorisation. Diverses techniques pour se prémunir contre les cormorans trop gourmands ont également été mises au point. Il est possible, par exemple, de lancer et de diffuser par haut-parleur des cris de détresse là où la prédation des oiseaux est la plus dangereuse. Une autre technique, plus fiable, mais aussi plus coûteuse, consiste à tendre des fils au-dessus des bassins afin d'empêcher les cormorans de se poser à la surface de l'eau. Malheureusement, cette solution n'est applicable que sur des étangs de petite superficie.

Victime de la pollution multiforme des mers

Les populations de cormorans ont beaucoup souffert de l'action de l'homme, et en particulier de la pollution des mers dont il est responsable. Qui n'a pas en tête des photos de marées noires montrant des cormorans – ou d'autres oiseaux aquatiques – englués dans le pétrole ? Les effets de ces pollutions sur les populations aviaires sont d'autant plus importants que l'espèce est rare. Ainsi, les marées noires provoquée par la rupture des pipe-lines koweïtiens durant la guerre du Golfe (1991) ont gravement affecté une espèce endémique, le cormoran de Socotora, dont le statut, dans cette région, était déjà précaire.

Compte tenu de son mode de pêche, le cormoran est extrêmement sensible à la pollution par le pétrole, et cela en dehors même des accidents ponctuels que sont les marées noires. En effet, il existe une pollution diffuse liée à des dégazages illicites ou à des fuites épisodiques qui tuent chaque année des milliers d'oiseaux, dont les cadavres viennent ensuite s'échouer sur les plages.

Situé au sommet de la chaîne alimentaire, le cormoran subit aussi durement les répercussions de la pollution des cours d'eau par les métaux lourds tels que mercure, plomb ou aluminium, qui se concentrent dans l'organisme des poissons dont il se nourrit.

Une autre cause non négligeable de mortalité est liée à la pêche côtière. Les cormorans venant plonger à proximité des chalutiers se prennent les ailes, le bec ou les pattes dans leurs filets. Il n'est pas rare non plus de trouver des cadavres de cormorans qui portent un fil de Nylon autour du bec ou ont un hameçon fiché au fond du gosier...

Le cormoran, auxiliaire du pêcheur

En Asie, au lieu de combattre le cormoran, certains pêcheurs chinois et japonais ont choisi de l'utiliser comme outil de travail et ils pratiquent la « pêche au cormoran », en mer comme en rivière.

Les oiseaux sont le plus souvent pris au nid, alors qu'ils sont encore incapables de voler. La méthode consiste à leur mettre un lien autour du gosier pour qu'ils n'avalent pas les proies qu'ils capturent. Le pêcheur attache en général le cormoran à son bateau au moyen d'une corde ou d'une ficelle. Mais, très rapidement, cette sorte de laisse devient inutile, car les oiseaux, qui ne peuvent se nourrir eux-mêmes, se laissent domestiquer. Contraints comme ils le sont d'attendre la fin de la pêche pour que leur propriétaire les laisse absorber leurs propres prises, ils sont bien obligés d'accepter la loi de l'homme.

Autrefois très répandue, cette technique de pêche ne subsiste plus guère. Au Japon, elle est essentiellement devenue une pratique exhibée pour les touristes.

Le guano, un engrais naturel précieux

En Amérique du Sud, ce n'est pas au pêcheur, mais plutôt au paysan que les grands cormorans apportent une ressource précieuse, grâce à leurs déjections.

Au Chili et au Pérou, par exemple, les concentrations de plusieurs centaines de milliers de cormorans d'espèces différentes sont à l'origine d'une activité économique importante. En effet, la superposition de toutes les fientes des oiseaux forme une grosse croûte de plusieurs centimètres, voire plusieurs mètres d'épaisseur. C'est le guano, qui est exploité comme fertilisant agricole lorsque les colonies de cormorans se sont éloignées.

Les modifications de l'environnement peuvent avoir une influence durable et, en changeant les habitudes des oiseaux, priver les hommes de cette ressource naturelle. C'est ainsi que l'arrivée du courant chaud appelé « El Niño » le long des côtes du Pérou a pu provoquer une véritable catastrophe économique en faisant disparaître les poissons, pâture des cormorans, et ces derniers par la même occasion...

Laissez passer les cormorans

Longtemps persécuté par les pêcheurs, le grand cormoran est devenu, dans les années 1970, une espèce menacée en Europe, ce qui a justifié son inscription, en 1979, à la Directive Oiseaux. La protection dont il a alors bénéficié lui a permis de coloniser à nouveau les régions où il s'était raréfié. Aux Pays-Bas, les cormorans d'une des grosses colonies situées à proximité d'Amsterdam empruntaient un trajet bien défini pour aller de leurs zones de pêche vers leurs colonies de reproduction. À l'occasion de l'installation d'une ligne électrique à haute tension qu'il n'était pas possible d'enterrer, les autorités ont décidé de limiter la hauteur des pylônes pour préserver le couloir de vol des cormorans.

Grâce aux mesures de protection dont il a bénéficié, le grand cormoran a vu ses effectifs augmenter régulièrement, puis se stabiliser, au point que l'espèce a été retirée de la Directive Oiseaux. Elle reste toutefois protégée en Europe, et les tirs pratiqués pour protéger certains bassins de piscicultures sont soumis à dérogation.