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genette

Genette
Genette

D'origine africaine, la genette ne s'est installée en Europe qu'au viiie siècle, grâce aux invasions sarrasines. Nocturne et d'une agilité prodigieuse, ce curieux « chat », doté de grandes oreilles et d'un museau pointu, est cependant assez rare sous nos latitudes.

Introduction

La genette commune, Genetta genetta, est un carnivore appartenant à la sous-famille des viverrinés, qui dépend elle-même des viverridés, famille composée en particulier des genettes, des civettes, des linsangs et des mangoustes.

Comme l'ensemble des familles de l'ordre des carnivores, les viverridés descendent des miacidés, petits mammifères arboricoles à la longue queue qui sont apparus il y a environ 60 millions d'années. Les miacidés combinaient des traits primitifs (crâne bas, corps allongé, membres courts) avec des caractéristiques plus modernes, le cerveau, en particulier, semblant être plus développé que chez les créodontes – un autre groupe de carnivores dont on ne connaît que des fossiles.

En ce qui la concerne, la genette est elle-même restée très proche de la forme primitive dont elle est issue. À partir de ce modèle primitif, les viverridés ont évolué dans plusieurs directions. Une branche a donné les différentes espèces de civettes africaines et asiatiques ainsi que le binturong d'Asie, tandis qu'une autre a mené aux mangoustes.

Les premières civettes apparaissent dans des sédiments datant d'il y a à peu près 35 millions d'années. Elles étaient, à l'époque, représentées par des genres tels que Stenoplesictis et Palaeoprionodon. Les quelques genres connus du miocène et du pliocène (entre 25 millions et 1,5 million d'années) se trouvent en Eurasie.

Aujourd'hui, la famille des viverridés regroupe une vingtaine de genres et une trentaine d'espèces réparties au sud-ouest de l'Europe, au sud de l'Asie et en Afrique.

La vie de genettes

Un animal nocturne et solitaire

Bien qu'elle se repose et se nourrisse dans les arbres, la genette passe la plus grande partie de sa vie au sol. En captivité, elle est totalement nocturne. À l'état sauvage, on pense que son activité débute une demi-heure après le coucher du soleil, avec une pause au milieu de la nuit, et qu'elle cesse toute chasse au moins un quart d'heure avant l'aube. Mais son organisation territoriale et son comportement en liberté sont peu connus, car ils n'ont guère fait l'objet d'observations suivies.

Des données encore imprécises

D'après des études réalisées dans la nature en Éthiopie, on estime qu'une femelle adulte possède un domaine vital de 0,62 km2, contre 0,34 km2 pour une femelle immature. Il a été constaté que mâles et femelles ne s'excluent pas mutuellement de leur territoire, sauf à l'époque de la reproduction. Apparemment, les jeunes, surtout les mâles, se déplacent beaucoup : ils peuvent parcourir plus de 30 km à la recherche d'un territoire, les domaines vitaux des mâles ne se distinguant pas de ceux des femelles pendant la période d'émancipation.

Les femelles de certaines espèces de viverridés vivant en Afrique du Sud seraient plus territoriales que les mâles : lâchées à 10 ou 20 km de leur territoire, elles retrouvent celui-ci aisément. Les femelles des nandinies, ou civettes palmistes africaines (Nandinia binotata), défendent leur territoire de l'intrusion d'autres femelles, les mâles en faisant autant entre eux.

Des « perchoirs » pour dormir

Pendant la journée, la genette se repose en général perchée tout en haut d'arbres tels que les jeunes chênes, les châtaigniers, les épicéas ou les pins. Les jeunes peuvent changer de « perchoir » tous les jours. La femelle, elle, ne change pas de gîte tant que l'élevage des jeunes se poursuit. Si la végétation est clairsemée, elle peut trouver refuge dans le nid déserté d'un autre animal, dans la galerie d'un blaireau, ou encore dans un creux d'arbre ou de rocher...

Des marques pour se retrouver

Chez la genette, la communication est essentiellement fondée sur l'odorat. En effet, les odeurs laissées par un animal persistent même lorsque celui-ci a quitté les lieux. On observe trois types de marquages : le marquage ano-uro-génital et les marquages par frottement des flancs ou des pattes postérieures.

Le premier marquage consiste, pour les mâles, en un dépôt d'urine, et, pour les femelles, en des sécrétions des glandes périnéales (situées entre l'anus et les parties génitales). Le marquage par les flancs exploite les glandes sébacées des poils. Il s'accompagne le plus souvent d'un hérissement de ces derniers, et il est lié à une menace. Le marquage par les pattes est plus rare.

Les fèces servent aussi à la communication olfactive grâce aux sécrétions des glandes anales. Mais les marquages par les glandes périnéales sont les plus durables et jouent un rôle capital pour la délimitation du territoire : une femelle peut reconnaître l'odeur d'un mâle même après neuf semaines de séparation.

Deux portées par an de deux à quatre petits

Chez la genette, la maturité sexuelle intervient aux alentours de l'âge de quatre ans, le poids de l'animal atteignant alors 2 kg environ. Le mâle n'a pas de cycle sexuel saisonnier ; il est continuellement actif.

En règle générale, un premier rut a lieu en janvier-février, et un second en mai-juin. Cependant, on a remarqué certaines variations. Des naissances ont été observées toute l'année, que ce soit en captivité ou dans la nature. En effet, l'œstrus de la femelle peut être déclenché dès qu'un mâle se présente, à n'importe quelle période de l'année.

Un hoquet préliminaire

Une semaine avant le rut, les marquages ano-uro-génitaux du mâle se multiplient, tandis qu'ils diminuent chez la femelle. Le mâle peut alors vérifier jusqu'à 40 fois par heure l'odeur de sa partenaire. Il est soudain saisi d'un « hoquet » qui ne cesse de s'intensifier au fur et à mesure que l'accouplement approche. Celui-ci a lieu la nuit, dure 2 ou 3 minutes et se répète 4 ou 5 fois. La femelle se couche, et le mâle l'immobilise avec ses pattes antérieures. Après quoi les deux genettes se lèchent la région ano-génitale.

La gestation dure 70 jours en moyenne, avec des mises-bas qui ont lieu d'avril à juin et de septembre à novembre.

Des petits sourds et aveugles

Deux à quatre petits naissent, couverts de poils, les yeux et les oreilles fermés, pesant de 61 à 82 g et mesurant de 23 à 27 cm. Ils sont sevrés aux alentours du 4e mois suivant la mise-bas, mais, dès la 7e semaine, ils commencent à prendre des aliments solides.

Seule la femelle participe à leur élevage. Jusqu'au 4e ou au 5e mois, les petits restent tout près de la mère. Puis la portée se disperse, et chaque jeune consomme sa proie, seul dans son coin. Avant de se disperser, les jeunes se déplacent beaucoup, tout en restant attachés à une portion de territoire bien délimitée : une jeune femelle suivie pendant 4 mois se déplaçait chaque nuit de 7,5 km.

Cris et hoquet de l'accouplement

Cris et hoquet de l'accouplement



Durant la période précédant l'accouplement, le mâle pousse de petits cris, dits de contact, tout en flairant la femelle. Émis isolément, en une succession de deuxou trois sons ou en une longue série de durée et d'intervalle variables, ces cris jouent un rôle important tant au moment du rut que, plus tard, dans les relations entre la mère et les jeunes. Par la suite, le mâle est saisi d'un étrange « hoquet » qui se fait de plus en plus fort jusqu'au moment de l'accouplement. Se composant de deux petits cris aigus et espacés de quelques dixièmes de seconde, ce hoquet n'est déclenché que lorsqu'il y a contact direct avec la femelle ; en effet, le phénomène ne se produit pas si mâle et femelle sont séparés par un grillage.

Une chasseresse discrète et rapide

La genette est essentiellement carnassière. À la chasse, elle est servie par son étonnante agilité : de tous les viverridés, c'est elle, sans nul doute, la plus adroite. Cette gracieuse acrobate a l'art de se faufiler, de glisser silencieusement, tout en continuant de flairer tout ce qui se trouve sur son chemin, l'avant du corps alternativement projeté en avant puis ramassé en arrière. À la voir grimper ou descendre le long des troncs, la tête la première, on a l'impression qu'elle ignore la pesanteur.

Un coup de dents fatal

Même élevées au biberon, de petites genettes de trois mois tuent les souris ou les poussins qu'on leur livre, exactement comme le font les adultes : d'une seule morsure à la nuque.

Pour chasser, certaines espèces, comme la genette tigrine (Genetta tigrina suahelica), se mettent aux aguets et rampent vers leur proie. Ce n'est pas le cas de la genette commune (Genetta genetta), qui n'est jamais à l'affût : si sa cible est de petite taille, elle se contente, pour la saisir, de tendre le museau sans faire intervenir ses pattes.

En revanche, s'il s'agit d'un animal plus gros, un rat par exemple, elle se sert de ses quatre pattes pour le maintenir et le mordre à plusieurs reprises. Pour capturer les poissons, les genettes plongent tout simplement les mâchoires dans l'eau.

Elles avalent les souris entières, en commençant toujours par la tête. Lorsqu'elles sont relativement repues, elles se contentent de ne consommer que les têtes des souris. De même, s'il s'agit de rats, la tête est croquée avant le reste du corps. Pour les poussins, ce sont les têtes et les pattes qui sont avalées les premières.

Si leur appétit est déjà satisfait, les genettes peuvent jouer tels des chats avec leur proie, poussant celle-ci avec la patte ou le museau, ou fouettant l'air avec de petits coups de pattes avant de la saisir et de l'emporter.

Une alimentation très variée

Si le régime de la genette est constitué pour l'essentiel de mammifères – surtout de rongeurs, en particulier le mulot sylvestre (Apodemus sylvaticus) –, il peut toutefois être extrêmement varié.

À son menu, on trouve aussi bien des lièvres et des lapins que des rongeurs, de petits carnivores ou des insectivores, et des oiseaux vivant dans les vasières. La genette pénètre au besoin dans les poulaillers et les clapiers, mange des gallinacés, des colombes, des passereaux, mais aussi des amphibiens, des reptiles ou des poissons. Elle consomme également des œufs ou des végétaux, voire les déchets alimentaires que l'homme a laissés sur son chemin.

Une parfaite adaptation

Opportuniste, ce petit prédateur s'adapte systématiquement aux ressources de son environnement. Aux Baléares, il mangera des reptiles ou des insectes, au nord de l'Espagne, il consommera essentiellement (pour 80 %) des petits mammifères, tandis qu'au centre de l'Andalousie les oiseaux représenteront 47,6 % du contenu de son estomac. De même en France, la proportion des végétaux ou des oiseaux varie d'un endroit à l'autre. Si le mulot reste partout sa proie principale, les animaux le plus souvent consommés sont, dans le Var, le loir commun et, dans l'Hérault, les insectes. Le régime alimentaire est également saisonnier : en Espagne, par exemple, la consommation d'oiseaux augmente en hiver, celle des jeunes lièvres et des lapins est importante au printemps, mais, à l'automne, le régime doit être complété par des insectes, des scorpions et des fruits.

Un apprentissage rapide

Dès la 7e semaine, les jeunes dévorent les entrailles ou les morceaux de proies que leur mère leur apporte. À 11 semaines, ils commencent à les rechercher, et, à 12 semaines, à les saisir. Dès lors, ils cessent déjà de manger des souris tuées par leur mère. À 18 semaines, ils sont devenus des prédateurs à part entière. Ils sont parfaitement capables de chasser et de tuer leurs proies eux-mêmes, et se disputent même entre eux les proies qu'ils dégustent désormais tranquillement en solitaires. Les adultes n'ont pratiquement pas besoin de leur apprendre à chasser.

Pour tout savoir sur les genettes

Genette commune (Genetta genetta)

De la taille d'un chat, la genette a la tête plus fine et allongée que ce félin, de grandes oreilles et un museau très pointu. Son pelage à fond clair est tacheté de noir, avec une longue queue aux anneaux foncés. Ses pattes sont courtes. Les pattes avant sont plantigrades, c'est-à-dire que l'animal prend appui sur la plante des pieds ; les pattes arrières, s'appuyant sur les doigts, sont digitigrades. Les griffes sont semi-rétractiles.

Les vibrisses (ou « moustaches ») sont longues : elles peuvent atteindre jusqu'à 9 cm.

Les poils de jarre (poils plus longs, à l'intérieur de la fourrure) peuvent mesurer 3 cm de long à la base de la queue. Leur pointe est toujours sombre. Les poils de bourre, gris clair, ont des stries peu apparentes.

Les sens de la genette sont en général très développés. Si la vue est limitée au noir et blanc, l'audition et l'odorat sont particulièrement performants. Grâce à la sensibilité des vibrisses, le toucher semble également important. Les contacts nasaux entre la mère et les petits sont fréquents jusqu'à l'âge de 5 mois. Le marquage ano-uro-génital n'apparaît qu'à la fin du 4e mois. Chez les genettes, le rôle capital des messages olfactifs ne doit pas éclipser celui des communications sonores et visuelles.

On distingue en particulier quatre grandes vocalisations. Le premier cri, dit « de contact », est produit par une expiration d'air à travers le pharynx et les narines. Il n'est pas seulement lié au rut mais est également émis par la femelle pendant l'allaitement, c'est-à-dire pendant les cinq premiers mois de la vie des jeunes. Ce cri permet de battre le rappel des femelles ou celui des membres de la portée. Les petits le lancent à leur tour dès la fin du premier mois et jusqu'à leur maturité.

La deuxième vocalisation concerne surtout les jeunes. Il s'agit d'une plainte ou d'un miaulement accompagné d'une rétractation des lèvres et d'une dilatation des pupilles. Chez les adultes, elle n'est lancée qu'en cas d'agression de la part d'un congénère.

Le troisième cri n'est en réalité qu'un grognement qui accompagne la consommation d'une proie, chez un jeune. Il s'agit pour l'animal d'éloigner des congénères pour défendre son repas. Chez l'adulte, il marque une agression.

Enfin, le ronronnement est le fait des bébés genettes, il est émis durant les premières semaines après la naissance.

Hérissement des poils de la queue et de la crête dorsale, ralentissement des mouvements, extension des membres et arrondissement du dos sont observés lorsque l'animal se sent menacé. En revanche, quand il est prêt à attaquer, on voit le cou se tendre, la bouche s'ouvrir, les oreilles se tourner vers l'avant et les vibrisses, vers l'arrière. La genette souffle, montre les dents et se met alors à cracher.

Les sous-espèces

Les sous-espèces varient selon les auteurs. On en distingue classiquement cinq :

Genetta genetta afra, en Afrique du Nord ;

Genetta genetta rhodanica, en France ;

Genetta genetta genetta, en Espagne, au Portugal et aux Baléares ;

Genetta genetta balearica, dans les îles de Majorque et de Cabrera ;

Genetta genetta isabelae, sur l'île d'Ibiza.

GENETTE COMMUNE

Nom (genre, espèce) :

Genetta genetta

Famille :

Viverridés

Ordre :

Carnivores

Classe :

Mammifères

Identification :

Pelage gris ou jaune, taches marron ou noires. Crête érectile noire au milieu du dos. Queue annelée noire et blanche

Taille :

De 42 à 58 cm de long, queue de 39 à 53 cm

Poids :

De 1 à 3 kg

Répartition :

Afrique, France, Espagne, Portugal, îles Baléares

Habitat :

Forêts, savanes et prairies

Régime alimentaire :

Petits mammifères, oiseaux, reptiles, insectes

Structure sociale :

Solitaire

Comportement :

Nocturne. Les genettes passent la journée dans un trou de rocher ou d'arbre, dans un terrier creusé par un autre animal ou encore sur une branche

Maturité sexuelle :

À 4 ans

Saison de reproduction :

Janvier-février et mai-juin

Durée de gestation :

De 56 à 77 jours

Nombre de jeunes par portée :

De 1 à 4

Poids à la naissance :

Entre 61 et 82 g

Longévité potentielle :

21 ans

Effectifs :

Inconnus

Statut :

Espèce totalement protégée en France. Dans l'Union européenne, inscrite à l'Annexe III de la Convention de Berne et à l'Annexe V de la Directive Habitats-Faune-Flore. Préoccupation mineure pour l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature)

 

Signes particuliers

Tête

De forme triangulaire, surmontée par deux grandes oreilles (4,5 cm environ), la face présente un masque caractéristique, marqué de taches situées à des emplacements bien déterminés, au-dessus et au-dessous des yeux, ces dernières étant nettement plus visibles que les autres. Plus bas encore, on discerne une marque noire, puis une zone claire sur les lèvres supérieures, tout autour du rhinarium (base du nez). Entre les yeux, le pelage pâle est divisé par une petite ligne médiane, de couleur sombre. Enfin, le museau est entouré d'une tache noire qui contraste vivement avec le reste de la tête.

Pattes

Chacune des pattes possède 5 doigts, le premier étant bien séparé des autres. Ceux-ci sont armés de griffes très acérées et semi-rétractiles, un peu – mais dans une moindre mesure – comme celles des chats.

Sous chaque doigt on discerne trois coussinets nus, l'un d'entre eux est hémisphérique ou ovale, un autre, plus grand, est situé au creux du pied, tandis qu'à l'arrière, un troisième, particulièrement long, bifurque sur la patte postérieure. Le marquage par les pattes n'est pas aussi développé et fréquent que celui pratiqué avec les autres glandes. En général, la genette ne l'utilise qu'aux abords du gîte.

Glandes

La genette possède de nombreuses glandes dont les sécrétions servent au marquage olfactif. On en distingue trois catégories. Les glandes périnéales : elles sont de type sébacé, situées entre l'anus et la vulve ou le pénis, et constituées d'une enveloppe musculaire externe et d'amas d'acini (les acini sont des cellules sécrétrices) répartis le long de canaux collecteurs qui assurent l'émission du musc à travers de minuscules pores.

Les glandes anales sont situées de part et d'autre du rectum et débouchent au niveau du bourrelet anal. Elles ont la même structure que des glandes sudoripares et enduisent probablement les fèces de la genette. Les glandes plantaires, elles, sont situées sur les tarses et les métatarses des pattes.

Crâne

La boîte crânienne est étroite, avec deux bulles tympaniques allongées à l'avant et à l'arrière, comportant chacune deux loges.

La formule dentaire (par demi-mâchoire) de la genette se décompose ainsi : I 3/3, C 1/1, PM 4/4, M 2/2.

Le grand nombre de dents (40) indique la faible évolution de cette famille de mammifères. Les canines pointues et les carnassières tranchantes témoignent du régime alimentaire de l'animal.

Les deux critères permettant de reconnaître le sexe de l'individu sont la largeur plus ou moins grande de la canine inférieure et la distance entre l'articulation occipitale (où s'insère la mâchoire inférieure), et le bord de l'alvéole de la quatrième prémolaire supérieure. Pour distinguer l'âge, les seuls critères sont l'apparition de la dentition de lait au 58e jour et le début du remplacement de celle-ci, à partir du 5e mois, par les dents qui seront définitives.

Les autres genettes et civettes

La famille des viverridés, qui rassemble les genettes et les civettes, comprend une trentaine d'espèces réparties en une vingtaine de  genres. À la suite de remaniements de la classification des viverridés, un certain nombre d'espèces en ont été extraites, comme la civette palmiste africaine (Nandinia binotata), ou nandinie, qui forme désormais une famille distincte, celle des nandiniidés, et les civettes de Madagascar (Cryptoprocta ferox, le fossa, Fossa fossana, la civette malgache, Eupleres goudotii, l'euplère de Goudot) qui ont été déplacées dans la famille des eupléridés.

Sous-famille des viverrinés

Genres Viverra, Civettictis, Viverricula

Identification : de 45 à 95 cm de longueur ; queue de 30 à 48 cm de long ; poids de 2 à 20 kg. Viverricula est plus petite que Viverra. Pelage aux taches noires sur fond gris ou fauve. Bandes noires et blanches sur la gorge, le cou et la queue.

Répartition : Viverra : Népal, Inde, Chine, Malaisie, Indonésie et Philippines ; Civettictis : du Sénégal à la Somalie ; Viverricula : Chine méridionale, Birmanie, Malaisie occidentale, Thaïlande, Sumatra, Java, Hainan, Taiwan, Indochine, Inde, Sri Lanka, Bhoutan.

Alimentation : petits mammifères, oiseaux, serpents, grenouilles, insectes, fruits, racines et œufs.

Reproduction : deux portées par an de deux ou trois jeunes.

Quelques espèces : Viverra tangalunga, la civette de Malaisie ; Viverra zibetha (du Népal au Cambodge) ; Viverra megaspila (Asie du Sud-Est) ; Viverra civettina (sud-ouest de l'Inde), la civette de Malabar; Civettictis civetta, la civette africaine ; Viverricula indica, la civette de l'Inde, ou civette rasse (du Pakistan à l'Indonésie).

Statut : Viverra megaspila est vulnérable, Viverra civettina en danger critique, Viverra zibetha est quasi menacée.

Genre Geneta

Identification : de 42 à 58 cm de longueur ; queue de 39 à 53 cm ; poids de 1 à 3 kg. Pelage doux et dense, gris ou jaune, taches marron ou noires. Crête érectile noire au milieu du dos. Queue annelée noire et blanche. Pattes courtes ; oreilles arrondies et proéminentes, griffes recourbées et rétractiles.

Répartition : forêts, savanes et prairies. Afrique, France, Espagne, Portugal, îles Baléares.

Alimentation : petits mammifères, oiseaux, reptiles, insectes. Comportement : nocturne, arboricole et terrestre.

Reproduction : deux portées par an.

Quelques espèces : Genetta thierryi, la genette de Thierry (Afrique : de la Gambie et de la Guinée-Bissau au Cameroun) ; Genetta abyssinica, la genette d'Éthiopie (Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Somalie, Soudan) ; Genetta johnstoni, la genette de Johnston (Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Liberia) ; Genetta servalina, la genette servaline (Afrique centrale) ; Genetta victoriae, la genette géante (République démocratique du Congo) ; Genetta piscivora (précédemment connue sous le nom d'Osbornictis piscivora), la genette aquatique (nord-est de la République démocratique du Congo) ; Genetta angolensis, la genette d'Angola (Angola, République démocratique du Congo, Malawi, Mozambique, Tanzanie, Zambie) ; Genetta pardina, la genette pardine (Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Sénégal, Sierra Leone) ; Genetta tigrina, la genette tigrine (Lesotho, Afrique du Sud).

Statut : persécutées comme prédateurs de gibier et de volailles. Pelage hivernal très prisé en pelleterie. Deux espèces, dont les effectifs sont en baisse, sont considérées comme vulnérables par l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) : la genette de Johnston (Genetta johnstoni) et la genette à crête (Genetta cristata).

Genres Poiana et Prionodon

Certains auteurs placent le genre Prionodon dans une famille à part, celle des prionodontidés.

Identification : de 35 à 45 cm de longueur ; queue de 30 à 42 cm ; poids de 600 à 800 g. Pelage marron clair, taches plus sombres.

Répartition : forêts. Poiana : de la Sierra Leone au nord de la République démocratique du Congo, et sur l'île de Bioco. Prionodon : Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Népal et Indochine.

Alimentation : noix de cola, insectes, petits mammifères et jeunes oiseaux.

Comportement : nocturne ; construisent un nid de feuillage à 2 m de hauteur pour dormir.

Reproduction : deux portées par an de deux ou trois jeunes.

Quelques espèces : Poiana richardsoni, la poiane ; Prionodon pardicolor, le linsang à taches ; Prionodon linsang, la civette à bandes.

Statut : le commerce international des espèces asiatiques est réglementé ; la civette à bandes figure en Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) ; le linsang à taches en Annexe I (tout prélèvement strictement interdit).

Sous-famille des paradoxurinés

Genres Arctogalidia, Paradoxurus, Paguma et Macrogalidia

Identification : de 43 à 76 cm de longueur ; queue de 40 à 66 cm ; poids de 1,5 à 6 kg. Pelage composé de taches et de rayures, sauf chez la civette palmiste masquée.

Répartition : Inde, Chine, Philippines, Sri Lanka, Indochine, Indonésie, Malaisie.

Alimentation : rongeurs, oiseaux, grenouilles, insectes, fruits.

Comportement : solitaire, nocturne, arboricole.

Reproduction : deux portées par an.

Quelques espèces : Arctogalidia trivirgata, la civette palmiste à trois bandes ; Paradoxurus hermaphroditus, la civette palmiste hermaphrodite ; Paradoxurus zeylonensis, la civette palmiste de Ceylan ; Paradoxurus jerdoni, la civette palmiste de Jerdon ; Paguma larvata, la civette palmiste masquée ; Macrogalidia musschenbrockii, la civette palmiste de Célèbes.

Statut : les civettes palmistes de Ceylan et de Célèbes sont considérées comme vulnérables par l'U.I.C.N.

Genre Arctictis

Identification : de 61 à 96 cm de longueur ; queue de 56 à 89 cm ; poids de 9 à 14 kg. Poils longs et noirs ; touffes de poils à l'extrémité des oreilles. Queue préhensile à son extrémité, ce qui est rare chez les carnivores.

Répartition : Birmanie, Népal, Indochine, Malaisie, Indonésie.

Alimentation : poissons, oiseaux, cadavres d'animaux, fruits, feuilles.

Comportement : arboricole et nocturne.

Reproduction : deux portées par an de deux petits.

Quelques espèces : ce genre ne comprend qu'une espèce, Arctictis binturong, le binturong.

Sous-famille des hémigalinés

Genres Hemigalus, Chrotogale et Cynogale

Identification : de 41 à 67,5 cm de longueur ; queue de 13 à 48 cm ; poids de 1,7 à 5 kg. Ressemble à la loutre.

Répartition : presqu'île Malaise, Indonésie, Chine, Laos, Viêt Nam.

Alimentation : insectes, vers, fruits, et pour la civette-loutre, crustacés.

Comportement : aquatique pour la civette-loutre ; nocturne, terrestre ou arboricole pour les autres.

Quelques espèces : Hemigalus derbyanus, la civette palmiste à bandes de Derby ; Hemigalus hosei, la civette palmiste de Hose ; Chrotogale owstoni, la civette palmiste d'Owston ; Cynogale bennettii, la civette-loutre.

Statut : les espèces H. derbyanus et Cynogale bennettii sont protégées par l'Annexe II de la Cites. H. hosei et Chrotogale owstoni sont très rares.

Milieu naturel et écologie

La genette est l'unique viverridé dont la population se trouve à la fois en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe. Les autres membres de la famille appartiennent exclusivement à l'Afrique et à l'Asie.

Les genettes et civettes africaines

Le genre Genetta se répartit entre les continents africain et européen et le Moyen-Orient. Les populations dites africaines de Genetta genetta se situent au sud-ouest de la péninsule arabique, au nord de l'Afrique et dans toutes les zones de savanes situées au sud du Sahara. En Afrique, Genetta thierryi parcourt les savanes du Sénégal, au sud du lac Tchad ; Genetta abyssinica, les hauts plateaux d'Éthiopie ; Genetta johnstoni, le Liberia, la Côte d'Ivoire et le Ghana ; Genetta servalina vit sur des étendues allant du sud du Nigeria jusqu'à l'ouest du Kenya ; Genetta victoriae peuple le nord-est de la République démocratique du Congo et de l'Ouganda ; Genetta angolensis, le sud de la République démocratique du Congo, le centre et le nord-est de l'Angola, l'ouest de la Zambie, le nord du Mozambique et, probablement, le sud de la Tanzanie. Genetta pardina s'étend de la Gambie au Cameroun ; Genetta tigrina, l'espèce africaine la plus répandue, occupe un territoire qui va du Sénégal et de la Somalie jusqu'à l'Afrique du Sud.

Une niche écologique par espèce

En fait, en Afrique orientale, pour s'adapter à tous les habitats d'un même continent, le genre Genetta semble s'être partagé en espèces toutes plus ou moins spécialisées dans certaines niches écologiques. Ainsi, Genetta servalina est un animal forestier classique, avec une distribution discontinue. Genetta genetta est mieux adaptée aux zones arides, tandis que Genetta tigrina peut occuper des milieux divers et côtoyer les deux autres espèces. Quant à Genetta victoriae, elle se restreint aux forêts pluvieuses, occupant une niche forestière intermédiaire entre les petites genettes et la civette. La nandinie, ou civette palmiste africaine (Nandinia binotata), est associée à la forêt. En Afrique occidentale, elle se trouve dans des zones humides, où il tombe plus de 1 200 mm d'eau et où la saison sèche – avec moins de 25 mm de pluie – ne dure que trois mois. Les arbres y offrent des gîtes haut perchés, puisqu'ils peuvent atteindre 60 mètres de hauteur. À l'autre extrémité de son aire, au Zimbabwe, on trouve cette espèce en montagne et dans la forêt humide subtropicale (entre 100 et 1 400 mm d'eau).

La civette semble aussi avoir besoin d'eau, surtout au nord de son aire de répartition, où elle occupe les savanes guinéennes et soudanaises, qui s'étendent de l'est à l'ouest de l'Afrique. Elle pénètre dans la zone sèche du Sahel aux endroits les plus arrosés – le long du Niger, au Mali, ainsi que sur le lac Tchad. On la trouve également en forêt et jusqu'à 5 000 mètres d'altitude.

Les civettes orientales (genre Viverra) et la civette rasse (Viverricula indica) se trouvent dans des habitats variés. L'espèce la plus rare, Osbornictis piscivora, la genette aquatique, vit au bord de cours d'eau, à l'intérieur de la forêt dense de la République démocratique du Congo, entre 500 et 1 500 mètres d'altitude. La poiane africaine (genre Poiana) est, comme les linsangs asiatiques (genre Prionodon), forestière : il se construit un nid de feuillage où plusieurs individus dorment pendant quelques jours. Sont également forestières et arboricoles les civettes palmistes (genre Paradoxurus), que l'on trouve assez souvent près des habitations.

Genetta genetta africaine

En Afrique, Genetta genetta est plus répandue dans les zones de savanes et dans la zone aride du Sud-Ouest. Elle semble fuir les pluies. Là où celles-ci sont les plus nombreuses, comme dans l'est du Zimbabwe, au Mozambique ou dans la savane guinéenne, c'est Genetta tigrina qui domine. Les régions fréquentées par Genetta genetta ont une abondance de pluies se situant entre 100 mm et 800 mm d'eau. Le milieu doit également fournir à cette espèce des broussailles pour se cacher, des cavités dans le sol ou des arbres creux dans lesquels Genetta genetta peut s'abriter pendant la journée.

Genetta genetta europeenne

Les populations européennes de Genetta genetta se trouvent essentiellement au sud du continent – non seulement en France, mais en Espagne, au Portugal et aux Baléares. Selon les chercheurs, elles auraient été introduites par les sarrasins. Cette hypothèse est confirmée par le fait qu'on ne trouve aucun fossile de genette dans les gisements quaternaires d'Europe (il y a environ 1,5 million d'années).

Certains auteurs considèrent que les populations africaines, du moins celles situées au sud du Sahara et de la péninsule arabique, appartiennent à une espèce différente, à laquelle ils donnent le nom de Genetta felina, la genette féline. En réalité, il n'y a, en dépit de l'isolement géographique dû à l'ouverture du détroit de Gibraltar, aucune différence notable entre les genettes européennes et africaines.

En France

Les genettes d'Europe ont pour origine des animaux africains introduits à plusieurs reprises depuis l'Antiquité. D'abord limitée aux régions situées au sud de la Loire et à l'ouest du Rhône, l'espèce, en France, s'est étendue progressivement au nord. Actuellement, elle occupe surtout le sud-ouest, ainsi que la Provence.

On constate dans le Midi une forte densité de population dans des futaies fermées de chênes verts comportant plus de 50 % d'arbres bas (entre 50 cm et 2 m de hauteur). La roche mère peut être calcaire ou formée de silices, mais des amas de rochers dominent toujours la végétation. Les trois conditions essentielles à la présence de genettes semblent être précisément : des rochers d'une part, des points d'eau et des fourrés très denses d'autre part. Pourtant, en Espagne, la genette peut occuper des zones sablonneuses plates et sans aucun rocher, tandis qu'aux Baléares la végétation est rase, et le milieu très sec à certains endroits.

Il semble que l'animal recherche surtout des endroits tranquilles, loin de toute présence humaine. En montagne toutefois, la genette est gênée par la neige, car l'espèce n'a pas l'habitude de fouiller dans le sol. Cependant, on a trouvé des crottes de genettes à 1 350 m, et des animaux ont même été piégés entre 1 600 et 1 900 m d'altitude.

Les genettes et l'homme

Un compagnon de l'homme aujourd'hui oublié

Introduite à la cour pour chasser les souris, source de richesse grâce à l'exploitation de son musc dans l'industrie de la parfumerie, victime de pièges à mâchoires pour sa fourrure, la genette a toujours eu des rapports complexes avec l'homme.

Un parfum universel

Le mot « civette » vient de l'italien zibetto, qui l'a emprunté à l'arabe zabad, signifiant musc.

Extrait des poches périnéales de tous les viverridés, le musc est une substance liquide onctueuse, de couleur brune, très odorante, que l'on appelle également la « civettone ». L'odeur de cette sécrétion varie en fonction des espèces. Chez la genette, elle est subtilement plaisante ; en revanche, chez la civette, elle est intense et particulièrement désagréable, alors que celle du binturong évoque… le pop-corn ! Ce musc est fort apprécié dans l'industrie de la parfumerie car, une fois raffiné, il met en valeur les autres composants aromatiques, et, de plus, ses propriétés sont durables.

Son utilisation est très ancienne. Au xe siècle avant J.-C. déjà, le roi Salomon l'importait de l'Afrique orientale. Mais c'est surtout au Moyen Âge et à la Renaissance que l'usage de ce produit s'est largement répandu. En 1614, l'Italien Pietro della Valle décrit le prélèvement du musc dans une maison vénitienne : « Les civettes étaient placées dans d'étroites cages de bois où elles ne pouvaient pas se retourner. On ouvrait une porte placée à l'arrière, et on tirait à l'extérieur les pattes de l'animal, pour prélever ensuite le musc avec une cuillère. »

En Éthiopie et, dans une moindre mesure, dans d'autres pays d'Afrique, les civettes sont gardées en captivité et leur musc est extrait plusieurs fois par semaine. Les animaux bien dressés présentent quelquefois eux-mêmes à l'opérateur leurs glandes odorantes, qu'ils sont obligés, lorsqu'ils sont dans la nature, de vider en se frottant contre des pierres ou des troncs d'arbres. La production hebdomadaire atteint en moyenne 3 à 4 grammes par genette.

En 1934, l'Afrique produisait ainsi 2 475 kilos de musc pour une valeur marchande de 200 000 $. Depuis l'avènement des produits synthétiques de substitution, le marché a beaucoup diminué. En Inde, la sécrétion de l'espèce Viverricula indica, la civette rasse, est utilisée pour parfumer le tabac.

Quatre menaces principales

La genette aquatique, Osbornictis piscivora, est endémique du nord-est de la République démocratique du Congo. Considérée comme l'un des carnivores les plus rares du monde, elle n'est connue des zoologistes que par une trentaine de spécimens. On ignore tout de sa biologie et de son écologie. On sait qu'elle est chassée par les Bambuti, mais on ignore si son habitat est menacé.

D'une façon générale, la difficulté de suivre les genettes et les civettes dans la nature fait que les chercheurs n'ont aucune donnée chiffrée des effectifs réels de ces très nombreuses espèces. On peut mettre en évidence quatre menaces majeures, d'importance variable selon les espèces : la destruction de l'habitat, la fragmentation des populations, la chasse et les risques d'hybridation avec des espèces voisines introduites.

Sur les 33 espèces de viverridés reconnues par l'U.I.C.N., 17 sont classées dans la catégorie « préoccupation mineure », mais 9 sont vulnérables. La civette-loutre (Cynogale bennettii), qui vit en Asie du Sud-Est, est quant à elle en danger. Elle est victime principalement de la destruction de son habitat. L'espèce de viverridés la plus menacée est Viverra civettina ; elle est peut-être même éteinte. C'est la déforestation, qui a entraîné la disparition de son habitat, qui est à l'origine de l'effondrement de ses populations (il ne subsiste aucune zone forestière sur son aire de répartition).

Des animaux de cour

Lorsque, à Poitiers, en 732, Charles Martel stoppa les Sarrasins, il eut la surprise de trouver dans son butin toutes sortes de peaux de bêtes, ainsi qu'un certain nombre de genettes vivantes. À l'issue de cette bataille, Charles Martel institua l'ordre de la Genette, distinction militaire qu'il décerna à seize de ses plus valeureux compagnons d'armes, pour les récompenser de leur bravoure.

Par la suite, la présence de genettes est signalée auprès des princes. Deux civettes furent installées, par exemple, à la cour de Lorraine en 1505, dans le palais ducal de Nancy. Elles furent même nourries comme des reines, si l'on en croit les archives du duc : celles-ci nous rapportent qu'en trois mois, ces animaux consommèrent une grande quantité de riz, 135 gigots de mouton et 6 poulets !

À Louvain, Marguerite d'Autriche, veuve de Philibert le Beau de Savoie, nommée gouvernante des Pays-Bas, possédait, elle aussi, trois civettes qu'elle promenait dans ses jardins et emmenait avec elle en voyage. François Ier en avait également à Amboise, sous la garde d'un certain Jean le Velu.

En France, aux xviie et xviiie siècles, le penchant pour les civettes diminue, et disparaît même totalement.

Louis XIV n'en possédait aucune dans sa ménagerie, et la marquise de Pompadour, qui pourtant était propriétaire de nombreux animaux, ne semble pas avoir prisé les vertus de la civette. Cette époque marque donc le déclin de l'intérêt suscité par les civettes, et il ne restait plus que les parfumeurs pour continuer d'utiliser leur fameux musc.

Bonaparte, quant à lui, en reçut un jour quatre en cadeau du sultan de Darfour, en Égypte, mais il ne marqua qu'un intérêt relatif pour ces animaux et à son tour en fit cadeau à Joséphine de Beauharnais, qui les installa dans la ménagerie de son château de la Malmaison.

Revigorante et aphrodisiaque

Outre son usage dans la parfumerie, le musc extrait des glandes de la genette fut, dès la plus haute Antiquité, utilisé à des fins médicales. En effet, l'huile de civette, appelée communément « civette », était réputée pour ses propriétés antispasmodiques, elle était censée réduire la transpiration et soigner les dermatoses.

On lui attribuait également des pouvoirs aphrodisiaques, et la pommade de civette ou de genette était considérée en général comme un très bon revigorant : en imprégner un meuble permettait d'en ressentir les effets bénéfiques dans toute la pièce.

De nombreuses introductions

L'homme a emporté avec lui des espèces semi-domestiques lors de ses voyages et de ses migrations d'île en île. La petite civette de l'Inde a ainsi été introduite à Socotra, dans les îles Comores, dans l'île Sumbawa, à l'est de Bali, aux Philippines et à Madagascar. La concurrence de ces nouveaux venus aurait été en partie responsable du déclin d'autres espèces comme l'euplère de Goudot. De même, la civette palmiste masquée a été introduite sur Honshu, au Japon, et la civette palmiste hermaphrodite transportée à Sulawesi et à Timor pour chasser les rats.

Protégée en Europe

La genette, Genetta genetta, est protégée par la Convention de Berne ; elle y est inscrite en Annexe III, c'est-à-dire que son exploitation est réglementée. Elle est aussi considérée comme une « espèce d'intérêt communautaire » par le Directive Habitats-Faune-Flore.

En France, la genette bénéficie d'une protection totale depuis 1981 : tout prélèvement dans la nature, transport, naturalisation, mutilation et commerce est interdit, et ce que l'animal soit vivant ou mort ; de plus, sont également interdits la perturbation volontaire des animaux et la dégradation de leurs sites ou cycles de reproduction.