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boa

Boa
Boa

La taille de ces reptiles et leur mode de chasse sont en partie à l'origine de la terreur quasi sacrée qu'ils inspirent. En réalité, les boas constricteurs, dont l'origine remonte à une époque précédant la séparation des continents terrestres, ne sont pas très dangereux, même si certains d'entre eux sont les plus grands serpents du monde.

Introduction

La famille des boïdés comprend plus de  40 espèces et plus de 50 sous-espèces de boas (comprises dans deux sous-familles, les boïnés et les érycinés) La famille des pythonidés (26 espèces et 17 sous-espèces de pythons) en est désormais séparée. Ces serpents de l'infra-ordre Alethinophidia remontent au crétacé supérieur (il y a environ 100 millions d'années). À l'époque, ils ne mesuraient pas plus de un mètre. Ce n'est qu'à partir de l'éocène (il y a environ 60 millions d'années) que l'on trouve des fossiles de boas de plus grande dimension. L'évolution s'est faite à travers diverses formes tantôt naines, tantôt géantes, les premières étant sans doute mieux adaptées, car elles sont plus fréquentes.

L'ancêtre des boas, comme celui de tous les serpents, devait être un proche parent des lézards actuels. Si ces serpents occupent aujourd'hui tous les continents, c'est que leur origine est antérieure à la séparation de ceux-ci.

Les boïdés sont apparus très tôt, comme en témoignent les nombreux restes fossiles découverts un peu partout sur le globe. Certaines de ces formes anciennes sont déjà gigantesques et comparables aux anacondas actuels. On a retrouvé des restes de ces grands serpents dans les terrains du crétacé supérieur à Madagascar ; en Égypte et en Amérique du Sud, certains de ces fossiles étaient vieux de quelque 40 millions d'années (éocène). Au Brésil, des serpents de formes apparentées, mais de taille plus modeste, sont présents depuis le début de l'ère tertiaire.

À cette époque, le groupe des boïdés a étendu son aire de répartition vers le nord ; par la suite, boas et pythons, qui forment actuellement deux familles  distinctes, semblent s'être confinés à la zone intertropicale.

La famille des boïdés regroupe actuellement les boïnés (vivipares), anacondas et boas, qui sont surtout américains et malgaches, et les érycinés (trois genres dont Eryx). Des formes parentes de ces serpents de petite taille, répandus en Inde et dans la région méditerranéenne, occupaient une grande partie de l'Amérique du Nord dès le paléocène (60 millions d'années). À l'exception du python molure (sous-espèce python moulurus bivittatus introduite en Floride, États-Unis), tous les pythonidés (ovipares) habitent les régions tropicales de l'Afrique, de l'Asie du Sud et de l'Australie.

Ce sont tous des constricteurs qui étouffent leurs proies en les enserrant dans les anneaux qu'ils forment avec leur corps, jusqu'à ce qu'elles suffoquent.

La vie des boas

Les boas vivent en solitaires dans les arbres

Grands solitaires, les boas n'ont, comme la plupart des serpents, pratiquement pas de vie sociale. La rencontre de plusieurs animaux d'une même espèce est exceptionnelle : elle ne se produit qu'au moment de l'accouplement et de la naissance. Au repos, leur corps est enroulé, s'ils sont en bonne santé. Ils s'abritent sous des racines, au pied des arbres ou des rochers.

Comme des chenilles

Le boa constricteur voyage souvent la nuit, sur des chemins ou sur des branchages proches du sol. Discret mais rapide, il s'y déplace avec facilité grâce au grand nombre de vertèbres dont il dispose. Celles-ci sont, en outre, très mobiles et séparées par de nombreux joints élastiques.

Contrairement à la plupart des serpents, qui se déplacent par ondulations latérales, le boa constricteur a, en raison de sa masse, et comme les autres reptiles de grande taille, un mode de locomotion rectilinéaire, semblable à celui des chenilles. Faisant glisser vers l'avant, l'une après l'autre, les différentes parties de son corps, il laisse sur le sol une trace qui ressemble à celle d'une corde traînée. Avec ses écailles ventrales plates et larges, il agrippe le sol comme le fait un bulldozer pour entraîner le reste du corps vers l'avant. Ce mode de locomotion, qui suppose une parfaite adhérence des écailles ventrales du reptile, est totalement inopérant sur une surface lisse : si on pose le serpent sur une plaque de verre huilée, il ne trouve aucun point d'ancrage pour ses écailles.

La progression rectilinéaire

La progression rectilinéaire



Pour ramper en ligne droite, le boa utilise ses larges écailles ventrales, que des muscles puissants soulèvent pour les projeter vers l'avant. Puis d'autres muscles relâchent le groupe d'écailles suivant, de sorte que le bord de celles-ci touche en premier la surface du sol et s'y agrippe, permettant ainsi au boa d'avancer.

Des mues fréquentes

De quatre à six fois par an, le boa constricteur perd la couche superficielle morte de ses cellules kératinisées, qui fait place à une peau neuve. En langage savant, ce phénomène s'appelle « desquamation » ou encore « exuviation ». Quelques jours auparavant, la peau se ternit et les yeux paraissent opaques et laiteux. L'animal s'enroule autour d'un tronc, n'a plus d'appétit et devient irritable. Souvent il recherche de l'eau, car il a besoin de se réhydrater. L'exuvie, ou peau morte, commence à se décoller au niveau des yeux. Le serpent frotte alors son museau et les premiers morceaux décollés de sa peau contre une branche. Quand l'exuvie est détachée des mâchoires, le serpent se frotte et s'enroule autour des branches tandis que la peau se retrousse comme un gant. Un boa de 2 mètres met de 30 à 45 minutes pour faire peau neuve.

Lorsque l'état de santé du serpent est bon, la mue se réalise d'un coup, l'exuvie part en un seul morceau.

S'enrouler autour des proies pour les étouffer

Bien qu'ils vivent le plus souvent dans les arbres, beaucoup de gros boas n'y chassent pas. Ils ne tombent pas non plus sur leur proie du haut de leur perchoir comme on le croit parfois. L'embuscade au sol est la technique de chasse qu'ils utilisent généralement, mais il leur arrive cependant d'en adopter une autre, consistant en une recherche à tâtons de leurs proies, qu'ils flairent grâce à leur langue et à leurs cellules olfactives situées contre le palais et, dans une moindre mesure, grâce aux vibrations du sol qu'ils perçoivent. Chez les grands boas, qu'il s'agisse des anacondas ou des constricteurs, il n'y a pas de spécialisation dans le choix des proies chassées. Les jeunes attaquent toutes sortes de petits animaux.

L'anaconda chasse des caïmans, des cervidés, des pécaris, des agoutis, des pacas, des oiseaux, des tortues et beaucoup d'animaux aquatiques. Il est aussi amateur de canards, de moutons, de chiens ou d'autres animaux domestiques qu'il parvient à capturer.

Les victimes du boa constricteur sont surtout les grandes espèces du groupe des lézards (ameives, téjus, cnémidophores, iguanes...), mais aussi des oiseaux, des opossums, des mangoustes, des rats, des écureuils, des agoutis, des pacas, des ocelots, voire des lapins.

Des mois sans se nourrir

La fréquence de la chasse varie beaucoup en fonction de l'importance des proies que le boa a précédemment capturées, mais aussi de l'état physiologique du prédateur. La plupart des serpents en bonne santé peuvent se permettre un jeûne d'une année. Ainsi, un boa de Madagascar captif est resté à jeun pendant quatre ans ! Passer deux ans et demi sans alimentation, lorsque la température du corps est normale, n'a rien d'une performance pour ces serpents. Si la température est basse, les besoins énergétiques diminuent.

Le boa manque rarement sa proie

La capture s'effectue grâce à une détente rapide du corps vers l'avant. Le boa manque rarement son but, même si la proie se déplace vite. En général, lorsque celle-ci est petite, il la happe violemment en ouvrant toutes grandes ses mâchoires.

En même temps, dans un mouvement rapide, les anneaux du corps s'enroulent autour du petit mammifère ou de l'oiseau choisi. Deux ou trois de ces anneaux sont alors serrés au point qu'ils arrêtent la respiration et sans doute le cœur de la victime.

Les dents, très nombreuses, acérées et recourbées vers l'arrière, participent activement à la capture : plus la proie essaie de se débattre, plus elles s'enfoncent en profondeur dans sa chair. Au bout de quelques minutes, le serpent relâche ses anneaux et commence à l'engloutir.

La constriction

La constriction



Le boa saisit avec ses mâchoires sa proie, qu'il encercle d'un ou de plusieurs anneaux, et la serre aussi longtemps qu'il perçoit les battements cardiaques de sa victime, qui sera tuée par compression de la cage thoracique. La pression exercée reste faible et, en général, la constriction ne brise pas les os de la proie. Cependant, si celle-ci se débat, les anneaux se resserrent plus étroitement.

Avaler d'énormes proies sans les mâcher

Les gros boïdés impressionnent toujours beaucoup par la taille des proies qu'ils sont capables de tuer et d'ingérer. Les exemples ne manquent pas. On a vu un anaconda de près de 8 m étouffer un caïman de 1,80 m, et un python réticulé d'Asie (Python reticulatus), long de 5 m et pesant 31 kg, dévorer un cochon de 9 kg. L'apport d'une telle nourriture fournit au serpent jusqu'à 400 fois son énergie journalière.

Absorber une proie aussi grosse peut prendre près d'une heure. Il arrive que la proie consommée soit aussi longue que le serpent ; dans ce cas, l'absorption nécessite plusieurs heures. Naturellement, le temps mis à engloutir la proie dépend donc de la taille de celle-ci mais aussi de l'aspect de sa surface externe (épines, plumes, écailles, poils). Un mammifère couvert de poils sera englouti plus rapidement qu'un autre couvert d'écailles.

Avancer sur sa proie

La forme de la proie est également un facteur important : une proie tout en longueur sera avalée plus facilement qu'une proie de forme ronde.

Une fois cessés les derniers mouvements de la victime, le serpent relâche ses anneaux et procède à son ingestion. Redressant la partie antérieure de son corps pour faciliter la progression de l'« aliment » vers l'estomac, le boa ouvre largement la bouche, ce que lui permet l'articulation particulière de sa mâchoire. Au fur et à mesure que celle-ci recouvre la proie, la peau élastique du cou et du corps du boa se distend énormément alors que la victime est poussée vers l'estomac.

Pour continuer à respirer pendant ce temps, le boa se sert de la trachée qui débouche très en avant de la bouche.

Une digestion rapide

La digestion proprement dite se fait par l'action des sucs et des enzymes sur la proie avalée. Elle ne débute qu'une heure environ après l'absorption d'une proie et elle est plutôt rapide : 5 jours suffisent pour que les excréments liés au repas soient déposés. Ceux-ci sont constitués de deux parties bien distinctes : une partie blanche plus ou moins solide, qui correspond à de l'acide urique, et une partie sombre, comparable aux excréments des autres animaux et correspondant aux matières qui n'ont pas été digérées. Le phénomène de régurgitation des boas constricteurs a fait couler beaucoup d'encre : on cite de nombreux cas de proies vivantes régurgitées plusieurs minutes après avoir été avalées.

Quand un serpent est dérangé, inquiété ou excité peu après l'absorption d'une proie, il peut être amené à la régurgiter pour mieux se défendre, s'empresser de fuir ou attaquer.

Des mâchoires étonnantes

Des mâchoires étonnantes



Le boa ne mâche pas, il avale ses proies grâce à la structure particulière de sa mâchoire inférieure, composée de deux parties indépendantes l'une de l'autre, qui peuvent se mouvoir alternativement. Le serpent referme d'abord ses deux mâchoires, puis, en maintenant ses dents sur sa proie, il avance successivement sur celle-ci chacune de ses demi-mâchoires inférieures. De plus, le boa peut ouvrir la gueule à 180° grâce à un os carré propre aux serpents et avaler ainsi de grosses proies.

Un long accouplement

Vers l'âge de 19 mois, les boas constricteurs sont matures et cherchent à s'accoupler. Les accouplements ont lieu, par étapes, entre janvier et février, plus rarement en avril, et leurs préludes s'étalent sur plusieurs jours. Le mâle commence par poursuivre la femelle, la queue légèrement dressée, il darde sa langue vers la tête de celle-ci pour flairer son odeur et essaie de glisser les replis de son corps, qui est agité de spasmes rapides, sur le dos de sa partenaire.

La femelle semble d'abord agacée par le manège du mâle, d'autant que celui-ci fait parfois plusieurs tentatives avant de réussir, au bout de quelques jours, à monter sur elle et à la couvrir de plusieurs replis, sans toutefois s'enrouler autour d'elle. Puis le mâle l'entoure d'une seule boucle, et, à l'aide de sa queue, il fait pivoter la partie postérieure du corps de sa partenaire de façon à placer son cloaque sous celui de celle-ci, tandis que leurs deux queues se trouvent enlacées. L'accouplement dure plus d'une heure. L'érection des deux hémipénis, situés à la base de la queue du mâle, se produit lorsque les deux cloaques sont en contact, mais un seul hémipénis sert à l'accouplement. Durant celui-ci, les ergots péricloacaux du mâle, qui sont plus gros que ceux de la femelle, sont souvent agités de vigoureux mouvements qui stimulent celle-ci. Leurs frottements contre le corps de la femelle produisent un son nettement audible.

Une fois l'accouplement achevé, les hémipénis reprennent leur place habituelle grâce au muscle rétracteur dont ils sont munis, et le mâle s'éloigne de la femelle. Durant les 100 à 150 jours que dure la gestation, celle-ci devient irritable et agressive, elle ne consomme guère plus d'un repas mais prend rapidement de l'embonpoint. Pourtant, elle ne mue généralement qu'une seule fois ou pas du tout.

Jusqu'à 60 jeunes par portée

Vivipare, comme tous les vrais boas, la femelle du boa constricteur met bas entre 11 et 60 jeunes, qui naissent dans une enveloppe transparente remplie d'un liquide jaune clair et visqueux. Dès leur sortie de l'enveloppe, les jeunes s'égaillent aux alentours et se débrouillent seuls.

À la naissance, ils mesurent de 45 à 60 cm pour 50 à 60 g. Leur première mue se produit deux semaines après. En seize mois, ces jeunes atteindront près de un mètre et pèseront un kilogramme.

La croissance des jeunes

La croissance des jeunes



Des observations faites en captivité ont montré qu'un jeune boa constricteur peut doubler sa taille et multiplier son poids par huit en 18 mois. Un autre est devenu quinze fois plus gros en 26 mois.

Après leur naissance, les jeunes ne mangent rien pendant plusieurs jours. Les petits anacondas verts, Eunectes murinus, n'absorbent aucun aliment avant leur première mue, qui a lieu entre le 5e et le 8e jour.

Pour tout savoir sur le boa

Boa constricteur (Boa constrictor)

Sur le continent américain, le boa constricteur, quelquefois appelé « jiboia », est le seul serpent du genre Boa,qui comprend en outre trois espèces africaines (Madagascar). L'un des serpents géants les mieux connus, il est également désigné, dans le commerce, par différents noms sans fondement scientifique : boa de Colombie, queue rouge de Guyane, queue rouge du Surinam ou queue rouge du Pérou. Reptile massif aux couleurs brillantes, surtout après la mue, il mesure entre 1,80 m et 2,75 m. Mais il peut atteindre beaucoup plus : le maximum connu étant de 4 m. Un mâle de plus de 2 m pèse environ 7 kg. Les mâles sont plus longs que les femelles.

La tête, nettement séparée du cou, est petite, allongée et triangulaire, le museau est arrondi. Tête et corps sont couverts d'écailles. Le dos, crème ou brunâtre, est orné de 15 à 20 bandes transversales sombres, qui deviennent d'un brun-rouge plus intense, bordé de noir et de crème à mesure qu'elles s'élargissent vers la queue. Les écailles ventrales sont plus larges que les dorsales. Elles jouent un grand rôle dans les déplacements du boa. L'alternance des dessins clairs et sombres sur les écailles permet un parfait camouflage de l'animal dans son milieu naturel, alors qu'en captivité ces couleurs peuvent paraître très voyantes.

Comme les serpents de la sous-famille des boïnés, le boa est vivipare. De 11 à 60 petits boas par portée naissent entre janvier et avril. Il peut y avoir des malformations congénitales, quand la femelle gravide a été exposée à des températures trop basses.

Il semble que la  chimioréception liée à l'odorat soit le sens le plus important chez le boa constricteur ; il l'utilise pour s'informer sur son environnement. Chez les serpents, les narines ne servent pas à sentir les odeurs mais uniquement à respirer ; c'est la langue qui véhicule les odeurs.

Bifide comme celle de tous les serpents, la langue du boa assure le transport des odeurs vers le palais, mais aussi la sensibilité au toucher. Elle permet à l'animal de repérer proies, adversaires et partenaires sexuels.

N'ayant pas d'oreille externe, le boa constricteur est sourd. Il perçoit cependant les vibrations du sol, qui parviennent jusqu'aux os du crâne par l'intermédiaire des osselets de l'oreille interne. Le boa peut également localiser ses proies quand celles-ci bougent, grâce aux déplacements d'air provoqués par leurs mouvements.

Le regard figé, si impressionnant chez le serpent, est dû à la paupière fixe et transparente qui est soudée à l'œil. Comme chez les autres vertébrés, l'iris contrôle la taille de la pupille de façon à filtrer la quantité de lumière qui parvient à la rétine. Un excès de lumière pourrait provoquer des dégâts irréversibles dans les tissus. La forme de la pupille peut varier considérablement d'une espèce à l'autre. Ronde ou horizontale chez certains serpents, elle est verticale chez le boa constricteur. La disposition des yeux assure en outre à cette espèce une vision binoculaire ; la présence de cellules en cône laisse penser que l'animal perçoit les couleurs. Toutefois, l'œil n'est capable que de mouvements de rotation très limités.

Seuls 5 % des serpents possèdent des organes récepteurs de radiations infrarouges. Localisés dans les écailles chez les pythonidés, ces organes se trouvent entre les écailles chez les boïnés, mais chez certains boas vrais seulement. Ils sont absents chez le boa constricteur.

Mâles et femelles sont, comme tous les serpents, dépourvus de membres. Autour du cloaque, ils possèdent cependant des ergots dits « péricloacaux », plus développés chez les mâles, qui correspondent à des vestiges de membres postérieurs. La durée de vie moyenne de l'espèce en captivité varie entre 5 et 9 années, la durée maximale vérifiée étant de 23 années. L'espèce compte dix sous-espèces qui varient surtout par leur coloration.

BOA CONSTRICTEUR

Nom (genre, espèce) :

Boa constrictor

Famille :

Boïdés

Ordre :

Squamates

Classe :

Reptiles

Identification :

Teinte de fond gris clair, gris rougeâtre ou brun-rouge ; bandes sombres transversales ; queue brun-rouge bordé de noir

Taille :

De 1,80 m à 2,75 m ; maximum 4 m

Poids :

Environ 7 kg pour 2 m ; plus de 15 kg pour les plus grands

Répartition :

Depuis le nord du Mexique jusqu'à l'Argentine

Habitat :

Forêts tropicales humides ; savanes et cultures de canne à sucre ; il ne fréquente que rarement l'eau

Régime alimentaire :

Gros lézards, oiseaux et mammifères

Structure sociale :

Solitaire

Saison de reproduction :

De janvier à avril

Nombre de jeunes par portée :

De 11 à 60 ; vivipares

Longévité :

Parfois plus de 20 ans en captivité ; en moyenne de 5 à 9 ans

Effectifs :

Inconnus

Statut :

Inscrit à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction), comme toutes les espèces de boïdés

 

Signes particuliers

Œil

Recouvert d'une paupière transparente soudée à l'œil, celui-ci est barré d'une bande sombre qui aide au camouflage. De forme variable chez les serpents, la pupille est verticale chez le boa, d'où une grande acuité de la vision, la nuit ou quand la lumière est faible. L'œil de cet animal possède en outre des cônes, cellules qui permettent à l'animal de percevoir les couleurs.

Squelette

Après la tête, le squelette du boa est constitué exclusivement de 200 à 400 vertèbres et du double de côtes. Chez le boa constricteur comme chez certains autres grands serpents, des ergots péricloacaux témoignent que les ancêtres de ces animaux possédaient des membres postérieurs.

Tête

La tête ne possède pas de fossettes labiales. Pointant sa langue bifide par une ouverture qui lui évite d'ouvrir la bouche, le boa récolte des odeurs. Puis il introduit les extrémités de sa langue dans deux cavités creuses situées dans le palais, l'organe de Jacobson. Celui-ci transmet les informations au cerveau.

Écailles dorsales

Le boa constricteur possède de 81 à 95 écailles dorsales. Le nombre des colonnes d'écailles autour du corps permet quelquefois de distinguer les populations. Le dessin sombre placé sur les écailles dorsales est en forme de selle ; les 15 à 20 bandes dorsales sont caractéristiques de ce boa.

Écailles ventrales

Plus grandes que les écailles dorsales, mais chevauchantes comme elles, les écailles ventrales sont crème taché de noir et permettent au boa de s'agripper efficacement aux différents types de surfaces qu'il rencontre. Une musculature puissante relie chaque écaille ventrale à deux côtes et à une vertèbre.

Les autres boas

Les quelque 43 espèces de boïdés sont regroupées dans huit genres dont cinq de la sous-famille principale des boïnés. La plupart de ces espèces vivent en Amérique centrale et du Sud. Mais il existe aussi des espèces africaines et asiatiques, tandis que certains boas de petite taille appartiennent à des espèces distinctes.

Sous-famille des boïnés

Genre Boa

Quatre espèces dont Boa constrictor ; dix sous-espèces.

– Boa de Duméril (Boa dumerilii)

Identification : 3 m environ ; massif ; queue courte ; trois bandes longitudinales noires et demi-cercle noir entre les yeux ; dos brun ou fauve avec courte série de dessins transversaux ; tache ovale sombre sur les flancs, tache ventrale triangulaire avec ocelle blanc, barre dorsale reliant ces taches ; ventre blanchâtre parfois avec taches brunes.

Répartition : savanes chaudes et humides, buissons touffus proches de l'eau ; Madagascar (sud et est).

Espèce terrestre active la nuit, à des températures de 25 à 30 °C ou par temps pluvieux.

– Boa de Madagascar (Boa madagascariensis)

Identification : 3 m environ ; massif ; queue courte ; dos rouge brique à gris ou brun, losanges plus sombres bordés de brun foncé.

Répartition : rizières et endroits très chauds, à proximité de l'eau ; limite des massifs forestiers ; nord-ouest de Madagascar.

– Boa manditra

Identification : très semblable aux boas du genre Corallus ; queue courte préhensile ; fauve, roussâtre ou marron piqueté de noir (plus intense chez les jeunes) ; verdâtre à l'est de Madagascar, plus grisâtre au sud-ouest ; barres transversales brun chocolat s'élargissant en grandes taches rondes ou en losanges avec ocelles blancs, et bordées de blanc sur le dos ; barre noire de l'œil à l'angle de la bouche.

Répartition : forêts primaires, souvent proches de l'eau ; Madagascar, sauf dans le Sud.

Alimentation : oiseaux, chauves-souris.

Genre Corallus

Sept espèces et trois sous-espèces dont :

– Boa canin (Corallus caninus)

Identification : plus de 2 m ; corps long et fin, net aplatissement latéral ; vert ; lignes vertébrales transversales blanches par endroits ; ventre jaune. Jeunes (de 1 à 6) rouge brique ou rouge-orangé avec barres transversales blanches ; 45 cm de long.

Répartition : Amérique du Sud (Venezuela, nord de la Bolivie, Amazonie [Guyanes et Brésil], est du Pérou et de la Colombie).

– Boa de Cook (Corallus cookii)

Identification : gris brunâtre à brun ; série de dessins losangiques sur le dos ; grands losanges ocellés sur les flancs.

Répartition : sud de l'Amérique centrale et Amérique du Sud.

– Boa du Costa Rica (Corallus annulatus)

Identification : de 80 à 86 écailles sous-caudales.

Répartition : Amérique centrale.

– Boa de Hoge (Corallus cropanii)

Identification : 50 cm environ.

Répartition : Brésil.

Genre Epicrates

Dix espèces et vingt-sept sous-espèces.

Les plus connues sont le boa de Cuba, Epicrates angulifer, et le boa arc-en-ciel, Epicrates cenchria (neuf sous-espèces).

Identification : plus de 2 m ; tête petite et allongée ; corps svelte.

Répartition : depuis le Costa Rica jusqu'en Argentine, et Antilles.

Genre Eunectes (anacondas)

Trois espèces : anaconda de Deschauensee, E. deschauenseei, anaconda vert, E. murinus (deux sous-espèces), anaconda jaune, E. notaeus.

Identification : terrestres, devenant plus aquatiques avec l'âge.

Répartition : forêts tropicales profondes, en général au bord des rivières, des lacs et des étangs ; Venezuela, Colombie, Argentine.

Alimentation : rongeurs, poissons, reptiles (caïmans).

Genre Candoia

Quatre espèces et quatre sous espèces : Candoia aspera, Candoia bibroni, Candoia carinata et Candoia superciliosa.

Identification : moins de 2 m ; tête assez aplatie, distincte du cou ; corps svelte, gris brunâtre.

Répartition : Célèbes, Mélanésie et Polynésie occidentale.

Alimentation : lézards, rongeurs.

Sous-famille des érycinés

Elle comprend quinze espèces dans trois genres.

La plupart des espèces sont terrestres et fouisseuses. Dans les régions arides et désertiques, où ils s'enfoncent très vite dans la terre meuble ou le sable, ils sortent au crépuscule et la nuit pour se nourrir de rongeurs et parfois d'oiseaux. Les boas des sables de l'Ancien Monde sont regroupés dans deux genres, Eryx et Gongylophis.   

Genre Eryx

Huit espèces et trois sous-espèces dont :

– Boa javelot, Eryx jaculus, gris brunâtre, taches brun foncé ou noirâtres. Vit dans le sable meuble ; Roumanie, ex-Yougoslavie, Albanie, Grèce, Corfou, ouest de l'Asie Mineure.

- Boa des sables des Indes, Eryx johnii, brun clair à brun chocolat ou brun presque noir ; anneaux sombres sur la partie postérieure du corps ; taches irrégulières sur le dos. Vit dans les sols argileux meubles, parfois dans le sable ; régions arides ; Inde.

Genre Gongylophis

Trois espèces :

– Boa des sables, Gongylophis colubrinus, moins de 1 m ; dos brun-rouge ou brun foncé marbré de jaune ou d'orange ; nord-est de l'Afrique et Arabie.

- Boa des sables à écailles rugueuses, Gongylophis conicus, gris ou gris brunâtre, jaunâtre ou rouille, avec, sur le dos, de grandes taches brun foncé entourées d'un liseré jaune. Vit en Inde, au Pakistan occidental et au Sri Lanka.

– Boa de Müller, Gongylophis muelleri, ne dépasse pas 75 cm ; face supérieure colorée, jaune pâle, orange, crème ou brun, avec des taches brunes ; partie inférieure des flancs et plaques ventrales bruns, avec des taches foncées, blanchâtres ou rosées. Le dessous de la tête et la gorge sont brun uniforme. Vit en Afrique, de la Mauritanie et du Sénégal jusqu'au Soudan.

Genre Charina

Quatre espèces et quatre sous-espèces dont :

– Boa caoutchouc (Charina bottae)

Identification : inférieur à 60 cm.

Répartition : ouest des États-Unis et Canada.

Espèce terrestre et fouisseuse, active au crépuscule et la nuit.

– Boa à trois bandes ou boa rose (Charina trivirgata)

Identification : moins de 1 m de long ; apparence  rose.

Répartition : habitant des sous-bois et des zones rocheuses ; ouest des États-Unis,  Mexique.

Statut : incertain.

Il existe aussi d'autres boas de petite taille qui ont été séparés dans des familles distinctes :  

Famille des tropidophiidés

Genre Trachyboa

Deux espèces : Trachyboa boulengeri et Trachyboa gularis.

Identification : serpents terrestres de petite taille, inférieure à 50 cm, qui se nourrissent de grenouilles.

Répartition : Panamá, côtes ouest de la Colombie et de l'Équateur, sans doute présent au Brésil.

Genre Tropidophis

Dix-sept espèces et vingt-deux sous-espèces, serpents terrestres de petite taille, dont le boa terrestre de Haïti, Tropidophis haetianus, et le boa terrestre de Cuba, T. melanurus.

Répartition : régions humides ; Grandes Antilles, Bahamas, Équateur, Pérou et Brésil.

Alimentation : grenouilles, lézards, jeunes oiseaux, parfois souriceaux.

Genre Ungaliophis

Deux espèces : boa de Panamá, U. panamensis, et boa nain, U. continentalis.

Identification : petite taille.

Répartition : du Mexique à la Colombie.

Genre Exiliboa

Une espèce : boa nain du Mexique (Exiliboa placata)

Répartition : Mexique.

Espèce encore mal connue, découverte en 1968 seulement, à 2 300 m d'altitude.

Famille des bolyériidés

Deux genres et deux espèces : Bolyeria et Casarea, endémiques de l'île Maurice.

Appelés aussi boas de l'île ronde.

Identification : très différentes des autres boas, mâchoire inférieure divisée par une articulation en partie antérieure et en partie postérieure ; pas de vestiges des membres postérieurs ; pas d'apophyse sur la partie inférieure des vertèbres postérieures.

Répartition : île Ronde (Maurice). Bolyeria multocarinata est probablement éteinte. Casarea dussumieri, espèce très rare, a été classée par l'U.I.C.N. (Union internationale pour la conservation de la nature) dans la catégorie « en danger » dès les années 1980.

Milieu naturel et écologie

Le boa constricteur s'adapte facilement à des conditions extrêmement variées. Il vit du nord du Mexique à l'Argentine et se rencontre également dans les Antilles. L'aire de distribution occupée par ce serpent est en effet considérable ; elle couvre plus de 7 millions de kilomètres carrés.

Bien que le boa constricteur soit connu depuis l'époque de Linné, les études qui lui sont consacrées comportent de très nombreuses lacunes. Certaines populations ont été découvertes tardivement. Ainsi, sur le continent, le boa constricteur à queue longue, Boa constrictor longicauda, a été décrit pour la première fois en 1991. Ce serpent ne vit que dans la province de Tumbes, au Pérou, là où croît la seule forêt tropicale humide côtière du pays. Il existe également d'autres formes reconnues, mais dont la classification est incertaine et nécessite des recherches complémentaires.

Sur le continent, la sous-espèce Boa constrictor constrictor occupe l'Amérique du Sud amazonienne (le Brésil, la Guyane, le nord de la Bolivie, le nord et l'est du Pérou, l'est de l'Équateur et le centre de la Colombie) ; on la rencontre aussi en Argentine, au Venezuela, au Paraguay et dans les îles de Trinité-et-Tobago. Une autre sous-espèce, Boa constrictor imperator, vit au sud du Mexique, au nord-ouest de l'Amérique du Sud, à l'ouest des Andes, en Colombie, en Équateur et au Pérou. Boa constrictor occidentalis se rencontre en Argentine et au Paraguay.

Un serpent des bords de l'eau

D'une façon générale, le boa constricteur vit souvent près des lacs et des rivières. Le milieu purement aquatique, occupé par une autre espèce de boïdés, l'anaconda, lui est cependant étranger, la plupart du temps. On le rencontre surtout dans la jungle, la forêt tropicale humide, la savane, les champs cultivés (notamment les plantations de canne à sucre). Mais il est également présent sur des terres assez arides, semi-désertiques. Quel que soit son habitat, le boa constricteur ne semble pas occuper de zones au-dessus de 1 000 m d'altitude ; le plus souvent, il est présent depuis le niveau de la mer jusqu'à des hauteurs relativement faibles.

Les menaces qui pèsent sur une espèce sont souvent fonction de son aire de distribution.

Il en est de même pour tous les boas. Ainsi, la disparition progressive des forêts menace tout particulièrement les boïdés dans les îles, à Madagascar et ses alentours (île Ronde à Maurice) ainsi qu'aux Antilles.

La disparition des forêts

La très rapide destruction des forêts de la zone intertropicale entraîne la raréfaction des espèces animales, et beaucoup de serpents qui y vivent sont aujourd'hui devenus rares, leur aire de distribution s'est morcelée et ils sont refoulés sur des petits îlots.

Les théories de la biodiversité des espèces furent mises en évidence pour la première fois à partir des îles océaniques provenant de volcans émergés ; elles établissent le lien direct entre la diversité des espèces, la surface de la région qu'elles occupent et la distance entre celle-ci et les autres régions naturelles. Ainsi, sur les îles proches d'un continent, comme les Antilles, les serpents sont plus nombreux que sur les îles isolées de l'océan Indien ou du Pacifique central.

Une thermorégulation parfaite

Les reptiles ne sont pas strictement des animaux à sang froid, mais ils produisent beaucoup moins de chaleur que les oiseaux ou les mammifères. N'ayant ni plumes ni poils, ils perdent également plus facilement leur chaleur. Ils deviennent alors moins actifs, et, au-dessous de 2 à 4 °C, ils tombent en torpeur et meurent rapidement. C'est pourquoi, pour atteindre une bonne température propre à favoriser leurs déplacements, les serpents se chauffent au soleil. Si leur température s'élève au-dessus de 38 à 47 °C, selon les espèces, ils ne peuvent survivre ; aussi se déplacent-ils constamment entre l'ombre et le soleil pour maintenir une température corporelle proche de l'optimum, car ils ne peuvent la faire baisser par la transpiration, n'ayant pas de glandes sudoripares.

Ce sont les régions tropicales qui présentent les températures les plus stables ; de ce fait, elles sont occupées par le plus grand nombre d'espèces de serpents. Les espèces diurnes estivent, vivant au ralenti durant les mois les plus chauds ou n'étant actives qu'une partie de la journée. Les espèces nocturnes ou fouisseuses sont en revanche actives toute l'année.

Dans les régions plus froides ou celles en altitude, les serpents présentent souvent une coloration plus sombre qui absorbe la chaleur. Ces animaux sont en général plus petits, la masse corporelle à réchauffer est donc moins importante. Dans ces régions, les serpents hibernent généralement pour survivre pendant l'hiver.

Une coloration adaptée au milieu

Les serpents arboricoles, qui vivent dans le feuillage, adoptent souvent une coloration verte, alors que les espèces terrestres sont, pour la plupart, brunes ou grises, et que les serpents des déserts sont souvent jaunes ou rouges en fonction du sable qui les entoure. Certains serpents, comme le boa constricteur, présentent de nombreux dessins géométriques. Cette coloration disruptive brise les contours de l'animal et le dissimule efficacement à la vue de ses ennemis.

De nombreux prédateurs

Les serpents sont attaqués par toutes sortes de parasites externes et internes (tiques, vers, protozoaires). Mais ils ont aussi d'autres ennemis.

Certains rapaces de 60 cm de longueur ou moins n'hésitent pas à s'attaquer à des serpents grands de près de 1,50 m. Les jeunes constricteurs, jusqu'à ce qu'ils atteignent 3 m, ont un nombre important de prédateurs potentiels. Ensuite, leur taille dissuade ces derniers de les attaquer.

Il arrive qu'un jeune boa constricteur soit la proie d'un autre serpent, mais c'est rare même si un colubridé comme Clelia clelia peut se saisir d'un jeune boa et l'avaler. Ce serpent, bien connu pour se nourrir d'autres serpents, venimeux ou non, ne peut pas, cependant, à cause de sa taille, capturer des boas constricteurs adultes dont le gigantisme constitue une protection naturelle efficace. Toutefois, les caïmans, qui consomment quelquefois des anacondas, restent des ennemis potentiels.

Fuites et parades

À la stratégie de l'attaque, les boas préfèrent l'intimidation ou la fuite. Ainsi, le boa constricteur et d'autres espèces peuvent tenter d'éloigner l'adversaire en expulsant l'air de leurs poumons et en produisant un souffle sonore. D'autres encore irritent les yeux et le sens olfactif de l'homme par des sécrétions cloacales malodorantes.

Les boas et l'homme

Des serpents inquiétants mais peu dangereux

La fascination qu'exercent les serpents, et en particulier les boas géants, sur l'homme provient surtout de la symbolique mythique de ces animaux et de la façon dont ils tuent leurs proies. Le serpent peut cependant devenir un symbole de renaissance grâce à ses mues renouvelées qui ravivent ses couleurs.

Des exploitations multiples

Les boas géants sont surtout chassés pour leur cuir : une fois tanné et séché, celui-ci perd beaucoup de son éclat et ne conserve que son dessin de base, qui est néanmoins très beau. En Asie, notamment en Chine, certains serpents servent aussi d'aliments, mais c'est rarement le cas pour les anacondas et les boas constricteurs qui ne sont pas non plus recherchés pour leurs vertus médicales ou pharmacologiques. En revanche, les agriculteurs recherchent les grands serpents pour se débarrasser de certaines espèces de rongeurs. À l'inverse, aux Caraïbes, par exemple, on a de la même façon utilisé les mangoustes pour éliminer les serpents. C'est ainsi que, introduite en 1872 aux Antilles, une mangouste, Herpestes auropunctatus, a décimé des populations entières. Mais, dans l'ensemble, l'opération a été un véritable échec. Car ces mammifères, dont la propension à dévorer les serpents a été considérablement surestimée par Kipling dans son ouvrage le Livre de la jungle, ont occasionné des dégâts irréversibles en s'attaquant à d'autres animaux, en particulier aux oiseaux. En fait, le boa constricteur s'est fait l'allié de l'homme en s'attaquant à son tour aux mangoustes.

Aujourd'hui, toutes les espèces de boas sont inscrites à l'Annexe II de la Cites (Convention sur le commerce international des espèces menacées d'extinction) et neuf à l'Annexe I : les  trois espèces de Madagascar, les deux boas de l'île Ronde, trois espèces du genre Epicrates et la sous-espèce Boa constrictor occidentalis.

Un serpent effrayant et pourtant facile à immobiliser

Rien de plus élémentaire que la forme d'un serpent : les chasseurs pygmées le représentent d'un simple trait sur le sol. Et, pourtant, sa puissance d'évocation dépasse de beaucoup celle d'animaux plus complexes ou d'allure plus effrayante. Lorsqu'elles sont de petite taille, les espèces venimeuses se voient attribuer un pouvoir magique, surnaturel ; lorsqu'elles sont géantes, elles frappent l'imagination par leur taille et par la manière dont elles serrent et étouffent leurs proies. L'œil sans paupière mobile fascine par sa fixité : on lui attribue des pouvoirs hypnotiques.

Les grands boïdés sont exposés dans presque tous les zoos ; et quelquefois, de moins en moins souvent heureusement, ils sont exhibés dans les baraques de forains en compagnie d'aguichantes charmeuses, ou même, pour mieux captiver le public, ils sont présentés comme des monstres agressifs, ce qu'en réalité ils ne sont pas.

Le boa constricteur en particulier est le protagoniste de multiples récits d'aventures et il a donné naissance à toutes sortes de légendes. Ainsi, dans le bassin amazonien, certains croient qu'il est parfois venimeux : il ne produirait son venin que deux mois par an. L'anaconda, lui, serait friand de femmes enceintes ou se glisserait la nuit sur les navires dont la voile est blanche...

Les célèbres récits de combats entre hommes et serpents en exagèrent le danger puisqu'il suffit en réalité de saisir fermement un boïdé à la nuque et à la base de la queue pour le manipuler sans danger. Dans ces conditions, même un anaconda ne peut plus exercer sa constriction.

La collecte de peaux

La plus grande partie des boïdés sont chassés pour leur peau dans les régions tropicales, surtout dans les zones pauvres où le niveau de vie de la population humaine est très bas. De nombreuses espèces sont aussi capturées vivantes pour alimenter le commerce d'animaux vivants.

La survie des espèces

Beaucoup de ces serpents menacés sont, à l'heure actuelle, maintenus en captivité et se reproduisent depuis plusieurs générations. Parmi les organisations de conservation, le Durrell Wildlife Preservation Trust, fondé par Gérard Durrel (1925-1995), sur l'île de Jersey, assure la survie d'espèces menacées d'extinction, dont des reptiles et le boa de Jamaïque, Epicrates subflavus.