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lac d'Annecy

Rhône-Alpes, le lac d'Annecy
Rhône-Alpes, le lac d'Annecy

Lac subalpin de France (Haute-Savoie).

GÉOGRAPHIE

Long de 12 km et large de 800 m à 3,2 km (32 km de périmètre, 27 km2 de superficie), le lac d'Annecy, qui représente une masse d'eau de plus d'1 milliard de m3, occupe le fond d'une ancienne cluse glaciaire, à 448 m d'altitude. Relativement peu profond (41,50 m en moyenne), il possède cependant un « gouffre », le trou du Boubioz, entonnoir de 80 m de profondeur, au fond duquel coule une source sous-lacustre alimentée par les infiltrations du Semnoz. Le lac est alimenté par plusieurs affluents de régime torrentiel – dont les principaux sont l'Eau-Morte, l'Ire et le Laudon – et par des ruissellements. L'évacuation des eaux se fait à Annecy par le Thiou et un exutoire secondaire, le canal du Vassé ; elles vont se jeter dans le Fier, lui-même affluent du Rhône. Le volume d'eau du lac se renouvelle tous les cinq ans.

HISTOIRE

Depuis 1856, de nombreuses stations préhistoriques immergées ont été découvertes à proximité des rives. On croyait alors que ces villages étaient construits sur pilotis (palafittes) en pleine eau, mais, depuis les années 1960, on sait que ces stations lacustres étaient édifiées à même le sol, sur les plages découvertes par le retrait des eaux. Depuis 1967, les nouvelles techniques de l'archéologie lacustre, permettant de travailler sous plusieurs mètres d'eau, ont abouti à des découvertes importantes (four de potier, au large de Sévrier, sur le Crêt-de-Châtillon ; pirogue monoxyle, datée d'environ 750 avant J.-C., etc.).

ENVIRONNEMENT, FLORE ET FAUNE

La pollution du lac

L'urbanisation croissante des rives et la densité de la population estivale avaient mis en péril l'équilibre biologique du lac. Dès 1943, un cri d'alarme avait été lancé contre le rejet direct des eaux usées. Le Syndicat intercommunal d'assainissement des communes riveraines du lac (SICRLA), créé en 1957 et qui regroupe actuellement vingt et une communes, poursuit une lutte intensive contre la pollution. À la fin des années 1960, le lac était totalement eutrophisé, fin août à fin décembre le taux de dioxygène tombait à zéro et la quasi totalité des espèces de poissons avaient disparu. De 1962 à 1976 se déroulèrent les travaux de création d'un collecteur d'égouts périphérique des eaux usées, et de stations de traitement des ordures ménagères.

Cependant, le lac formant avec son bassin versant, un écosystème unique dans lequel chaque élément influence le devenir de l'autre, de nombreuses mesures complémentaires restaient nécessaires : construction d'une station-service pour bateaux à Sévrier, mise en place du schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Annecy, du schéma de secteur du lac d'Annecy, des plans d'occupation des sols des communes riveraines, acquisition de terrains par le Conservatoire du littoral, etc. La majeure partie du versant est aujourd'hui classée périmètre sensible et le lac est un site inscrit. Si, aujourd'hui, le lac est à l'abri des pollutions domestiques et industrielles et si la situation générale peut être considérée comme relativement satisfaisante, la vigilance continue de s'imposer. En effet, le lac continue à recevoir des apports eutrophisants d'origine atmosphérique ou provenant du bassin versant. D'autre part, la charge polluante accumulée pendant des décennies dans les sédiments ne pourra être que progressivement éliminée par des processus naturels.

Les roselières

Les roselières avaient connu une diminution dramatique depuis le début du xxe : de 180 ha en 1928, elles étaient passées à 16 ha en 1976 et ont continué de régresser dans les années 1980. Le domaine de prédilection des roselières se situe dans les secteurs d'eau peu profonde (moins de 2 m), essentiellement les rives ouest, sud et nord, notamment aux abords des affluents. Ces zones sensibles ont été perturbées par le développement du tourisme et des sports nautiques. L'endiguement des berges, l'installation de nombreux pontons, la stabilisation du niveau du lac à partir du milieu des années 1960 ont contribué à la régression des roselières. La multiplication des embarcations et des planches à voile a également joué un rôle prépondérant dans la destruction de ces roseaux.

Il s'agit pourtant de zones productrices de vie, indispensables au maintien de la faune du lac. De nombreux poissons se nourrissent de plantes aquatiques ou de micro-organismes qui abondent dans les roselières, tandis que d'autres y trouvent des lieux propices à leur reproduction. Par ailleurs, les roselières jouent un rôle fondamental dans l'épuration des eaux du lac. Le tissu végétal très dense filtre l'élément liquide et retient les matières en suspension. À cette action purement mécanique s'ajoute une activité chimique: les tiges des roseaux assimilent et fixent dans leurs tissus des substances polluantes et toxiques comme les phosphores, les nitrates, les cyanures et les hydrocarbures.

L'arsenal des réglementations protectrices s'est avéré jusqu'à présent peu efficace. La constitution de réserves naturelles comme celle du Bout-du-Lac, instaurée en 1974 sur 84 ha ; la mise en place, à partir de 1984, d'obstacles physiques sous forme de pieux protégeant les roselières d'Albigny (Annecy-le-Vieux), de Sévrier et de Saint-Jorioz semblent donner de bons résultats.

Les espèces animales

On compte 17 espèces d'oiseaux différentes autour du lac. Les espèces nicheuses s'installent au début du printemps dans les roselières. Les grèbes huppés y construisent leurs nids flottants amarrés par des liens coulissants autour des tiges des roseaux. Les foulques noirs à bec blanc, les canards colverts, les fauvettes aquatiques, comme les rousserolles et le râle d'eau, petit échassier au long bec qui capture escargots et limaces, habitent également le marais. Les cygnes, qui contribuent à la beauté du paysage du lac d'Annecy, n'appartiennent pourtant pas à sa faune originale car ils ont été introduits au début du xxe siècle.

Au début de l'été, les mouettes rieuses commencent à arriver sur le lac. Dans le même temps, les deux réserves de chasse, constituées par le petit lac et les baies d'Annecy et d'Albigny, abritent près de 2 000 oiseaux aquatiques venus du nord de l'Europe. Parmi les 31 espèces hivernantes repérées, citons les canards plongeurs, les harles bièvres, les freligules, les nettes rousses, etc.

La grenouille rieuse, la grenouille rousse et le crapaud commun vivent sur les berges. Les reptiles sont nombreux dans la réserve du Bout-du-Lac: la vipère aspic, différentes espèces de couleuvres, l'orvet et la salamandre commune.

Les petits rongeurs (campagnols, surmulots) se rencontrent sur les berges du lac, avec la musaraigne aquatique. La loutre a complètement disparu. Le castor a été réintroduit à partir de 1973 sur les principaux cours d'eau de Haute-Savoie où sa présence était autrefois attestée.

Le lac d'Annecy abrite aujourd'hui une quinzaine d'espèces de poissons. L'omble chevalier, qui s'était trouvé particulièrement affecté par la diminution en oxygène des eaux profondes par suite de l'eutrophisation, est aujourd'hui réinstallé. Les corégones, comme la féra ou le lavaret, salmonidés lacustres caractéristiques des grands lacs alpins, ont été introduits par alevinage. Il en est de même des truites. Au contraire, la perche est un des poissons de base du lac. C'est un carnassier, comme le brochet, qui transforme les poissons blancs sans valeur en chair de qualité. La lotte est également estimée des connaisseurs. La carpe, la tanche et la brême, assez peu pêchées, se développent en abondance.