Avocat, libéral, il fonde en 1974 le parti démocratique sénégalais (PDS), principale formation d'opposition au parti socialiste, et est élu député en 1978. Condamné puis libéré en 1988, il devient en 1990 le leader d'une conférence nationale rassemblant les chefs de plusieurs partis d'opposition et participe à deux reprises (1991-1992 et 1995-1996) au gouvernement d'Abdou Diouf. Il est battu à quatre reprises à l'élection présidentielle contre Léopold Sédar Senghor (1978) puis contre A. Diouf (1983, 1988, 1993) avant d'être finalement élu en 2000, lors d'une alternance démocratique inédite depuis quarante ans. Réélu en 2007 lors d'un scrutin contesté et au terme d'une campagne axée sur le thème du Sopi (« changement » en wolof), il engage de « grands chantiers », soutient l'agriculture et promeut la scolarité. L'un des principaux promotteurs du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), il fait office de médiateur dans les crises ivoirienne et malgache. Mais son impuissance à éradiquer la pauvreté et la corruption, son échec en Casamance qu'il s'était engagé à pacifier « en cent jours », ses projets somptuaires et son insistance à placer son fils Karim pour lui succéder suscitent critiques et mécontentement populaire. ( → Sénégal)